Jean-Baptiste Pierre Saurine
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Évêque catholique (à partir du ), homme politique, Curés rouges |
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Jean-Baptiste Pierre Saurine est un ecclésiastique, curé rouge et homme politique français, né le à Eysus (Pyrénées-Atlantiques) et mort le à Soultz-Haut-Rhin.
Biographie
[modifier | modifier le code]Jean-Baptiste Pierre dit Jean-Pierre Saurine, fut ordonné prêtre par Révol, vicaire de Sainte-Marie d'Oloron. Il devint ensuite curé d'Eysus.
Mandat à la Constituante
[modifier | modifier le code]En 1789, Jean-Pierre Saurine est élu représentant du clergé, le premier sur deux, du Béarn, aux États généraux[1]. Il est admis au club des Jacobins[2].
Il prit une grande part aux discussions sur la constitution civile du clergé. Il prêta le serment ecclésiastique et fut élu le , évêque constitutionnel des Landes, siégeant à Dax. Il est sacré le à Paris par Jean-Baptiste Gobel. Un bref du pape du déclara cette élection nulle et la consécration sacrilège.
Mandat à la Convention
[modifier | modifier le code]En septembre 1792, Jean-Pierre Saurine est élu député du département des Landes, le sixième et dernier, à la Convention nationale[3].
Il siège sur les bancs de la Gironde. Lors du procès de Louis XVI, il vote la détention et se prononce en faveur de l'appel au peuple et du sursis à l'exécution de la peine[4],[5] :
Ne pouvant [...] et ne voulant donner mon vœu que comme législateur, [...] je vote, comme mesure de sûreté générale, pour la détention de Louis et de sa famille, dans un lieu sûr, et plus sûr que le Temple, jusqu'à ce que la paix soit solidement établie [...].
Le 13 avril 1793, il vote en faveur de la mise en accusation de Jean-Paul Marat[6]. Le 9 mai, celui-ci le dénonce, dans son journal, comme membre de la « faction des hommes d’État »[7]. Le 28 mai, il vote en faveur du rétablissement de la Commission des Douze[8].
Le 3 octobre, après le rapport de Jean-Pierre-André Amar (député de l'Isère), membre du Comité de sûreté générale, Jean-Pierre Saurine est décrété d'arrestation pour avoir signé la protestation contre les journées du 31 mai et du 2 juin[9]. Lui et les autres protestataires sont libérés et réintégrés à la Convention le 18 frimaire an III (le 8 décembre 1794).
Mandat aux Cinq-Cents
[modifier | modifier le code]Sous le Directoire, Jean-Pierre Saurine est réélu député et siège au Conseil des Cinq-Cents. Il est tiré au sort pour quitter le Conseil le 1er prairial an V (le 20 mai 1797)[10].
Proche de Grégoire, Saurine fut l'un des plus actifs rebâtisseurs de l'Église constitutionnelle après la Terreur. Fin 1794, il constitua avec Grégoire, Royer, et Desbois le groupe des « évêques réunis à Paris » qui se donne pour mission de régénérer l’Église de France gravement affaiblie par la campagne de déchristianisation et les démissions d’évêques et de prêtres.
Il participe aux conciles nationaux de 1797 et 1801. Il accepte le concordat de 1801 se démet de son épiscopat et est nommé, le , évêque concordataire de Strasbourg, confirmé le suivant il le reste jusqu'à sa mort, en 1813[11]. Il fut accusé de partialité en faveur des assermentés dans l'administration de son diocèse et dut s'en expliquer à Paris, où il sut se concilier la faveur de Napoléon.
En tant que membre de la Société de philosophie chrétienne, il fut un des rédacteurs des Annales de la religion, qui étaient souvent rédigées à son domicile, rue Pierre-Sarrazin à Paris.
Franc-maçon favorable aux idées nouvelles, il est initié dans une loge de Bayonne, il est membre de la loge et du chapitre de Rose-Croix des « Amis intimes » à Paris, en 1781. Député du Grand Orient de France, porteur du grade de Chevalier Rose-Croix[12]. Il participe en tant que membre du « Grand Chapitre général de France » créé en 1784, à la rédaction des statuts et règlement de l'organe fédérateur des hauts grades maçonniques en France[13]. Membre en 1808 de l'ordre du Temple de Bernard-Raymond Fabré-Palaprat[14].
Distinction
[modifier | modifier le code]Notes et références
[modifier | modifier le code]- ↑ Laurent, Émile (1819-1897) et Mavidal, Jérôme (1825-1896), « Archives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 8, Liste des noms et qualités de messieurs les députés et suppléants à l'Assemblée nationale »
, sur https://www.persee.fr, (consulté le )
- ↑ Aulard, François-Alphonse (1849-1928), « La Société des Jacobins : recueil de documents pour l'histoire du club des Jacobins de Paris. Tome 1 »
, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le )
- ↑ Claveau, Louis, Ducom, André Jean (1861-1923), Lataste, Lodoïs (1842-1923) et Pionnier, Constant (1857-1924), « Archives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 52, Liste des députés par départements »
, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le )
- ↑ Froullé, Jacques-François (≃1734-1794) et Levigneur, Thomas (≃1747-1794), « Liste comparative des cinq appels nominaux . Faits dans les séances des 15, 16, 17, 18 et 19 janvier 1793, sur le procès et le jugement de Louis XVI [...] »
, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le )
- ↑ Claveau, Louis, Ducom, André Jean (1861-1923), Lataste, Lodoïs (1842-1923) et Pionnier, Constant (1857-1924), « Archives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 57, séances du 16 et du 17 janvier 1793 »
, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le )
- ↑ Claveau, Louis, Ducom, André Jean (1861-1923), Lataste, Lodoïs (1842-1923) et Pionnier, Constant (1857-1924), « Archives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 62, séance du 13 avril 1793 »
, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le )
- ↑ Michel Pertué, « La liste des Girondins de Jean-Paul Marat », Annales historiques de la Révolution française, vol. 245, no 1, , p. 379–389 (DOI 10.3406/ahrf.1981.4254, lire en ligne, consulté le )
- ↑ Claveau, Louis, Ducom, André Jean (1861-1923), Lataste, Lodoïs (1842-1923) et Pionnier, Constant (1857-1924), « Archives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 65, séance du 28 mai 1793 »
, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le )
- ↑ Barbier, Gaston, Claveau, Louis, Lataste, Lodoïs (1842-1923) et Pionnier, Constant (1857-1924), « Archives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 75, séance du 3 octobre 1793 »
, sur https://www.persee.fr, (consulté le )
- ↑ Gazette nationale ou le Moniteur universel n°167, « Conseil des Anciens et Conseil des Cinq-Cents, séance du 15 ventôse (5 mars) »
, sur https://gallica.bnf.fr, 17 ventôse an 5 (7 mars 1797) (consulté le )
- ↑ (en) « Bishop Jean-Pierre Saurine », sur catholic-hierarchy.org (consulté le )
- ↑ « Mgr Jean-Pierre Saurine, évêque et franc-maçon », sur cat.inist.fr (consulté le ).
- ↑ Pierre Mollier, Les hauts grades du Rite français : Histoire et textes fondateurs, Éditions Dervy, coll. « Renaissance traditionnelle », (ISBN 9791024202235), p. 38.
- ↑ BnF, fichier Bossu ; Arch. nat., 3AS/20.
- ↑ « Recherche - Base de données Léonore », sur www.leonore.archives-nationales.culture.gouv.fr (consulté le )
Sources
[modifier | modifier le code]- Bernard Plongeron, L'abbé Grégoire et la République des savants, éditions du CTHS, 2001.
- Rodney J. Dean, L'Église constitutionnelle, Napoléon et le Concordat de 1801, Paris, 2004.
- Rodney J. Dean, L'abbé Grégoire et l'Église constitutionnelle après la Terreur 1794-1797, Paris, 2008.
- « Jean-Baptiste Pierre Saurine », dans Adolphe Robert et Gaston Cougny, Dictionnaire des parlementaires français, Edgar Bourloton, 1889-1891 [détail de l’édition], tome 5, p.272-273.
- Paul Pisani, Répertoire biographique de l'épiscopat constitutionnel (1791-1802), Paris, Alphonse Picard, 1907, p. 430-441.
- Auguste Kuscinski, Dictionnaire des conventionnels, Éditions du Vexin Français, Brueil-en-véxin, p.557-558.
Voir aussi
[modifier | modifier le code]Bibliographie
[modifier | modifier le code]- Claude Muller, « Jean Pierre Saurine », in Nouveau dictionnaire de biographie alsacienne, vol. 32, p. 3376
- Louis Schlaefli, « Un portrait peu flatteur de l'évêque Saurine », in Archives de l'Église d'Alsace, 1997, no 52, p. 291-304
Articles connexes
[modifier | modifier le code]Liens externes
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- Ressource relative à la religion :
- Ressource relative à la vie publique :
- Notices dans des dictionnaires ou encyclopédies généralistes :
- Évêque catholique français du XIXe siècle
- Évêque constitutionnel
- Évêque de Dax
- Évêque de Strasbourg
- Député français du clergé en 1789-1791
- Député des Landes (Convention nationale)
- Député de la province de Béarn
- Député des Landes (Conseil des Cinq-Cents)
- Religion pendant la Révolution française
- Personnalité religieuse du Premier Empire
- Personnalité de la franc-maçonnerie française
- Religieux catholique lié aux Pyrénées-Atlantiques
- Personnalité liée à Oloron-Sainte-Marie
- Participant au concile de Paris (1811)
- Naissance en mars 1733
- Décès en mai 1813
- Décès à Strasbourg
- Décès à 80 ans