Joseph Quesnel

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Joseph Quesnel
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Joseph Quesnel (Saint-Malo, France, 15 novembre 1749 - Montréal, 2 ou 3 juillet 1809) est un compositeur, violoniste, dramaturge, poète canadien et directeur de troupe théâtrale. Il a composé des poèmes, chansons, duos, motets, quatuors et symphonies. Outre plusieurs œuvres littéraires, subsistent les parties vocales de deux opéras, Colas et Colinette et Lucas et Cécile, ainsi que la partie du second violon et le livret du premier opéra[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Origines et carrière[modifier | modifier le code]

Né à Saint-Malo en le 15 novembre 1749 de l'union d'Isaac Quesnel de la Rivaudais et de Pélagie-Jeanne-Marguerite Duguen[2]. Après ses études qu'il termine à 19 ans, il s'engage comme marin[3]. Cette carrière l'amène à faire plusieurs voyages à Pondichéry, à Madagascar, en Guinée, au Sénégal, aux Antilles françaises et au Brésil, entre autres[3]. En 1779, son navire L'Espoir[4] qui se dirige vers New York pour apporter des munitions et autres ravitaillements aux révolutionnaires américains[5], est capturé sur les côtes de la Nouvelle-Écosse par les Anglais[6],[3]. À Halifax, il rencontre le gouverneur anglais Frederic Haldimand, un homme que sa famille avait précédemment côtoyé en France[3]. Joseph Quesnel choisit de s'établir de manière définitive au Canada et Haldimand, alors gouverneur de la Province de Québec, lui permet d'obtenir les lettres de naturalisation[6],[3]. En avril 1780, à Montréal, il célèbre son mariage avec et Marie-Josephte Deslandes, fille de feu Pierre-Louis Deslandes et de Marie Josephte Le Pellé de la Haye et belle-fille de son associé, Maurice-Régis Blondeau, marchand[2],[7]. Il s'installe ensuite à Boucherville, où il est marchand général, avant de revenir vivre à Montréal[3],[8]. Sa profession l'amène à voyager dans les régions du Lac Nispissing en Ontario, et à Michilimakimac, près des Grands Lacs, entre autres[4]. Au cours de sa vit, il fait quelques séjours France et en Angleterre[4]. Marie-Josephte Deslandes et Joseph Quesnel ont eu treize enfants dont six sont décédés en bas âge[2]. Deux de leurs fils, Jules-Maurice et Frédéric-Auguste, ont été présents sur la scène politique canadienne[9],[10]. Joseph Quesnel lui-même s'est d'ailleurs impliqué en politique en 1784, en signant un texte favorable à la création d'une chambre d'assemblée, et respectivement en 1796 et en 1800, alors qu'il occupe la fonction d'officier rapporteur des élections dans sa région[4].

Joseph Quesnel décède à 59 ans, le 3 juillet 1809 et est inhumé le lendemain à Montréal[3],[2].

Poésie, théâtre et musique[modifier | modifier le code]

Peu après son arrivée au Canada, Joseph Quesnel, amateur de musique et de poésie, écrit des œuvres exploitant ces deux expressions artistiques en se donnant comme mission d'offrir des divertissements à la population[5]. Il crée également la troupe de théâtre francophone Les jeunes messieurs canadiens[7]. La troupe joue les comédies françaises Grégoire ou l'incommodité de la grandeur en janvier 1780 et Les fourberies de Scarpin de Molière l'année qui suit[7]. Ces deux mêmes œuvres sont présentées à nouveau durant l'hiver 1782[7]. Son intérêt pour le théâtre ne se limite pas au jeu. En effet, vers 1788, Joseph Quesnel s'affaire à composer le texte et la musique d'une comédie qui portera le titre de Colas et Colinette, dont La première a lieu le 14 janvier 1790 à Montréal[6],[11]. Caractérisée par trois actes écrits en proses entrelacés d'ariettes, Colas et Colinette est aujourd'hui reconnue comme étant la première œuvre lyrique à avoir été composée et présentée au Canada[12],[3], voire en Amérique du Nord[réf. nécessaire]. Peu avant sa création, l'inoffensif ouvrage encourut les foudres du clergé montréalais qui ne put toutefois en empêcher la représentation. Malgré la présence d'un personnage féminin, tous les rôles étaient tenus par des hommes[réf. nécessaire]. L'opéra sera présenté à nouveau en janvier et février 1805 au Théâtre de société organisé par Pierre-Louis Panet, proche ami de Joseph Quesnel, et Ignace-Michel-Louis-Antoine d'Irumberry et Sallaberry[7]. Joseph Quesnel est présent à l'une de ces deux représentations[7]. L'opéra est ensuite repris en 1807, à Québec, cette fois[13]. En 1812, après la mort de Quesnel, le livret de l'opéra est publié à Québec par l'imprimeur John Neilson, un ami avec lequel il avait correspondu pendant plusieurs années[4],[7].

Au début du XIVe siècle, il écrit la comédie Lucas et Cécile, dont il est l'auteur du texte et de la musique[réf. nécessaire]. On ne sait pas si l'ouvrage fut représenté à Montréal, mais une représentation avait été prévue à Québec au cours de la saison 1808-1809; aucune source ne confirme toutefois que cette production a bien eu lieu[réf. nécessaire]. Durant la même période, Quesnel écrit Les Républicains français, une comédie en prose publiée ultérieurement à Paris[8],[14]. En 1805, il écrit un traité sur l'art dramatique pour les amateurs de Québec[15]. Ce traité en vers est publié sous le titre Adresse aux jeunes acteurs dans la Gazette de Québec, un texte dans lequel il partage ses connaissances, ses conseils, ses goûts[7]. Ce ne sera pas la seul publication qu'il sera dans un journal. L'année suivante, Quesnel aurait discuté avec son fils, Frédéric-Arthur et ses amis, François Vassal de Montviel et Jean Guillaume De Lisle, de la possibilité de publier ses poèmes dans le nouveau journal francophone de la ville de Québec, Le Canadien[7]. Ainsi, le 20 décembre 1806, son poème intitulé Le Moissonneur, et dont le message correspond à l'idéologie politique du journal, est publié dans Le Canadien[7]. Le 27 décembre 1806 parait un second poème Définition de l'esprit dans le genre de Crispin[7]. Ce dernier inspirera une série de publication singée de la main de François Vassal de Montviel dans ce même journal[7]. Ces écrits provoqueront une polémique et, pour défendre les propos de François Vassal de Montviel, Quesnel fait paraitre une composition satirique titrée Monsieur l'éditeu du Canatien dans l'édition du 4 avril 1807 du Canadien[7].

Joseph Quesnel aurait composé de la musique vocale sacrée, de la musique orchestrale et de la musique de chambre, dont des quatuors et des duos[16],[5]. Ces partitions auraient été laissées à l'église Notre-Dame de Montréal et ultérieurement jetées au feu par mégarde lors d'un grand ménage[5],[17]. Bien qu'il soit reconnu qu'il ait composé de la musique symphonique, mais celle-ci semble avoir été perdue puisqu'il n'en reste nulle trace[18].

De 1840 à 1853, Jacques Viger rassemble et prépare pour l'édition les écrits Joseph Quesnel dans ce qu'il a nommé La Saberdache, un document maintenant conservé aux Archives du Séminaire de Québec[19],[20]. En 1909, plus de la moitié de ses œuvres sont toujours inédites[19].

Honneurs[modifier | modifier le code]

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Le Rimeur dépité : dialogue en vers[11]
  • L'Épitre à M. Généreux Labadie : poème autobiographique[23], [5]
  • Lucas et Cécile : opéra[3]
  • L'Anglomanie ou Le Diner à l'anglaise : comédie en vers[11]
  • Colas et Colinette, ou le Bailli Dupé : comédie-vaudeville, imprimé à Québec[3]
  • Les Républicains français : comédie en proses, imprimé à Paris[8]
  • Sur un ruisseau : poésie[24]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Ménard, Denise et Annick Poussart. « Colas et Colinette ou le Bailli dupé », dans Encyclopédie de la musique au Canada [en ligne]; Beckwith, John, Helmut Kallmann et Denise Ménard. « Lucas et Cécile », dans Encyclopédie de la musique au Canada [en ligne].
  2. a, b, c et d E.-Z. Massicotte, « La famille du poète Quesnel », Bulletin des recherches historiques, 1895-1968,‎ , p. 339-342 (lire en ligne)
  3. a, b, c, d, e, f, g, h, i et j Littérature canadienne, Le répertoire national ou recueil de littérature canadienne, compilé et publ. par J. Huston, (lire en ligne)
  4. a, b, c, d et e John Hare, « Aperçus de la correspondance de Joseph Quesnel », Voix et Images, vol. 20, no 2,‎ (ISSN 0318-9201 et 1705-933X, DOI 10.7202/201168ar, lire en ligne)
  5. a, b, c, d et e (en) Helmut Kallmann, Mapping Canada’s Music: Selected Writings of Helmut Kallmann, Wilfrid Laurier Univ. Press, (ISBN 9781554588930, lire en ligne)
  6. a, b et c Léopold Houlé, L'Histoire du théâtre au Canada : pour un retour aux classiques, Montréal, Fides, (lire en ligne)
  7. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l et m Bernard J. Andrès et Marc André Bernier, Portrait des arts, des lettres et de l'éloquence au Québec (1760-1840), Presses Université Laval, (ISBN 9782763778839, lire en ligne)
  8. a, b et c Camille Roy, Manuel d'histoire de la littérature canadienne-française, Québec, Imprimerie de l'Action sociale ltée, (lire en ligne)
  9. « Frédéric-Auguste Quesnel - Assemblée nationale du Québec », sur www.assnat.qc.ca (consulté le 29 janvier 2018)
  10. (en) Henry James MORGAN, Sketches of celebrated Canadians, and persons connected with Canada, from the earliest period in the history of the Province down to the present time, Hunter, Rose & Company, (lire en ligne)
  11. a, b et c Georges Bellerive, Nos auteurs dramatiques anciens et contemporains : répertoire analytique, Québec, , 162 p. (lire en ligne)
  12. « Les débuts de l’opéra au Québec », Aujourd'hui l'histoire | ICI Radio-Canada.ca Première,‎ (lire en ligne)
  13. a et b Lemieux, Louis-Guy, Mémoire urbaine - Rue Quesnel, journal Le Soleil, 9 juin 2007, p. M17.
  14. Lucie Robert, « Monsieur Quesnel ou le Bourgeois anglomane », Voix et Images, vol. 20, no 2,‎ , p. 362–387 (DOI 10.7202/201169ar, lire en ligne)
  15. Jeune Bibaud, Bibliothèque canadienne ou Annales bibliographiques, Montréal, imprimé par Cérat et Bourguignon, (lire en ligne)
  16. François Marie Uncas Maximilien Bibaud, Adèle Bibaud et Victoria Bibaud, Le panthéon canadien: choix de biographies, J.M. Valois, (lire en ligne)
  17. a et b Chartier, Yves, « La reconstitution musicale de Colas et Colinette de Joseph Quesnel », Bulletin du Centre de recherche sur la civilisation canadienne-française,‎ , p. 11-14 (lire en ligne)
  18. (en) Robin Elliott, « Neglected canadian orchestral music », Intersections: Canadian Journal of Music, vol. 32, no 2,‎ , p. 127-139,177
  19. a et b Camille Roy, Nos origines littéraires, Québec, Imprimerie de l'Action sociale, (lire en ligne)
  20. « Document (Ma Saberdache (rouge)) - Répertoire du patrimoine culturel du Québec », sur www.patrimoine-culturel.gouv.qc.ca (consulté le 27 janvier 2018)
  21. « Fiche descriptive : Rue Quesnel », sur www.toponymie.gouv.qc.ca (consulté le 29 janvier 2018)
  22. L'Ensemble Nouvelle-France, Québec Info-Musique, consulté le 23 juin 2007.
  23. Camille Roy, Tableau de l'histoire de la littérature canadienne-française, Québec, Imprimerie de l'Action sociale, (lire en ligne)
  24. Frères des écoles chrétiennes, À travers la littérature canadienne-française, Montréal, Frères des écoles chrétiennes, , 263 p. (lire en ligne)

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Études[modifier | modifier le code]

Œuvres[modifier | modifier le code]

Expositions virtuelles[modifier | modifier le code]