Iotapa d'Atropatène

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Circle-icons-calendar.svg Sauf précision contraire, les dates de cette page sont sous-entendues « avant Jésus-Christ ».

Iotapa (43 av. J.-C. - ?) était une princesse de Médie-Atropatène, fille du roi Artavazde Ier d'Atropatène. En 34-33, alors qu'elle n'a que dix ans, elle épouse Alexandre Hélios, le fils que Marc Antoine a eu avec Cléopâtre, qui bien qu'encore plus jeune qu'elle est nominalement le roi du royaume d'Arménie. Ce règne nominal ne dure que quatre ans. Après que son père a réussi à sortir de Parthie où il était prisonnier, il est nommé roi d'Arménie mineure par l'empereur Auguste. Elle épouse alors le roi Mithridate III de Commagène et devient reine pour la seconde fois.

Éléments de biographie[modifier | modifier le code]

Iopata était d'ascendance mède, arménienne et grecque. Elle était la fille du roi Artavazde Ier d'Atropatène avec sa femme, Athénaïs (en) une fille du roi Antiochos Ier de Commagène et Isias Philostorgos (en)[1].

Après l'échec de Marc Antoine dans sa tentative d'invasion de l'Empire Parthe depuis le territoire arménien en envahissant l'Atropatène (36)[2], les jeux d'alliance changent. Le roi Artavazde d'Atropatène libère Polémon roi du Pont en le chargeant de délivrer une proposition d'alliance à Marc Antoine[3]. Ce qu'Antoine s'empresse d'accepter. L'ennemi d'hier, la Médie-Atropatène, qui a contribué à infliger une défaite aux légions de Marc Antoine, devient un allié. En 34, l'allié d'hier, le roi d'Arménie suspecté par Antoine d'avoir des relations secrètes avec Octave est attiré dans un piège. Alors que les armées d'Antoine marchent sur Artaxata, il convoque Artavazde d'Arménie[4] avec la promesse d'une alliance par mariage. Antoine fait prisonnier Artavazde et s'empare de la famille royale, sauf un fils, Artaxès, qui s'enfuit chez les Parthes. Le prisonnier est envoyé en Égypte, où il est montré lors du Triomphe qui est donné à Marc Antoine à Alexandrie pour sa victoire facilement acquise[4]. Quelques années plus tard, Artavazde est décapité sur ordre de Cléopâtre[4].

Antoine occupe toute l'Arménie et s'empare d'un important butin. Les frontières avec l'Empire Parthe sont stabilisées tant au nord que sur l'Euphrate. Le royaume d'Arménie passe momentanément sous un contrôle romain direct. Antoine nomme alors son fils Alexandre Hélios à la tête du royaume. Pour sceller l'alliance Mède, Alexandre est fiancé à Iotapa[5] et Antoine récupère les enseignes perdues en 36 lors de sa déroute en Médie Atropatène[6],[7]. Iotapa a alors 10 ans, son époux n'en a que 7.

En 34-33, Antoine a rencontré son nouvel allié sur la rivière Araxe ; ils ont convenu qu'Antoine devrait soutenir Artavazde Ier contre les Parthes et que le roi de Mèdie devrait aider Antoine contre Octave. Ils ont échangé une partie de leurs troupes. Le domaine d'Artavazde Ier a été agrandi avec des parties du royaume d'Arménie. Antoine semble avoir validé les conquêtes qu'Artavazde avait obtenues avec l'aide des Parthes lorsqu'ils avaient anéanti les forces romaines d'Oppius Statianus en 36. Il rétrocède à l'Atropatène la province de Symbaké[8]. À la fin de la rencontre, Antoine a pris Iotapa avec lui. À partir de ce moment, elle est élevée à Alexandrie.

Avec l'aide des légions romaines désormais stationnées sur son territoire, Artavazde était en mesure de repousser une éventuelle attaque des Parthes. Toutefois, en vue de la bataille d'Actium, Antoine a rappelé ses troupes romaines sans renvoyer les troupes Mèdes qu'Artavazde lui avait fournies. Après leur défaite à Actium et la mort d'Antoine et Cléopâtre, le roi Parthe Phraate IV a immédiatement profité de cette situation. Il a vaincu Artavazde qui a été capturé en 30[9], ce qui permet à Artaxès, aidé par ses alliés parthes[10], de mettre fin au règne nominal d'Alexandre Hélios et de récupérer le trône arménien en 30 av. J.-C. ; il fait également exécuter les Romains présents dans son royaume[11]. Le règne nominal des deux enfants sur l'Arménie n'a donc duré que quatre ans.

En 30, Iotapa et Alexandre Hélios ont quitté Alexandrie, après que l'Égypte a été envahie par Octave (le futur empereur Auguste) et son armée. Selon Appien et Pausanias, après le suicide de leurs parents, les trois orphelins sont élevés par Octavie, sœur de l’empereur Octave Auguste, ex-épouse de Marc Antoine et mère de leurs deux demi-sœurs Antonia l'Aînée et Antonia la Jeune[12]. La sœur jumelle d'Alexandre Hélios, Cléopatre Séléné, épousera plus tard Juba II et deviendra reine de Maurétanie. D'Alexandre hélios, on a perdu la trace.

Pendant l'emprisonnement d'Artavazde, une guerre civile a eu lieu entre les Parthes par la suite, ce qui lui a donné l'occasion de s'échapper. Il s'est réfugié auprès d'Auguste, qui le reçut avec amitié[13], lui rendit sa fille Iotapa[14] et a fait de lui un roi client de la Petite Arménie[15].

Iotapa est ainsi revenu à son père à un moment indéterminé situé après 30. Elle a alors épousé son cousin maternel, le roi Mithridate III de Commagène. Grâce à ce mariage, elle est devenue reine de Commagène.

Postérité[modifier | modifier le code]

Iotapa a eu quatre enfants, l'aîné une fille appelée Aka (qu'il ne faut pas confondre avec Aka II de Commagène (it) ni avec Aka I de Commagène); un fils futur prince, successeur Antiochus III de Commagène et deux filles, toutes deux princesses, appelées Iotapa.

Antiochus III de Commagène a épousé l'une de ses sœurs appelée Ioatapa et l'autre sœur a épousé le roi syrien Sampsigeramus II d'Émèse de la dynastie Sampsigéramide[16]. Bien que différentes hypothèses aient été émises, on ignore tout du sort d'Aka.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « Ptolemaic Dynasty - Affiliated Lines », tyndalehouse.com (consulté le 28 novembre 2010)
  2. René Grousset, Histoire de l'Arménie, p. 101-102.
  3. Plutarque, Antoine, 52.1-3; Dion Cassius, Histoire romaine, 49.33.1-2
  4. a, b et c René Grousset, Histoire de l'Arménie, p. 103.
  5. Dion Cassius, Histoire romaine, 49.40.2; Plutarque, Antoine, 53.12.
  6. Jean-Michel Roddaz dans François Hinard (dir.), Histoire romaine des origines à Auguste, Fayard, 2000 (ISBN 978-2-213-03194-1), « L'héritage », p. 887-888.
  7. A.D.H. Bivar, Cambridge History of Iran, vol. 3.1, London & New York, Cambridge University Press, 1983 (ISBN 0-521-20092-X), « The Political History of Iran Under the Arsacids », p. 64-65.
  8. Strabon, XI, 13, 2. ; René Grousset, Histoire de l'Arménie, p. 103.
  9. Dion Cassius, Histoire romaine, 49.44.1-4.
  10. (en) Article « Armenia and Iran », dans Encyclopædia Iranica en ligne. Consulté le 16 décembre 2011.
  11. René Grousset, Histoire de l'Arménie des origines à 1071, Paris, Payot, (réimpr. 1984, 1995, 2008) (ISBN 978-2-228-88912-4), p. 104.
  12. Plutarque, op. cit., XCV.
  13. Monumentum Ancyranum, 33.
  14. Dion Cassius, Histoire romaine, 51.16.2
  15. Theodor Mommsen conclut cela à partir de Dion Cassius, Histoire romaine, 54.9.2.
  16. (en) Michael Alexander Speidel, « Early Roman Rule in Commagene », Mavors-Institut für Antike Militärgeschichte (consulté le 28 novembre 2010)