Martin Kippenberger

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Martin Kippenberger
Martin Kippenberger U-Bahn Entlüftung.jpg

U-Bahn Entlüftung (« Aération de métro »).

Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 44 ans)
VienneVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
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Lieu de travail
Mouvement

Martin Kippenberger, né le à Dortmund et mort le à Vienne, est un peintre, plasticien, performeur, sculpteur et photographe allemand.

Biographie[modifier | modifier le code]

De 1972 à 1976, Martin Kippenberger étudie à l'École des beaux-arts de Hambourg (de). Il déménage ensuite à Florence. En 1977, il fait la connaissance de Werner Büttner (de), Albert et Markus Oehlen. En 1978, il déménage à nouveau pour s'installer à Berlin. Avec Gisela Capitain, il fonde en 1978 à Berlin le « Kippenbergers Büro », où il montre des expositions de jeunes artistes. En même temps, il devient le directeur du légendaire club SO36. En 1980, il s'installe à Paris. En 1984 il entre dans le groupe d'artistes « Lord Jim Loge » (les fondateurs de celui-ci étaient, avec Kippenberger, Jörg Schlick (de), Albert Oehlen, Wolfgang Bauer ; leur devise : « Personne n'aide personne »). En 1988, il participe à la biennale de Venise.

En 1989 naît sa fille Helena Augusta Eleonore.

En 1992, il enseigne à la Hochschule (école des beaux-arts) de Cassel. En 1996, il reçoit le Käthe-Kollwitz-Preis. En 1997, il participe à la Documenta X de Cassel et à l'exposition « Skulptur.Projekte » de Münster.

Il meurt à Vienne en 1997, à 44 ans, foudroyé par un cancer du pancréas aggravé de complications hépatiques.

En 2003, il représente, à titre posthume, l'Allemagne avec Candida Höfer à la 50e Biennale de Venise.

Travaux/projets (sélection)[modifier | modifier le code]

Kippenberger refuse d’adopter un style spécifique qui abouti à une œuvre extrêmement prolifique et variée comprenant des sculptures, peintures, œuvres sur papier, photographies, installations, estampes, parfois in situ et éphémères souvent ironiques, provocantes et en partie absurdes. Son travail peut être rattaché à celui des Nouveaux Fauves.

Au cours des années 1980, Kippenberger élabore ses œuvres à la suite d'une forte réflexion politique. Lors d'un voyage au Brésil en 1986, Kippenberger achète une station service en bord de mer à Salvador de Bahia et la rebaptise Martin Bormann Gas Station[1]. La station essence fictivement rebaptisée par Kippenberger a pour but de donner à Martin Bormann (haut dignitaire nazi, conseiller d’Hitler dont la mort est controversée) une adresse camouflée et la possibilité de travailler pendant son exil potentiel. Pour l’anecdote, les employés devaient répondre aux appels avec la phrase « Station essence Martin Bormann ». Kippenberger fut accusé plus tard par le critique allemand Max Faust d’attitude néo-nazi.

En 1984, il peint Ich kann beim besten Willen kein Hakenkreuz entdecken (« Je ne peux pas découvrir de croix gammée avec la meilleure volonté ») (160 × 133 cm)

En forme d’autocritique, il créera en 1989 l’œuvre intitulée Martin, ab in die Ecke und scham Dich  que l’on peut traduire par « Martin, va au coin et honte sur toi », où il se représente sous la forme d’une statue réaliste à l’échelle 1, de dos face à un coin de mur, mis au piquet, le crâne rempli de mégots de cigarettes[2].

Metro-Net[3] : avec ce projet, un système de métro global devrait être établi, se composant seulement des maquettes des entrées et des puits d'aération avec des bruits de métro et des ventilateurs produisant des flux d'air. La première station du Metro-Net de Kippenberger a été ouverte, en 1993, sur l'île grecque de Syros. D'autres sorties ont vu le jour à Dawson City (Canada), pendant la documenta X en 1997 à Cassel et pendant l'exposition « Skulptur.Projekte (en) » à Münster.

Polémiques et faits divers[modifier | modifier le code]

Une de ses œuvres, représentant une grenouille crucifiée, a fait scandale à Bolzano, dans le Nord de l'Italie, région très catholique, durant l'été 2008. Un élu local est allé jusqu'à faire une grève de la faim pour exiger le départ de l'œuvre considérée par ses détracteurs comme blasphématoire, pendant que des manifestations pour exiger le respect de la liberté d'expression avaient lieu, des banderoles arborant « Salviamo la rana ! » (« Sauvons la grenouille ! »).

Son œuvre Quand des gouttes d'eau commencent à tomber du plafond, constituée d'une baignoire en caoutchouc placée sous des planches en bois empilées et d'apparence crasseuse, a été détruite au musée de Dortmund, le 21 octobre 2011, par une femme de ménage qui l'a « nettoyée »[4].

Expositions et collections[modifier | modifier le code]

Expositions (sélection)[modifier | modifier le code]

En 1997, le MAMCO de Genève a organisé la première rétrospective du travail de Martin Kippenberger. Ce fut la dernière exposition du vivant de l'artiste, décédé quelques semaines après le vernissage. La Tate Modern a organisé en 2006, une nouvelle rétrospective sur le travail de Martin Kippenberger. Un choix de son abondante création était présenté au musée de Londres, entre autres Selbstportraits (« Autoportraits », 1988) et de nombreux dessins de la série des papiers à lettres d'hôtel. L'exposition a ensuite été montrée à Düsseldorf.

Collections publiques[modifier | modifier le code]

Allemagne[modifier | modifier le code]

Autriche[modifier | modifier le code]

Belgique[modifier | modifier le code]

Danemark[modifier | modifier le code]

Espagne[modifier | modifier le code]

France[modifier | modifier le code]

Italie[modifier | modifier le code]

Norvège[modifier | modifier le code]

Suisse[modifier | modifier le code]

Royaume-Uni[modifier | modifier le code]

États-Unis[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

  • Sören Fischer ; Martin Kippenberger, « Ohne Titel (Selbstbildnis) », in: Meisterwerke des Kupferstich-Kabinetts, Dresden, hrsg. v. Kupferstich-Kabinett, Staatliche Kunstsammlungen Dresden, 2013, S. 172.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. « Museum Folkwang - Collection Online - Tankstelle Martin Bormann », sur collection-online.museum-folkwang.de (consulté le 2 décembre 2015)
  2. « Martin Kippenberger, toiles à gratter. », sur Libération.fr (consulté le 2 décembre 2015).
  3. MetroNet.
  4. Voir sur france24.com.
  5. Site du musée.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Biblio-filmographie[modifier | modifier le code]

  • (de) Manfred Hermes, Martin Kippenberger, Köln, DuMont, , 183 p. (ISBN 978-3-8321-7579-5 et 978-3-8321-7541-2, OCLC 63048651).
  • Martin Kippenberger, Kippenberger Sans Peine (Conversations) [« Kippenberger leicht gemacht mit Erkennungsphotos »], Genève, Musée d'art moderne et contemporain,, coll. « Écrit d'artiste », (ISBN 978-2-9401-5903-1 et 2940159033, OCLC 715814554)
  • Kippenberger - Der Film ; Allemagne/Autriche 2005 ; réalisation : Jörg Kobel

Liens externes[modifier | modifier le code]