Matthias Rath

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Matthias Rath (né en 1955 à Stuttgart, en Allemagne) est un médecin allemand aux pratiques controversées et un chef d'entreprise qui produit des suppléments vitaminiques à vocation curative[1],[2]. Selon son site internet, son entreprise de suppléments vitaminiques reverse la totalité de ses bénéfices à une fondation d'utilité publique intitulée Dr Rath Health Foundation[3],[4].

Matthias Rath est une personnalité extrêmement controversée, notamment pour ses positions concernant la lutte contre le SIDA, proches des thèmes abordés dans le documentaire The House Of Numbers de Brent Leung ; son action a fait plusieurs fois l'objet de procès en Afrique du Sud : il a été accusé d'avoir mené des essais cliniques non autorisés, utilisant des vitamines comme thérapie anti-HIV et entraînant la mort de malades. La Haute Cour d'Afrique du Sud a jugé les essais illégaux et a interdit à Rath et à sa fondation de mener des essais cliniques non autorisés, de faire de la publicité pour leur produit et a demandé des enquêtes sur ces essais. Sa fondation a été condamnée par un communiqué du programme des Nations unies contre le sida (UNAIDS), l'OMS et l'Unicef qui lui reprochent de pratiquer une publicité mensongère et de mener une communication irresponsable. L'organisation sud-africaine de lutte contre le sida Treatment Action Campaign, que Rath avait critiquée, et qui a gagné en justice contre lui, le qualifie de charlatan[5].

Biographie[modifier | modifier le code]

Matthias Rath a étudié la médecine en Allemagne et a ensuite travaillé comme scientifique à l'hôpital universitaire de Hambourg et au centre allemand de cardiologie à Berlin.

En 1987, Matthias Rath a découvert la relation entre la carence en vitamine C et un nouveau facteur de risque de maladie cardiaque : la lipoprotéine. Après la publication de ces découvertes dans le journal de l'association cardiaque américaine Arteriosclerosis le Dr Rath a accepté l'invitation du double prix Nobel Linus Pauling de le rejoindre. En 1990 il est parti aux États-Unis pour devenir le premier directeur de la recherche cardiovasculaire de l'institut Linus Pauling en Californie[réf. nécessaire].

Matthias Rath a travaillé avec Pauling dans divers domaines de la recherche nutritionnelle.

Aujourd'hui, Matthias Rath dirige un institut de recherche et développement en médecine nutritionnelle et cellulaire. Son institut conduit des études de recherche fondamentale et des études cliniques pour documenter scientifiquement les apports des micronutriments dans la lutte contre une multitude de maladies. Matthias Rath est le fondateur du concept scientifique de « médecine cellulaire », l'introduction systématique en médecine clinique de la connaissance biochimique du rôle des micronutriments en tant que « biocatalyseurs » dans une multitude de réactions métaboliques au niveau cellulaire. Lui et son équipe de chercheurs avancent qu'un apport quotidien synergique de micronutriments permettraient de lutter contre divers maux et maladies : artériosclérose, hypertension, insuffisance cardiaque, arythmie cardiaque, diabète, ostéoporose, de nombreuses formes de cancer et des déficiences immunitaires précurseurs de maladies infectieuses dont le vih [6].

Matthias Rath suscite la controverse au sein de la communauté scientifique[7]. Il affirme mener un combat contre « l'hégémonisme et l'obscurantisme des grands groupes pharmaceutiques »[3],[8] et remet fortement en question le traitement du cancer largement pratiqué aujourd'hui et qui est, selon lui, responsable de la mort de patients curables[9]. La reconnaissance scientifique de ses travaux est inexistante. Son action en Afrique du Sud lui a valu des condamnations, et l'action de sa fondation a été très sévèrement critiquée par l'UNAIDS, l'OMS, l'Unicef et TAC[10],[11].

Recherches médicales[modifier | modifier le code]

Matthias Rath et ses collaborateurs, Aleksandra Niedzwiecky et M. Waheed Roomi, ont conduit des travaux portant sur l'apparition des maladies, leur prévention et leur traitement. Ils sont parvenus à la conclusion que la plupart d'entre elles trouvaient leur origine dans une carence en « bioénergie » indispensable au bon fonctionnement des cellules (carence en vitamines, minéraux, oligo-éléments et acides aminés)[réf. nécessaire]. Cette déficience associée à d'autres facteurs (hygiène de vie, stress, pollution, etc..) entraînerait à plus ou moins long terme des dysfonctionnements, voire des dégénérescences au niveau cellulaire. Les formules de la médecine orthomoléculaire, ou « médecine cellulaire »[12],[13],[14] pourraient en cela aider à prévenir ou à traiter la plupart de ces affections, y compris le cancer[15],[16],[17],[18].

Toutefois, il existe plusieurs synergies de micronutriments en fonction de la pathologie. Il n'y a pas de posologie standard, chaque organisme ayant des besoins différents et spécifiques, alors que les résultats d'analyses de laboratoire, par exemple, sont identiques : marqueurs tumoraux lors de cancer, ou lipoproteine A, homocystéine lors de pathologies cardiovasculaires[réf. nécessaire]. Il faut également tenir compte des paramètres de chacun (facteurs héréditaires, mode de vie, environnement, etc.).

Controverse[modifier | modifier le code]

Frank Ulrich Montgomery (de) de la Fédération des médecins allemands et Michael Bamberg de la Fondation allemande contre le cancer ont entamé des procédures légales contre le Matthias Rath à la suite du décès d'un enfant (Dominik Feld) souffrant d'un cancer des os avec métastases aux poumons. Les parents de l'enfant, avant sa mort, avaient fait abandonner la chimiothérapie de leur fils et l'avaient mis sous la thérapie de supplémentation nutritionnelle de Matthias Rath. Ce dernier se défend en avançant le fait que sa mort a été due aux erreurs dans la prise en charge du patient là où il était hospitalisé, ce qui fut prouvé par la suite lors d'un procès. Le BMJ dut s'excuser auprès du Dr Rath pour avoir publié de fausses allégations[19].

Les actions entreprises par Matthias Rath afin de persuader les Sud-Africains d'utiliser ses compléments vitaminiques pour renforcer le système immunitaire restent également controversées, d'autant qu'il préconise l'arrêt des traitements antirétroviraux pour soigner le SIDA. Il prétend notamment que certaines personnes, dont le test de dépistage du VIH est positif, ne développeraient jamais de symptômes et resteraient en vie s'ils n'étaient pas traités par les antirétroviraux. Il affirme par ailleurs que si ces personnes étaient traitées par antirétroviraux, ces dernières finiraient systématiquement par développer le SIDA[20]. Il remet ainsi en cause la toxicité des traitements antirétroviraux, qu'il accuse de détruire le système immunitaire. Cette attitude est unanimement condamnée par la communauté scientifique[21],[22],[23],[24],[25].

Par ailleurs la Société Suisse de lutte contre le cancer a attiré l'attention sur les faiblesses du dossier scientifique de Matthias Rath, ainsi que sur les possibles dangers des dosages des préparations qu'il propose[26].

Le « programme de Chemnitz »[modifier | modifier le code]

Le 21 juin 1997, à la salle des fêtes de Chemnitz, Matthias Rath a tenu un discours concernant le Programme de Chemnitz. Au cours de ce discours, il a fustigé le soutien apporté par le gouvernement allemand à la « Commission Codex Alimentarius », qu'il présente comme une initiative de l'industrie pharmaceutique visant, selon lui, à interdire au niveau mondial toute information en matière de santé en rapport avec des vitamines et autres thérapies naturelles[27].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Qui est le Dr Matthias Rath ?
  2. Biographie de Matthias Rath
  3. a et b Fondation Rath en français.
  4. Dr Rath Health Foundation
  5. (en)« The Wrongs of Matthias Rath »
  6. (en)Biographie de Matthias Rath (version anglaise) [PDF]
  7. (en) Watson J, « Vitamin guru provokes wRath of scientists, activists », Nat. Med., vol. 11, no 6,‎ 2005, p. 581 PMID 15937452
  8. [PDF] Les hommes de main du cartel pharmaceutique avivent l'hystérie anti-vitamines
  9. Stopping Cancer Naturally (version française)
  10. (en) « South African court bans AIDS vitamin trials », Reuters, 13 juin 2008
  11. (en) « UN bodies slam Rath Foundation », 12 mai 2005
  12. [PDF] Cours de base sur la médecine cellulaire
  13. [PDF] Étude clinique pilote sur la diminution naturelle du taux de cholestérol
  14. [PDF] ABC de la médecine cellulaire
  15. [PDF] Avancée de la recherche cellulaire dans la lutte contre le cancer
  16. [PDF] Cancer book (anglais)
  17. (en) Roomi MW, Ivanov V, Kalinovsky T, Niedzwiecki A, Rath M. « In vivo antitumor effect of ascorbic acid, lysine, proline and green tea extract on human prostate cancer PC-3 xenografts in nude mice: evaluation of tumor growth and immunohistochemistry » In Vivo 2005;19(1):179-83. PMID 15796171
  18. (en) Harakeh S, Diab-Assaf M, Khalife JC, Abu-el-Ardat KA, Baydoun E, Niedzwiecki A, El-Sabban ME, Rath M. « Ascorbic acid induces apoptosis in adult T-cell leukemia » Anticancer Res. 2007;27(1A):289-98. PMID 17352246
  19. (en) Anonymous « Dr Matthias Rath: an apology » BMJ 2006; 333(7569): 621. DOI:10.1136/bmj.333.7569.621-b PMC 1570804
  20. [PDF] Cours de base sur la médecine cellulaire (page 66)
  21. (en) « Denying science », Nat Med., vol. 12, no 4,‎ 2006, p. 369 (PMID 16598265)
  22. (en) « The Denialists: The dangerous attacks on the consensus about H.I.V. and AIDS », The New Yorker, 12 mars 2007.
  23. (en) « A New All-time Low », The Guardian, 20 janvier 2007.
  24. (en) « Death by Denial », The New Republic. 12 mars 2007.
  25. (en) Sarah Boseley, « Fall of the doctor who said his vitamins would cure Aids. Promoter of nutritional pills drops libel action against Guardian », The Guardian,‎ 12 septembre 2008 (lire en ligne)
  26. [PDF] « Document de la ligue contre le cancer Suisse sur les études du Dr Rath et la vitamine C » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?)
  27. « Le programme de Chemnitz »

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Thierry Souccar, La révolution des vitamines, First, 1995.
  • Thierry Souccar, Le nouveau guide des vitamines, Seuil, 1999.

Lien externe[modifier | modifier le code]