Mamadou Michel N'Diaye

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Mamadou Michel N'Diaye
Fiche d’identité
Nom complet Mamadou N'Diaye
Nationalité Drapeau : Sénégal Sénégal Drapeau : France France
Date de naissance
Lieu de naissance Diourbel (Sénégal)
Date de décès (à 77 ans)
Catégorie Poids légers
Palmarès
  Amateur
Combats 49
Victoires 16
Victoires par KO 5
Défaites 28
Matchs nuls 5
Sans décision 0

Mamadou Michel N'Diaye, né Mamadou N'Diaye le à Diourbel au Sénégal et mort en 1985 à Roubaix en France, est un marin, boxeur, résistant et chiropracteur sénégalo-français.

N'Diaye s’intéresse très tôt à la mer et lors de ses premiers séjours à Dakar, il passe de longs moments à observer les bateaux et s'engagera sur un de ces bateaux qui accostaient au port. Il parcourra le monde pendant neuf années sur différents navires de la marine marchande où il sera tour à tour, homme d'équipage, graisseur, mécanicien, timonier. Il deviendra par la suite chauffeur à bord d'un navire.

Pratiquant la lutte sénégalaise et la boxe depuis l'enfance, N'Diaye effectue des combats contre d'autres matelots à bord des navires. Lors d'une escale à Rio de Janeiro, il monte sur le ring lorsqu'un boxeur déclara forfait et s'ensuit devant 4000 spectateurs, un combat qu'il gagne par KO suite à un uppercut. Le public acclame le « boxeur noir ». Encouragé par ce succès, il s’entraîne de plus belle et envisage désormais une carrière de boxeur. Il quittera son dernier poste pour s'installer en France et notamment sur Roubaix où il fait partie des premiers Africains de la ville. Il est surnommé « la Panthère noire » suite à ses premiers combats dont certains sont couverts par la presse de Roubaix et de Belgique.

Mamadou Michel N'Diaye entre dans la Résistance de 1941 à 1944 avec sa participation au groupe Sussex du Bureau central de renseignements et d'action (BCRA) de la France libre à Londres.

Après la Seconde Guerre mondiale, il devient chiropracteur à Roubaix[1]. Il exerce une pratique manuelle « non conventionnelle » et traite les douleurs vertébrales, traitant un grand nombre de patients français et belges.

Biographie[modifier | modifier le code]

Origines familiales[modifier | modifier le code]

Mamadou Michel N'diaye est le fils de Matty Diouf et de Matar N'Diaye. Son père qui est le chef d'une tribu-village qui compte une cinquantaine d'habitants et qui porte son nom est combattant lors de la Première Guerre mondiale. Caporal lors de la bataille de Verdun[2],[a] et il se bat également à coté d'Ypres en Belgique. Sa mère Matty Diouf a le don de soulager les futures mamans par imposition des mains. Elle accouche de Mamadou toute seule au pied d'un baobab à 8 heures du matin.

Éducation et famille[modifier | modifier le code]

Mamadou Michel N'diaye fait partie d'une famille de six enfants. Dième, sa sœur aînée, est celle dont il se sent le plus proche puisque c'est elle qui s'est occupée de lui bébé. Les autres sont Synou, sa sœur cadette, et Omar, Abdou et Moucha, ses trois frères. Les deux premiers perdent la vie aux côtés de l'armée française lors de la Seconde Guerre mondiale et Omar, seul survivant, sera blessé plus tard et vivra dans le maquis jusqu'en 1976[Quoi ?][réf. nécessaire].

Il va à l'école française, puis à l'école musulmane à Dakar. Il continue sa scolarité à la mission des Pères blancs où il apprend à lire avec le révérend-père Loridant, originaire de Tourcoing. Il complétera sa formation une fois parti du Sénégal, affinant son français au contact des gens qu'il fréquentera, notamment à Roubaix. Il effectue en 1945 deux stages à Joinville et à Dinard et obtient un titre de professeur d'éducation physique et le titre de professeur de boxe[réf. nécessaire].

Engagement dans la marine marchande[modifier | modifier le code]

Dès l'âge de douze ans, il s’intéresse à la mer. Lors de ses premiers séjours à Dakar, il passe de longs moments à observer les bateaux sur le port de Mole 2. Il réalise tôt que pour aider sa famille et soulager sa mère, il doit quitter son village natal, et probablement s'engager dans un de ces bateaux à quai à Dakar[3].

En travaillant pendant neuf ans comme moussaillon, graisseur, mécanicien, timonier, chauffeur à bord de navires de la marine marchande, il fera trois fois le tour du monde à bord de différents navires et sur plusieurs années. Au terme de ce qui sera sa dernière navigation, il démissionne et décide de s'installer en France.

Arrivée en France[modifier | modifier le code]

Il emménage dans la rue de la Poste à Lille où il vivra un an. Il travaille alors comme laveur de voitures et suit des entraînements de boxe à Roubaix.

Puis il emménage au 56 rue Bernard à Roubaix et s'affilie au Boxing club de Wattrelos où il devient boxeur de l'équipe du professeur Bailleul chez qui il disputera une trentaine de combats. Amateur, il travaille comme serveur dans la brasserie de la rue Pierre-Motte entre ses entraînements. Il devient ouvrier municipal, travaillant pour la ville de Roubaix comme chauffeur, balayeur, fossoyeur et ouvrier des routes. Il gardera pendant des années un fort lien avec quelques collègues dont Albert Deldique de Wattrelos. Il s’installe à Roubaix en décembre 1931, dans le quartier populaire du Pile[4]. Il s'installe le 23 décembre 1933 au 168, rue de Tourcoing à Roubaix. Il fait partie des premiers noirs africains installés à Roubaix[5].

Carrière de boxeur[modifier | modifier le code]

Le boxeur noir[modifier | modifier le code]

Lutteur et boxeur amateur depuis l'enfance, dans la pure tradition sénégalaise, il effectue des combats amicaux contre des collègues matelots à bord de navires pour se maintenir en forme. Lors d'une escale avec permission de descendre du bateau à Rio de Janeiro, il a l'occasion de monter sur un ring. Un des adversaires d'un combat de boxe déclare forfait et N'Diaye, poussé par ses collègues, le remplace au pied levé. Une victoire par KO suite à un uppercut s'ensuit devant 3 à 4000 spectateurs. Le public acclame le "boxeur noir". Encouragé par ce succès facile, Mamadou Michel N'diaye s’entraîne de plus belle et envisage désormais une carrière de boxeur[1].

Il effectue, une fois installé en France, de nombreux combats dont certains sont couverts par la presse de Roubaix et des environs. La presse d'Ypres mentionne un "negerbokser" nommé Mamadou parmi les boxeurs d'un "boksgala" en 1936.[6],[7] Gaston Bridou, issu comme N'Diaye de l'école de boxe Edouard Dubus et futur patient de Mamadou N'diaye, mentionne que le boxeur noir était l'idole des spectateurs de Courtrai[8].

Dans le registre "Mémoires de boxe", sa compagne Alice consigne les noms, dates, lieux des combats de boxe de Mamadou Michel N'Diaye menés en Australie, à Tahiti, en Inde, en Hongrie, en Belgique, en France... tous menés dans les catégories poids plumes ou légers.

Fondation du Boxing Club de Roubaix[modifier | modifier le code]

En partie pour équilibrer la solde des boxeurs (45% pour l'organisateur, 35% pour les boxeurs, 10% pour les frais d'organisation et 10% pour le fisc), il fonde avec quelques amis en 1940 le Boxing Club colonial de Roubaix[9]. Le siège du club, affilié à la FFB, se trouve au café "La Betterave", rue Lannoy à Roubaix. le Boxing Club colonial de Roubaix deviendra par la suite le Boxing Club de Roubaix.

Durant sa carrière, il est surnommé « la Panthère noire »[10] pour ses talents de boxeur. Il dispute en tout 275 combats[11], desquels 44 sont enregistrés[12]. Il termine sa carrière sportive comme directeur, manager et entraîneur de boxe[13]. On retrouve des boxeurs de toutes origines avec des Polonais, Belges, Algériens, Marocains et Sénégalais. Il entraîne Lucien Deledicque et Nicolas Baugrand, deux futurs boxeurs professionnels, Jean-Claude Halimi le cousin d'Alphonse Halimi et aussi Ali Negab. le club dénombra alors jusqu'à 59 boxeurs simultanément.

Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Le mouvement Sussex du BCRA de Londres[modifier | modifier le code]

Mamadou Michel N'Diaye est titulaire d'une attestation d'activité dans la Résistance émanant de lAssociation des déportés et internés. Le comité "Résistance-Active" avec la signature de M. Delépine reconnait son appartenance à l'association de 1941 à 1944 et son aide au groupe de résistance Sussex du BCRA, le bureau de renseignement et d'actions clandestines de la France libre à Londres. Le docteur Ghuislain, de Roubaix, président de la Fédération du Nord des Résistants, Internes et Déportés rédigera une attestation similaire à l'intention de N'Diaye.

Il est crédité à Mamadou Michel N'Diaye des actions de sabotage contre l'ennemi, contre les dépôts d'armes et d'essence allemands, l'activité d'agent secret et d’information; de maintes arrestations par la Gestapo et d'avoir échappé plusieurs fois au peloton d'exécution. En 1941, il fait installer un émetteur radio dans sa cave. Il prétexte une maladie pour rentrer et transmettre par code morse des informations à la Résistance[réf. nécessaire].

Il sera finalement déporté vers le camp de Buchenwald[réf. nécessaire]. Transfert dont il s'échappera et marchera à pieds nus sur le chemin du retour[réf. nécessaire].

Max Paeschke, une amitié secrète avec un officier allemand[modifier | modifier le code]

Son amitié secrète avec un officier allemand, Max Paeschke, boxeur amateur le sauvera. En échange d’entraînements secrets durant l'Occupation, l'officier lui garantissait la non destruction de son club de boxe. Max Paeschke lui délivrera des papiers d'identité avec mention de profession : "Boxe". Il le ravitaillera durant la grande famine pendant l'occupation allemande, continuant de lui expédier des colis de vivre même après sa mutation.

Par gratitude, Mamadou Michel N'Diaye jurera de faire pareil pour Max Paeschke. L'officier allemand, muté sur le front de l'Est et finalement cloîtré dans l'indigence durant la guerre froide , derrière le mur de Berlin, recevra des colis que Mamadou expédiera régulièrement, sur le denier de ses consultations.

Le 2 septembre 1975, profitant de l'ouverture de la frontière à l'occasion de la bourse annuelle[Quoi ?], il fera le voyage à Leipzig pour revoir Max Paeschke, après 33 ans de séparation. La rencontre se fera à Markkleeberg, dans la banlieue sud de la ville où Max vit avec sa famille.

Retour à la vie civile et mariage avec Alice Viaene[modifier | modifier le code]

De retour à la vie civile, Mamadou Michel N'Diaye, ouvre un cabinet de chiropracteur à Roubaix. Il y rencontre Alice Zelia Palmyre Viaene, employée d'une banque du centre de Roubaix et fille d’Édouard Clément Viaene et de Zelia Lecroart et qui habitait au 22 rue Carnot à Roubaix, pas loin du cabinet de N'Diaye.

Alors qu'elle travaille au sein de la banque, une lourde porte d'acier de la chambre forte à la banque s'abat sur son dos et lui bloquant le cou, elle ne trouve pas de soulagement par la médecine traditionnelle et se rendit même à Lourdes pour obtenir du répit. Une compagne de voyage lui parla de Mamadou Michel N'Diaye qu'elle approcha sur la place le dimanche 4 août 1950 parmi des joueurs de pétanque. Le lendemain à 18h, c'est devant Zelia Lecroart, la mère d'Alice que Mamadou Michel N'Diaye demande : « Est-ce ici qu'habite la demoiselle qui a tellement mal au cou et qui peut à peine bouger la tête ? ».

Après des soins, il s'éprend d'elle et lui rédige une demande en mariage. Alice est très pieuse et servante à temps partiel au couvent. Mamadou, musulman sénégalais, se convertit alors au catholicisme et se fait baptiser un an plus tard, le 7 août 1951 à l'église Saint-Joseph de Roubaix et reçoit le prénom Michel. Alice et Mamadou Michel N'Diaye se marient le 30 novembre au civil et le 1er décembre 1951 religieusement, à l'église Saint-Joseph. Ils ont alors 42 et 41 ans. Le frère d'Alice, Clément, et son épouse sont les témoins des mariés. Il vend sa maison et emménage Alice et sa belle-mère. Ils mèneront une vingtaine d'années de vie commune[14].

Le nombre de patients croissant avec la réputation de sa pratique, Alice quitte son travail à la banque pour assister Mamadou Michel N'Diaye et recevoir les patients. Ce dernier louera la maison attenante lorsque celle-ci se libère. Séparant ainsi maison de vie privée (où restera sa belle-mère lors de ses nombreuses heures de consultation) et maison du lieu de consultation qui offre un secrétariat - salle d'attente pour Alice, une salle de consultation avec table et un espace au premier qui sert de débarra pour prothèses, corsets, emplâtres et chaises.

Un chiropracteur au service des gens[modifier | modifier le code]

Une pratique manuelle non conventionnelle[modifier | modifier le code]

C'est à bord d'un navire, à la suite de la guérison de son capitaine qui s'était foulé le pied et l’épine du tibia sur des marches, que Mamadou Michel N'Diaye se rend compte de sa vocation de chiropracteur. Devant les yeux étonnés et méprisants du médecin de bord, il soulage son capitaine par une manipulation ferme[1].

Depuis la fin de la guerre, il exerce une pratique manuelle dite "non conventionnelle" et traite les douleurs vertébrales. Exerçant son activité en allant dans les maisons de ses patients avec son sac d'équipements en main. Sa réputation grandissant, des patients belges traversent la frontière pour se faire soigner chez lui.

Dans une première biographie aujourd'hui disparue, Alice Viane écrira une préface reprise dans l'ouvrage de Achiel de Vuyst : « Le seul bonheur de Mamadou est celui de guérir. ... Tout le monde peut profiter de ses dons exceptionnels, de sa force, de son amour. Chaque seconde, il remercie son Créateur pour cet immense don qu'Il a déposé en lui, l'ancien boxeur, la "Panthère Noire". ... Son extrême sensibilité joue un grand rôle dans sa vie : il supporte tellement mal la vue des gens souffrants qu'il doit détourner la tête ou quitter la salle d'attente pour ne pas verser des larmes sur cette misère humaine. S'il arrive qu'au cours d'une conversation l'on évoque son ami Max, actuellement dans la misère, il ne peut plus se contenir et les larmes jaillissent immédiatement. Aujourd'hui âgé de 69 ans, il n'a plus qu'un rêve et souhaitons qu'il se réalise : achever son 500e livre où sont consignés les souffrances humaines. Espérons que Dieu exaucera le vœu de son serviteur. »

Procès pour exercice illégal de la médecine[modifier | modifier le code]

Son succès suscite l’ire de l’ordre des médecins, qui porte plainte pour exercice illégal de la profession. Cité plusieurs fois en justice[15], son dernier procès, en 1972, devant la sixième chambre correctionnelle du tribunal de grande instance de Lille, sera retentissant. À cette date, Mamadou N'Diaye a déjà délivré près de 23 000 attestations médicales. Près de 300 clients venus de la Sarthe[16], de Paris et surtout de la Belgique viennent l’encourager.

Pendant l’audience, les témoignages en sa faveur avec notamment des médecins et des prêtres, s’enchaînent. L’accusé lui-même finit de convaincre les juges en guérissant la greffière qui éprouve de terribles douleurs au dos. L’avocat sénateur maire de Roubaix André Diligent assure la défense de l'accusé[17]. Le tribunal le condamne à une peine symbolique de 2000 francs avec sursis et lui rend son matériel, contrairement aux sanctions prévues par la loi.

Il continuera d’exercer, délivrant en tout 54 000 attestations médicales[18]. Achiel de Vuyst, enseignant belge et parent d'un jeune patient que N'Diaye suivra pendant des années, sera son assistant et traducteur auprès des très nombreux patients belges[19].

Mort[modifier | modifier le code]

En 1984, atteint d'un cancer, il doit renoncer à la messe d'action de grâce organisée en son honneur par ses patients. Il est hospitalisé à l’hôpital de la Fraternité et décède le 15 janvier 1985, à 75 ans. Il est enterré dans un cimetière de Roubaix enneigé en présence d'une grande foule d'anciens patients et d'amis, dont beaucoup de Belges, et de membres de sa belle-famille. Il est enterré près de son épouse, Alice Viaene, morte 13 ans plus tôt, le 3 mai 1972, des suites d'un cancer fulgurant et dont les obsèques avaient elles aussi rassemblés une foule d'anciens patients, amis et voisins.

Mamadou Michel N'Diaye ne laisse aucune descendance.

Achiel De Vuyst son assistant[modifier | modifier le code]

Achiel De Vuyst fut son assistant dès 1975 et sera un ami fidèle jusqu'à la mort de N'Diaye en 1985. Il rédigera un livre biographique sur N'Diaye qu'il présentera au quartier du Pile du vivant de N'Diaye en 1979 et un second ouvrage, décrivant les techniques de Mamadou en 1980.
La maladie de Koen De Vuyst, la fille d'Achiel est la raison qui amena les deux hommes à se rencontrer. Née en 1969, Koen n'est pas capable de marcher. En novembre 1972, après plusieurs tentatives infructueuses chez des médecins, kinésistes, pédiatres et autres spécialistes, elle envisage d'aller consulter N'Diaye à Roubaix. Après le refus de plusieurs médecins belges de lui délivrer une ordonnance, elle réussit à en obtenir chez le médecin de famille de Gaby de Gussem, une patiente dont la fille fût soulagée par Mamadou Michel N'Diaye. Les progrès de Koen sont si manifestes que l'enfant qui jadis ne pouvait rester assis sans support - marche en se servant de barres et peut faire du vélo sur un tricycle. Pour le traitement de Koen, toutes les 2 semaines et aussi par amitié, Achiel se rend à Roubaix les mercredi après-midi et samedi toute la journée. Il devient adepte de la chiropractie, se documente et se déplace désormais régulièrement pour assister Mamadou, alors veuf, dans les consultations de sa nombreuse clientèle belge. Il effectuera deux voyages au Sénégal, dans le village natal de Mamadou, pour se documenter en vue de la rédaction de ses livres. Il co-organise le deuil et s'occupe des messes de mémoires et prend en charge l'entretien de la concession funéraire[20].

L'histoire du vitrail de la marquise[modifier | modifier le code]

La redécouverte d'un vitrail représentant Mamadou Michel N'Diaye est retrouvé puis racheté par la Société des amis du musée en octobre 2017. Cette trouvaille relance les recherches sur l'histoire de N'Diaye. Sous le vitrail de 66 cm par 47 cm est inscrit : « A mon cher Mamadou qui m’a sauvé la vie. La Marquise »[21]. La marquise est une patiente reconnaissante que Ndiaye a guérie. Ce vitrail faisait partie des objets personnels de Mamadou Michel N'Diaye vendus à sa mort.

Ce vitrail se retrouva pendant trente-deux ans chez Agnès Vigin Sinko, habitante de la commune voisine de Wattrelos, qui l’avait acheté, en souvenir des soins prodigués[22] ainsi que trois autres portraits, lors de la vente aux enchères des affaires de Mamadou Ndiaye en 1985[23].

Le vitrail se retrouvera ensuite en dépôt-vente chez un brocanteur, lorsque le musée de Roubaix en fait l'acquisition[24]. Le vitrail fait partie de la collection du musée dédiée à l'histoire de la ville[25]. Achiel identifie la marquise à Germaine De Visscher[2],[26] de Dentergem, sœur du notaire Robert De Visscher[26], de sang bleu et patiente que N'Diaye a sorti de son fauteuil roulant. Elle fait réaliser le vitrail auprès de Coucke à Courtrai contre 7000 Francs belges, vitrail qu'elle offre à Mamadou, adopté par la famille du notaire et que ce dernier place dans sa salle d'attente. Son fauteuil roulant, lui aussi offert à Mamadou ira dans la collection de prothèses, chaises, à l'étage au-dessus du cabinet de consultation de N'Diaye à Roubaix. Le vitrail se trouve actuellement au pavillon Histoire de l'immigration au musée de Roubaix.

Hommages[modifier | modifier le code]

  • Le seigneur nous a envoyé Mamadou, chant liturgique sur une texte fait Mme Smidt
  • Vive Mamadou, chant liturgique sur une texte de Sœur Marie-Germaine, Maison sainte famille de Pecq

Distinctions[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Biographie de Mamadou Michel N'Diaye par Alice Viane; la préface de cet ouvrage, retrouvée par Achiel dans les archives de Mamadou est textuellement reprise comme préface dans le premier livre biographique écrit par Achiel De Vuyst.
  • Mon ami Mamadou par Achiel De Vuyst, Ed. Jules Hovine, 1979, trad. Daly De Clercq
  • Genezende Handen par Achiel De Vuyst, Ed. Jules Hovine
  • Ouvrage en cours d'écriture par un collectif d'amis de Mamadou Ndiaye

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Enregistrement audio
    Vers la 40ième minute de l'enregistrement, à l'interview sonore d'André Diligent! [2]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Achiel De Vuyst, Mon ami Mamadou, ed. Jules Hovine, , 164 p., p.66
  2. a, b et c Emmanuel Laurentin, « Histoire du Nord (2/4) : Du ring à la piscine, l’histoire de Mamadou le roubaisien », France Culture,‎ (lire en ligne)
  3. Il était une fois Mamadou Ndiaye, le Sénégalais qui guérissait Roubaix et au-delà (gallica.bnf.fr)
  4. « Le Pile à Cœur - La Fabrique - Parlement », sur doczz.fr (consulté le 12 janvier 2018)
  5. Jean-Michel Bergougniou, Remi Clignet et Philippe David, "Villages noirs" et autres visiteurs africains et malgaches en France et en Europe: 1870-1940, KARTHALA Editions, (ISBN 9782845862005, lire en ligne), p.58
  6. (nl) « Boksgala », Het Ypersch nieuws 1936 | pagina 3,‎
  7. (nl) « Grote Boksgala », De Halle 1939 | pagina 7,‎
  8. Achiel De Vuyst, Mon ami Mamadaou, ed. Jules Hovine, , 164 p., p. 81
  9. « Le zapping national du 19-02-2012 - Boxe professionnelle Dimanche 19 février 2012 - Fédération Française de Boxe », sur www.ffboxe.com (consulté le 18 janvier 2018)
  10. « Roubaix : un vitrail retrouvé ressuscite Mamadou, guérisseur vedette des années 70 », France Bleu,‎ (lire en ligne)
  11. Achiel De Vuyst, Mon ami Mamadaou, ed. Jules Hovine, , 164 p., p. 74
  12. « BoxRec: Mamadou N'Diaye », sur boxrec.com (consulté le 18 janvier 2018)
  13. Bruno Renoul, « Histoire - Le fabuleux destin de Mamadou, le Sénégalais de Roubaix aux 54 000 guérisons », La Voix du Nord,‎ (lire en ligne)
  14. Registre des naissances de la ville de Roubaix - 1908 (archivesdepartementales.lenord.fr)
  15. « Roubaix : un vitrail retrouvé ressuscite Mamadou, guérisseur vedette des années 70 », France Bleu,‎ (lire en ligne)
  16. TV5MONDE, « Le Monde Afrique - La chronique de Laureline de Savoye sur Mamadou Ndiaye », (consulté le 18 janvier 2018)
  17. France 3 Hauts-de-France, « On a retrouvé un vitrail à l'effigie de Mamadou N'Diaye, guérisseur et figure historique de Roubaix », (consulté le 18 janvier 2018)
  18. Bruno Renoul, « Histoire - Le fabuleux destin de Mamadou, le Sénégalais de Roubaix aux 54 000 guérisons », La Voix du Nord,‎ (lire en ligne)
  19. Jean-Michel Bergougniou, Remi Clignet et Philippe David, "Villages noirs" et autres visiteurs africains et malgaches en France et en Europe: 1870-1940, KARTHALA Editions, (ISBN 9782845862005, lire en ligne)
  20. à Roubaix, le boxeur sénégalais qui guérissait (jeuneafrique.com)
  21. « Un vitrail à l'effigie de Mamadou N'Diaye, guérisseur et figure de Roubaix (Vidéo) - Délit d'im@ges », sur www.delitdimages.org (consulté le 18 janvier 2018)
  22. « Il était une fois Mamadou Michel N'Diaye, le Sénégalais qui guérissait Roubaix et au-delà », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne)
  23. Bruno Renoul, « Roubaix et Wattrelos - Elle a eu le vitrail de Mamadou pendant trente-deux ans chez elle », La Voix du Nord,‎ (lire en ligne)
  24. « Le portrait sur vitrail d'un guérisseur sénégalais de Roubaix acquis par le musée », Seneweb News,‎ (lire en ligne)
  25. Bruno Renoul, « - Le vitrail va être inclus dans la future salle sur l’histoire de Roubaix », La Voix du Nord,‎ (lire en ligne)
  26. a et b (nl) gedachtenisprentjes Drukkerij N. Vanhastel. Dentergem, « Rouw dienst »

Liens externes[modifier | modifier le code]

  • Ressource relative au sport : BoxRecVoir et modifier les données sur Wikidata