Charles Colbert de Croissy
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Marie Pussort (d) |
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Jean-Baptiste Colbert de Torcy Charles Joachim Colbert de Croissy Louis François Henri Colbert de Croissy (d) |
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Charles Colbert de Croissy, né à Reims le [1] et mort à Versailles le , est un administrateur, diplomate et homme d'État français.
Biographie
[modifier | modifier le code]Carrière administrative
[modifier | modifier le code]Issu de la famille Colbert, une famille de marchands et de banquiers champenois de Reims, Charles Colbert est le fils de Nicolas Colbert de Vandières et de Marie Pussort. Il est le frère cadet de Jean-Baptiste Colbert, le "grand Colbert". Dans le sillage de son frère, commis de Michel Le Tellier, le secrétaire d'État de la Guerre, il est nommé en 1654 intendant des armées de Catalogne, Provence et Naples. L'année suivante, il achète une charge de conseiller au parlement de Metz et en 1656 est nommé intendant d’Alsace, poste qu'il cumule avec l'intendance des Trois-Évêchés en 1661. Président du Conseil supérieur d'Ensisheim et président à mortier au parlement de Metz en 1662, il est à la fois un administrateur, un magistrat et un agent diplomatique pour le compte du cardinal Mazarin, se rendant plusieurs fois en Allemagne pour participer à des négociations.
En 1663, il quitte l'Est de la France pour servir comme intendant en Touraine, Anjou et Maine et commissaire du roi aux États de Bretagne en 1663 et 1665. De passage en Bretagne en 1665, il établit un rapport circonstancié sur l'abbaye Notre-Dame du Tronchet. En 1666, il passe intendant d'Amiens et de Soissons et sert comme intendant d'armée pendant la guerre de Dévolution. Après avoir été brièvement intendant de la Flandre conquise, il couronne sa carrière administrative par le poste prestigieux d'intendant de Paris, fonction qui recouvre non pas Paris mais l'Île-de-France (1668-1675).
Carrière diplomatique
[modifier | modifier le code]Dans les faits, Croissy, dont la carrière s'oriente définitivement vers la diplomatie, n'aura guère l'occasion d'exercer ce dernier emploi d'intendant. En 1668, il est l’un des plénipotentiaires du congrès d’Aix-la-Chapelle, puis ambassadeur à Londres, pour négocier une alliance avec l'Angleterre de Charles II. Les pourparlers aboutissent au traité de Douvres du 1er juin 1670. Entre 1676 et 1678, il est un des négociateurs français qui siègent au congrès de Nimègue aboutissant au traité de Nimègue de 1678.
Maître des requêtes depuis 1663, conseiller d’État par semestre depuis 1668, conseiller d’État ordinaire depuis février 1669, Croissy acquiert un office de président à mortier au Parlement de Paris le 26 août 1679. Il se trouve en Bavière comme envoyé extraordinaire de Louis XIV auprès de l'électeur pour demander la main de sa sœur Marie-Anne-Victoire en faveur du dauphin Louis lorsqu'il apprend la disgrâce de Pomponne et sa nomination pour lui succéder dans la charge de secrétaire d'État des Affaires étrangères (1679).
Carrière ministérielle
[modifier | modifier le code]Il prend ses fonctions le 22 janvier 1680, son frère aîné ayant assuré son intérim dans l'attente de son retour en France.
Secrétaire d'État et ministre d'État, Croissy est à la fois un des concepteurs et le principal artisan de la politique des Réunions de Louis XIV, qui aboutit à la guerre de la Ligue d'Augsbourg. Réputé âpre et brutal avec les diplomates étrangers, il reflète par son attitude l'orgueil du monarque à l'apogée de son règne, entre 1679 et 1688. Ezéchiel Spanheim peint le ministre « bon et bienfaisant par inclination, chagrin ou emporté par tempérament ou par accident, traitable ou difficile par intervalle et par la nature des affaires, et ainsi commode ou fâcheux par les mêmes endroits, d’ailleurs appliqué par devoir, habile par routine, jaloux de son poste, et enfin fort soumis aux volontés du roi ». Saint-Simon le décrit comme « un homme d’un esprit sage, mais médiocre, qu’il réparait par beaucoup d’application et de sens, et qu’il gâtait par l’humeur et la brutalité naturelle de sa famille ».
Durant son ministère, Croissy n'est jamais seul à définir la politique extérieure de la France : Louis XIV fixe le cap, et ses collègues, Louvois et Seignelay, empiètent volontiers sur ses attributions. Il prépare les négociations du traité de Ryswick de 1697.
Écrit
[modifier | modifier le code]- La Bretagne de Louis XIV. Mémoires de Colbert de Croissy (1665) et de Béchameil de Nointel (1698), Philippe Jarnoux, Pierrick Pourchasse et Gauthier Aubert (texte présenté et annoté par), Presses universitaires de Rennes, 2016, [présentation en ligne] (ISBN 978-2-7535-5119-0)
Mariage et descendance
[modifier | modifier le code]Par contrat passé à Paris le 20 janvier 1664, il épouse Françoise Béraud (17 juin 1642 - Paris, 23 septembre 1719), unique enfant de Joachim Béraud, seigneur de Croissy, bourgeois de Lyon, et de Marguerite de Laistre. Le Roi Louis XIV et la cour appréciaient Françoise Béraud, qui était reçue dans l'entourage royal. Riche héritière, elle apporta notamment à son époux la terre de Croissy, dont il prit le nom et qui fut érigée, avec les paroisses de Torcy, Collégien, en marquisat en sa faveur, par lettres patentes données à Saint-Germain en Laye en juillet 1676[2].
Tous deux eurent sept enfants :
- Jean-Baptiste Colbert, marquis de Torcy, successeur de son père dans ses charges (Paris, 14 septembre 1665 - Paris, 2 septembre 1746), marié en 1696 avec Catherine Félicité Arnauld de Pomponne (1679-1755), dont postérité ;
- Charles-Joachim Colbert de Croissy, prêtre, agent général du clergé, évêque de Montpellier (Paris, 11 juin 1667 - Montpellier, 8 avril 1738) ;
- Marie-Françoise Colbert de Croissy (6 février 1671 - Paris, 28 septembre 1724), mariée à Paris le 15 mai 1696 avec Louis Joachim de Montagu, vicomte de Beaune, marquis de Bouzols (1662-1746), sans postérité ;
- Louis-François-Henri Colbert, comte de Croissy, lieutenant-général des armées du Roi, gouverneur de Crécy en Brie, lieutenant du Roi des ville, comté et évêché de Nantes, ambassadeur auprès du Roi Charles XII de Suède (Paris, 15 février 1676 - Paris, 24 août 1747), marié en 1711 avec Marie Brunet de Rancy (1693-1742), dont postérité féminine ;
- Charlotte Colbert, religieuse, abbesse de Maubuisson (Nimègue, 26 mai 1678 - Abbaye de Maubuisson, 26 mars 1765) ;
- Marguerite-Thérèse Colbert (Versailles, 7 juin 1682 - Paris, 27 janvier 1769), mariée en 1701 avec Louis IV de Clermont d'Amboise, marquis de Reynel († 1702), puis en 1704 avec François Marie Spinola, duc de Saint-Pierre, grand d’Espagne, chevalier de l'ordre du Saint-Esprit (1659-1727). Elle eut pour parrain messire Charles Honoré d'Albert, duc de Chevreuse, et pour marraine Catherine Thérèse de Matignon, femme de messire Jean-Baptiste Colbert, marquis de Seignelay, châtelain de Blainville. Dont postérité du premier mariage ;
- Olympe-Sophie Colbert, non mariée (Versailles, 7 juillet 1686 - 18 juin 1705)[3].
Mort à Versailles, Colbert de Croissy fut enterré à Paris, dans l'église Saint-Eustache, comme son frère Jean-Baptiste treize ans plus tôt.
Il eut pour successeur son fils Jean-Baptiste Colbert de Torcy ; auquel il avait assuré la survivance de sa charge de secrétaire d'État dès 1689.
Notes et références
[modifier | modifier le code]- ↑ L'Encyclopædia Britannica de 1911 indique une naissance en 1625, une date qui n'est pas reprise par les sources plus récentes.
- ↑ François de Colbert, Histoire des Colbert du XVe au XXe siècle, l'auteur, , 665 p., p. 258-259
- ↑ François de Colbert, Histoire des Colbert du XVe au XXe siècle, l'auteur, , 665 p., p. 250-276
Annexes
[modifier | modifier le code]Bibliographie
[modifier | modifier le code]- Georges Livet, L’intendance d’Alsace de la guerre de Trente Ans à la mort de Louis XIV 1634-1715, Strasbourg, Presses universitaires de Strasbourg, 1956.
- Jean Bérenger, « Charles Colbert, marquis de Croissy », dans Le Conseil du roi de Louis XII à la Révolution, Paris, Presses universitaires de France, 1970, p. 153-174.
- François de Colbert, Histoire des Colbert du XVe au XXe siècle, s.l., l'auteur, 2000, p. 251, 253 et 256. L'auteur reproduit notamment trois portraits peints, conservés dans des collections particulières ;
- Thierry Sarmant et Mathieu Stoll, notice "Croissy" dans le Dictionnaire des ministres des Affaires étrangères, Paris, 2005, p. 81-90.
- Lucien Bély (dir.) Dictionnaire Louis XIV, 2015, Paris, éditions Robert Laffont, collection "Bouquins", 1405 pages
Articles connexes
[modifier | modifier le code]- Famille de Colbert
- Liste des intendants de la généralité d'Amiens
- Liste des intendants de la généralité de Soissons
Liens externes
[modifier | modifier le code]- Naissance à Reims
- Marquis français du XVIIe siècle
- Intendant de Tours
- Intendant d'Amiens
- Intendant de Soissons
- Intendant de la généralité de Paris
- Ministre de Louis XIV
- Ministre français des Affaires étrangères
- Officier de l'ordre du Saint-Esprit
- Famille Colbert
- Naissance en août 1629
- Décès en juillet 1696
- Ambassadeur de France dans le royaume de Prusse
- Décès à 66 ans
- Personnalité des guerres anglo-néerlandaises