Louise (opéra)

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Affiche de Georges-Antoine Rochegrosse pour la première de Louise au Théâtre national de l'Opéra-Comique en 1900

Louise est un opéra (roman musical) en quatre actes de Gustave Charpentier.

Le livret est en réalité écrit par Saint-Pol-Roux, poète symboliste, inspirateur des surréalistes, qui moyennant le prix de onze mille francs-or, cède tous les droits à Gustave Charpentier. Ce dernier soutenait que le livret était bien de lui, mais une cinquantaine de documents retrouvés prouvent que c'est bien Saint-Pol-Roux qui, d'après un premier texte de Gustave Charpentier, a tout remanié et qui est l'auteur des meilleures scènes[1].

L'opéra narre l'amour de Louise, jeune couturière pour un jeune poète de la « bohème », Julien qui habite dans la maison d'en face. Les parents s'opposent de toutes leurs forces à leur mariage, Louise partagée entre son désir amoureux et le souci de ne pas causer de chagrin à ses parents finit par fuir le domicile familial et trouve auprès de son amant un bonheur qu'elle célèbre dans le fameux air du début de l'acte III: depuis le jour où je me suis donnée, toute fleurie semble ma destinée.... Louise est couronnée « reine de la Bohème » au cours d'une fête dite « le couronnement de la muse » qui est brutalement interrompue par l'arrivée de la mère qui apprend à sa fille que le père est gravement malade et qu'il a besoin de la revoir. Louise accepte de retourner chez ses parents. Le père empli d'une immense nostalgie chante la berceuse qu'il chantait jadis à sa fille chérie, c'est un passage bouleversant, le sommet de l'œuvre et un des sommets de l'art lyrique. Le père qui s'obstine toujours à refuser d'affranchir sa fille et cette dernière s'affrontent violemment, le père excédé chasse Louise et c'est sur la vision de cet homme brisé que tombe le rideau final.

Un des acteurs essentiels de ce roman musical est la ville de Paris, assimilée à la liberté et à la joie de vivre dans une sorte de grande fête permanente et d'ivresse cosmique; jamais dans un opéra une ville a été à ce point exaltée. Gustave Charpentier donne libre cours à l'amour fou qu'il éprouvait pour la Ville-Lumière; il la peuple de personnages pittoresques, le pape des fous, Irma, le noctambule, des colporteurs, sans oublier les petits métiers, et les marchands ambulants qui égrènent leurs cantilènes.

Gustave Charpentier a entrepris la composition de Louise lors de son séjour à la Villa Médicis vers 1888 et ne l'a achevé qu'en 1893. L'opéra, jugé scandaleux car il mettait en scène de manière trop crue pour l'époque le désir féminin et la révolte contre l'autorité parentale, fut refusé par divers directeurs d'opéras et ce n'est qu'en 1900 qu'Albert Carré récemment nommé directeur de l'Opéra-Comique accepta de le représenter. La création à la salle Favart dans le cadre de l'Exposition universelle remporta un extraordinaire triomphe qui ne s'est pas démenti. L'œuvre fut donnée à l'Opéra-Comique jusqu'en 1967. Elle fut donnée peu de temps après sa création sur de nombreuses scènes internationales,

La partition se présente comme une vaste symphonie avec voix, avec de somptueux interludes, ce qui annonce l'orientation future de l'opéra français. On décèle dans la partition une influence wagnérienne qui n'est pas prédominante, l'orchestration très colorée est d'une prodigieuse richesse et l'œuvre est d'une incontestable originalité.

Le livret n'est pas sans défauts. Certes, l'action, dans sa simplicité est bien construite, les personnages bien typés, leur psychologie plausible porte le spectateur à l'empathie, mais le texte souffre d'un style lourd, emphatique, déclamatoire et de certaines boursouflures.

Louise, moins prisé qu'autrefois, n'a pas disparu du répertoire, l'œuvre apparaît de temps en temps sur les scènes françaises et reste très populaire aux États-Unis pour des raisons qu'il serait intéressant d'analyser. Intérêt pour les conflits familiaux, pour les rapports parents enfants? Exaltation de la Ville-Lumière?

Louise a été repris en 2007 à l'Opéra de Paris avec Mireille Delunsch dans le rôle-titre et José van Dam dans celui du père, mise en scène d'André Engel, décors de Nicky Rieti, direction musicale Sylvain Cambreling, ainsi que la Maitrîse des Hauts-de-Seine, chœur d'enfant de l'opéra National de Paris.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Théophile Briant, Saint-Pol-Roux, Paris, Éd.Séghers, coll. « Poètes d'aujourd'hui », (réimpr. 1989), 230 p. (ISBN 2-232-10209-2)

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