Jean-François Paillard

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Jean-François Paillard
Description de l'image Jean-François_Paillard.jpg.
Naissance
Vitry-le-François (France)
Décès (à 85 ans)
Saint-Auban-sur-l'Ouvèze (France)
Activité principale Chef d'orchestre
Collaborations Orchestre de chambre Jean-François Paillard
Maîtres Igor Markevitch, Norbert Dufourcq
Enseignement Conservatoire de Paris
Récompenses 29 Grands prix du disque
Distinctions honorifiques Chevalier de la Légion d'honneur et de l'ordre national du Mérite

Jean-François Paillard est un chef d'orchestre français né le à Vitry-le-François et mort le à Saint-Auban-sur-l'Ouvèze[1],[2],[3]. Outre la définition d'une esthétique musicale reconnue par de nombreux musiciens et conservatoires nationaux, il a redécouvert une partie de la musique française écrite avant Hector Berlioz. Il est d'autre part l'auteur de plus de 300 enregistrements, réalisés principalement pour la firme Erato, ce qui en fait le chef français le plus enregistré du XXe siècle.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jean-François Paillard a reçu sa formation musicale au Conservatoire de Paris et au Mozarteum de Salzbourg. Élève d'Igor Markevitch pour la direction d'orchestre et de Norbert Dufourcq pour la musicologie, il est également licencié ès-sciences.

Il a fondé, en 1953, l'Ensemble instrumental Jean-Marie Leclair (inspiré du nom de ce compositeur), qui devint, en 1959, l'Orchestre de chambre Jean-François Paillard. Son premier disque Musique française au XVIIIe siècle édité en juin 1953 a été révolutionnaire dans le domaine de l'interprétation de la musique baroque. Ont suivi de nombreux autres enregistrements qui ont participé à la redéfinition d'une interprétation plus authentique des pages européennes des XVIIe et XVIIIe siècles.

Outre son activité discographique colossale, il a effectué pendant 50 ans des tournées sur les cinq continents, et en particulier en Europe, aux États-Unis et au Japon. Tous les grands festivals de la planète se sont disputé sa participation : c'est ainsi qu'il a dirigé 5 600 concerts dont 1 480 fois Les Quatre Saisons de Vivaldi.

Il a d'autre part longuement collaboré avec les plus grands instrumentistes français de son époque, que ce soit en concert ou sur disque. Il faut citer notamment le trompettiste Maurice André, les flûtistes Jean-Pierre Rampal et Maxence Larrieu, la harpiste Lily Laskine, les hautboïstes Pierre Pierlot et Jacques Chambon, le claveciniste Robert Veyron-Lacroix, l'organiste Marie-Claire Alain, le bassoniste Paul Hongne... Tous admiraient chez le maître la justesse des tempi, la richesse de la pâte sonore, la netteté de l'articulation et la largeur du geste.

Son orchestre comprenait 12 cordes et un clavecin. Le poste de premier violon a été confié à Huguette Fernandez jusqu'en 1969, puis à Gérard Jarry.

Jean-François Paillard a aussi été invité à diriger d'autres orchestres (English Chamber Orchestra, Los Angeles Chamber Orchestra, Ottawa Chamber Orchestra, le Symphonique de Tokyo...) avec lesquels il a produit plusieurs enregistrements. Il a par ailleurs édité les séries Archives de la musique instrumentale et publié La Musique française classique en 1960.

En avril 2008, le Japon lui a réservé les plus grands honneurs à l'occasion de ses 80 ans. Les États-Unis[Qui ?] viennent par ailleurs d'élire un de ses enregistrements dédiés aux mélodies baroques célèbres, « the best selling classical recording of all time ».

Son fils, Jérôme Paillard, après avoir été directeur général d'Erato Films[4] au côté de Daniel Toscan du Plantier, est directeur du Marché du film du Festival de Cannes depuis 1996[5].

Son esthétique[modifier | modifier le code]

Jean-François Paillard n'est pas un musicien « romantique » qui s'est converti au baroque. Parallèlement à sa direction d'orchestre, il a fouillé la plupart des bibliothèques européennes à la recherche des traités d'exécution des musiques composées avant Mozart.

Ainsi, dès avant 1960, il a rassemblé une grande partie des écrits encore existants. Par ses enregistrements (environ dix par an dès 1956), il a fait connaître à l'ensemble des conservatoires européens les résultats sonores et stylistiques de ses recherches. Dès le milieu des années 1960, plus aucun orchestre en Europe ne jouait d'œuvres baroques dans le style romantique, contrairement à ce qui se faisait partout seulement dix ans plus tôt[6].

Au milieu des années 1970, la révolution « baroqueuse » est en marche. Jean-François Paillard, n'adhère pas aux nouveaux partis esthétiques qui ont tenté de s'imposer en Europe au cours de cette décennie. Il a même refusé catégoriquement l'essentiel de ce qui a fait le succès du mouvement baroqueux (instruments anciens, diapasons baroques, gonflement des notes, voix d'enfants dans la musique vocale...), ce qui lui a valu l'inimitié parfois sévère de certains critiques français. Mais elle lui a permis, depuis deux décennies maintenant, de montrer une voie largement admise entre « romantiques » et « baroqueux ».

En ce début du XXIe siècle, l'esthétique de Jean-François Paillard est largement prise en compte dans les conservatoires nationaux. Elle est une synthèse entre le phrasé romantique et la vague baroqueuse. Cette esthétique est même tutélaire dans les conservatoires de certains pays, tels les pays asiatiques et les États-Unis[7].

Discographie[modifier | modifier le code]

Jean-François Paillard a enregistré plus de 300 enregistrements [8]. récompensés par un palmarès à ce jour encore inégalé [7]. de 29 grands prix du disque et quatre disques d'or. Ces enregistrements ont permis au public français de découvrir au cours des années 1960 certaines œuvres de musique baroque tels que le Canon de Pachelbel, Water Music de Haendel, les concertos pour trois et quatre clavecins de Bach, et la plus grande partie des œuvres instrumentales des compositeurs français des XVIIe et XVIIIe siècles. Il a enregistré nombre de pages en première mondiale, parmi lesquelles l'intégrale des 12 concertos de Jean-Marie Leclair qui était en 2014 la seule enregistrée.

Son premier enregistrement lança la firme française Erato[7]. Il a d'ailleurs été le musicien qui a assuré les plus gros succès de cette firme[réf. nécessaire] avec, entre autres, le concerto pour flûte et harpe de Mozart, le Canon de Pachelbel ou les concertos brandebourgeois de Bach. Sa collaboration avec Erato a duré 32 ans, et s'est terminé brutalement à la suite du départ de Philippe Loury, patron de la firme. Paillard avait alors produit 235 enregistrements sous ce label. Deux années plus tard en 1986, il signait avec BMG, avec lequel il a collaboré jusqu'en 2002.

En 2010, Jean François Paillard avait vendu 9 millions de disques [9].

Quelques enregistrements historiques :

Les disques d'or :

  • Vivaldi : Les Quatre Saisons - Erato 1976
  • Pachelbel/Albinoni : Canon et adagio - Erato 1984
  • Delalande : Symphonies pour les soupers du roi - Erato 1985
  • Mozart : Concertos pour vents - BMG 1992

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean-François Paillard, La Musique française classique - collection Que sais-je ?, no 878 - PUF
  • Thierry Merle, Le Miracle Erato par les plus grands musiciens français et Jean-François Paillard, EME, (ISBN 2952141304)
  • Benoit Duteurtre, « Raz-le-bol de la dictature des intégristes du baroque » in Marianne- décembre 2000, à la suite du livre de Jean-Paul Penin, Les Baroqueux ou le Musicalement correct, Gründ, 2000.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Meddeh Belkanichi, « Un virtuose de la musique ne jouera plus », sur L'Union, .
  2. Marie-Aude Roux, « Mort de Jean-François Paillard, chef d'orchestre », sur Le Monde, .
  3. « Disparition de Jean-François Paillard », sur La lettre du musicien, (consulté le 17 avril 2013).
  4. Le Monde.fr, Festival de Cannes.
  5. Panorama-cinema.com, entrevue avec Jérôme Paillard.
  6. Archives Erato, Warner London.
  7. a, b et c Thierry Merle 2004.
  8. Catalogue Erato 1998 Editions Costallat.
  9. SNEP.

Liens externes[modifier | modifier le code]