Calamis

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Aspasie, sans doute l'Aphrodite Sosandra de Calamis I, copie romaine, Paris, musée du Louvre.

Calamis (en grec ancien Κάλαμις) est un sculpteur grec au sujet duquel les sources sont nombreuses et contradictoires. Elles conduisent à une datation partant du style sévère (début du Ve siècle av. J.-C.) et se terminant à la fin de ce même siècle (480-450). Pour concilier tous les témoignages, on a postulé l'existence de deux sculpteurs du même nom, dont l'un serait le petit-fils de l'autre[1]. Béotien d'origine[2]

Calamis I[modifier | modifier le code]

Calamis I travaille à Athènes, dont il est peut-être originaire[1],[3]. On ne connaît rien de sa vie.

La principale œuvre qui lui est attribuée est l'Apollon Alexikakos (protecteur) que Pausanias voit au Céramique d'Athènes au IIe siècle apr. J.-C.[4] On l'a reconnu dans divers types statuaires, comme l'Apollon de Cassel[5], l’Apollon à l'omphalos[6] ou encore des monnaies en bronze d'Athènes. On lui attribue une autre statue d'Apollon, haute de près de 13 mètres, commande de la cité d'Apollonie du Pont, que Marcus Lucullus emporte à Rome[7].

Sa statue d'Aphrodite Sosandra (salvatrice des hommes), consacrée par Callias sur l'Acropole d'Athènes[8], est très admirée par Lucien de Samosate, qui vante son « sourire serein et discret », sa légèreté et son élégance[9]. Elle représente probablement Elpinikè, sœur de Cimon et femme de Callias[10]. On a probablement[11] retrouvé sa base, qui porte l'inscription : « Consécration de Callias. Œuvre de Calamis » ([Καλ]λίας [ἀνέ]θηκε [Κάλ]αμις [ἐπόε])[12] », mais pas la statue elle-même. Elle a été identifiée dans le type dit « d'Aspasie ».

Œuvres[modifier | modifier le code]

Calamis II[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Muller-Duffeu, p. 243.
  2. Léon Lacroix, op. cit., p.244.
  3. Boardman, p. 79.
  4. Pausanias, Description de la Grèce [détail des éditions] [lire en ligne], I, 3, 4.
  5. Ma884. Notice no 814, base Atlas, musée du Louvre
  6. Ma691. Notice no 811, base Atlas, musée du Louvre
  7. Strabon, Géographie [détail des éditions] [lire en ligne], VII, 319 ; Pline l'Ancien, Histoire naturelle [détail des éditions] [lire en ligne], XXXIV, 39 et Appien, Illyriques, 30.
  8. Pausanias, I, 23, 2.
  9. Lucien, Portraits, 6. Voir aussi Portraits, 4 et Dialogue des courtisanes, III, 2.
  10. Muller-Dufeu, p. 245.
  11. Boardman, p. 80.
  12. Muller-Dufeu, no688.
  13. Dont le nom est devenu Aleméné par les traductions des différents éditeurs. Le professeur Jan Six de l'université d'Amsterdam pense qu'il faut lire ce nom comme étant Algoumén, signifiant en grec la Douloureuse. Cette douloureuse était l'original de la statue dite de Pénélope au Vatican qui offre des analogies frappantes avec les trônes sculptés de l'ancienne collection Ludovisi ainsi qu'avec l'Aurige de Delphes, œuvres ayant déjà été rapportées à Calamis (in Compte-rendus des séances de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, 1914, 58-3, p.217).
  14. Copie d'une œuvre de Calamis découverte dans le secteur de Sosandra des Thermes de Baïes et conservée au musée archéologique de Naples.
  15. Qui porte un bélier
  16. Hermès et Dionysos de Tanagra furent reproduites sur les monnaies de la cité, (cf. Léon Lacroix, Les reproductions de statues sur les monnaies grecques, 1949, Librairie Droz, bibliothèque de la faculté de philosophie et Belles-Lettres, Université de Liège, fasc. CXVI, chapitre II., p.245).

Bibliographie[modifier | modifier le code]

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  • Léon Lacroix, Les reproductions de statues sur les monnaies grecques, Librairie Droz, Bibliothèque de la Faculté de Philosophie de Liège, fasc. CXVI, 1949.
  • John Boardman (trad. Florence Lévy-Paoloni), La Sculpture grecque classique [« Greek Sculpture: The Classical Sculpture »], Paris, Thames & Hudson, coll. « L'Univers de l'art », 1995 (1re édition 1985) (ISBN 2-87811-086-2), p. 79-80.
  • Marion Muller-Dufeu, La Sculpture grecque. Sources littéraires et épigraphiques, Paris, éditions de l'École nationale supérieure des Beaux-Arts, coll. « Beaux-Arts histoire », (ISBN 2-84056-087-9), nos 683 à 705 (Calamis I) et nos 1624 à 1630 (Calamis II).
  • (de) J. Overbeck, Schrift qu…, n°508 ss.
  • (de) H. Brunn, Ges.d. Griech Künstler, I, p.125 ss.
  • M. Collignon, SGI, p.397 ss.
  • (de) E. Reisch, Kalamis Gestrr Jahresh…, 9, 1906, p.199 ss.
  • (de) F. Stuniczaka, Kalamis Abhandp, d. sa. ges. d. wiss, Philo, hist, Cl. 25,4, 1907.
  • Lippold in PWRE, 1919, Col 1532. ss.
  • (de) Bieber in Thieme-Becker, Allgem Lex der bild Künstler, 1926, p.453 ss.
  • (en) G. M. Richter, Sculpture and sculptors, p.201 ss.
  • Ch. Picard, Manuel, p.45 ss.