Idemia

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.

Idemia
logo de Idemia

Création 2017
Dates clés 2017 : création par rapprochement d'Oberthur Technologies (OT) et Safran Identity & Security (Morpho)
Personnages clés Yann Delabrière
Forme juridique Société par Actions Simplifiée
Slogan Making the world a safer place
Siège social Courbevoie
Drapeau de France France
Direction Pierre Barrial
Actionnaires Advent International et BPI France Investissement
Activité Authentification, Intelligence Artificielle, Paiement sécurisé, Identification, Biométrie
Produits Fingerprint scanner (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Société mère Advent InternationalVoir et modifier les données sur Wikidata
Effectif 15,000
SIREN 533 960 407
Site web Idemia

Chiffre d'affaires 2,3 milliards d'euros (2019)

Idemia est une entreprise française de sécurité numérique spécialisée dans la biométrie, l'identification et l’authentification, la sécurité digitale, l’analyse de données et de vidéos[1],[2]. Elle est issue du rapprochement de Morpho, créée en 1982,  filiale du groupe Safran entre 2007 et 2017 et leader des solutions de sécurité et d’identité, et d’Oberthur Technologies, acteur français de la sécurité digitale et physique, principalement pour les secteurs bancaires et des télécoms.

L’entreprise compte en 2019, près de 15 000 salariés dans le monde. Le siège social de l’entreprise se situe à Courbevoie, en France, et possède des centres de R&D (Osny, Pessac, Meyreuil, Sophia Antipolis), des sites industriels (Vitré, Saint-Etienne-du-Rouvray) ainsi que d’un centre de services à Dijon.

Historique[modifier | modifier le code]

Morpho[modifier | modifier le code]

Logo entre 2010 et 2016.
Logo de Sagem Orga.

L’entreprise Morpho Systèmes est créée en 1982, puis absorbée par Sagem en 1993. En 2005, lors de la création de Safran, Sagem devient Sagem Défense Sécurité et en 2007, une société distincte, Sagem Sécurité est créée. Elle est renommée Morpho en 2010[3], puis Safran Identity & Security en 2016[4].

En 2005 Morpho achète Orga Kartensysteme GmbH. En 2007, les terminaux de paiement sont cédés au groupe Ingenico en échange de 10,6 millions d’actions nouvelles[5] ; Ingenico sera revendu en 2015[6]. En 2009, Le groupe Safran acquiert GE Homeland Protection qui deviendra Morpho Detection. La division est l’un des premiers fournisseurs mondiaux de systèmes de détection tomographique de substances dangereuses ou illicites dans les bagages. Cette division est cédée à Smiths Group pour 710 millions de dollars en [7]. En 2011, Morpho achète L-1 Identity Solutions (en), renommé Morpho Trust[8]. En 2015, Morpho finalise l'acquisition d'AirTag[9].

En 2016, la société emploie 8 600 salariés, dont 1 600 en France. Elle est considérée comme le leader mondial de la reconnaissance biométrique[10].

Jean-Paul Jainsky est le premier PDG de l’entreprise[11]. Philippe Petitcolin lui succède en [12], puis Anne Bouverot (en) en [13].

Oberthur Technologies[modifier | modifier le code]

En 2007, les activités des entreprises Oberthur Card Systems, Oberthur Fiduciaire et Oberthur Cash Protection, sociétés issues initialement de l'Imprimerie Oberthur, fondée en 1842 à Rennes par François-Charles Oberthür, sont fusionnées en une seule entité, Oberthur Technologies. L'activité dans la production de cartes magnétiques et cartes à puce, ainsi que celle de fabrication de documents d'identité sécurisés, sont cédées en 2008[14].

Idemia (depuis 2017)[modifier | modifier le code]

Safran annonce la vente de la filiale Morpho (devenu temporairement Safran Identity & Security) en 2016, à Oberthur Technologies[15],[16]. Le fonds Advent International, propriétaire d’Oberthur Technologies, est le repreneur de cette opération. Le montant de la vente est d’environ 2,4 milliards d’euros[17]. Le , la création d’un nouveau groupe est annoncé, provisoirement nommée « OT-Morpho », et qui prend en septembre le nom de Idemia. La présidence du directoire est à l'époque confiée à Didier Lamouche, ancien PDG de Oberthur Technologies.[18],[19].

Le nom choisi, Idemia veut rappeler : Idem, ME, ID comme identité, ID comme idée. Quant au logo composé de quatre traits verticaux, il représente les quatre leviers que la société a identifié comme au cœur des enjeux de demain : la sécurité, la facilité d'utilisation, le facteur humain et la continuité.

Le Yann Delabrière remplace Didier Lamouche à la présidence du groupe[20].

Le 1er juillet 2020, Pierre Barrial est nommé Président du directoire du Groupe ; Yann Delabrière devient Président du conseil de surveillance d’Idemia, fonction qu’il occupait avant de prendre la présidence du directoire en octobre 2018.

L'entreprise a par exemple développé des cartes de paiement biométrique[1] pour les institutions bancaires[21]. Par ailleurs, face à la demande croissante de toutes les sociétés d'utiliser des dispositifs de contrôle d’accès sans contact afin de garantir une méthode de vérification d’identité sécurisée et aussi hygiénique, Idemia propose des terminaux biométriques utilisant la reconnaissance faciale ou permettant la reconnaissance d’empreintes digitale d’un simple geste de la main.

Métiers et domaines d'expertise[modifier | modifier le code]

Identification[modifier | modifier le code]

Cette division représente le cœur de métier historique de la société. Y sont développées les dernières techniques de pointe dans le domaine de la biométrie[22] : ABIS (Automated Biometric Identification System), systèmes de comparaison de données biométriques à la volée (« on the fly »), e-gates, systèmes de comparaison d’ADN en moins d’une heure, etc.

Les technologies de reconnaissance faciale proposées par Idemia permettent de fluidifier les passages à l'aéroport ou aux entrées des stades et sont également utilisées dans le cadre de repérage de personnes interdites de stade, d'identification de fugitifs dans une foule ou de vérification de l'identité des personnes entrant dans des espaces réservés[23]. La société compte de nombreuses références dans le domaine de la police ; mais aussi dans le domaine civil : États Unis, Émirats arabes unis [24], Albanie[25], ou encore Inde avec le projet Aadhaar dont l’objectif est de fournir un numéro unique à 12 chiffres à chaque citoyen indien après l’enrôlement de leurs données biométriques (iris, empreintes digitales, portrait pour 1,3 milliards de personnes)[26] permettant aux citoyens d'ouvrir un compte en banque, d'accéder au microcrédit ou de toucher des aides sociales[27].

Idemia a produit 3 milliards de documents d'identité (passeports, cartes d'identités, permis de conduire, etc.) dans le monde en 2019. C’est l'entreprise numéro 1 en ce qui concerne l'émission de permis de conduire aux Etats-Unis[28], où elle est pionnière dans le domaine de l’identité digitale avec l’émission de permis de conduire sur mobile[29].

Sur le marché des Etats et des services gouvernementaux, Idemia participe notamment aux efforts de l'Organisation des Nations unies visant à donner à tous une identité d'ici à 2030[28] (en Afrique ou en Inde, plus d'1,1 milliards de personnes n'ont toujours pas d'existence légale[30]).

Gestion des frontières[modifier | modifier le code]

Morpho était aussi un spécialiste concernant les solutions adaptées aux frontières aéroportuaires. Ces solutions sont désormais portées par Idemia[1]. Basées sur la biométrie (empreintes digitales, reconnaissance faciale ou reconnaissance des iris), l'entreprise propose des solutions semi-automatisées ou automatisées permettant d'associer la biométrie d'une personne à celle de son document d'identité, comme la solution ID2Travel.

L’aéroport de Changi de Singapour, désigné à sept reprises meilleur aéroport du monde[31], a mis en place des services biométriques fournis par Idemia d’identification et d’authentification lors du passage des voyageurs dans le terminaux 3 et 4 de l’aéroport. A Singapour ces services équipent également l’aéroport de Seletar et ils sont aussi en cours d’adaptation pour les autres marchés de la région Asie-Pacifique.

Cartes à paiement biométrique[modifier | modifier le code]

Idemia développe des solutions pour améliorer la carte bancaire, produit historiquement français dans ses origines. Ainsi l'entreprise effectue des recherches dans son centre de Vitré telles l'intégration de la reconnaissance d'empreinte dans les 0,8 millimètre d'épaisseur d'une carte ou le changement dynamique du cryptogramme visuel[32]. De plus, l'entreprise a intégré à Vitré l’aspect marketing à sa production et peut fabriquer sur mesure en petite série des cartes adaptées à chacun de ses clients[32].

Article connexe[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b et c Véronique Guillermard, « Réorganisé, IDEMIA est prête à accélérer », Le Figaro,‎ (lire en ligne)
  2. « Avec l’essor de la biométrie, la société en liberté surveillée », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne, consulté le 30 juin 2020)
  3. « Sagem Sécurité change de nom et devient Morpho - Electronique », sur www.usinenouvelle.com (consulté le 19 mai 2016)
  4. Bruno Trévidic, « Philippe Petitcolin : « Toutes les sociétés du groupe s’appelleront Safran » », sur www.lesechos.fr,
  5. lefigaro.fr, « Ingenico rachète les terminaux de paiementde Sagem Sécurité, filiale du groupe Safran », sur Le Figaro (consulté le 19 mai 2016)
  6. Reuters, « Safran cède 5,5% d'Ingenico pour 364 millions d'euros à Bpifrance », sur usinenouvelle.com,
  7. Safran attend 2 milliards de son pôle sécurité, Gemalto, Atos et Oberthur intéressés ?, Capital, 18 mai 2016
  8. « Le business de la sécurité de Morpho, plus qu'un moteur d'appoint pour Safran », sur usine-digitale.fr,
  9. « Safran: Morpho a finalisé l'acquisition d'AirTag. », L'Express,‎ (lire en ligne, consulté le 25 avril 2020) :

    « Morpho, filiale de Safran a finalisé l'acquisition d'AirTag, une startup française spécialisée dans les solutions innovantes de paiement mobile »

  10. M. K., « Morpho passe l'identité au crible de la biométrie », sur lesechos.fr,
  11. « Jean-Paul Jainsky », sur lesechos.fr,
  12. Michel Cabirol, « Safran : vaste jeu de chaises musicales à la tête des filiales du groupe », sur www.latribune.fr,
  13. « Anne Bouverot succédera à Philippe Petitcolin à la tête de Morpho », sur www.lemonde.fr,
  14. Laurence Girard, « Oberthur cède ses cartes à puce et se recentre sur l'impression fiduciaire », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  15. « Safran a-t-il raison de vendre sa pépite Morpho? », sur Challenges (consulté le 19 mai 2016)
  16. Véronique Guillermard, « Le projet de vente de Morpho par Safran suscite des critiques », sur Le Figaro.fr,
  17. Isabelle Chaperon et Guy Dutheil, « Safran vend sa filiale biométrie à Oberthur », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  18. « Safran boucle la vente de Morpho au fonds Avdent (Oberthur) », L'Usine nouvelle,‎ (lire en ligne)
  19. Sophy Caulier, « Avec l’essor de la biométrie, la société en liberté surveillée », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  20. (en) « Idemia Appoints Yann Delabrière as Group CEO », Business Wire,‎ (lire en ligne, consulté le 29 octobre 2018)
  21. « La Société Générale teste la carte à paiement par empreinte digitale », sur BFMTV (consulté le 17 juin 2020)
  22. Guy Dutheil, Safran mise sur les techniques biométriques de Morpho, Le Monde, 8 avril 2014
  23. « Thales, Idemia, CS... A Milipol, la guerre technologique fait rage pour sécuriser les JO 2024 », sur Challenges (consulté le 17 juin 2020)
  24. « Gestion de l’identité : un dispositif de pointe pour les Émirats Arabes Unis », sur www.morpho.com (consulté le 8 novembre 2012)
  25. « Albanie : une nouvelle identité », sur www.morpho.com (consulté le 8 novembre 2012)
  26. « A Unique ID program in India », sur www.morpho.com (consulté le 8 novembre 2012)
  27. Anne Cheyvialle, « L’Afrique opte pour la gouvernance numérique », sur Le Figaro.fr, (consulté le 17 juin 2020)
  28. a et b « Le français Idemia privilégie sa réorganisation à la Bourse », sur Les Echos, (consulté le 17 juin 2020)
  29. Wall Street Journal, « Wall Street Journal - Test Driving the First Digital Driver’s License »,
  30. « Bientôt un identifiant numérique pour tous ? », sur Les Echos, (consulté le 17 juin 2020)
  31. « L'aéroport de Singapour reste le meilleur du monde », sur RTBF Tendance, (consulté le 30 juin 2020)
  32. a et b Grégoire Pinson, « Idemia casse les codes de la carte bancaire », Challenges, no 588,‎ , p. 74 (ISSN 0751-4417)