Syros (île)

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Syros
Ano Syros (colline de gauche) et Ermoupoli
Ano Syros (colline de gauche) et Ermoupoli
Géographie
Pays Drapeau de la Grèce Grèce
Archipel Cyclades
Localisation Mer Égée (mer Méditerranée)
Coordonnées 37° 27′ N 24° 54′ E / 37.45, 24.937° 27′ N 24° 54′ E / 37.45, 24.9
Superficie 86 km2
Administration
Périphérie Égée-Méridionale
District régional Syros
Dème Syros
Démographie
Population 19 782 hab. (2004)
Densité 230,02 hab./km2
Autres informations
Fuseau horaire UTC+2

Géolocalisation sur la carte : Grèce

(Voir situation sur carte : Grèce)
Syros
Syros
Îles de Grèce

Syros (parfois également Syra) est une île des Cyclades. Sa superficie est de 86 km², elle comptait 19.782 habitants en 2004.

Sa ville principale est Ermoúpoli.

Administrativement, l'île forme un dème (municipalité) et un district régional de la périphérie (région) d'Égée-Méridionale. Lors de la réforme Kallikratis, entrée en vigueur le 1er janvier 2011, les trois anciens dèmes de l'île (Ermoupoli, Ano Syros) et Posidonía (en)) ont été supprimés et transformés en districts municipaux du dème de Syros.

Histoire[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Histoire des Cyclades.

Les fouilles ont révélé plusieurs objets, de nombreuses tombes, des vases en céramique, des statuettes, des squelettes et des ruines qui datent de l’âge du bronze et qui prouvent que l’île est habitée dès cette période.

Pendant le Ve siècle avant notre ère les Phéniciens s’installèrent sur Syros et en firent un comptoir commercial en améliorant son port.

Dans la région de Kastri et de Chalandriani, des tombes et des villages de cultivateurs datant du début de la Période Cycladique ont été découverts.

Syros devint l’un des plus importants centres des Cyclade : cette période est également celle où la prospère civilisation Syros-Kéros s’épanouit.

Pendant le VIe siècle avant notre ère naquit Phérécyde, oncle et maître de Pythagore. Il était entre autres un astronome partisan de l’héliocentrisme et enseigna à Syros. La grotte où il habitait peut être visitée à Ano Meria.

Pendant les guerres médiques, les Perses soumirent Syros qui fut libérée par les Athéniens ; par suite, Syros devint membre de la Ligue de Délos, une alliance maritime créée et présidée par les Athéniens, et payait des taxes à la cité d’Athènes.

Au IVe siècle avant notre ère, Syros tomba sous la domination de Philippe de Macédoine et de son successeur, Alexandre le Grand. Après la mort de ce dernier, Syros comme beaucoup d’autres îles grecques passa sous l’influence des Ptolémées d’Égypte, les successeurs d’Alexandre le Grand.

À la fin de la période hellénistique et au début de l’hégémonie romaine, Syros souffrit subit des attaques des pirates et devînt l’une de leurs bases : les villages de l’époque étaient construits loin de la côte, dans les montagnes.

Pendant la période romaine qui fit revenir la paix, Syros prospéra et se développa ; ceci dura pendant deux siècles après quoi l’île, fortement concurrencée par sa voisine, l’île sacrée de Délos, déclina en partie.

Avec la christianisation, Syros entre dans la civilisation byzantine, mais n’est alors qu’une petite communauté de province, dépendant de l’Evêché de Délos, puis de celui d’Athènes.

Les VIIe et VIIIe siècles furent une période désastreuse pour l’île qui fut souvent attaquée par les pirates barbaresques et qui fut touchée par la peste. Une fois encore, les côtes furent désertées, les Naxiotes qui avaient échappé à l'esclavage ou à l’épidémie, se réfugiant dans les montagnes. Aux Xe et XIe siècles avec la renaissance byzantine, la situation s’améliora, mais en 1207 les Vénitiens prirent le contrôle des Îles grecques et Marco Sanudo conquit Syros et Naxos, devenant duc de Naxos.

Pendant la domination vénitienne les habitants de Syros souffrirent de pauvreté, d’exploitation féodale et de persécutions religieuses (ceux qui voulurent y échapper passèrent au catholicisme et il existe toujours une communauté catholique dans l’île, qui entra sous la protection de la France pendant l’occupation ottomane). L’influence vénitienne est visible aujourd’hui dans la ville médiévale d’Ano Syros qui possède une église fortifiée dédiée à saint Georges.

En 1537, Syros est conquise par les ottomans mais obtient de s’autogouverner, avec un statut privilégié.

De 1770 à 1774 lors de la guerre russo-turque, l’île fut conquise par les Russes qu’elle accueillit en libérateurs ; trois ans plus tard, elle retomba sous la domination turque en perdant son autonomie.

Pendant la guerre d'indépendance grecque de 1821 l’île ne se souleva pas, mais participa à la lutte pour l’indépendance en accueillant les Grecs persécutés par les Turcs, ceux qui s’étaient révoltés et ceux qui avaient échappé aux massacres et avaient quitté leurs terres. La nombreuse communauté catholique était sous protection française et les Ottomans n’attaquèrent pas. Ainsi, des milliers de réfugiés, venant de Chios et des îles orientales de la mer Égée, vinrent s’installer sur le rivage, resté inhabité depuis le Moyen âge. Lorsque la Grèce vit enfin reconnaître son indépendance en 1839, Syros lui fut rattachée.

Ermoúpoli, capitale de Syros et des Cyclades

Les émigrés installés sur les côtes construisirent en quelques années la nouvelle capitale de l’île, Ermoúpoli, qui vit son économie et sa culture fleurir rapidement du XIXe siècle au XXe siècle ; c’était une période de grande prospérité pour Syros et ses habitants, et l’île devint le centre commercial et culturel de Grèce.

Aujourd’hui Syros est le centre administratif et la capitale des Cyclades ainsi qu’un centre important pour le commerce, grâce à ses excellents chantiers de construction navale et à sa vie culturelle très développée.

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