Masha Bruskina

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Masha Bruskina
Description de l'image Masha Bruskin (1924-1941) (crop).jpg.

Марыя Барысаўна Брускіна

Nom de naissance Maria Borisovna Bruskina
Naissance
Minsk, Biélorussie
Décès
Minsk
Nationalité Russe
Pays de résidence URSS
Diplôme
Activité principale
Résistante

Masha Bruskina (en biélorusse : Марыя Барысаўна Брускіна, Marya Baryssawna Brouskina ; en russe : Мария Борисовна Брускина, Maria Borissovna Brouskina), née en 1924 et tuée par pendaison, le , est une résistante russe et juive, devenue un symbole de la lutte des femmes et de la résistance juive durant la Seconde Guerre mondiale.

Éléments Biographiques[modifier | modifier le code]

Masha Bruskina est née à Minsk en 1924. Elle fait des études d'infirmière à l'école no 28 de Minsk et sort diplômée en . Elle est une élève brillante. Le la Wehrmacht occupe la Biélorussie, en juillet, elle et sa maman[Notes 1] âgée sont enfermées dans le Ghetto de Minsk dont elle ne tarde pas à s'évader et adopte le nom de sa maman qui n'a pas de consonance juive, elle s'éclaircit également les cheveux. Elle se porte volontaire en tant qu'infirmière dans un hôpital local pour prisonniers de guerre soviétiques. Là, elle intègre une des premières cellules de résistance. Son rôle au sein du groupe était de fournir des médicaments, des vêtements et de fausses identités aux prisonniers russes afin de favoriser leur fuite dans les forêts avoisinantes. Le , elle et son groupe sont dénoncés par un officier prisonnier de guerre, Boris Rudenko[Notes 2]. Elle et ses onze camarades[1] d'infortune ne tardent pas à être arrêtés. Masha est incarcérée à la prison de Minsk où elle est alors sévèrement torturée. Après son arrestation, Macha Bruskina écrivit une lettre à sa mère le  :

« Je suis tourmentée par la pensée que je t’ai causé de grands soucis. Pardonne moi. Rien de mauvais ne m’est arrivé. Je te jure que vous n’aurez pas de désagréments supplémentaires à cause de moi. Si tu peux, fais-moi parvenir ma robe, ma blouse verte, et des chaussettes blanches. Je veux partir d’ici en uniforme scolaire... »

— Masha Bruskina

Avant son exécution[Notes 3], elle est contrainte de déambuler dans les rues affublée d'une pancarte en allemand et en russe disant:"Nous sommes des partisans et avons tiré sur des soldats allemands"[2]. Masha et ses camarades sont ensuite pendus, par des membres de la 707e division d'infanterie sous le commandement de Gustav Freiherr von Bechtolsheim (de) et du 2e « Schutzmannschaft Battalion » de troupes auxiliaires lituaniennes sous le commandement du Major Antanas Impulevičius[3]. Par groupes de trois, ils sont amenés dans différents endroits de la ville, le et y sont pendus pour servir d'exemples et terroriser la population[4].

« Quand on la mit sur le tabouret, la « fille » tourna la tête vers le mur. Les bourreaux voulaient qu’elle tourne le visage vers la foule, mais elle se détournait toujours et restait ainsi. Peu importe combien de fois ils tentèrent de la tourner vers eux, elle tournait toujours le dos au groupe. Enfin, ils abandonnèrent et donnèrent un coup de pied dans le tabouret afin de le pousser sous elle. »

— Piotr Pavlovitch Borissenko [5].

À cette époque, un Lituanien, collaborant avec les Nazis, documenta chaque étape de l'exécution en tirant huit clichés. Ces photographies sont rendues publiques à la fin de la guerre et font le tour du monde[4],[6].


Deux des personnes sont très vite identifiées, il s'agit de Volodia Shcherbatsevich (16 ans) [Notes 4] et Kirill Trus (un vétéran de la Première Guerre mondiale). Il faudra ensuite attendre une publication dans le Soir de Minsk (ru) (Вечерний Минск) en 1968 à la suite de l'enquête lancée par le réalisateur Lev Arkadyev (ru) pour que Masha Bruskina soit formellement identifiée par une vingtaine de personnes, dont son oncle, le sculpteur Zair Azgur (en)[7]. Le gouvernement russe, puis biélorusse refuse cependant jusqu'en 2008 que son nom soit repris sur la stèle commémorative des pendus de Minsk[4] ,[Notes 5].

Dans les année 1960, on retrouve la trace de son père à Moscou. Sa santé mentale est fragile depuis qu'il a vu sa fille être pendue devant ses yeux et son corps exposé pendant plusieurs jours en guise d'avertissement pour les autres partisans. Il meurt au début des années 1970 dans un hôpital psychiatrique à Moscou, jamais il n'a cessé de parler de sa fille, Masha, tuée par les Allemands[7].

Son exécution[modifier | modifier le code]

Reconnaissances[modifier | modifier le code]

Mémoriaux[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) L. Egaire Humphrey, Masha Bruskina, Claud Press, , 148 p. (ISBN 9786137070987)
  • (en) Nechama Tec et Daniel Weiss, A historical injustice: The case of Masha Bruskina, Holocaust and genocide studies, 11:3 (winter 1997): 366-77.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Sa maman mourra dans le ghetto un mois après sa fille
  2. Rudenko sera jugé et condamné à mort pour trahison, le .
  3. en face de l'établissement « Minsk Kristall », une brasserie et une distillerie rue Nijne-Liahovskaïa (15, rue Oktiabrskaïa de nos jours)
  4. Sa maman, Olga Shcherbatsevich, est pendue au même moment dans un autre endroit de la ville
  5. Pour des auteurs tels qu'Anita Walke, David Marples, Nechama Tec et Daniel Weiss, Masha Bruskina est un symbole de la barbarie Nazie et de l'antisémitisme prévalant en URSS après guerre. Son nom ne sera pas ainsi gravé sur le monument commémorant ces crimes nazis inauguré en 1960, ce qui ne sera corrigé que bien des décennies plus tard à la suite des interventions multiples de ses proches dont son amie, Elena Drapkina et d'érudits qui obtinrent enfin, en 2008 que son nom y soit mentionné. La figure incarnée par cette héroïne de la Seconde Guerre mondiale étant trop dissonante en regard à l'image des Juifs se laissant conduire à l'abattoir véhiculée en URSS dès la fin des années 1940 (in Anita Walke, 2015)
  6. In mémory of Masha Bruskina and all the jewish women who died in the fight against Nazism

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b (en) Anika Walke, Pioneers and Partisans: An Oral History of Nazi Genocide in Belorussia, Oxford University Press, , 344 p. (ISBN 9780199335541)
  2. a, b et c (en) David Marples, Our Glorious Past : Lukashenka's Belarus and the Great Patriotic War, vol. 124, Columbia University Press, 400 p. (ISBN 9783838266749), p. 94 et sq.
  3. (en)USA v KAZYS CIURINSKAS
  4. a, b et c (en) Irina Mukhina, Bernard A. Cook (dir.), Women and War: A Historical Encyclopedia from Antiquity to the Present, ABC-CLIO, , 741 p. (ISBN 9781851097708), p. 88-89
  5. Spartacus Educational : Maria Bruskina
  6. Daniel Girardin, Christian Pirker, Controverses: une histoire juridique et éthique de la photographie, Actes Sud, , 319 p. (ISBN 9782742774326), p. 108 et sq.
  7. a et b (en) Judith Miller, One By One By One, Simon and Schuster, , 320 p. (ISBN 9781451684636)