Kérity (Penmarc'h)

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Ne doit pas être confondu avec Kérity.
Le port de Kérity, février 2011

Kérity est un quartier de la commune de Penmarc'h dans le Pays Bigouden (Finistère), au même titre que Saint-Pierre, Saint-Guénolé et Penmarc'h-Bourg (anciennement Tréoultré).

Le port de Kérity est aujourd'hui tourné vers l'accueil de la plaisance, après le départ des derniers bateaux de pêche vers le port voisin de Saint-Guénolé à la fin des années 1990.

Histoire[modifier | modifier le code]

Kérity : l'église Sainte-Thumette en ruines (vers 1900)

En 1792 Lesconil et Guilvinec n'avaient qu'une chaloupe, Sainte-Marine 3, Treffiagat et Kérity 4 chacun, L'Île-Tudy 8, Concarneau 250 et Douarnenez 275 environ[1].

L'aménagement du port vers 1875[modifier | modifier le code]

À l'origine, on ne trouvait qu'une fosse d'environ 1 500 mètres de long, au milieu de roche basses et ne présentant aucun véritable abri ; de plus ce n'était qu'un simple port d'échouage.

Selon l'ingénieur des Ponts et Chaussées Armand de Miniac, il n'existait jusque-là à Kérity qu'« une sorte de cale grossière, longue de 140 mètres, formée de débris d'un ancien ouvrage » ; « le hâvre de Kérity est situé au milieu d'une côte rectiligne, dépourvue d'anfractuosités ; à marée basse, la mer se retire, l'asséchant totalement » ; son accès était de plus rendu très dangereux et l'embarquement et le débarquement y présentaient de grandes difficultés.

Après l'abandon en 1846 d'un projet de création d'un port de relâche pour les navires passant au large, un projet plus modeste aboutit à partir de 1875 avec la construction d'un môle-abri et d'un mur de défense du littoral long de 227 mètres[2]. En 1900, la protection du port est enfin assurée par la construction d'un brise-lame long de 410 mètres[3]..

Description de Kérity à la fin du XIXe siècle[modifier | modifier le code]

Alexandre Nicolaï décrit ainsi Kérity en 1893 :

« Du bourg de Penmarch à Querity [Kérity] d'un côté, à Saint-Guénolé de l'autre, et partout à plusieurs lieues à la ronde, tout évoque lamentablement la dévastation au milieu des ajoncs et des bruyères. Les murs de pierre sèche qui séparent tous les héritages entre eux, quadrillant bizarrement le sol sur une superficie de plusieurs kilomètres carrés, sont uniformément faits de démolitions, de marches, de dalles, de moellons, de corniches souvent sculptées où mordent les lichens gris et jaunes, où s'agriffent les mousses et les joubarbes ; des fondations viennent partout affleurer le sol là où il est resté inculte ; des pans de murailles tiennent çà et là par miracle ; quelques fermes fortifiées du XVe siècle et du XVIe siècle, rares documents archéologiques, ont résisté à la faveur de leurs épaisseurs de pierres auxquelles des meurtrières, de petites tours qui faisaient office de guettes, leurs portes basses, leurs fossés, conservent tout de cet aspect méfiant et sournois qui fit dans doute leur salut. Cela dit assez combien l'existence dut être dure aux pauvres peinards de la glèbe toujours sous le coup d'une audacieuse entreprise, d'un coup de main, d'une razzia. (...) Des malheureux se sont encore obstinés là ; cinq ou six familles de pêcheurs se débattent entre les redoutables écueils de Penmarch, où la mer a des mugissements de taureau et frappe les granits de son incessant bélier ; petit port de Quérity, où les barques viennent s'échouer sur le sable après les ballottements, où sèchent les filets sur les parapets du môle[4], »

Le port de pêche[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Pêche bigoudène.

La création de la paroisse[modifier | modifier le code]

Façade de l'Église Sainte-Thumette de Kérity, avant la restauration de 2016

La paroisse Saint-Pierre de Kérity est créée par ordonnance épiscopale le et l'église Sainte-Thumette, dédiée à sainte Thumette[5], devient alors son église paroissiale[6].

Cette église, qui date du XVIe siècle, est à l'origine une chapelle de Penmarc'h[7] qui subit de plein fouet la décadence de Tréoultré, pour finir par être ruinée au XIXe siècle. Ses ruines sont classées au titre de monument historique le 7 février 1916[8]. En 1924, le recteur de Penmarc'h et auteur d'une monographie sur la ville, souhaite la restauration de cette église, qu'il décrit en partie gagnée par la végétation, ainsi que son retour au culte ; « Il suffirait de jeter une charpente et une toiture sur ces piliers et ces murailles pour rendre à sa destination première l'église de Kérity. »[9] Après l'érection de Kérity en paroisse, cette église fait l'objet d'une restauration en 1950 sous l'autorité des monuments historiques, pour être bénite le 3 juin 1951[10]. En 2015 et 2016, l'édifice fait l'objet d'une nouvelle restauration.

Contemporaine de l'église Saint-Nonna de Penmarc'h, elle est donc de style gothique flamboyant et se compose d'une nef à cinq travées, d'un bas-côté nord et d'un chevet plat, à la mode à cette époque.

Tourisme[modifier | modifier le code]

Comme le reste de la commune de Penmarc'h, Kérity accueille l'été de nombreux touristes. Aussi, les lieux d'accueil sont développés : campings, gîtes et chambres d'hôtes en particulier, alors que les hôtels sont concentrés à Saint-Guénolé. Les principales curiosités sont le port et la côte, l'église Sainte-Thumette du XVIe siècle, ainsi que quelques manoirs et maisons anciennes.

Tableaux[modifier | modifier le code]

Des peintres ont représenté Kérity ; parmi eux :

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Serge Duigou, Jean-Michel Le Boulanger, Histoire du Pays bigouden, Plomelin, Palantines, 2002
  2. Louis Chauris, "Pays bigouden : des pierres et des hommes", éditions Skol Vreizh, 2011, [ (ISBN 978-2-915-623-58-1)]
  3. Claude Vauclare, "Les pêches maritimes en Pays bigouden", IFREMER, 1985, consultable http://archimer.ifremer.fr/doc/1985/rapport-4137.pdf
  4. Alexandre Nicolaï, "En Bretagne", 1893, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k1028265/f308.image
  5. Sœur de saint Enéour, nous ne savons que peu de chose sur cette sainte. Elle aurait été, à l'exemple de sainte Evette, une des compagnes de sainte Ursule, enlevée et martyrisée par les Huns devant Cologne en 383, voir http://nominis.cef.fr/contenus/saint/12586/Sainte-Thumette.html
  6. http://egliseinfo.catholique.fr/lieu/29/penmarc-h/kerity
  7. René Couffon, Alfred Le Bras, Diocèse de Quimper et de Léon, Nouveau répertoire des Églises et Chapelles, imprimerie régionale, Bannalec, 1988, p. 229.
  8. Base Mérimée[1]
  9. François Quiniou, Penmarc'h, son histoire, ses monuments, Ar Vorenn, 1984, p. 171.
  10. René Couffon, Alfred Le Bras, Diocèse de Quimper et de Léon, Nouveau répertoire des Églises et Chapelles, imprimerie régionale, Bannalec, 1988, p. 229
  11. http://www.mbar.org/collections/guide/19-20/152.php#
  12. http://www.artnet.fr/artistes/louis-marcoussis/paysage-de-kerity-xCZJ4hHHV13jJPHfu2UTcg2
  13. http://www.arcadja.com/auctions/fr/la_gr%C3%A8ve_a_keriky_1959_/artwork/promo/4587807/1450514803/

Articles connexes[modifier | modifier le code]