Marie-Anne de Mailly-Nesle

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Marie-Anne de Mailly-Nesle
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Marie-Anne de Mailly-Nesle par Jean-Marc Nattier

Titre

Favorite

Décembre 1742 — Décembre 1744

Prédécesseur Louise Julie de Mailly-Nesle
Successeur Madame de Pompadour
Biographie
Naissance
Paris
Décès (à 27 ans)
Paris
Père Louis III de Mailly-Nesle (1689-1767)
Mère Armande Félice de La Porte Mazarin (1691-1729)
Conjoint Louis de La Tournelle (1708-1740)

Marie-Anne de Mailly-Nesle, marquise de La Tournelle, duchesse de Châteauroux, née à Paris le 5 octobre 1717 et morte dans la même ville le 8 décembre 1744, est une favorite de Louis XV.

Cinquième fille de Louis III de Mailly-Nesle, marquis de Nesle, et de son épouse Armande Félice de La Porte Mazarin (elle-même petite-fille d'Hortense Mancini et arrière-petite-nièce de Mazarin), Marie-Anne de Mailly-Nesle épouse en 1734 le marquis Louis de La Tournelle.

Relations entre sœurs[modifier | modifier le code]

Sa sœur aînée Louise Julie de Mailly-Nesle, comtesse de Mailly, avait été la maîtresse de Louis XV de 1733 à 1739. Elle fut supplantée par sa sœur cadette, Pauline Félicité de Mailly-Nesle, marquise de Vintimille. Mme de Vintimille mourut en couches le 9 septembre 1741, et Louise fut rappelée. Marie-Anne entra au service de la reine grâce à sa sœur le 4 octobre 1742. La marquise de La Tournelle, sœur des deux précédentes, poussée par le maréchal de Richelieu et Mme de Tencin, prit par orgueil la décision de devenir maîtresse royale. Le roi renvoya sa sœur aînée de la cour (3 novembre 1742), puis il la prit comme maîtresse en titre en décembre 1742.

Le roi la titra duchesse de Châteauroux le 20 octobre 1743 et la présenta à la cour le 24 octobre 1743.

Favorite royale ou le scandale de la galerie couverte[modifier | modifier le code]

Devenue favorite en titre et soutenue par le duc de Richelieu, elle fut quelque temps toute-puissante à Versailles et usa de son influence pour entraîner la France dans la guerre de Succession d'Autriche et persuader le Roi d'aller conquérir la gloire sur les champs de bataille en Flandre et en Alsace.

Louis XV l'autorisa à le rejoindre dans les Flandres en juin 1744 puis le roi et son armée se rendirent à Metz. Là, le roi logea sa maîtresse dans une bâtisse proche de son palais. Pour faciliter les rencontres des deux amants une galerie couverte fut édifiée entre les deux maisons au grand dam de la population messine qui voyait dans sa ville s'étaler publiquement l'adultère royal. En août, le roi tomba gravement malade à Metz.

Proche de sa fin, il résolut de se repentir mais pour cela dut renvoyer sa maîtresse à Paris. La duchesse de Châteauroux quitta discrètement la ville et la fameuse galerie couverte fut démolie tandis que la reine et le dauphin Louis-Ferdinand accourraient en hâte à Metz et que le royaume se mettait en prière. Le roi fut contraint par l'évêque de Soissons Monseigneur de Fitz-James à un acte de contrition public. Il reçut cependant, au cours du Te Deum célébré en présence de la reine par le curé de l'église Notre-Dame de Metz, le surnom de « Louis le Bien Aimé ».

Néanmoins, après son retour à Versailles, le roi, qui avait mal vécu l'humiliation imposée par l'évêque de Soissons, l’exila, dès sa guérison, dans son diocèse où il devait mourir, et rappela la duchesse de Châteauroux à la cour et reprit leur liaison. Il songeait également à confier à sa maîtresse la place lucrative et stratégique de surintendante de la maison de sa belle-fille, la future Dauphine.

Cependant quelques jours avant Noël, la duchesse mourut d'une péritonite à l'âge de 27 ans. Cette mort parut suspecte à certains qui parlèrent, sans preuves, d'empoisonnement[1],[2],[3].

Postérité littéraire[modifier | modifier le code]

Marie Armande Jeanne Gacon-Dufour a publié en 1806 deux volumes de lettres attribuées à Mme de Châteauroux[4]. Sophie Gay a publié un roman intitulé la Duchesse de Châteauroux [5]. Antonin Roques a donné un drame en 5 actes intitulé la Duchesse de Châteauroux [6] et les frères Goncourt ont mis au jour la Duchesse de Châteauroux et ses sœurs [7].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jean Sareil, Les Tencin : histoire d'une famille au dix-huitième siècle d’après de de nombreux documents inédits, Genève, Droz, 1969, 447 p., (ISBN 978-2-60003-501-9), p. 375.
  2. Robert Favre, La Mort dans la littérature et la pensée françaises au, Lyon, Presses Universitaires de Lyon, 1978, 640 p., p. 60.
  3. Société d'histoire littéraire de la France, Revue d'histoire littéraire de la France, vol. 101, Paris, Armand Colin, 2001, p. 131.
  4. Correspondance inédite de Mme de Châteauroux avec le duc de Richelieu, le maréchal de Belle-Isle, MM. Duverney, de Chavigni, Mme de Flavacourt et autres, précédée d’une notice historique sur la vie de Mme de Châteauroux, par Mme Gacon-Dufour, 2 vol. in-12, Paris, L. Collin, 1806.
  5. 2 tomes en 1 vol. in-8°, Paris, Dumont, 1834, 389 p.
  6. Saint-Flour, V. Viallefont, 1852, in-18, 70 p.
  7. Paris, G. Charpentier, 1879, in-16, XXI-432 p.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]