Lucie Faure

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Lucie Faure
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Lucie et Edgar Faure en 1955

Nom de naissance Lucie Meyer
Naissance
Paris
Décès (à 69 ans)
Boissise-la-Bertrand (Seine-et-Marne)
Activité principale
Auteur
Langue d’écriture français

Lucie Faure, née Meyer le à Paris et morte le à Boissise-la-Bertrand (Seine-et-Marne), est une femme de lettres française, romancière et directrice de revue.

Biographie[modifier | modifier le code]

Famille[modifier | modifier le code]

Lucie Meyer naît à Paris le . Fille d'un négociant en tissus israélite d'origine alsacienne, elle est la nièce, du côté maternel, de Julien Cain, qui fut administrateur général de la Bibliothèque nationale de France de 1930 à 1964.

Relieuse d'art avant la guerre, elle acquiert dans ce domaine une réputation internationale (Livre d'or des princesses d'Angleterre, 1938) et participe à de nombreux salons d’artistes décorateurs à l’étranger.

En 1931, elle épouse Edgar Faure[1], alors jeune avocat.

Seconde Guerre mondiale, au service de la France libre[modifier | modifier le code]

Réfugiée avec son mari et leur fille en Tunisie à l'automne 1942 puis à Alger après le débarquement américain du 8 novembre, elle est attachée au Commissariat des affaires étrangères du Comité français de la Libération nationale et organise l'Institut d'études slaves à l'université d'Alger.

C'est aussi à Alger qu'elle crée en 1943 avec l'écrivain Robert Aron la revue La Nef, qui sera la première à être éditée à Paris au lendemain de la Libération et dont elle assura la direction jusqu'à sa mort. De nombreux numéros de La Nef ont fait date, tels que ceux consacrés à des problèmes politiques et sociaux contemporains (la guerre d'Algérie, la police, les Américains, la psychanalyse, la prostitution, les femmes, la justice, la publicité, les sondages d'opinion, les libertés…).

Un engagement anticolonialiste[modifier | modifier le code]

Proche des milieux de la Gauche intellectuelle parisienne à l'heure de la décolonisation de l'Afrique du Nord, elle assiste et conseille son mari dans ses diverses fonctions politiques, défendant en général des positions plus avancées que les siennes, tout en évitant de se placer elle-même sur le devant de la scène politique. Elle accepte cependant de lui succéder en 1970 comme maire de Port-Lesney, petite commune du Jura.

Une femme de lettres[modifier | modifier le code]

Auteur d'un Journal d'un voyage en Chine remarqué (1958), elle entame partir des années 1960 une carrière de romancière. Ses huit romans (auxquels s'ajoutèrent sept nouvelles réunies dans un ouvrage posthume) reflètent moins sa grande familiarité avec les milieux politiques que « sa curiosité intimiste pour les choses du cœur » (B. Poirot-Delpech). La complexité psychologique des sujets abordés, tels que la jalousie délirante, le suicide, le parricide ou l'homosexualité mal assumée, y est « compensée par un souci extrême de la clarté et une espèce de candeur optimiste ». Membre du jury du prix Médicis à partir de 1971, elle exerça, par sa personnalité, un grand rayonnement dans le monde littéraire parisien.

Lucie Faure décède le dans sa propriété de Boissise-la-Bertrand (Seine-et-Marne). Elle est enterrée au cimetière de Passy à Paris[2],[3],[4] .

Hommages[modifier | modifier le code]

Elle était commandeur de la Légion d'honneur.

Un collège est à son nom. Le collège Lucie Faure se situe dans le 20e arrondissement de Paris, au métro Maraichers, à la station de bus La Plaine. Son adresse est 40, rue des Pyrénées. C'est une ancienne école primaire.

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Journal d'un voyage en Chine, Julliard (1958)
  • Les Passions indécises, roman, Julliard (1961)
  • Les Filles du Calvaire, roman, Julliard (1963)
  • Variations sur l'imposture, nouvelles, Gallimard (1965)
  • L'Autre personne, roman, Julliard (1968)
  • Le Malheur fou, roman, Julliard (1970)
  • Les Bons enfants, Tallandier (1972)[5]
  • Mardi à l’aube, Tallandier (1974)
  • Un crime si juste, Grasset (1976)
  • Les Destins ambigus, Grasset (1978)

Références[modifier | modifier le code]

  • Le Figaro, 26 septembre 1977
  • Le Monde, 27 septembre 1977 (articles de B. Poirot-Delpech et de P. Viansson-Ponté)

Liens externes[modifier | modifier le code]