Nicolai Gedda

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Nicolai Gedda
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Nicolai Gedda en 1959

Nom de naissance Harry Gustaf Nikolaj Gädda
Naissance (91 ans)
Stockholm, Drapeau de la Suède Suède
Activité principale Artiste lyrique
Ténor
Style Opéra
Maîtres Stockholm :
Carl Martin Oehman (sv)[1]
New York : Paola Novikova[2]

Harry Gustaf Nikolaj Gädda (= « brochet », prononcer : « Yedda »), plus connu sous le nom de Nicolai Gedda, né le à Stockholm, est un ténor suédois. Par son beau-père russe Mikhaïl Ustinov, il est apparenté à l'acteur Peter Ustinov.

Carrière[modifier | modifier le code]

Après de jeunes années passées en Allemagne et une première formation musicale à Leipzig, il débute sur scène en 1952[3] dans sa ville natale et continua à chanter jusque dans les années 1990.

Son répertoire comprend une cinquantaine d'opéras différents (dont tous les grands opéras mozartiens), ainsi qu'un nombre imposant d'oratorios, de messes et de cantates.

Sa voix claire et chaleureuse, très flexible, puissante, convenait idéalement aux rôles lyriques. S'il n'a jamais pu chanter Siegfried[4], il était un Belmonte ou un Tamino parfait. Il a également interprété les rôles de ténor de divers opéras français : Orphée de Gluck, Faust de Berlioz et de Gounod, Énée des Troyens de Berlioz, Hoffmann des Contes d'Hoffmann d'Offenbach, Don José de Carmen de Bizet, etc.

Ténor multifacette[modifier | modifier le code]

À ce jour, Nicolai Gedda peut se prévaloir d'incarner le recordman mondial du nombre d'enregistrements discographiques classico-lyriques, toutes catégories, tessitures vocales et idiomes confondus[3],[5],[6]. Féru de littérature[4], hyperpolyglotte, né de père russe, de mère suédoise et élevé en Allemagne à Leipzig[6],[5] dans une école française, il appréhende le contenu des grandes œuvres littéraires en sept langues[4] tout en en maîtrisant, parlant et chantant plus de neuf autres[5],[6] — avec une prononciation irréprochable[3],[4] dénuée de tout accent étranger[6] — parmi lesquelles figurent ses quatre expressions d'origine — russe, suédois, allemand, français[5],[6]  — auxquelles s'ajoutent l'anglais[6], l'italien[4], l'espagnol, le portugais, le grec, l'hébreu, le latin, le norvégien, le néerlandais ainsi que la plupart des langues scandinaves[5],[6]. Évoquant la qualité magistrale de sa diction française, le critique musical Renaud Machart écrit : Il chantait notre langue à la perfection[3].

Me Antoine Brunetto, avocat à la cour et féru d'art lyrique, le décrit en ces termes dans le webzine francophone de référence Forumopera.com :

« Nicolai Gedda […] est sans conteste l’un des ténors les plus marquants du vingtième siècle, ne serait-ce que par son legs discographique immense. Son adéquation parfaite à pratiquement tous les répertoires qu’il aborda en fait le seul véritable ténor universel de l’histoire du chant. Nicolai Gedda détient un record pratiquement imbattable : celui du nombre d’enregistrements officiels. [...] naturel d’une diction française parfaite sans aucun accent, […] la voix d’une grande pureté se conjugue à une science parfaite de la prosodie française [...] : même en tendant l’oreille, on n’entendra aucune intonation douteuse dans son français chanté, plus pur que celui de bien des chanteurs natifs[7]. »

Dans le même ordre d’idée, le compositeur Yves Rinaldi précise que même si la typologie vocale de Gedda ne correspond pas spécifiquement au ténor italien di forza ou du Heldentenor allemand[N 1], son « exemplarité » en matière de « polyvalence » lui paraît néanmoins évidente :

« Tour à tour ténor lyrique (Spieltenor), ténor français, trial, ténor bouffe, tenore di grazia, tenore spinto […], son répertoire fut à la mesure de son étendue vocale phénoménale, allant de Rossini à Menotti, du bel canto à la musique sérielle, avec, à chaque fois, une facilité déroutante qui en fit un chanteur littéralement spécialisé dans tout et donc inclassable[9]. »

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • (sv) Nicolai Gedda, Aino Sellermark Gedda, Gåvan är inte gratis [« L'octroi du don n'est pas gratuit »], Stockholm, éd. Bonnier, , Nicolai Gedda berättar sitt liv för Aino Sellermark (ISBN 9100419397 et 9789100419394, OCLC 3707152)
  • (en) Nicolai Gedda, Aino Sellermark Gedda (trad. du suédois par Tom Geddes), My Life and Art [« Nicolai Gedda : ma vie, mon art »], Portland, Oregon, Amadeus Press (en), coll. « Opera biography series » (no 12), , 244 p., édition revue et augmentée de Gåvan är inte gratis (cf. supra) originellement paru en langue suédoise en 1977 sous les mêmes signatures conjointes (ISBN 0585183929 et 9780585183923, OCLC 44961885, LCCN 98042923)[6]

Discographie sélective[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Gedda a quand même caressé le répertoire wagnérien, pourtant propre au Heldentenor, en incarnant une seule fois — et à titre exceptionnel — le rôle-titre de Lohengrin à l'opéra royal de Stockholm en janvier 1966[8].

Références[modifier | modifier le code]

  1. Andrea Suhm-Binder, Charles B. Mintzer, « Oehman, Carl Martin (Öhman, Oehmann), Swedish tenor, 1887 – 1967 », cantabile - subito « Great Singers of the Past »,‎ 1999-2012 (lire en ligne)
    « To his students belonged the great Finnish bass Martti Talvela and Nicolai Gedda. »
    .
  2. (en) Berton Coffin, Coffin's Sounds of Singing: Principles and Applications of Vocal Techniques with Chromatic Vowel Chart, Scarecrow Press, , 2e éd., 313 p. (ISBN 1461657547 et 9781461657545, lire en ligne), chap. 1er (« The Teaching of Paola Novikova »), p. 15
    « The well-know bariton, George London, studied with Mme Novikova for 17 years, and the famous Swedish-Russian tenor, Nicolai Gedda studied with yer for 10 years. »
    .
  3. a, b, c et d Renaud Machart, « Ténor de grâce », Le Monde,‎ 6 & 7 novembre 2015 (lire en ligne [recension à propos de la diffusion du documentaire bilingue français-allemand — consacré à la longue carrière internationale du ténor suédois Nicolai Gedda de 1952 à 2005 — réalisé par Michael Beyer et diffusé le 8 novembre 2015 sur la chaîne de télévision Arte : « Un ténor au diapason »])
    « Repéré par le producteur de disques Walter Legge en 1952, celui-ci le fait immédiatement engager par la firme EMI pour laquelle il enregistrera avec Herbert von Karajan et gravera 180 disques au cours de sa longue carrière : des lieder allemands, des mélodies françaises (il chantait notre langue à la perfection), l’opéra, l’oratorio et aussi l’opérette, un genre qui fera de lui une vedette populaire en Allemagne (le documentaire montre de nombreuses archives de la télévision allemande, d’œuvres de Franz Lehár notamment). Sa carrière sur scène fut mondiale et longue, jusqu’à son retrait des scènes, à 77 ans. »
    .
  4. a, b, c, d et e (en) Gisela Storjohann, « Nicolai Gedda », Opera (magazine) (en),‎ (lire en ligne)
    « [...] he reads the works of the great novelists in the original in the seven languages [...]. Many people think of Gedda as a typical Italian, because of his inimitable phrasing, the sensuous timbre of his voice and his impeccable Italian diction. »
    .
  5. a, b, c, d et e (en) Steve Shelokhonov, « Nicolai Gedda: Biography », IMDb,‎ 1990-2016 (lire en ligne)
    « Gedda's mastery of nine languages enables him to singing with total freedom the entire standard operatic repertoire. He sings with natural beauty on Italian, English, Latin, Hebrew, French, German, Pan-Scandinavian, and his native Russian and Swedish. Nicolai Gedda is arguably the most versatile of tenors in the second half of the 20th Century. »
    .
  6. a, b, c, d, e, f, g et h (en) Ian Lace (trad. du suédois par Tom Geddes), Book Review: "Nicolai Gedda - My Life and Art", by Nicolai Gedda as told to Aino Sellermark Gedda [« Recension : Nicolai Gedda, ma vie et mon art »], Classical Music on the Web, Amadeus Press, , 244 p. (ISBN 1-57467-048-4, lire en ligne)
    « Gedda's parents were Swedish/Russian and Nicolai's first teacher was his father. His early childhood was disrupted by his parents' move to Germany (Leipzig) [...] At school he [...] shone in singing, history and languages. In fact Gedda became fluent in nine languages and when he created the role of Anataol in Samuel Barber's Vanesa at the Met, several New York critics claimed that Gedda's English diction was much clearer than that of his American colleagues. [...] Nicolai Gedda was the most recorded tenor of the 20th century -- he was probably also the most versatile. »
    .
  7. Antoine Brunetto, « Encyclopédie subjective du ténor : Nicolaï Gedda », Forumopera.com : le magazine du monde lyrique « Nicolaï Gedda, le ténor universel »,‎ (lire en ligne).
  8. Nicolai Gedda - Mein lieber Schwan - Wagner (Lohengrin), The Royal Opera of Stockholm, (écouter en ligne).
  9. Yves Rinaldi, « Nicolai Gedda », musicarmonia.fr,‎ (lire en ligne).

Liens externes[modifier | modifier le code]