Totenkopf (insigne)

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L'insigne allemand Totenkopf (masc. en allemand, pl. totenköpfe) représente une tête de mort vue de face puis de trois quarts sous le IIIe Reich, deux tibias se croisant au-dessous puis derrière la mâchoire.

Cette tête de mort est un insigne récurrent utilisé par différentes composantes armées, militaires, ou para-militaires au cours de l'histoire de l'Allemagne.

L'origine germanique[modifier | modifier le code]

L'origine de ce symbole peut être trouvé sur les étendards et fanions de certaines tribus germaniques au début du Moyen Âge. L'explication généralement donnée à cette utilisation est le défi du guerrier germain vis-à-vis de la mort qui peut le frapper au combat.

L'insigne de cavalerie[modifier | modifier le code]

Hussard prussien du 5e régiment.

Au XVIIe siècle est créé en Wurtemberg un ordre de chevalerie, l'Orden des totenkopfs (de). En 1741, l'insigne apparaît sur les mirlitons noirs du nouveau 5e Régiment de hussards prussien[1]. La tradition du régiment rattache le sinistre insigne aux ornements des funérailles récentes de Frédéric-Guillaume Ier[2]. Le 8e régiment reprend la symbolique avec un squelette entier. Au début du XIXe siècle, d'autres formations arborent le totenkopf sur leur shakos ou colback : régiment de hussards de von Prittwitz, 1er régiment des hussards de la Garde, corps franc de la Légion noire du duc de Brunswick.

À partir de la Première Guerre mondiale, les unités de cavalerie abandonnent leurs chevaux pour combattre dans les tranchées ou se mécaniser, tout en conservant leurs traditions. Le Kronprinz lui-même arbore à l'occasion le colback à tête de mort. Après guerre, la figure se retrouve dans l'insigne du souvenir des véhicules de combat et surtout sur les engins utilisés par les Freikorps, reprenant les symboliques du mépris de la Mort et du deuil (suite à la défaite de 1918).

L'insigne prendra toute son ampleur et sa célébrité lors de la création de la Wehrmacht, les troupes mécanisées et les dernières troupes de cavalerie se muant en troupes blindées, la tête de mort - les tibias croisés à présent derrière le crâne - est alors arborée par les équipages de véhicules combattants (tanks, half-tracks de combat, automitrailleuses, véhicules blindés de reconnaissance), et plus marginalement par les vétérans des blindés de la Légion Condor[3].

Il fut dès lors porté durant toute la Seconde Guerre mondiale sous forme de pattes de col en fil d'argent sur les uniformes noirs des tankistes et équipages blindés de l'Armée régulière allemande. Cette représentation de cet insigne est souvent confondue avec la suivante, notamment du fait de la similarité de la couleur d'uniforme rappelant elle aussi les hussards noirs du XIXe siècle.

L'insigne de la SS[modifier | modifier le code]

Il s'agit ici de l'apparition la plus célèbre du Totenkopf.

Cet insigne fut repris au cours des années 1930 par l'organisation paramilitaire nazie Schutzstaffel (SS), semble-t-il sous l'influence de Julius Schreck, ancien des Freikorps[1]. Devenu très rapidement un des signes d'identification de cette organisation, notamment une fois le NSDAP au pouvoir en Allemagne, il devient un symbole de l'esprit de cette organisation pour les personnes qui en sont victimes. Cette attribution est confortée par le fait que cette organisation dénommait unités Tête-de-Mort[4] ses subdivisions chargées du système concentrationnaire.

Il fut également l'insigne d'unité de la 3e Panzerdivision SS Totenkopf, unité combattante de la Waffen SS. Dans la SS, cet insigne était porté sur les coiffes réglementaires de tous soldats et officiers. Il était métallique et de dimension plus grande que son homologue des unités tankistes de la Wehrmacht.

Après la Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Du fait de l'utilisation notoire de cet insigne par les SS, les organisations nazies et néo-nazies se sont à leur tour approprié le Totenkopf. On la retrouve ainsi souvent aux côtés d'autres insignes hérités du Troisième Reich en général, et de la SS en particulier, chez les partisans de ces organisations ou au cours de manifestations.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Xavier Tracol, « Les hussards de la mort et la totenkopf », Ligne de Front « Le guide du landser 1939-1945 »,‎ janvier-février 2011, p. 37 (ISSN 1953-0544)
  2. Liliane et Fred Funcken, L'Uniforme et les armes des soldats de la guerre en dentelle, tome 2, Casterman, (ISBN 978-2203143159), p. 66-68
  3. « insigne de la Légion Condor (en allemand) »
  4. Jean-Luc Leleu, La Waffen-SS : Soldats politiques en guerre, Perrin, (ISBN 978-2262024888), p. 18
    L'auteur différencie les unités répressives et la division combattante par les termes régiments (ou) formations Tête-de-Mort et division Totenkopf, pour éviter les confusions ; mais à l'image du général Theodor Eicke, commandant de Dachau puis de la division, les affectations étaient permutables.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Sur l'histoire de l'insigne :

  • August Von Kageneck, avant-propos de l'ouvrage Lieutenant de Panzers, Librairie Académique Perrin, 1994 (ISBN 2-262-00124-3)

Article connexe[modifier | modifier le code]