Mausolée de Lénine

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Mausolée de Lénine
Мавзолей Ленина
Moscow kremlin senate mausloleum.jpg

Le mausolée de Lénine (à droite de la photo) et la coupole du Palais du Sénat (à gauche). Entre les deux, au centre, la tour Senatskaïa.

Présentation
Type
Mausolée
Style
Architecte
Alekseï Viktorovitch Chtchoussev
Construction
1930
Site web
Géographie
Pays
Commune
Localisation
Coordonnées
Localisation sur la carte de Moscou
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Red pog.svg

Le mausolée de Lénine est un monument situé à Moscou, sur la place Rouge, où il est adossé aux murailles du Kremlin.

En son sein repose Vladimir Ilitch Lénine, révolutionnaire et premier dirigeant de l'Union soviétique. Son corps embaumé (selon une méthode exclusive) est exposé au public depuis 1924, année de sa mort.

Localisation[modifier | modifier le code]

Le mausolée se situe au pied de l'une des tours du Kremlin, la tour Senatskaïa, sur le côté nord-est de la forteresse. Entre les deux se trouve la nécropole du mur du Kremlin où étaient inhumées les plus hautes personnalités de l'URSS. L'entrée du monument est dans l'axe de l'entrée principale du Goum, l'ancien magasin d'État.

Historique[modifier | modifier le code]

L'actuel mausolée a été achevé en octobre 1930 par Alekseï Viktorovitch Chtchoussev[1].

Il prend la suite de deux mausolées provisoires successifs érigés également par Chtchoussev en bois de chêne, à la suite d'un concours populaire organisé dans les jours qui ont suivi la mort de Lénine survenue le 21 janvier 1924[1]. En effet, quelques jours avant la cérémonie d'inhumation (Lénine souhaitait lui-même être enterré[2]) fixée au 27 janvier à 16 heures, deux dirigeants Bolcheviks, Anatoli Lounatcharski et Leonid Krassine — probablement impressionnés par la ferveur quasi religieuse du peuple russe, et marqués par la découverte, un an plus tôt, du tombeau de Toutankhamon en Égypte — proposèrent de confier à une « Commission pour l'immortalisation de la mémoire de V. I. Oulianov » la responsabilité d'embaumer le corps du défunt et de l'exposer dans un mausolée qu'on commande en toute hâte[3].

Chtchoussev raconte dans ses mémoires qu'il fut convoqué à minuit dans la nuit du 23 au 24 janvier 1924 par ladite « commission » présidée par Viatcheslav Molotov et Félix Dzerjinski qui siégeait dans la « salle des colonnes » de la Maison des syndicats[4] pour lui notifier sa mission[1].

Le lendemain matin, le 24 janvier, Chtchoussev dirigea le marquage du terrain à l'aide de piquets. La terre gelée par le froid de -25° rendit difficile le creusement des fondations. L'usage de la bêche et du pic fut insuffisant. Une équipe de mineurs fut alors mobilisée et procéda au dynamitage du sol durant environ 24 heures, ce qui facilita grandement les travaux de déblaiements[1]. Le premier mausolée fut terminé en quelques jours[5].

Durant le même temps, on chargea un groupe de savants de trouver une formule d'embaumement, mais la plupart se défilèrent, sauf deux qui acceptèrent de relever le défi : Vladimir Vorobiev, un professeur d'anatomie de l'université de Kharkov, et Boris Zbarski, un biochimiste juif qui sera par la suite arrêté en 1952, en plein complot des blouses blanches. Les deux hommes mettent au point, en quelques semaines, une solution qui remplace l'eau des tissus et qui empêche l'apparition des bactéries : ni pourrissement, ni dessèchement[3].

En mai 1924 commença la construction d'un deuxième mausolée, plus imposant. Afin de protéger l'édifice des influences atmosphériques, on fit recouvrir les murs de laque de couleur cuivre, tandis que le toit était constitué de tôles de cuivre[1]. Ce bâtiment fut inauguré en août 1924[5].

Durant la Grande Guerre patriotique (1941-1945), dans la crainte de l'avancée des troupes allemandes vers Moscou, le corps de Lénine fut mis en sûreté à Tioumen en Sibérie de 1941 à 1944. Le transfert fut effectué sous la responsabilité du Dr Zbarski[3].

Le troisième et dernier mausolée a vu sa façade principale partiellement reconstruite en 1945, afin d'y aménager une tribune officielle pour les dirigeants du parti communiste et du gouvernement[1].

Le corps de Joseph Staline y fut également exposé, à côté de celui de Lénine entre 1953 et 1961, mais à la suite de la déstalinisation, sa dépouille fut ensuite déplacée vers le petit cimetière situé juste derrière le mausolée et qui était réservé aux dirigeants communistes.

Après la chute de l'URSS, Boris Eltsine a tenté en vain de fermer le mausolée de Lénine dans les années 1990. De nos jours, les touristes (notamment étrangers) représentent l'essentiel des visiteurs.

Le 6 octobre 1993, la garde d'honneur qui se tenait alors à l'entrée du mausolée fut supprimée[5].

Description[modifier | modifier le code]

Le mausolée se présente sous la forme d'une pyramide à degrés d'une hauteur de 12 mètres et présentant une façade de 24 mètres de longueur[5].

L'armature du bâtiment est en béton armé dont les cavités ont été remplies avec des briques[1]. Les murs sont revêtus de plaques de marbre noir, de labradorite noire, de porphyre rouge et de granite rouge[5].

L'entrée du mausolée est fermée par une porte à double-battant revêtue de cuivre patiné[1]. Au-dessus de cette porte est inscrit en lettres cyrilliques le nom de « Lénine », faites de quartzite rouge fixée sur de la labradorite noire[5].

Au-dessus de l'entrée, se trouve une tribune sur laquelle se tenaient les dirigeants de l'URSS, lors des défilées militaires et commémoratifs organisés sur la place Rouge[1].

À l'intérieur du mausolée, la salle funèbre dans laquelle repose Lénine, se présente sous la forme d'un cube dont chaque arête mesure 10 mètres avec un plafond en gradins. Au centre de la pièce, le corps du dirigeant soviétique vêtu d'un costume noir décoré d'un insigne du membre du gouvernement soviétique, repose depuis 1973 dans un cercueil de verre pare-balles placé sur une plate-forme surélevée avec des rampes de granite rouge[5].

Sous le mausolée, dans deux grandes salles de contrôle technique équipées d'une batterie d'ordinateurs et de tableaux lumineux avertissent à la moindre variation climatique ou hygrométrique. Une quinzaine de salles de garde, de sport, de repos, un minuscule musée contenant toutes les armes trouvées sur des « touristes » mal intentionnés se trouvent également sous le bâtiment. Un tunnel d'une longueur 200 mètres rejoint le Kremlin, et même un escalier mécanique fut installé en 1984 par la firme Thyssen, afin que même les dirigeants soviétiques les plus impotents, comme Konstantin Tchernenko, puissent accéder aisément à la tribune sans être portés par deux gardes[3].

Le mausolée est maintenu à une température de 16,6 °C, tandis que le taux d'humidité y est de 70 %[3].

Selon une étude récente, après plus de 80 ans de conservation, l'état du corps de Lénine reste excellent. Il fait l'objet tous les deux ans d'un réembaumement en le plongeant dans des bains de glycérol, de formaldéhyde, d'acétate de potassium, d'alcool et autres produits[2].

Visites[modifier | modifier le code]

L'édifice peut toujours être visité gratuitement. Il est ouvert au public tous les jours de 10 heures à 13 heures, sauf les lundis et vendredis. La conservation du corps demande effectivement des soins réguliers. Tout appareil photo ou vidéo y est interdit. Le visiteur doit faire preuve de respect et garder le silence. Avoir les mains dans les poches est aussi proscrit, tout comme porter des couvre-chefs (pour les hommes). Il y est également interdit de fumer.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f, g, h et i « Quatre faits peu connus sur le mausolée de Lénine », sur sputniknews.com,‎ (consulté le 24 mars 2016)
  2. a et b « A 145 ans, le corps de Lénine se porte au mieux », sur europe1.fr,‎ (consulté le 24 mars 2016)
  3. a, b, c, d et e Bernard Lecomte, « Lénine: le lifting final? », sur lexpress.fr,‎ 3 juin1993 (consulté le 24 mars 2016)
  4. « Maison de l’Assemblée de la noblesse », sur old.moscow.ru (consulté le 24 mars 2016)
  5. a, b, c, d, e, f et g « A l'intérieur du mausolée de Lénine », sur sputniknews.com,‎ (consulté le 24 mars 2016)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Ilya Zbarski, À l'ombre du mausolée, une dynastie d'embaumeurs, Actes Sud, 1997.