Jean-Pascal Charles de Peyssard

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Jean-Pascal Charles de Peyssard
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Jean-Pascal Charles de Peyssard est un homme politique français né le et mort le à Peyssard (commune actuelle de Château-l'Évêque).

Biographie[modifier | modifier le code]

Né le à Peyssard, Jean-Pascal Charles de Peyssard est le fils de Jean-Baptiste Charles de Peyssard, avocat en la cour, ancien consul de Périgueux, et de Louise Dureau[1]. À 18 ans, il est admis comme garde du corps du roi dans la compagnie de Villeroy sur la présentation du duc[2],[3]. Le , il se marie à Saint-Front avec Anne-Dauphine Dumazel du Tour, fille d'Antoine Dumazel du Tour de Puyabry, écuyer, ancien consul général de France en Andalousie, et de Séraphine-Dauphine de Rancet[1]. Bourgeois de Périgueux, franc-maçon[3], chevalier de Saint-Louis, écuyer, seigneur de La Petite Fouillouse, il est élu maire de Périgueux en 1790[4]. Choisi, par 488 voix sur 653, pour commander l'un des bataillons de volontaires de la Dordogne, il refuse ce choix, et on nomme à sa place Louis Beaupuy de Mussidan[5].

Président de l'assemblée électorale du département de la Dordogne aux élections législatives de 1792[6], il est élu le député à la Convention nationale, le 6e sur 10, avec 460 voix sur 645 votants. Siégeant sur les bancs de la Montagne[7], il vote la mort sans appel si sursis lors du procès de Louis XVI et motive son vote par ces mots : « Je trouve dans ma conscience que Louis a mérité la mort. Je prononce la mort. »

Le , un décret le nomme représentant en mission à l'armée du Nord. Le 30 vendémiaire an II (), il signe à Arras avec Élie Lacoste un arrêté de réquisition des « ouvriers en cuir, tôle, fer blanc, linge, draps, lainage et autres nécessaires pour l'approvisionnement en ustensiles et outils de campement, ainsi qu'autres effets pour lesquels l'Armée peut éprouver des besoins »[8]. De retour à Paris au plus tard au début de brumaire ()[7], il est élu secrétaire de l'Assemblée.

Le 9 floréal an II (), Jean-Marie Collot d'Herbois lui écrit pour lui annoncer que le Comité de salut public l'a chargé d'une mission à l'armée des Ardennes, mais il ne semble pas avoir accepté cette mission[9].

Nommé par arrêté du Comité de salut public du 14 prairial (2 juin) commissaire près l'École de Mars avec Philippe Le Bas, il se présente le soir du 9-Thermidor avec une délégation d'élèves à la barre de la Convention pour l'assurer de son dévouement. Le 28 fructidor (14 septembre), la Convention ayant voté la veille un décret renouvelant les représentants chargés d'administrer le camp des sablons, il est remplacé à cette fonction[10],[11].

Montagnard de l'an III sous la Convention thermidorienne, il est dénoncé par Tallien et Bourdon de l'Oise comme l'un des instigateurs de l'insurrection du 1er prairial an III. Arrêté, il est condamné, non à la peine de mort, comme ses collègues Bourbotte, Duquesnoy, Duroy, Goujon, Romme et Soubrany, mais à la déportation en Guyane par la commission militaire instituée à Paris le 4 prairial (), au motif « qu'il n'a pas déployé le même caractère de rébellion mais qu'il est convaincu, même de son propre aveu, 1° d'avoir proposé le renouvellement des autorités constituées, réorganisées depuis le 9 thermidor ; 2° d'avoir lu à la tribune un projet de décrets dont plusieurs articles avaient de l'analogie avec les motions des factieux, et d'avoir pris part à ce qui s'est passé »[12]. Il est interné à la prison de Bicêtre jusqu'à l'amnistie du 4 brumaire an IV ().

De sa cellule, il envoie le 4 vendémiaire au Journal des Hommes libres une déclaration de ce qu'il possédait en 1789 et de ce qu'il possède six ans après. Il déclare ainsi « un bien-fonds de terre avec toutes ses dépendances » évaluée à 70 000 livres, « une maison meublée dans la commune de Périgueux du prix de douze à quinze mille liv. », « un jardin, vendu depuis quatre mille liv. », « cinq mille liv. en trois contrats de rente constituée » et « quinze mille liv. restant de la dot de vingt cinq mille liv. de feue mon épouse, laquelle somme on m'avoit donné à prendre sur un particulier qui m'en payoit l'intérêt légal »[13].

Avant son retour, il est réélu à l'unanimité le 21 brumaire an IV () président de l'administration municipale de Périgueux. Toutefois, dénoncé par le substitut du commissaire du Directoire exécutif pour avoir accueilli Brutus Magnier (qu'il a connu à Bicêtre) le 3 messidor an V (), il est destitué par le Directoire avec l'ensemble de l'administration[13],[14].

Membre de l'assemblée électorale choisie par les assemblées primaires de la Dordogne, qui se réunit à Périgueux le 20 germinal an VI (), pour nommer les députés au Corps législatif, il en est élu président[15].

Il meurt à Peyssard le [16].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Michel Biard, Missionnaires de la République, Paris, CTHS, 2002.
  • Sylvain Goujon, « Le conventionnel Peyssard et l'historien Tissot : documents pour l'historiographie des martyrs de Prairial (an IV-an VIII) », Annales historiques de la Révolution française, Société des études robespierristes, Firmin-Didot & cie, 1985, tome 57, n° 259, p. 105-116.
  • Gustave Hermann, « Note sur deux condamnés de prairial: Peyssard et Brutus Magnier », ''La Révolution française : revue historique, Paris, Charavay frères, 1906, tome 50, p. 538-549.
  • Adolphe Robert, Gaston Cougny, Dictionnaires des Parlementaires français de 1789 à 1889, Paris, Edgar Bourloton, 1889-1891, tome IV, p. 614.
  • Jean-François Thénard, Raymond Guyot, Le Conventionnel Goujon (1766-1793), F. Alcan, 1908, 243 pages.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Anne Mézin, Les Consuls de France au siècle des lumières (1715-1792), Peter Lang, 1998, 974 pages, p. 257.
  2. Jean-François Thénard, Raymond Guyot, p. 539.
  3. a et b Gontran du Mas des Bourboux, Le Périgord des « nobles » bourgeois du XVIIIe siècle, Pilote 24 éditions, 2003, 462 pages, p. 373.
  4. Jean-François Thénard, Raymond Guyot, « Le Conventionnel Goujon (1766-1793) ; suite » (p. 42-254), Revue historique, Paris, F. Alcan, 1906, tome 92, p. 288, note 1.
  5. Louis de Cardenal, Recrutement de l'armée en Périgord pendant la période révolutionnaire (1789-1800), Imprimerie D. Joucia, 1911, 531 pages, p. 117.
  6. Bulletin de la Société historique et archéologique du Périgord, tome 68, 1941, p. 221.
  7. a et b Michel Biard, p. 563.
  8. Michel Biard, p. 308.
  9. Michel Biard, p. 54 et 563.
  10. J. Guillaume, « L'École de Mars et le livre récent de M. Arthur Chuquet » (p.294-316), La Révolution française: revue d'histoire contemporaine, Paris, Société de l'histoire de la révolution française, Charavay frères, 1899, tome 37, p. 311.
  11. Bronisław Baczko, Une éducation pour la démocratie : textes et projets de l'époque révolutionnaire, Librairie Droz, 2000, 526 pages, p. 453, note 2.
  12. Philippe Buchez, Prosper-Charles Roux, Histoire parlementaire de la révolution française, Paulin, 1838, tome 36, p. 402.
  13. a et b Sylvain Goujon, p. 105-116.
  14. Joseph Durieux, « Le Périgord militaire : gardes du corps du roi au XVIIIe siècle » (p. 158-178), Bulletin de la Société historique et archéologique du Périgord, Périgueux, 1918, tome 45, p. 163.
  15. Léo Testut, La Petite ville de Beaumont en Périgord, pendant la période révolutionnaire, d'après des documents inédits, Feret, 1923, tome 2, p. 111.
  16. Micheline Vallée, Les Conventionnels régicides, M. Vallée, 1993, 223 pages, p. 172.