Jilali Gharbaoui

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Jilali Gharbaoui
une illustration sous licence libre serait bienvenue
Naissance
Décès
Nationalité
Activité

Jilali Gharbaoui (Jorf El Melha, 1930 - Paris, ) est un peintre marocain non figuratif. Il est considéré comme « le premier peintre marocain à avoir choisi ce mode d'expression picturale »[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Après la mort de son père puis de sa mère alors qu'il a une dizaine d'années, Jilali Gharbaoui est accueilli dans un orphelinat. Après des études secondaires à Fès, il devient marchand de journaux. Il expose quelques-uns de ses dessins par terre et est remarqué par Marcel Vicaire, artiste peintre responsable de l'artisanat marocain à Fès. Marcel Vicaire, touché par cette peinture confie le jeune orphelin à son collaborateur Ahmed Sefrioui. C'est ainsi qu'il suit le soir, durant plusieurs années, les cours de l'Académie des arts de la ville. Grâce à Ahmed Sefrioui, alors Directeur des Beaux-arts de Rabat, il obtient en 1952 une bourse pour l'École des Beaux-arts de Paris, fréquentant ensuite l'académie Julian. Intéressé par l'impressionnisme, la peinture hollandaise ancienne et l'expressionnisme allemand, il commence à se tourner vers l'abstraction. De cette époque datent ses premières crises connues.

Paysage d'Ito surplombant la ville d'Azrou

De retour au Maroc en 1955, il s'installe à Rabat. Après une première tentative de suicide, il fréquente régulièrement l'hôpital Moulay Youssef et l'hôpital psychiatrique de Salé. À la suite d'une deuxième tentative de suicide, le peintre Farid Belkahya lui cède sa candidature à l'Accademia delle Belli Arti de Rome ; il y demeure près d'une année, visite la Sicile puis rentre, gravement malade, au Maroc. En 1957, Jilali Gharbaoui effectue un premier séjour au monastère bénédictin de Tioumliline, situé dans le Moyen Atlas à 5 kilomètres d'Azrou, qui sera fermé en 1968[2]. Une exposition itinérante présente ses œuvres aux États-Unis. Au San Francisco Museum of Modern Art où il expose parmi d'autres artistes marocains, il reçoit le Premier Prix.

Revenu à Paris en 1959, Jilali Gharbaoui est introduit par Pierre Restany avec qui il s'est lié d'amitié ainsi qu'avec Henri Michaux, dans le groupe des informels au Salon Comparaisons et est sélectionné pour une exposition itinérante au Japon, au Mexique et en Allemagne. « Ses gestes colorés sont autant de lumière qui font vibrer la matière au sein de la couleur. Cette gestualité impulsive traduit bien l'hyper-émotivité du personnage, le côté vibratile de ses pulsions physiques et mentales », notera Restany en 1990.

À Rabat en 1960 et à Tioumliline en 1962, Jilali Gharbaoui traverse l'échec de deux liaisons sentimentales. À partir de 1963, il est admis pendant plusieurs semaines à l'hôpital Moulay Youssef où il reçoit des soins par électrochocs. En 1966 et 1967, il effectue des voyages à Paris et à Amsterdam. À partir de 1968, il séjourne à l'hôtel de la Tour Hassan de Rabat où il exécute pour un collectionneur de très nombreuses gouaches. En 1971, Jilali Gharbaoui loge à Paris chez le critique d'art Pierre Gaudibert. Victime de sa consommation d'alcool et de drogue, il meurt sur un banc public au Champ-de-Mars et sera enterré à Fès.

Ahmed Cherkaoui (1934-1967) et Farid Belkahia (1934) sont deux autres peintres non figuratifs marocains contemporains de Jilali Gharbaoui.

Jugement[modifier | modifier le code]

« De retour au Maroc, il a senti le besoin de sortir de nos traditions géométriques, en donnant un mouvement à la toile, un sens rythmique, et, le plus important, de la lumière. La quête de cette lumière était pour lui capitale. (...) Nulle allusion formelle, nulle anecdote, ne viennent gêner cette quête. La couleur, la matière et un trait gestuel sans repentir suffisent pour évoquer tour à tour les jardins du Chellah et les sources fougueuses de l'Atlas »

Mohamed Sijelmassi[3].

Principales expositions personnelles[modifier | modifier le code]

  • 1957 : Galerie Venise Cadre, Casablanca
  • 1958 : Centre italo-arabe, Rome
  • 1959 : Mission culturelle française, Rabat et Casablanca
  • 1962 : Galerie La Découverte, Rabat
  • 1965 : Galerie nationale Bab Rouah, Rabat
  • 1966-67 : Amsterdam et Montréal
  • 1980 : « Rétrospective », galerie l'Œil noir, Rabat

Documentaires sur l'artiste[modifier | modifier le code]

  • 1993 : Gharbaoui, à corps et à cris. Faten Safieddine. 26 minutes. Production : 2M, ONA, Institut du Monde Arabe.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Mohamed Sijelmassi, La peinture marocaine, Paris, éditions Jean-Pierre Taillandier, 1972, p. 87.
  2. Le film Des hommes et des dieux y sera tourné en 2009-2010.
  3. La peinture marocaine, Paris, éditions Jean-Pierre Taillandier, 1972, p. 87-88.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : source utilisée pour la rédaction de cet article

  • Mohamed Sijelmassi, La peinture marocaine, Paris, éditions Jean-Pierre Taillandier, 1972 [Jilali Gharbaoui : p. 86- 97] Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Khalil M'Rabet, Peinture et Identité : l'Expérience Marocaine, Paris, L'Harmattan, 1987
  • Antonia-Yasmina Filali, Fulgurances Gharbaoui, Fondation ONA, 1993
  • Art contemporain marocain, dans « Horizons maghrébins, Le droit à la mémoire », n° 33-34, Université de Toulouse Le Mirail, 1er trimestre 1997.
  • Azzouz Tnifass, Jilali Gharbaoui, Voyage au bout du rêve, 1930-1971, Marsam, collection « Regards Obliques », 2007 (ISBN 9954-21-062-8)
  • Abstraction marocaine, Jilali Gharbaoui, dans La Gazette de l'Hôtel Drouot, 28.01.2011 Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Charbaoui record [Record mondial de l'artiste pour Éclosion, 1968, huile sur panneau, 100 × 65 cm, adjugé 223 500 euros le à Paris] dans La Gazette de l'Hôtel Drouot, 06.11.2015, p. 129. Document utilisé pour la rédaction de l’article

Liens externes[modifier | modifier le code]