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Nicolai Gedda

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Nicolai Gedda
Description de cette image, également commentée ci-après

Nicolai Gedda en 1959

Surnom Nico[1]
Nom de naissance Harry Gustaf Nikolaj Gädda[2]
Harry Gustaf Nikolaj Ustinov[3]
Naissance
Drapeau de la Suède Suède, Stockholm
Décès (à 91 ans)
Drapeau de la Suisse Suisse, Tolochenaz
Activité principale artiste lyrique
ténor
Style opéra
chant lyrique
Activités annexes professeur de chant : sessions individuelles et masterclasses
Lieux d'activité Europe, États-Unis, pays baltes
Années d'activité 1952 – 1992 sur scène[4],[5]
puis essentiellement en récitals jusqu'en 2005[4]
Collaborations Herbert von Karajan, Otto Klemperer, Georges Prêtre, André Cluytens, Elisabeth Schwarzkopf, Anneliese Rothenberger, Christa Ludwig, Victoria de Los Angeles, Maria Callas
Éditeurs éditions Bonnier
Amadeus Press (en)
Formation employé de banque[6]
Maîtres Carl Martin Oehman (sv)[7]
Paola Novikova[8]
Enseignement professeur de chant : sessions individuelles et masterclasses
Élèves Jan Blinkhof[5]
Caj Ehrstedt (sv)
Ascendants mère génitrice :
Clary Linnea Lindstrom[2]
père géniteur : Nikolaj Gädda[2]
mère d'adoption : Olga Gädda
père d'adoption : Mihail Ustinov
Conjoint Nadia Sapounoff Nova[3]
Anastasia Caraviotis[3]
Aino Sellermark[3]
Descendants Tatiana [Tania] Gedda[9]
Dimitri Gedda[10]
Distinctions honorifiques cf. Distinctions

Répertoire

opéra, opérette, oratorio, musique sacrée, chants religieux
lieder, mélodies françaises, ariette populaires, canzonette

Scènes principales

opéra royal de Stockholm[1], Covent Garden, Grand Théâtre, palais Garnier[2], Scala de Milan, Metropolitan Opera

Harry Gustaf Nikolaj Ustinov, plus connu sous le nom de Nicolai Gedda, est un ténor suédois, né le à Stockholm, et mort le à Tolochenaz (Suisse).

Soliste majeur du Metropolitan Opera, sa carrière le conduit au devant des plus grandes scènes lyriques — opéra royal de Stockholm, Covent Garden, Wiener Staatsoper, Grand Théâtre, palais Garnier, Scala de Milan — sous des baguettes telles qu'Herbert von Karajan, Otto Klemperer, Georges Prêtre, André Cluytens et des collaborations avec notamment Elisabeth Schwarzkopf, Anneliese Rothenberger, Christa Ludwig, Victoria de Los Angeles et Maria Callas.

Hyperpolyglotte, faisant preuve d'une diction exemplaire et d'une remarquable musicalité, tout en finesse, se singularisant par son extraordinaire polyvalence et la vastitude de son répertoire, sa facilité hors-norme à atteindre le registre aigu et suraigu de la voix, sa parfaite maîtrise de l'« aperto-coperto » ainsi que l'égalité de son registre phonatoire alliée à la beauté magistrale de sa mezza voce, il détient à ce jour un record historique jamais égalé au regard du nombre d'enregistrements discographiques lyriques et opératiques auxquels il a participé.

Doté d'une technique émissive hors-pair et se démarquant par une exceptionnelle longévité vocale tout au long d'une carrière mondiale s'étalant sur plus d'un demi-siècle, il est considéré comme l'un des plus grands ténors de tous les temps.

Biographie[modifier | modifier le code]

Origines familiales[modifier | modifier le code]

Nicolai Gedda naît le 11 juillet 1925 à Stockholm[11]. Fruit de l'union fugace entre une jeune serveuse célibataire, Clary Linnea Lindstrom, et d'un père sans emploi d'affiliation suédo-russe, Nicolaj Gädda[2], il est abandonné à sa naissance par ses géniteurs avant d'être recueilli puis élevé par sa tante paternelle, Olga Gädda, et son compagnon, Mihail Ustinov, lui-même apparenté à l'acteur britannique Peter Ustinov. Il est originairement baptisé sous le nom de Harry Gustaf Nikolaj Gädda[2]. La famille s'installe en 1929 à Leipzig en Allemagne, où le jeune élève suit ses premières années de scolarité, mais elle choisit néanmoins de rentrer en Suède dès 1934 « pour fuir la peste brune » succédant à l'arrivée au pouvoir du parti national-socialiste d'Adolf Hitler[2],[12],[13],[6],[14].

Études et formation[modifier | modifier le code]

Son nom officiel devient Harry Gustaf Nikolaj Ustinov suite au mariage d'Olga avec Mihail[3]. Ce dernier, en qualité de père d'adoption officieux et chef de chœur d'un ensemble vocal orthodoxe, lui donne ses premiers cours de chant[3]. Il se perfectionne ensuite auprès du ténor wagnérien Carl Martin Oehman (sv)[a],[7]. Dès 1957, il peaufine sa technique et son art émissif à New York pendant une dizaine d'années aux côtés de Paola Novikova[b] jusqu'au décès de celle-ci en 1967[8].

Carrière internationale[modifier | modifier le code]

Il fait ses débuts sur scène en 1952[4],[5]. Son répertoire comprend une cinquantaine d'opéras différents — dont tous les grands opéras mozartiens — ainsi qu'un nombre imposant d'oratorios, de messes et de cantates[15]. Sa voix claire et chaleureuse, très flexible, puissante, convient idéalement aux rôles lyriques. Si sa typologie vocale plus lyrique que dramatique l'éloigne de rôles wagnériens tels que Siegfried[16], il incarne en revanche un Belmonte ou un Tamino parfait. Il interprète également les rôles solistes de maints opéras français : Orphée de Gluck, Faust de Berlioz et de Gounod, Énée des Troyens de Berlioz, Hoffmann des Contes d'Hoffmann d'Offenbach, Don José de Carmen de Bizet, Werther de Massenet, etc.

Ténor « multifacettes »[modifier | modifier le code]

À ce jour, Nicolai Gedda peut se prévaloir du record mondial du nombre d'enregistrements discographiques classico-lyriques, toutes catégories, tessitures vocales et idiomes confondus[4],[12],[13]. Féru de littérature, hyperpolyglotte, il appréhende le contenu des grandes œuvres littéraires en sept langues tout en en maîtrisant, parlant et chantant plus de neuf autres — avec une prononciation irréprochable dénuée de tout accent étranger — parmi lesquelles figurent ses quatre expressions d'origine — russe, suédois, allemand, français — auxquelles s'ajoutent l'anglais, l'italien, l'espagnol, le portugais, le grec, l'hébreu, le latin, le norvégien, le néerlandais ainsi que la plupart des langues scandinaves[4],[12],[13],[16]. Évoquant la qualité magistrale de sa diction française, le critique musical Renaud Machart écrit : « Il chantait notre langue à la perfection[4]. » Dans le webzine francophone Forumopera.com, l'avocat à la cour et féru d'art lyrique Antoine Brunetto le considère comme « sans conteste l’un des ténors les plus marquants du vingtième siècle[14] ». Le compositeur Yves Rinaldi précise quant à lui que même si la typologie vocale de Gedda ne correspond pas spécifiquement au ténor italien di forza ou du Heldentenor allemand[c], son « exemplarité » en matière de « polyvalence » lui paraît néanmoins évidente[18].

Décès « pluriels »[modifier | modifier le code]

Sa mort est annoncée une première fois — à tort — sur les réseaux sociaux et Wikipédia le [19].

Le 9 février 2017, France Musique révèle que[20], selon les propos rapportés par sa fille, la soprano Tania Gedda, à Forumopera.com[21], il s'est éteint plus d'un mois auparavant, le 8 janvier 2017, « a priori sans souffrance, vraisemblablement d’un arrêt cardiaque, dans sa résidence » suisse à Tolochenaz[19],[1]. Le journal précise en outre que « sa mort survient peu de mois après celle de sa première épouse, la pianiste Nadia Gedda-Nova[d] – la mère de Tania –, et peu de jours après celle de Georges Prêtre avec lequel il collabora à plusieurs reprises en Don José, notamment dans l’enregistrement de Carmen aux côtés de Maria Callas[9]. »

Hommages[modifier | modifier le code]

Le 10 février 2017, dans un communiqué publié sur son site, l'opéra royal de Stockholm rend hommage à l'artiste par la voix de son actuelle directrice, la soprano wagnérienne Birgitta Svendén (sv)[1]. The Telegraph poursuit le même jour sur une lancée analogue en le désignant comme « l'un des plus grand ténors de tous les temps[22] », une estime partagée par son collègue le ténor Luciano Pavarotti qui se plaisait à répéter qu'« il n’y a pas de ténor vivant qui ait une plus grande facilité dans le registre aigu que Gedda[6] ». Idem pour sa compatriote, la soprano wagnérienne Birgit Nilsson, qui affirme combien « historiquement parlant, Nicolai Gedda est incontestablement le ténor le plus musicien, le plus polyvalent, le plus subtil et le plus nuancé qu'il [lui] ait été donné de côtoyer tout au long de [sa] carrière, voire que le monde lyrique ait même jamais connu[1] ».

Distinctions[modifier | modifier le code]

Œuvre[modifier | modifier le code]

Écrits[modifier | modifier le code]

Enregistrements[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Carl Martin Oehman (sv) est également le professeur de chant du ténor Jussi Björling et de la basse Martti Talvela.
  2. Paola Novikova fut l'unique élève de Mattia Battistini ; elle fut également le professeur de chant de George London de 1950 à 1967[8].
  3. Gedda a quand même abordé le répertoire de wagnérien en incarnant une seule fois — et à titre exceptionnel — le rôle-titre de Lohengrin à l'opéra royal de Stockholm en janvier 1966[17].
  4. Nadia Gedda-Nova, née Nadia Sapounoff Nova[3], première épouse de Nicolai Gedda.
  5. Le « Premio Enrico Caruso » (prix Enrico Caruso) est une reconnaissance honorifique attribuée à une personnalité du monde artistique et culturel italien qui a particulièrement contribué à défendre l'art et la culture italienne à travers le monde[24].

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e et f (sv) « Nicolai Gedda : 11 juli 1925 – 8 januari 2017 », Operan, opéra royal de Stockholm,‎ (lire en ligne)
    « Den svenske världstenoren Nicolai Gedda är död, 91 år gammal. Han avled den 8 januari i sitt hem i schweiziska Tolochenaz. Nicolai Gedda var född den 11 juli 1925 i Stockholm. ”i honom fick världen en av de mest, musikaliska, mångsidiga och skönsjungande tenorer någonsin”. »
  2. a, b, c, d, e, f et g (en) Margalit Fox, « Nicolai Gedda, Celebrated Opera Tenor, Dies at 91 », The New York Times,‎ (lire en ligne).
  3. a, b, c, d, e, f et g (en) Matt Schudel, « Nicolai Gedda, ‘electrifying’ Swedish-born operatic tenor, dies at 91 », The Washington Post,‎ (lire en ligne).
  4. a, b, c, d, e et f Renaud Machart, « Ténor de grâce », Le Monde,‎ 6 & 7 novembre 2015 (lire en ligne [recension à propos de la diffusion du documentaire bilingue français-allemand — consacré à la longue carrière internationale du ténor suédois Nicolai Gedda de 1952 à 2005 — réalisé par Michael Beyer et diffusé le 8 novembre 2015 sur la chaîne de télévision Arte : « Un ténor au diapason »]).
  5. a, b et c Jacques Schmitt, « Décès du ténor Nicolai Gedda », ResMusica,‎ (lire en ligne)
    « Entre Boris Godounov en 1952, son premier enregistrement de studio et sa dernière apparition en Monsieur Triquet dans Eugène Onéguine en 1992, ce sont quarante ans de carrière du ténor jalonné par près de 200 disques. »
  6. a, b et c Julian Sykes, « La voix tendre et ardente de Nicolai Gedda s’est éteinte », Le Temps,‎ (lire en ligne).
  7. a et b Andrea Suhm-Binder, Charles B. Mintzer, « Oehman, Carl Martin (Öhman, Oehmann), Swedish tenor, 1887 – 1967 », cantabile – subito « Great Singers of the Past »,‎ 1999-2012 (lire en ligne)
    « To his students belonged the great Finnish bass Martti Talvela and Nicolai Gedda. »
  8. a, b et c (en) Berton Coffin, Coffin's Sounds of Singing: Principles and Applications of Vocal Techniques with Chromatic Vowel Chart, Scarecrow Press, (réimpr. 1987. 2002), 2e éd., 313 p. (ISBN 1461657547 et 9781461657545, lire en ligne), chap. 1er (« The Teaching of Paola Novikova »), p. 15
    « The well-know bariton, George London, studied with Mme Novikova for 17 years, and the famous Swedish-Russian tenor, Nicolai Gedda studied with yer for 10 years. »
  9. a et b Christophe Rizoud, « Décès de Nicolai Gedda », forumopera.com : le magazine du monde lyrique,‎ (lire en ligne).
  10. (en) Susan Dominus, « No Such Thing as Junk », The New York Times,‎
    « Dimitri Gedda, a 30-year-old Manhattanite [...] his mother’s Meissen china, his father’s record collection [...] the delicate task of working with people who, like Mr. Gedda, are trying to cope with grief as they settle the estate of a parent [...] »
  11. Rosenthal et Blyth.
  12. a, b, c et d (en) Ian Lace (trad. du suédois par Tom Geddes), Book Review: Nicolai Gedda - My Life and Art, by Nicolai Gedda as told to Aino Sellermark Gedda [« Recension : Nicolai Gedda, ma vie et mon art »], Classical Music on the Web, Amadeus Press, , 244 p. (ISBN 1-57467-048-4, lire en ligne)
  13. a, b et c (en) Steve Shelokhonov, « Nicolai Gedda: Biography », IMDb,‎ 1990-2016 (lire en ligne)
    « Gedda's mastery of nine languages enables him to singing with total freedom the entire standard operatic repertoire. He sings with natural beauty on Italian, English, Latin, Hebrew, French, German, Pan-Scandinavian, and his native Russian and Swedish. Nicolai Gedda is arguably the most versatile of tenors in the second half of the 20th Century. »
  14. a et b Antoine Brunetto, « Encyclopédie subjective du ténor : Nicolaï Gedda », Forumopera.com : le magazine du monde lyrique « Nicolaï Gedda, le ténor universel »,‎ (lire en ligne).
  15. Rodolphe Bruneau-Boulmier, Émilie Munera, « Hommage à Nicolai Gedda », France Musique « musique classique » « En pistes ! »,‎ (écouter en ligne)
    [audio] durée : 01:55 « Nicolai Gedda dans Mozart, Puccini, Donizetti, Moussorgsky, Tchaïkovsky, Schubert, Debussy, Massenet, Offenbach et Wagner. »
  16. a et b (en) Gisela Storjohann, « Nicolai Gedda », Opera (en),‎ (lire en ligne)
    « […] he reads the works of the great novelists in the original in the seven languages […]. Many people think of Gedda as a typical Italian, because of his inimitable phrasing, the sensuous timbre of his voice and his impeccable Italian diction. »
  17. [vidéo] Nicolai Gedda - « Mein lieber Schwan » (Lohengrin) sur YouTube ..
  18. Yves Rinaldi, « Nicolai Gedda », musicarmonia.fr,‎ (lire en ligne).
  19. a et b Marie-Aude Roux, « Mort du grand ténor Nicolai Gedda à 91 ans », Le Monde,‎ (lire en ligne)..
  20. Guillaume Decalf, « Le ténor suédois Nicolai Gedda est mort », France Musique,‎ (lire en ligne).
  21. (sv) Av Bo Löfvendahl, « Svenske stjärntenoren Nicolai Gedda död » [« Le ténor suédois Nicolai Gedda est mort »], Svenska Dagbladet,‎ (lire en ligne)
    « Svenske hovsångaren Nicolai Gedda har avlidit i Schweiz, 91 år gammal. Det uppger den franska sajten Forumopera.com, som skriver att enligt Geddas dotter Tania dog han redan den 8 januari. »
  22. (en) « Nicolai Gedda, all-time great tenor – obituary » [« Nicolai Gedda, le plus grand ténor de tous les temps »], The Telegraph,‎ (lire en ligne).
  23. (de) Zum Tod von KS Nicolai Gedda, Wiener Staatsoper, (lire en ligne).
  24. a et b (it) Mario del Fante, presidente & Rolando Panerai, direttore artistico, Premio Enrico Caruso[e] 2007 al grande tenore Nicolai Gedda, ambasciatore del belcanto nel mondo, Lastra a Signa (lire en ligne [vidéo])
  25. (sv) Av Spektra, TT, « Nicolai Gedda utnämnd till riddare » [« Nicolai Gedda hissé au rang de chevalier de la Légion d'honneur »], Svenska Dagbladet,‎ (lire en ligne)
    « Operasångaren Nicolai Gedda har blivit utnämnd till riddare av franska hederslegionen av den franska presidenten Nicolas Sarkozy. »
    « Le chanteur d'opéra Nicolai Gedda a été hissé au rang de chevalier de la Légion d'honneur par le président français Nicolas Sarkozy. »

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]