Marion Delorme

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
(Redirigé depuis Marion de Lorme)
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Page d'aide sur l'homonymie Pour le drame de Victor Hugo, voir Marion de Lorme (Hugo). Pour les autres significations, voir Marion de Lorme (homonymie).
Marion Delorme
Marion de Lorme-Hugo.jpg
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 36 ans)
ParisVoir et modifier les données sur Wikidata
Activité

Marie de Lon, demoiselle de Lorme, dite Marion de Lorme ou Marion Delorme, est une courtisane française, née à Paris le , morte à Paris le .

Biographie[modifier | modifier le code]

Née dans une famille de la noblesse de robe (son père, mort en 1639, était président et trésorier général des finances en Champagne[1]), elle fut élevée à Baye. Elle apprit la danse et la musique[2]. Elle était riche[3] et belle, « pieuse et même mystique[2] ». C'est alors qu'arriva au logis, en tant que maître d'écriture, le poète Des Barreaux, qui devint son premier amant[4]. Elle le délaissa pour Cinq-Mars[4], ce dont Louis XIII se montra jaloux[2]. Elle eut des liaisons sentimentales ou vénales avec le duc de Buckingham[5] et plusieurs jeunes seigneurs de la cour.

Guy Patin écrit en 1649 : « La troisième maîtresse du cardinal de Richelieu était une certaine belle fille parisienne, nommée Marion de Lorme, que M. de Cinq-Mars avait entretenue, comme a fait aussi le maréchal de La Meilleraye et plusieurs autres[6]. »

Liée avec Ninon de Lenclos, elle partagea avec elle les suffrages de tout ce que Paris avait de plus galant et de plus spirituel. Elle résidait dans le même quartier, le Marais, place Royale[2]. Plus jolie que Ninon, plus ardente, elle était dotée de moins d'esprit[7].

Après l'arrestation des princes de Condé et de Conti pendant les troubles de la Fronde, elle fut sur le point d'être arrêtée elle-même ; mais sa mort inopinée le , à 36 ans[8], empêcha l'exécution de l'arrêt. Elle aurait succombé à la prise d'une trop forte dose d'antimoine[9].

Une descendance de trois enfants[2] est reconnue à Marion[10], attribués au marquis de Cinq-Mars[11] :

  • Jeanne de Lorme (1638 - ?), sans descendance connue
  • Augustin de Lorme (1639 - 1698), prêtre jésuite et essayiste polémiste catholique
  • Jean de Lorme (1641 - 1713), né à l’Arbresle près de Lyon se fixa dans cette ville en 1668 où il devint procureur et notaire[12]. Il épousa Catherine Mousson, dont il eut trois fils : Jean, François, Gabriel.

Dans les arts[modifier | modifier le code]

Théâtre[modifier | modifier le code]

La vie singulière de Marion de Lorme a fourni en 1804 à Dumersan et Pain le sujet d'un vaudeville, La Belle Marie.

Victor Hugo écrivit un drame en cinq actes et en vers, Marion de Lorme, représenté au théâtre de la Porte-Saint-Martin le , après avoir été interdit par la censure pendant deux ans. De la vraie Marion de Lorme, Hugo « n'a utilisé que le nom[7] ».

Mises en scène[modifier | modifier le code]

Roman[modifier | modifier le code]

Opéra[modifier | modifier le code]

Légende[modifier | modifier le code]

Dans ses Illuminés, Gérard de Nerval évoque la légende selon laquelle Marion Delorme aurait vécu près de cent cinquante ans, « ainsi que semblent le constater d'ailleurs son acte de baptême et son acte mortuaire conservés à Besançon[14] ». L'écrivain Jacques Cazotte, alors âgé de vingt et un ans, l'aurait rencontrée ; elle lui aurait communiqué « des détails inconnus sur la mort de Henri IV[14] ».

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Antoine Adam, in Tallemant des Réaux, Historiettes, coll. « Bibliothèque de la Pléiade », Gallimard, 1961, t. II, p. 939, note 4.
  2. a b c d et e Pierre Leguay, in Roman d'Amat (dir.), Dictionnaire de biographie française, Paris, Letouzey et Ané, 1962, t. X, p. 888.
  3. Tallemant des Réaux parle de 25 000 écus de dot. Tallemant des Réaux, op. cit., t. II, p. 34.
  4. a et b Tallemant des Réaux, op. cit., t. II, p. 34.
  5. Dezobry et Bachelet, Dictionnaire de biographie, t.1, Ch.Delagrave, 1876, p. 764
  6. Guy Patin, lettre à Spon, 3 novembre 1649. Cité par Antoine Adam, op. cit., t. II, p. 940, note 10.
  7. a et b Pierre Leguay, op. cit., t. X, p. 889.
  8. Tallemant dit à 39 ans. Tallemant des Réaux, op. cit., t. II, p. 35. Selon Antoine Adam, elle serait née le 3 octobre 1613, et morte le 30 juin 1650. Elle n'avait donc pas encore 37 ans. Antoine Adam, op. cit., t. II, p. 939, note 3 ; 940, note 2 ; 941, notes 9 et 1. Pierre Leguay confirme ces dates, en précisant qu'elle est née à Paris. Pierre Leguay, op. cit., t. X, p. 888.
  9. Tallemant des Réaux, op. cit., t. II, p. 35.
  10. a et b Tallemant des Réaux, op. cit., t. II, p. 36.
  11. Alfred de Vigny, Cinq-Mars, ou une conjuration sous Louis XIII, Paris, Gallimard, 1999., 631 p. (ISBN 978-2253082170)
  12. « Archives historiques et statistiques du département du Rhone, Volumes 7 à 8 », sur https://books.google.fr/,
  13. Georges Touchard-Lafosse, « Louis XV », Chroniques de l'Œil-de-bœuf, Paris, Barba, 1860, p. 207.
  14. a et b Nerval dit s'inspirer d'un portrait de Jacques Cazotte par Charles Nodier. Gérard de Nerval, « Cazotte », Les Illuminés, Paris, Lecou, 1852, p. 265.

Source[modifier | modifier le code]

  • Cet article comprend des extraits du Dictionnaire Bouillet. Il est possible de supprimer cette indication, si le texte reflète le savoir actuel sur ce thème, si les sources sont citées, s'il satisfait aux exigences linguistiques actuelles et s'il ne contient pas de propos qui vont à l'encontre des règles de neutralité de Wikipédia.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Armand Bourgeois, Deux salons parisiens au XVIIè-siècle, Marion Delorme et Ninon de Lenclos, 1896, (notice BnF no FRBNF41627521)
  • Tallemant des Réaux, Historiettes, « Bibliothèque de la Pléiade », Gallimard, 1961, t. II, p. 30 et 34-36.
  • Léon Mirot, Autour de la mort de Marion de Lorme, Paris, Jean Schemit, 1926.
  • Joséphin Peladan, Histoire et Légende de Marion Delorme, Paris, La Connaissance, 1927.
  • Marie Dormoy, La Vraie Marion de Lorme, Paris, Malfère, 1934.
  • Georges Mongredien, Marion de Lorme et ses amours, Hachette, 1941.
  • Pierre Leguay, in Roman d'Amat (dir.), Dictionnaire de biographie française, Paris, Letouzey et Ané, 1962, t. X, p. 888 et 889.
  • Henri Pigaillem, Marion de Lorme, la reine du Marais, Les Trois Orangers, 2004.

Liens externes[modifier | modifier le code]