Marcel Carbonel

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Victor Marcel Carbonel
Description de l'image Marcel Carbonel Santonnier.jpg.
Naissance
Lyon
Décès
Marseille
Nationalité française
Profession
Distinctions

Victor Marcel Carbonel, dit Marcel Carbonel, né à Lyon le , décédé à Marseille le à l'âge de 92 ans, est un santonnier marseillais, doyen de sa profession.

Pour illustrer l’œuvre de Marcel Carbonel, il est opportun de rappeler la phrase de Frédéric Mistral qui se résume ainsi : « L'argile est aux mains du santonnier ce qu'est l'homme dans les mains de Dieu. »[citation nécessaire]

À l'origine[modifier | modifier le code]

Avant de commencer son activité, Marcel Carbonel exerça plusieurs petits métiers parmi lesquels portefaix, chauffeur de taxi, wattman, coursier. En 1928, il quitte l'école des beaux-arts, faute de moyens à la suite du décès de son père Victor. Il apprend alors le métier de lithographe.

Début de l'activité[modifier | modifier le code]

En 1935, il s’installe dans un local rue Fort-Notre-Dame dans le 7e arrondissement à Marseille, ville dans laquelle il vit depuis l'âge d'un an. Il est accompagné de sa femme Clotilde, d’un mouleur et de deux décoratrices qu'il emploie.

Technique de fabrication[modifier | modifier le code]

Crèche de Noël provençale en santons Marcel carbonel

Pour fabriquer le moule original d'une nouvelle création appelé « moule-mère »[réf. souhaitée], il utilise du plâtre de Paris de couleur jaunâtre; ses particularités sont la finesse de l'empreinte, sa densité et sa solidité.

Pour les moules de reproduction[1], il utilise un plâtre moins dur qui permet de démouler plus facilement le sujet. La forme des moules de reproduction est importante ; elle est arrondie en haut du moule afin de faciliter l'estampage en série. Ensuite, il laisse sécher le santon et le cuit dans un four électrique à une température qui atteint progressivement 980 °C.

Il décore ses santons avec des gouaches de sa propre fabrication. Grâce à sa formation de lithographe, il met au point ses propres gouaches en broyant manuellement des pigments avec de la gomme arabique dure, dite « Kitir », qu'il décante lui-même.

Il utilise 20 pigments de base, ocre rouge, ocre jaune, terre de sienne, terre de sienne brûlée, rouge hélios, rouge d'alizarine, rose syrien, bordeau, vert de chrome, vert valentine, violet d'alizarine, jaune hansa, jaune de chrome, bleu de cobalt, bleu de manganèse, bleu outremer, bleu de Prusse, noir d'ivoire (Noir animal), blanc de titane, blanc de lithopone, qu'il mélange pour créer sa propre palette de 124 couleurs répertoriées et dosées. Ce procédé, d'après son expérience, permet en effet d'obtenir des couleurs plus vives et éclatantes que les gouaches en tube du commerce auxquelles ont généralement recours les autres santonniers.

Pour la décoration du santon, il utilise des pinceaux en poils de martre Kolinsky.

Développement de l'activité[modifier | modifier le code]

Crèche santons N°4 Marcel Carbonel

En 1950 il déménage pour s'installer sur une galerie au no 2 rue du Commandant de Surian toujours dans le 7e arrondissement; son effectif est alors de 10 employés. Par la suite, il s'étend sur la galerie et continue d'embaucher et de former des apprentis. Son petit-fils, Philippe Renoux-Carbonel, le rejoint en 1973 à l'âge de 15 ans pour commencer son apprentissage.

Création des Ateliers Marcel Carbonel[modifier | modifier le code]

Logo des Ateliers Marcel Carbonel

En 1977, à l'âge de 66 ans, il prend sa retraite. S'il ne s'investit plus dans la gestion de son entreprise, cela ne l'empêche en rien de continuer de créer des crèches et des santons au sein de son atelier qu'il conserve rue du commandant de Surian. Il confie à sa fille, Danielle, et à son gendre, Alfred Renoux, la création de la SARL Les Ateliers Marcel Carbonel, son petit-fils étant trop jeune pour diriger l'entreprise. Un logo est spécialement créé pour cet événement.

Reconnaissances et honneurs[modifier | modifier le code]

En 1947, il est élu Président du syndicat des santonniers, mandat qu'il exerce pendant vingt et un ans. Avec la participation de Jean Héritier, Il est le créateur en 1958 du Salon international des santonniers en la ville d’Arles[2], salon qui lui survivra; il s'exprima ainsi lors de la création du Salon d'Arles : " Au nom de tous mes camarades, je viens vous demander droit d'asile dans votre cité, en ces lieux mêmes où nos chers santons ont reçu leur consécration définitive. Nous exprimons le vœu qu'une sélection de qualité figure ici en permanence; capitale spirituelle de la Provence, Arles se devait d'accueillir en son sein ses plus nobles artisans. Le Salon d'Arles doit être, ainsi qu'ils l'ont souhaité, l'occasion de rassembler leurs idées d'après leurs œuvres et d'être une confrontation artistique que nous voulons, entre toutes, féconde.".

En 1961, la discipline santonnière rentre à la Sorbonne où Marcel Carbonel sera le premier santonnier à être distingué Meilleur ouvrier de France ; cette discipline est toujours en vigueur. Le 9 mai 2003, il est fait chevalier de la Légion d'honneur[3].

Création du musée du santon Marcel Carbonel[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Musée du santon Marcel Carbonel.

Au cours de sa carrière, Marcel Carbonel effectue de nombreux voyage en Europe et ne cesse d'acquérir tout ce qui peut toucher à la Nativité, aux santons et aux figurines suivant un précepte bien établi : l'originalité des créations. Dans le même temps, il collectionne à peu près tous les santons que fabriquent ses confrères en suivant toujours le même précepte. Sa collection privée est constituée de pièces originales faites d'argile (cuite ou crue), papiers mâchés, bois sculpté et précieux, verre filé de Murano, plâtre, céramique, porcelaine, polychrome, maïs, liège, tissus (santons habillés).

En 1997, cette collection est mise en valeur avec le musée du santon Marcel Carbonel[4] permettant aux visiteurs d'explorer cet artisanat.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]