Idemia

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IDEMIA
logo de Idemia

Création 2017
Dates clés 2017 : création par rapprochement d'Oberthur Technologies (OT) et Safran Identity & Security (Morpho)
Personnages clés Yann Delabrière
Forme juridique Société Anonyme
Siège social Courbevoie
Drapeau de France France
Direction Yann Delabrière
Actionnaires Advent International
Activité Sécurité informatique
Société mère Advent InternationalVoir et modifier les données sur Wikidata
Effectif 14,000
SIREN 340709534Voir et modifier les données sur Wikidata
Site web Idemia

Chiffre d'affaires 3 milliards de dollars

IDEMIA est une entreprise française de sécurité numérique spécialisée dans la biométrie, l'identification et l’authentification, la sécurité digitale, l’analyse de données et de vidéos. Elle est issue de la fusion de Morpho, créée en 1982 et filiale du groupe Safran entre 2007 et 2017 et d’Oberthur Technologies.

Historique[modifier | modifier le code]

Morpho[modifier | modifier le code]

Logo entre 2010 et 2016.
Logo de Sagem Orga.

L’entreprise Morpho Systèmes est créée en 1982, puis absorbée par Sagem en 1993. En 2005, lors de la création de Safran, Sagem devient Sagem Défense Sécurité et en 2007, une société distincte, Sagem Sécurité est créée. Elle est renommée Morpho en 2010[1], puis Safran Identity & Security en 2016[2].

En 2005 Morpho achète Orga Kartensysteme GmbH. En 2007, les terminaux de paiement sont cédés au groupe Ingenico en échange de 10,6 millions d’actions nouvelles[3] ; Ingenico sera revendu en 2015[4]. En 2009, Le groupe Safran acquiert GE Homeland Protection qui deviendra Morpho Detection. La division est l’un des premiers fournisseurs mondiaux de systèmes de détection tomographique de substances dangereuses ou illicites dans les bagages. Cette division est cédée à Smiths Group pour 710 millions de dollars en avril 2016[5]. En 2011, Morpho achète L-1 Identity Solutions (en), renommé Morpho Trust[6].

En 2016, la société emploie 8 600 salariés, dont 1 600 en France. Elle est considérée comme le leader mondial de la reconnaissance biométrique[7].

Jean-Paul Jainsky est le premier PDG de l’entreprise[8]. Philippe Petitcolin lui succède en juillet 2013[9], puis Anne Bouverot (en) en août 2015[10].

Oberthur Technologies[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Oberthur Technologies.

En 2007, les activités des entreprises Oberthur Card Systems, François-Charles Oberthur Fiduciaire et Oberthur Cash Protection, sociétés issues initialement de l'Imprimerie Oberthur, fondée en 1842 à Rennes par François-Charles Oberthür, sont fusionnées en une seule entité, Oberthur Technologies. L'activité dans la production de cartes magnétiques et cartes à puce, ainsi que celle de fabrication de documents d'identité sécurisés, sont cédées en 2008[11].

Vente et rapprochement pour constituer Idemia[modifier | modifier le code]

Safran annonce la vente de la filiale Morpho (devenu temporairement Safran Identity & Security) en 2016, à Oberthur Technologies[12],[13]. Le fonds Advent International, propriétaire d’Oberthur Technologies, est le repreneur de cette opération. Le montant de la vente est d’environ 2,4 milliards d’euros[14]. Le , la création d’un nouveau groupe est annoncé, provisoirement nommée « OT-Morpho », et qui prend en septembre le nom de Idemia. La présidence du directoire est confiée à Didier Lamouche, ancien PDG de Oberthur Technologies, et la présidence du conseil de surveillance à Marwan Lahoud[15],[16].

Le 15 octobre 2018 Yann Delabrière remplace Didier Lamouche à la présidence du groupe[17].

Cette nouvelle société Idemia se veut le nouveau leader de l'identification et de la sécurité biométrique, ainsi que des paiements sécurisés[18]. Le nom choisi, Idemia veut rappeler : Idem, ME, ID comme identité, ID comme idée. Quant au logo composé de quatre traits verticaux, il représente les quatre leviers que la société a identifié comme au cœur des enjeux de demain : la sécurité, la facilité d'utilisation, le facteur humain et la continuité.

Métiers[modifier | modifier le code]

Identification[modifier | modifier le code]

Cette division représente le cœur de métier historique de la société. Y sont développées les dernières techniques de pointe dans le domaine de la biométrie[19] : ABIS (Automated Biometric Identification System), systèmes de comparaison de données biométriques à la volée (« on the fly »), e-gates, systèmes de comparaison d’ADN en moins d’une heure, etc.

Ces technologies sont principalement mises en œuvre dans les domaines de la gestion de l’identité et de l’identification criminelle. La société compte de nombreuses références dans le domaine de la police : FBI[20], Interpol[21], NYPD[22] ; ou encore dans le domaine civil : États Unis, Émirats arabes unis [23], Albanie[24], ou encore Inde avec le projet Aadhaar dont l’objectif est de fournir un numéro unique à 12 chiffres à chaque citoyen indien après l’enrôlement de leurs données biométriques (iris, empreintes digitales, portrait pour 1,4 milliard de personnes)[25].

Gestion des frontières[modifier | modifier le code]

Morpho était aussi un spécialiste concernant les solutions adaptées aux frontières aéroportuaires. Ces solutions sont désormais portées par Idemia[18]. Basées sur la biométrie (empreintes digitales, reconnaissance faciale ou reconnaissance des iris), l'entreprise propose des solutions semi-automatisées ou automatisées permettant d'associer la biométrie d'une personne à celle de son document d'identité, comme la solution MorphoWay. En France, les aéroports de Paris ainsi que celui de Marseille Provence sont équipés de la solution PARAFE (Passage automatisé rapide aux frontières extérieures) permettant à toute personne ayant un passeport biométrique ou s'étant enregistré au préalable de passer par un portail automatique afin de franchir les frontières françaises.

Cartes bancaires[modifier | modifier le code]

Suite à la fusion des services « monétique » d'Oberthur et « Identification numérique » de Morpho, Idemia développe des solutions pour améliorer la carte bancaire, produit historiquement français dans ses origines. Ainsi l'entreprise effectue des recherches dans son centre de Vitré telles l'implantation de la reconnaissance d'empreinte dans les 0,8 millimètre d'épaisseur d'une carte ou le changement dynamique du cryptogramme visuel[26]. De plus, l'entreprise a intégré à Vitré l’aspect marketing à sa production et peut fabriquer sur mesure en petite série des cartes adaptées à chacun de ses clients[26].

Article connexe[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Sagem Sécurité change de nom et devient Morpho - Electronique », sur www.usinenouvelle.com (consulté le 19 mai 2016)
  2. Bruno Trévidic, « Philippe Petitcolin : « Toutes les sociétés du groupe s’appelleront Safran » », sur www.lesechos.fr,
  3. lefigaro.fr, « Ingenico rachète les terminaux de paiementde Sagem Sécurité, filiale du groupe Safran », sur Le Figaro (consulté le 19 mai 2016)
  4. Reuters, « Safran cède 5,5% d'Ingenico pour 364 millions d'euros à Bpifrance »,
  5. Safran attend 2 milliards de son pôle sécurité, Gemalto, Atos et Oberthur intéressés ?, Capital, 18 mai 2016
  6. « Le business de la sécurité de Morpho, plus qu'un moteur d'appoint pour Safran », sur usine-digitale.fr,
  7. M. K., « Morpho passe l'identité au crible de la biométrie », sur lesechos.fr,
  8. « Jean-Paul Jainsky », sur lesechos.fr,
  9. Michel Cabirol, « Safran : vaste jeu de chaises musicales à la tête des filiales du groupe », sur www.latribune.fr,
  10. « Anne Bouverot succédera à Philippe Petitcolin à la tête de Morpho », sur www.lemonde.fr,
  11. Laurence Girard, « Oberthur cède ses cartes à puce et se recentre sur l'impression fiduciaire », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  12. « Safran a-t-il raison de vendre sa pépite Morpho? », sur Challenges (consulté le 19 mai 2016)
  13. Véronique Guillermard, « Le projet de vente de Morpho par Safran suscite des critiques », sur Le Figaro.fr,
  14. Isabelle Chaperon et Guy Dutheil, « Safran vend sa filiale biométrie à Oberthur », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  15. « Safran boucle la vente de Morpho au fonds Avdent (Oberthur) », L'Usine nouvelle,‎ (lire en ligne)
  16. Sophy Caulier, « Avec l’essor de la biométrie, la société en liberté surveillée », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  17. (en) « IDEMIA Appoints Yann Delabrière as Group CEO », Business Wire,‎ (lire en ligne, consulté le 29 octobre 2018)
  18. a et b Véronique Guillermard, « Réorganisé, IDEMIA est prête à accélérer », Le Figaro,‎ (lire en ligne)
  19. Guy Dutheil, Safran mise sur les techniques biométriques de Morpho, Le Monde, 8 avril 2014
  20. « MorphoTrak Technology Goes Operational for the FBI », sur www.morpho.com (consulté le 8 novembre 2012)
  21. « Sagem Sécurité signe avec INTERPOL un programme d’équipement en systèmes biométriques pour l’investigation criminelle » [archive du ], sur www.morpho.com (consulté le 8 novembre 2012)
  22. « MorphoTrak équipe la police de New York d’un système d’identification biométrique Morpho », sur www.morpho.com (consulté le 8 novembre 2012)
  23. « Gestion de l’identité : un dispositif de pointe pour les Émirats Arabes Unis », sur www.morpho.com (consulté le 8 novembre 2012)
  24. « Albanie : une nouvelle identité », sur www.morpho.com (consulté le 8 novembre 2012)
  25. « A Unique ID program in India », sur www.morpho.com (consulté le 8 novembre 2012)
  26. a et b Grégoire Pinson, « Idemia casse les codes de la carte bancaire », Challenges, no 588,‎ , p. 74 (ISSN 0751-4417)