Khouribga

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Khouribga
خريبكة ⵅⵯⵔⵉⴱⴳⴰ
Khouribga
Horloge de Khouribga
Administration
Pays Drapeau du Maroc Maroc
Région Béni Mellal-Khénifra
Province Khouribga
Maire Charqui Al Ghalmi (PJD) (2015)
Gouverneur Hamid Chnouri (2018)
Code postal 25002
Démographie
Gentilé Khouribganai(se)
Population 216 397 hab. (2014[1])
Densité 4 161 hab./km2
Population de l'agglomération 342 125 hab. (2014)
Densité 81 hab./km2
Géographie
Coordonnées 32° 53′ 00″ nord, 6° 54′ 00″ ouest
Altitude 786 m
Superficie 52 km2
Superficie de l'agglomération 4 250 km2
Localisation

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Khouribga

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Khouribga (خريبكة en arabe, ⵅⵯⵔⵉⴱⴳⴰ en berbère) est une ville du Maroc qui se situe à 120 km au sud-est de Casablanca. Cette cité minière est considérée comme la plus importante zone de production de phosphates au monde[réf. nécessaire]. L’Office chérifien des phosphates (OCP), la première entreprise publique du Maroc, exploite la zone minière et gère en partie les infrastructures sportives et sociales de la ville. Khouribga est connue par ses activités culturelles comme l'organisation de festivals et de journées culturelles et artistiques, pour ses activités sportives : football, tennis, rugby à XV, golf, natation, handball, basketball, volleyball, karting, athlétisme…, la plupart de ces clubs dépendent de l'Olympique Club de Khouribga (OCK) et le Hassania de Khouribga (HUSK).

Toponymie[modifier | modifier le code]

L'origine du nom de la ville est obscure. Une multitude d'hypothèses ont été élaborées à son sujet dont certaines sont très fantaisistes. Dans l'une des ces hypothèses, on considère «khreibga» (arabe dialectal: خريبگة) comme une déformation vulgaire de «kheirbec» (arabe: خيربك), pseudonyme d'un certain juif, déguisé en musulman turc, présumé informateur des explorateurs européens. Mais aucun document ne corrobore cette hypothèse légendaire. Dans une autre, on dit que le nom de la ville vient de l'expression «kheir bqa» (arabe dialectal: الخير بقى) qui signifie: «le bien perdure» ou «le bien excède», étymologie qui contraste avec l'aridité de la région, et l’extrême cruauté de l’exploitation coloniale.

Cela dit, la ville de Khouribga tire probablement son nom du verbe arabe «kharbaqa» (arabe: خربق) qui signifie, d’après les dictionnaires d'arabe classique, «précipiter sa marche», «entrelacer», mais aussi «trancher», «couper», «morceler» [2]. Ce dernier sens renvoie, peut-être, au paysage anarchique des premiers sites d'extraction des phosphates.

Découverte des phosphates[modifier | modifier le code]

Dans son rapport présenté au COFRHIGEO, en 1977, Philippe Morin écrit :

« En 1917, le commandant P. Bursaux, ancien collaborateur de Philippe Thomas en Tunisie et qui avait dirigé les exploitations de Metlaoui et la Cie du chemin de fer de Gafsa à Sfax, fut chargé d'une étude, en particulier du tracé de la voie ferrée militaire de Casablanca a Oued-Zem. Il reconnut à cette occasion la nature phosphatée du prétendu « sable » dont les officiers se servaient pour la construction des baraquements d'Oued-Zem. Des travaux par puits et galeries furent entrepris ; faits à la main… en traversant la dure et puissante « dalle à Thersitées », ils mirent en évidence quatre couches de phosphate à haute teneur. Devant l'importance de ce gisement, Lyautey fonda, le 7 août 1920, l'office chérifien des phosphates, dont les premiers travaux débutèrent en 1921.

Si l'historique de ces découvertes au Maroc — qui a été excellemment retracé par Alfred Beaugé (1935) et par Pierre Despujols (1936) — est bien connu, certains faits restent encore insoupçonnés et mériteraient sans doute des recherches plus approfondies. C'est ainsi que notre confrère Henri Salvan m'a signalé qu'en 1899, deux géographes allemands, Theobald Fischer et Joachim von Pfeil, qui exploraient la plaine de la Chaouïa et les plateaux de Khouribga avaient observé et décrit des sédiments « sableux » dans la région d'Oued-Zem, recouverts par une formation calcaire (la « dalle à Thersitées »), mais sans soupçonner qu'il s'agissait là de phosphate de chaux du gisement des Oulad-Abdoun, le plus riche et le plus continu du Maroc, et non des placages résiduels qui s'échelonnent sur le flanc nord du Haut Atlas, dont Brives reconnaîtra plus tard la nature.

Ce fait est d'autant plus intéressant à relever que la démonstration spectaculaire de Guillaume II à Tanger (31 mars 1905), la célèbre mission de prospection des frères Mannesmann, pourtant menée avec des moyens considérables, ne débuta qu'en 1906, enfin le Coup d'Agadir (1er juillet 1911) furent des événements postérieurs à la mission Fischer-von Pfeil et montrent à l'évidence l'intérêt particulier de l'Allemagne pour le Maroc au début du XXe siècle[3]. »

Valorisation culturelle de la mine[modifier | modifier le code]

En 2013, le groupe OCP a entamé un processus de tourisme scientifique intégré dit « Mine verte » qui concernera en 2014 plus de 300 ha, avec médiathèque, cafétéria et auditorium. Un parc d’attractions et d'un parc environnemental seront ensuite construits, ainsi qu'un ensemble d’équipements de loisirs, sportifs, immobiliers et hôteliers, le tout étant intégré dans un circuit touristique, avec notamment le musée de la mine de Khouribga[4]

Population[modifier | modifier le code]

  • Selon le dernier recensement général de la population (2004), la population de la ville atteint 166 397 habitants dont 75 étrangers.
  • en 2013, la population de la ville est estimée de 210 000 habitants.

Art et culture[modifier | modifier le code]

Infrastructures culturelles[modifier | modifier le code]

  • Complexe culturel national : inauguré en 2004 au cœur du boulevard Moulay Youssef, il comprend des ateliers artistiques, et une salle d'exposition centrale qui s'étend à 450 places, dont 70 places VIP.
  • Médiathèque de la mine verte : Ouverte pour la première fois en 2015, cette médiathèque est située à l'entrée de la plateforme touristique "Mine verte" développée par le Groupe OCP. Elle a une construction d'une nouvelle architecture basée sur l'innovation et la durabilité. Elle comprend une bibliothèque, un centre de lecture, un café littéraire et une salle d'exposition audio-visuelle polyvalente d'une capacité de 230 places.
  • Salle des fêtes OCP : C'est le lieu de rassemblement mythique de la communauté cultivée à la ville de Khouribga. Construite en 1926 par le Groupe OCP, elle a abrité plusieurs événements socio-culturels à tous les niveaux. Elle a été rénovée et élargie en 2017, et devenue ainsi la 2ème plus grande salle d'exposition cinématographique dans la ville, avec une capacité de 320 spectateurs.
  • Complexe socio-culturel de l'INDH, situé au quartier Al-Qods.
  • Complexe socio-culturel de l'INDH, situé au quartier Al-Fath.
  • Maison des jeunes, localisée à l'avenue Mohammed 6.
  • Maison des jeunes, localisée au quartier Al-Fath.

Sports[modifier | modifier le code]

Clubs de sport et les sections sportives[modifier | modifier le code]

La plupart des sections sportives de Khouribga dépendent de l'OCK (Olympique club de Khouribga) et de l'HUSK (Hassania de Khouribga) :

Infrastructures sportives[modifier | modifier le code]

  • le complexe sportif de l'OCK qui contient un terrain officiel gazonné de football (10 000 spectateurs) + 3 terrains gazonnés appartenant à l'école de football de l'OCK.
  • le stade municipal qui possède un terrain gazonné et un champ de course ébonite. d'une capacité de (6 500 spectateurs).
  • la salle couverte OCP pour le basket-ball, le handball et le volley-ball.
  • la grande salle couverte "Moulay Youssef".
  • la salle couverte "Al-Amal" au quartier de l'ERAC.
  • le club de tennis : 4 terrains de terre battue.
  • le club de natation : 2 bassins pour la natation.
  • le club équestre : une piste gazonnée + une piste de gravier.
  • le club de golf avec une large piste gazonnée.
  • la piste de karting : réservée pour la course de stock-car.
  • le terrain Ain Lfouara de rugby.

Quartiers et boulevards[modifier | modifier le code]

Quartiers[modifier | modifier le code]

À partir de 2011, Khouribga contient sept arrondissements urbains (7 مقاطعات حضرية)

Géographiquement, Khouribga peut être divisée en 5 grandes divisions :

Village européen (Agdal)[modifier | modifier le code]

Cette zone de la ville comporte les subdivisions suivantes:

  • Village OCP: c'est le plus grand et le plus ancien quartier de la ville, fondé par Alfred Beaugé. Il comporte le bel édifice de l’église Sainte-Barbe transformé aujourd’hui en un centre culturel, les vestiges de l’église orthodoxe ainsi que de la synagogue juive, l’hôpital français, des villas, le siège régional mythique de l'OCP, les établissements socio-culturels du Groupe OCP, les infrastructures sportives de l'OCK, les parcs publics de récréation et les espaces verts.
  • Hay El Hanaa 1 & 2
  • Byout.
  • Quartier des oliviers. (Zitouna)
Place centrale du quartier Hanaa2 (Khouribga)
Place centrale du quartier Hanaa2 (Khouribga)

Nahda[modifier | modifier le code]

Cette zone de la ville comporte les subsivisions suivantes:

  • Quartier Nahda.
  • Hay Al Massira.
  • Hay Al Karam.
  • Yassmina 1 & 2.
  • Hay Dakhla
  • Hay Iqbal

Khouribga Médina[modifier | modifier le code]

Malgré son nom, cette partie de la ville de Khouribga ne ressemble pas du tout aux médinas anciennes d'autres villes du Maghreb. Même si un quartier s'appelle "Madina al qadima" (vieille ville), il est composé largement par des bâtiments modernes.

Cette zone de la ville comporte les subsivisions suivantes:

  • Ancienne Médina
  • Hay El Wifaq
  • Quartier des gares
  • Hay Al Mouqawama (Lebrik)
  • Hay Al Houda
  • Hay El Warraq
  • Bab Khoukha
  • Hay Rachad
  • Le Bloc de 20 août

Khouribga-Ouest[modifier | modifier le code]

Cette zone de la ville comporte les subsivisions suivantes :

  • Hay Ryad.
  • Al Qods 1
  • Al Qods 2 (Falouja)
  • L'ERAC
  • Inbiâat 1
  • Inbiâat 2
  • Inbiâat 3
  • Inbiâat 4
  • El Harakat
  • Quartier Industriel
  • Quartier El Faraj
  • Lot El warrak (Dareb Khamiss)

Khouribga-Nord[modifier | modifier le code]

Cette zone de la ville comporte les subsivisions suivantes:

  • Quartier des orangers (Leymoune).
  • Quartier Administratif.
  • Hay Saada(Hay Mabchour).
  • Quartier Taqaddoum.
  • El Fath.
  • Hassania.
  • Al Mostaqbal.

Boulevards principaux[modifier | modifier le code]

  • Boulevard Moulay Youssef.
  • Boulevard Mohammed VI.
  • Boulevard de Marrakech.
  • Boulevard Brahim Roudani.
  • Boulevard Moulay Ismail.
  • Boulevard de Palestine.
  • Boulevard Hassan II.
  • Boulevard Alfred Beaugé.
  • Boulevard des Alaouîtes (ex : Boulevard des Palmiers)
  • Boulevard Beni Amir
  • Boulevard de la Résistance
  • Boulevard Abderrahim Bouabid
  • Boulevard Mohammed V
  • Boulevard 16 novembre
  • Boulevard Mohamed Sedqi
  • Boulevard 21 août.
  • Boulevard Moulay Abdellah
  • Boulevard Abd Lmjid Ben Jelloun

Jumelages[modifier | modifier le code]

Khouribga est jumelée avec les villes suivantes :

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Alfred Beaugé (1878-1935), administrateur-directeur général de l'Office Chérifien des Phosphates, fondateur de la ville de Khouribga.
  • M'Hammed ben Omar, alias Anh Ma, militant communiste et syndical devenu général de la résistance vietnamienne à la France.
  • Bouchaïb Laurens, ancien maire de Khouribga (1975-2005), entrepreneur, député et président du comité d'urbanisme du parlement.
  • Bruno Catalano, sculpteur français né à Khouribga en 1960.
  • Mohamed Bastaoui, acteur illustre, mort le 17 décembre 2014.
  • Hindi Zahra, chanteuse, peintre, auteure et compositrice née à Khouribga le 20 juin 1979.
  • Hind Dehiba, née Chahyd le 17 mars 1979 à Khouribga, athlète internationale de demi-fond.
  • Otmane El Assas, footballeur.
  • Aziz Senni, entrepreneur français né à Khouribga le 31 août 1976.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. [1]
  2. (ar) Al-Mu'jam al-Wasit, Caire, , p. 223
  3. Philippe Morin Un siècle d'ingratitude. Quelques pionniers bien oubliés de la découverte des phosphates en Afrique du Nord, Travaux du comité français d'histoire de la géologie, Première série, 1977
  4. Projet. OCP lance le tourisme scientifique à Khouribga, Journal Le 2 minutes, consulté 2013-08-26

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Hervé Bleuchot, « Une ville minière marocaine : Khouribga », Revue de l'Occident musulman et de la Méditerranée, vol. 6, no 6,‎ , p. 29-51 (lire en ligne)
  • Ressources de la BNF à Paris : Khouribga
  • Mohammed Sahsab, Khouribga : Genèse d'une ville miniere, U.technologie Belfort Montbéliard, 2010.