Marguerite d'York (1446-1503)

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Marguerite d'York
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Portrait anonyme de Marguerite d'York réalisé aux Pays-Bas bourguignons, vers 1468/70. (Huile sur bois, 20,5 x 12 cm. Paris, Musée du Louvre.)

Titre

Duchesse de Bourgogne


(8 ans, 5 mois et 27 jours)

Prédécesseur Isabelle de Portugal
Successeur Maximilien de Habsbourg
Biographie
Dynastie Maison d'York
Naissance
Château de Fotheringay (Angleterre)
Décès (à 57 ans)
Malines (Bourgogne)
Père Richard Plantagenêt
Mère Cécile Neville
Conjoint Charles le Téméraire

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Marguerite d'York [1] ( - ) est la sœur des rois d'Angleterre Édouard IV et Richard III d'Angleterre et la troisième et dernière épouse du duc de Bourgogne Charles le Téméraire. En son siècle, elle passe pour la duchesse la plus élégante, la plus riche et la plus puissante d'Europe.

Biographie[modifier | modifier le code]

Couronne de Marguerite d´York, Trésor de la Cathédrale d'Aix-la-Chapelle

Marguerite naît le au château de Fotheringhay dans le Northamptonshire en Angleterre, fille du 3e duc d'York Richard Plantagenêt (qui s'apprête alors à revendiquer le trône d'Angleterre) et de son épouse Cécile Neville.

Fille de duc et sœur de roi[modifier | modifier le code]

Lors de la révolte organisée par son père, Richard, duc d'York, Marguerite grandit avec ses deux plus jeunes frères, éloignés de la cours et des agitations politiques, à l'inverse des quatre aînés.

En 1460, le duc d'York entre triomphalement dans la ville de Londres, suite à la victoire de Northampton. Mais suite à la défaite du parti des York à la bataille de Wakefield, le duc étant lui-même tué pendant la bataille, la duchesse d'York décide d'envoyer ses deux plus jeunes fils en sécurité. Ils sont envoyés à la cour de Bourgogne de Philippe le Bon, où ils sont accueillis par son fils bâtard, David, évêque d'Utrecht[2]. Ils ne sont en réalité accueillis à la cour même du duc qu'après la victoire de Towton, et le couronnement de leur frère aîné. A leur retour en Angleterre, ses frères peuvent ainsi lui raconter les splendeurs de la cour bourguignonne, l'une des plus brillante du temps. Marguerite a 15 ans lorsque son frère aîné devient Édouard IV d'Angleterre. Elle va alors faire partie de la cour anglaise comme membre de la famille royale et rester à la cour pendant encore 7 ans.

Son éducation semble complète et digne d'une jeune fille issue de la noblesse : enseignement de la musique, de la danse, de la broderie. L'importance de l'éducation qu'elle a reçu se constate également dans sa capacité à corriger des traductions françaises ou encore par le fait qu'elle connaisse un peu d'allemand. Son éducation est également emprunt de religieux notamment du fait de la lecture de vie de saints, comme celle de Catherine de Sienne[2].

De manière plus générale, la jeune Marguerite d'York est entourée de modèles féminins forts, qui explique la duchesse de Bourgogne qu'elle devient plus tard. Tout d'abord, elle semble avoir hérité de l'énergie de sa mère, Cécily Neville, et de son intérêt pour les affaires politiques et dynastiques. Sa mère joue en effet un rôle très actif au côté de son père. Elle est également un modèle pour la future duchesse de Bourgogne pour les choses de l'administration et de la politique pour assurer sa position à la cour de Bourgogne[2].

Mariage avec Charles le Téméraire[modifier | modifier le code]

Après avoir envisagé un mariage portugais avec Don Pedro d'Aragon, cette possibilité est abandonnée suite au décès de celui-ci. Le nouveau roi d'Angleterre cherche en effet des soutiens européens face à la France. Il se tourne alors vers le Bourgogne, qui cherche également des soutiens contre la France. La duchesse de Bourgogne, Isabelle du Portugal, elle-même liée par le sang aux monarques anglais, souhaite déjà pour son fils, Charles, comte de Charolais, un mariage anglais. Philippe le Bon ayant dans un premier temps préféré un mariage franco-bourguignon, l'alliance anglo-bourguignonne par le mariage apparait de nouveau possible suite au décès de l'épouse du comte. À la cour anglaise, la nouvelle reine, Elizabeth Woodville contribue également activement au mariage de sa belle-sœur[2].

Le , elle épouse l'un des princes les plus puissants d'Europe, Charles le Téméraire, duc de Bourgogne à Damme en Flandre dans les Pays-Bas bourguignons. Bien que l'union soit restée sans descendance, elle scelle un pacte d'alliance entre l'Angleterre et la Bourgogne. On peut d'ailleurs noter que le duc Richard d'York et le duc de Bourgogne Charles le Téméraire ont un point commun : celui d'avoir essayé de destituer par la guerre les rois et suzerains de leurs pays respectifs (même si Charles ne se reconnaissait plus comme prince français ni comme vassal de Louis XI de France).

Quand Marguerite d'York paraît à Bruges pour la première fois dans le décor peint pour ses noces par Hugo van der Goes, le cœur de l'Europe chavire. Dans le cortège des Dames flamandes au hennin sévère, elle se démarque par sa longue chevelure blonde tombant sur ses reins. Les fêtes et réjouissances qui suivent le mariage (surnommé le mariage du siècle) sont d'un luxe et faste encore jamais vus, une promotion éclatante de l'État bourguignon. Aujourd'hui, Bruges reconstitue et commémore ce fastueux mariage (et les fêtes auxquelles il a donné lieu) une fois tous les cinq ans, ce qui provoque un afflux de touristes de tous les pays avoisinants.

Marguerite d'York n'a pas d'enfant. Elle reporte toute son affection maternelle sur la fille du précédent mariage du Téméraire, la duchesse Marie de Bourgogne qu'elle élève comme sa fille.

Devenue veuve de Charles le Téméraire en 1477, elle s'instaure protectrice de sa belle-fille la duchesse Marie de Bourgogne et lui fait épouser le futur empereur germanique Maximilien Ier du Saint-Empire, de la dynastie des Habsbourg.

À la mort de la duchesse Marie de Bourgogne âgée de 25 ans en 1482 (décédée des suites d'une chute de cheval accidentelle pendant une partie de chasse), Marguerite d'York s'occupe personnellement des deux enfants de cette dernière, Philippe Ier de Castille et Marguerite d'Autriche. Elle tente également d'influencer la fin de la guerre des Deux-Roses, en prêtant assistance (en vain) à son neveu John de la Pole contre Henri VII d'Angleterre, en 1487, puis à Perkin Warbeck en 1492.

Elle décède le 23 novembre 1503 à Malines, aux Pays-Bas bourguignons, à l'âge de 57 ans.

La dévote et mécène[modifier | modifier le code]

Femme en prière dans un manuscrit de dévotion de Marguerite d'York, par le Maître des Traités de morale, BRB, Ms.9272-76 f.182r.

Marguerite d'York est décrite par les chroniqueurs comme introvertie et dévote. Elle finance abondamment les institutions religieuses, et notamment les ordres mendiants. Son penchant l'incite à commander des manuscrits de livres de dévotion et des traités de morale religieuse et fait appel pour cela à des artistes et auteurs parmi les plus doués de sa génération. Il s'agit du copiste David Aubert, des enlumineurs Simon Marmion (Les Visions du chevalier Tondal du Getty), le Maître des Traités de morale (un manuscrit de l'Apocalypse, M.484) ou encore le Maître de Marguerite d'York (Livre de l’âme contemplative, Bibliothèque royale de Belgique, Ms.9305-06)[3].

Ascendance[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Luc Hommel, Marguerite d'York ou La Duchesse Junon (1446-1503), éd. Le Cri, 2003, 334 p. (ISBN 978-2871063186)
  • Jean-Marie Cauchies (dir.), « Marguerite d’York et son temps. [Actes des] Rencontres de Malines (25 au 27 septembre 2003) », Publications du centre européen d'études bourguignonnes, n° 44, 2004
  • J. Calmette, « Le mariage de Charles le Téméraire et de Marguerite d'York », Annales de Bourgogne, 1929, vol. 11, p.193-214 [lire en ligne]
  • Serge Dauchy, Le douaire de Marguerite d'York, la minorité de Philippe le Beau et le Parlement de Paris 1477-1494, dans Bulletin de la Commission royale d'histoire. Académie royale de Belgique, 1989, Volume 155, no 1, p. 49-127 (lire en ligne)
  • Christine Weightman, Margaret of York, Duchess of Burgundy, 1446-1503, St Martin's Press, New York, 1989.
  • Manuel Guay, "Du consentement de l'affectio maritalis : quatre mariages princiers (France-Anlgterre, 1395-1468)", Revue Historique, t. 311, fasc. 2 (650), Avril 2009, p. 291-319.
  • Murielle Gaude-Ferragu, La Reine au Moyen Age. Le pouvoir au féminin, XIVe-XVe siècle, Paris, Talandier, 2014, 345 p.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Références[modifier | modifier le code]

  1. dénominations alternatives : Margaret Plantagenêt, Marguerite de Bourgogne, Marguerite d'Angleterre
  2. a b c et d Christine Weightman, Margaret of York, Duchess of Burgundy, 1446-1503, New York, St Martin's Press,
  3. Bernard Bousmanne et Thierry Delcourt (dir.), Miniatures flamandes, Bibliothèque nationale de France/Bibliothèque royale de Belgique, , 464 p. (ISBN 9782717724998), p. 424 (notice de Bernard Bousmanne)