Maiao

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Maiao
Photo satellite de la NASA
Photo satellite de la NASA
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Archipel Îles de la Société
Localisation Océan Pacifique
Coordonnées 17° 39′ 20″ S 150° 38′ 04″ O / -17.655525, -150.63431517° 39′ 20″ S 150° 38′ 04″ O / -17.655525, -150.634315
Superficie 9 km2
Point culminant Rāve'a (154 m)
Administration
Collectivité d'outre-mer Polynésie française
Démographie
Population 335 hab. (2012)
Densité 37,22 hab./km2
Plus grande ville Tāora O Mere
Autres informations
Fuseau horaire UTC-10

Géolocalisation sur la carte : Polynésie française

(Voir situation sur carte : Polynésie française)
Maiao
Maiao
Îles en France

Maiao, surnommée « l'île interdite »[1] ou "l'île oubliée", est une île de la Polynésie française faisant partie des Îles du Vent dans l’archipel de la Société. Elle dépend de la commune de Moorea-Maiao dont elle est une commune associée. Elle a pour maire Henri Brothers, réélu aux dernières élections [Lesquelles ?]. [réf. souhaitée]

Mai'ao a pour règle de n’accepter aucun « étranger », c'est-à-dire aucune personne non originaire de l’île qui n’aurait pas d'invitation officielle ou de raison précise d’y débarquer (sage-femme, médecin, assistante sociale, officiels…)[2]. [réf. nécessaire]

Géographie[modifier | modifier le code]

Mai'ao est une petite île trapézoïdale faiblement collinaire de 9 km2. En son centre, le lieu-dit Rāve'a culmine à 154 m. Deux lacs aux eaux saumâtres, Roto Iti[Notes 1] au nord et Roto Rahi[Notes 2] au sud-est, occupent l'intérieur des terres. L’île dispose d'un lagon presque comblé et de deux passes récifales : l'une naturelle au sud-est nommée 'Āpo'oto'o, l'autre creusée par explosifs dans le platier au nord-ouest nommée Avarei[3]. Tāora O Mere, le village principal de l’île, est situé au sud-ouest entre les deux lacs.

Histoire[modifier | modifier le code]

Une légende raconte l'histoire de Tamatafetu, le « chef cannibale de Mai'ao ». Au XIXe siècle, la noblesse de l'île descend de la lignée royale des Teurura'i de Huahine. À la mort sans descendance du roi de Mai'ao, Nanuaiterai, le jeune Nu'u a Tauniua est transporté en pirogue depuis Huahine et devient le nouveau souverain de l'île[4].

Suivant cette parenté, le , le gouvernement de la colonie organise l'indigénat aux îles Sous-le-Vent en rattachant Mai'ao à Huahine. Vues les difficultés de communication entre les deux îles, le , le gouverneur par intérim des Établissement français de l'Océanie rattache administrativement l'île à la circonscription de Tahiti et Moorea[5].

À la fin des années 1920, un Anglais nommé Eric Lawford Trower, représentant la Compagnie Navale de l'Océanie, établit un commerce sur l'île. [réf. souhaitée] Abusant du goût des insulaires pour les produits venus de l’extérieur, notamment de les boissons alcoolisées, il saisit le tribunal de Papeete pour se faire rembourser leurs achats à crédit. Le , ce tribunal ordonne notamment la saisie des biens du souverain Tauniua, qui comprennent plusieurs parcelles en indivision. Pendant sept ans, Trower s'applique à acquérir par achat ou jugement les droits fonciers de 26 autres propriétaires. Appelé à l'aide par les habitants, le pasteur Octave Moreau écrit au gouverneur pour l'informer de la situation. [réf. souhaitée] Le , renversement de situation, Trower est dépossédé de ses droits fonciers à Maiao par son propre créancier, nommé Melville Bertie Clay. Le , le gouverneur des Établissements français de l'Océanie organise un service de sûreté et de renseignements politiques, placé sous l'autoritié du chef de la Sûreté[6].

Le , sur les conseils de Moreau, soixante insulaires créent une coopérative agricole présidée par Tauniua. Le , Tauniua cesse d'être le chef de l'île pour en devenir le chef honoraire contre une allocation viagère mensuelle de l'administration coloniale[7]. Le , le gouverneur missionne une enquête menée par le chef de la Sûreté, qui confirme les malversations de Trower (faux témoignages, menaces au pistolet, vols, intimidations) et le préjudice de la population (Trower a acquis 80 % des terres de l'île).

Vers 1935, le pasteur Octave Moreau incite les habitants à former une coopérative afin de racheter les terres à l'État, après que celui-ci eut soldé la dette des habitants envers le commerçant. C'est cet épisode qui entraîne la méfiance des habitants vis-à-vis des étrangers.

En 1934, les habitants de l'île rédige un règlement pour éviter qu'un tel incident se reproduise. [réf. nécessaire] Le , un arrêté du gouverneur des Établissements français de l'Océanie limite à 48 heures la présence d'étrangers sur cet île. [réf. nécessaire] Le , une version révisée du règlement de 1934 est rédigée[1]. [réf. nécessaire]

Étymologie[modifier | modifier le code]

En tahitien, l'île est appelée Mai'ao Iti, « petite patte / griffe d'oiseau »[8],[Notes 3], Tapua'e Manu, « empreinte d'oiseau »[9],[8],[Notes 4] ou Teānuanuaitera'i, « l'arc-en-ciel »[10],[Notes 5].

À partir du XIXe siècle, l'administration coloniale française nomme l'île « Tubuai-Manu (Maiao) »[5]. Mais depuis la fin des années 1930, on observe l'emploi exclusif de la dénomination courte « Maiao ».

Démographie[modifier | modifier le code]

Vue du village de Tāora O Mere
Vue du village de Tāora O Mere

Sa population est en majorité jeune, et une grande partie parle quotidiennement le tahitien.

Évolution démographique de Mai'ao
1977 1983 1988 1996 2002 2007 2012
220 190 231 283 308 299 335

Sources : ISPF 2015, sauf 1977 (mairie de Mai'ao)

Équipements[modifier | modifier le code]

L'île dispose d'une école primaire. Jusqu'à récemment, très peu de jeunes continuaient leurs études secondaires, ce qui nécessite de quitter l'île. La poursuite des études au collège est devenu plus courante, en partie grâce à un foyer ressemblant à un internat, construit à Moorea, accueillant uniquement les enfants de l'île, mais aussi en conséquence de l'évolution de la mentalité de certains parents.

Mai'ao interdit la construction de toute infrastructure hôtelière. [réf. nécessaire]

Économie[modifier | modifier le code]

L’économie de l'île repose sur deux activités traditionnelles : la production de coprah et le commerce, en déclin, de feuilles de pandanus séchées et tressées, utilisées pour couvrir les toits des hôtels et des habitations traditionnelles[3].

Il existe sur l'île deux magasins d'alimentation mais les produits restent chers et le choix limité. La vente d'alcool y est interdite [Par qui ?] [réf. nécessaire].

Transports[modifier | modifier le code]

Vue du large

L'île ne disposant pas de piste d’aérodrome, l'accès se fait uniquement par mer, grâce aux bonitiers et, tout récemment, au bateau de transport Tapuae Manu (empreinte d'oiseau), long de 17 m sur 6 m de large. Ses cales et son pont roulant peuvent accueillir un poids total de 16 tonnes. Il peut transporter 12 passagers.

Encore plus récemment, deux sociétés de transport proposent leur services par le biais de quatre bateaux supplémentaires : [1]

Une petite passe pour baleinières, nommée Avarei, a été creusée à l’explosif [Par qui ?] dans le platier sur la côte opposée au village. [réf. souhaitée]

Aucun navire ne peut accoster avant que le droit des passagers à poser le pied sur l'île ait été vérifié. [réf. nécessaire]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. « Petit lagon » (Atem 2015)
  2. « Grand lagon » (Atem 2015)
  3. Mai'ao, patte d'oiseau ; iti, petit (Académie tahitienne 1999)
  4. Tapua'e, empreinte de pas ; manu, oiseau (Académie tahitienne 1999)
  5. Te, article défini ; ānuanua, arc-en-ciel ; i, préposition ; ra'i, ciel (Académie tahitienne 1999)

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Atem 2015.
  2. Gué 2012.
  3. a et b Atem 2015, p. 70.
  4. Atem 2015, p. 72.
  5. a et b EFO 1904.
  6. « Lexpol - Arrêté n° 625 C du 31/08/1934 », sur lexpol.cloud.pf (consulté le 5 avril 2016)
  7. EFO 1935.
  8. a et b Académie tahitienne 1999.
  9. Atem 2015, p. 71.
  10. Tahiti Héritage.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (fr+ty) Académie tahitienne, Dictionnaire tahitien-français, Papeete,‎ (lire en ligne)
  • Carole Atem, « Maiao, l'île interdite », Bulletin de la Société des Études Océaniennes, no 336 « Mythes, école et langues, histoire »,‎ , p. 70 à 94 (ISSN 0373-8957)
  • EFO, « Arrêté rattachant administrativement l'île Tubuai-Manu (Maiao) à Tahiti », Journal officiel,‎ , p. 224 (lire en ligne [PDF])
  • EFO, « Décision n° 765 du 20 septembre 1935 », Journal officiel,‎ , p. 398 (lire en ligne [PDF])
  • Julien Gué, « Maiao, l'île interdite aux touristes », sur Tahiti, ses îles et autres bouts du monde,‎ (consulté le 31 mars 2016)
  • ISPF, Évolution de la population,‎ (lire en ligne), Populations aux 6 derniers recensements selon [la] géographie par îles
  • Tahiti Héritage, « Ile Tupuae Manu ou Maiao Iti », sur www.tahitiheritage.pf (consulté le 31 mars 2016)

Liens[modifier | modifier le code]