Jean Carignan

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Jean Carignan
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Biographie
Naissance
Décès
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MontréalVoir et modifier les données sur Wikidata
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Jean « Ti-Jean » Carignan (7 décembre 1916, Lévis - 16 février 1988, Montréal) est un violoneux québécois.

Enfance[modifier | modifier le code]

Il commença à jouer du violon à quatre ans et, à cinq ans, il se produisait déjà aux carrefours du Vieux-Lévis[1]. Il apprit d'abord le répertoire d'airs traditionnels de son père. À l'âge de sept ans, sa famille déménagera à Montréal. Il entendra un enregistrement de Joseph Allard qui deviendra son modèle. Il aura la chance d'étudier avec celui-ci de 1927 à 1931.

Étude du violon et répertoire[modifier | modifier le code]

À l'aide de disques, il commença à apprendre les répertoires du violoneux irlandais Michael Coleman et de l'Écossais James Scott Skinner. Acclamé à la fois par les folkloristes et les collègues violonistes de Louis Boudreault (alias « Pitou ») à Yehudi Menuhin et Henryk Szeryng, Carignan a été, parmi les violoneux canadiens-français, le principal protagoniste des traditions celtiques, particulièrement du style dit Sligo (comté irlandais) de Michael Coleman.

Son attitude en était une de rigueur absolue lorsqu'il abordait son répertoire de quelque 7 000 réels, gigues et autres airs de danse appris de Coleman, Skinner, Allard, Wellie Ringuette et beaucoup d'autres.

Il visait toujours la plus stricte authenticité dans ses exécutions. Selon The Folk Music Sourcebook (New York 1976) : « La technique de Carignan est renversante, mais plus encore sont la joie et l'énergie avec lesquelles il s'en sert. Bien peu d'instrumentistes, dans toute musique, ont atteint son niveau de virtuosité sans sacrifier l'expression ou l'originalité. »

Années 1970[modifier | modifier le code]

En 1973, 400 violoneux des États-Unis et du Canada se réunirent à Ascot Corner, à l'est de Montréal, afin de rendre hommage à Carignan. Un buste en bois du sculpteur Georges Morissette fut alors dévoilé.

Dans les années 1970, il jouera avec plusieurs musiciens du folklore québécois dont Philippe Bruneau, ainsi que l'harmoniciste et compositeur Gabriel Labbé.

En 1975, André Gagnon composa pour lui le « Petit concerto pour Carignan et orchestre ».

En 1976, son orchestre a joué lors de l'ouverture des Jeux olympiques de Montréal avec notamment l'accordéoniste Denis Côté, en présence de la reine Élisabeth II et de plusieurs dignitaires.

En 1978, il fut réuni en duo avec Yehudi Menuhin pour une prestation unique du « Petit concerto pour Carignan et orchestre » composé par le pianiste André Gagnon. L'événement a lieu lors d'une présentation de l'émission « Music of Man » diffusé à CBC.

Il aura des problèmes avec son oreille gauche qui perd de plus en plus son acuité depuis 1974. Au cours des années 1980, ses apparitions sur scène s'espacent ; il n'entend plus les hautes fréquences et il ne peut supporter de jouer faux. Fait étonnant, en plus de sa carrière musicale, il était aussi chauffeur de taxi. Dans les dernières années de sa vie, il a fait quelques prestations avec l'accordéoniste québécois Denis Pépin.

Dernière apparition publique[modifier | modifier le code]

En 1984, il fit sa dernière prestation publique à Place Royale, dans le Vieux-Québec, lors de festivités qui soulignaient le 450e anniversaire de l'arrivée de Jacques Cartier au Canada.

Décès[modifier | modifier le code]

Il est décédé le 16 février 1988 à Montréal d'une embolie cérébrale à l'âge de 71 ans. Il était paralysé et inconscient depuis plus d'un mois et demi[2].

Discographie[modifier | modifier le code]

Source: Bibliothèque nationale du Québec

45 tours
  • Maîtres chez nous; Réel de l'émancipation / Ti-Jean Carignan, Saint-Laurent : London Records of Canada, FC 579, v. 1961
33 tours
CD

Vidéographie[modifier | modifier le code]

  • Jean Carignan, violoneux, Office National du Film, réalisé en 1975, 87 minutes 30 secondes, disponible sur DVD par MaGaDa Heritage, 2002. Description: Jean Carignan montre son savoir-faire et ses connaissances des violoneux en interprétant plusieurs reels. Participe également d'autres musiciens dont un autre violoneux Paul Gosselin.
  • A Musical Journey- The Films of Pete, Toshi and Dan Seeger 1957-1964, 1996, Distribué by Rounders Records[3]. Jean Carignan joue Grande fleur, Sherbrooke Gig et Irish Tune dans un segment de ce documentaire tourné en 1957 sur son balcon, à Montréal.

Prix et hommages[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Selon des nouvelles informations trouvées en 2007, Jean Carignan serait né à Lauzon et non à Lévis, car il a été baptisé à l'église Saint-Joseph de Lauzon (ville fusionnée avec Lévis en 1989). La famille Carignan aurait habité par la suite dans le Vieux-Lévis. Des recherches sont actuellement effectuées par la Société d'histoire régionale de Lévis pour localiser l'adresse de la résidence des Carignan.
  2. Angèle Dagenais, « Jean Carignan s'éteint à 71 ans », Le Devoir,‎ , Page 13
  3. « SearchWorks Catalog », Université Stanford (consulté le 1er mai 2016)
  4. Liste alphabétique des doctorats honorifiques décernés par l'Université McGill.

Sources[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]