Morgane Merteuil

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Morgane Merteuil
Description de l'image Defaut.svg.
Naissance
Nationalité Drapeau : France Française
Profession
Formation

Morgane Merteuil, née en 1986, est le pseudonyme[1] d'une travailleuse du sexe française, également militante féministe et notamment connue pour son engagement en faveur des droits des travailleuses du sexe.

Biographie[modifier | modifier le code]

Morgane Merteuil est diplômée d'un master 2 en Lettres modernes à l'Université de Grenoble[1]. Parallèlement à ses études, Morgane Merteuil exerce plusieurs boulots — garde d’enfant, ménage, distribution de journaux. Elle pose même pour des photos érotiques[2].

En 2009, en pratiquant une activité d’hôtesse de bar américain, Morgane Merteuil se rend compte que pour financer ses études, elle pourrait devenir travailleuse du sexe[3]. Elle décide alors de devenir escort à domicile[1]. Revendiquant son choix « contraint », elle déclare, dans un article du Monde datant du 25 novembre 2011, préférer « être escort plutôt que travailler en usine quarante heures par semaine », en expliquant que « les personnes qui ont des journées extrêmement difficiles sur des chantiers ou dans la restauration diraient sans doute, elles aussi, qu'elles ont fait un choix contraint »[4].

En découvrant la violence abolitionniste, Morgane Merteuil rejoint le syndicat du travail sexuel (STRASS). À partir de juin 2011, elle en devient secrétaire générale puis porte-parole[5]. Elle lutte activement contre la « putophobie » et milite contre la propositions de loi visant à pénaliser les clients de la prostitution[6], en dénonçant « le contexte que [cette loi] va produire […] et qui va favoriser notre précarité et nos viols »[7]. Considérant que « celles qui peuvent se le permettre partent travailler dans des pays frontaliers, les autres cherchent des intermédiaires qui vont jouer le rôle de proxénètes », elle affirme que la disposition légale va favoriser le proxénétisme[8],[9]. Sous sa direction, le STRASS entend développer des liens avec d'autres syndicats[10].

En 2012, Morgane Merteuil publie un essai intitulé Libérez le féminisme ! (L'édition, 2012), dans lequel elle reproche aux associations féministes les plus médiatiques telles que Ni putes ni soumises, Osez le féminisme ! et Les Chiennes de garde de s'être, selon ses termes « embourgeoisées », et où elle fustige le discours bien pensant de ces « ambassadrices de la liberté » qui imposent leur « propre conception de la dignité »[11]. Le 2 juillet 2012, Morgane Merteuil est invitée au Grand Journal sur Canal Plus pour débattre avec Thalia Breton, d'Osez le Féminisme[12].

En mars 2014, Morgane Merteuil, cofondatrice du 8 mars pour toutes[13] organise une manifestation pour défendre la prostitution et le port du voile[14].

En février 2015, lors du procès de l'affaire du Carlton de Lille, Morgane Merteuil regrette que le débat ne se soit pas centré « sur la violence au vu de la gravité de certains actes »[15].

En avril 2016, Morgane Merteuil soutient que 15 % des prostituées sont d'origine étrangères[16]. En juin 2016, Morgane Merteuil cesse les fonctions de porte-parole du STRASS.

Publications[modifier | modifier le code]

  • Morgane Merteuil, Libérez le féminisme !, L'éditeur, coll. « Idées et Controverses », , 144 p. (ISBN 978-2-36201-069-9, présentation en ligne).
  • Morgane Merteuil, Le travail du sexe contre le travail, Période, septembre 2014[17].
  • Morgane Merteuil contribue avec d'autres personnes à la rédaction du livre Le livre des trahisons[18],[19] de Laurent de Sutter (2016)
  • Morgane Mertreuil a rédigé une tribune intitulée Homophobie, putophobie, même combat ? au Nouvel Obs paru le 14 janvier 2013[20].

Documentaire[modifier | modifier le code]

  • Putain, c’est pas simple ! d’Emmanuelle Nobécourt, 2014, 80 min.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Quentin Girard, «  Elle travaille aux corps » sur Libération, 9 décembre 2011
  2. Chloé Stevenson, « Morgane Merteuil, escort-girl, décortique les clichés de la télé sur la prostitution », sur streetpress.com,
  3. Quentin Girard, « Le féminisme "prosexe, proporno, proputes" de Morgane Merteuil », sur liberation.fr,
  4. Anne Chemin, « Morgane Merteuil : "Je préfère être "escort" plutôt que travailler en usine" », sur lemonde.fr,
  5. Nicolas L, « Interview de Morgane Merteuil, secrétaire générale du Stass », sur radio-londres.fr,
  6. Gaëlle Le Roux, « Prostitution : "Toutes les lois visant à protéger les femmes ont été néfastes" », sur france24.com,
  7. Dounia Hadni, « Prostitution : la pénalisation des clients votée », sur liberation.fr,
  8. « La pénalisation des clients des prostituées est définitivement adoptée », sur francebleu.fr,
  9. SudOuest.fr avec AFP, « Prostitution : après deux ans de débats, les clients seront bientôt pénalisés », sur sudouest.fr,
  10. Françoise Gil, Prostitution : fantasme et réalité, Éditions ESF Législative, (ISBN 2710124424, présentation en ligne)
  11. Identités de genre et intervention sociale de Mikaël Quilliou-Rioual, page 226
  12. Jean-Christophe Pain, « Débat : Morgane Merteuil la grenobloise sur C+ », sur francetvinfo.fr,
  13. Sexpowerment de Camille Emmanuelle (2017)
  14. Laurène Daycard, « "Le 8 Mars pour toutes" prêt à battre le trottoir », sur liberation.fr,
  15. Caroline Politi, « Procès du Carlton: "La prostitution, c'est toujours une forme de violence" », sur lexpress.fr,
  16. Le service METRONEWS, « "Vous mentez !" : vif échange entre une avocate des travailleuses du sexe et l'une d'entre elles » [vidéo], sur lci.fr,
  17. Le travail du sexe contre le travail sur revueperiode.net
  18. Le livre des trahisons
  19. Le livre des trahisons sur puf.com
  20. Morgane Merteuil, « Homophobie, putophobie, même combat ? » sur L'Obs, 14 janvier 2013

Liens externes[modifier | modifier le code]