Il fortunato inganno

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Il fortunato inganno
Genre opera buffa
Nbre d'actes 2 actes
Musique Gaetano Donizetti
Livret Andrea Leone Tottola
Langue
originale
Italien
Dates de
composition
mars-août 1823
Partition
autographe
Naples, Conservatorio di San Pietro a Majella (manuscrit autographe)
Création
Naples, Teatro Nuovo

Personnages

  • Lattanzio Lattrughelli, chef d'une troupe de chanteurs d'opéra (basse buffo)
  • Aurelia, sa femme, prima donna (soprano)
  • Fulgenzia del Folletto, seconde chanteuse (soprano)
  • Eugenia, nièce d'Aurelia (soprano)
  • Fiordelisa, chanteuse (mezzo-soprano)
  • Ortensio Franceschetti, colonel de cavalerie (basse)
  • Edoardo, lieutenant, neveu du colonel (ténor)
  • Bequadro, compositeur de la troupe (basse)
  • Vulcano, poète de la troupe (ténor)
  • Biscaglino, basse (basse)
  • Ascanio, domestique de Lattanzio (basse)
  • Chœur de la troupe

Il fortunato inganno (L'heureuse tromperie) est un opéra-bouffe (opera buffa[1]) en 2 actes, musique de Gaetano Donizetti, livret d'Andrea Leone Tottola, représenté pour la première fois au Teatro Nuovo de Naples le .

Histoire[modifier | modifier le code]

De retour à Naples en mars 1823, Donizetti entreprit de travailler sur deux livrets du prolifique Andrea Leone Tottola : Alfredo il grande, un opera seria pour le San Carlo et Il fortunato inganno, opera buffa en deux actes destiné au Teatro Nuovo. Ce dernier eut sa première le 3 septembre et ne tint l'affiche que pendant trois représentations.

Distribution[modifier | modifier le code]

Rôle Type de voix Distribution lors de la première
le 3 septembre 1823
Lattanzio Lattrughelli, primo buffo e capo di una compagnia di cantanti
Lattanzio Lattrughelli, première basse bouffe et chef d'une troupe de chanteurs
basse buffo Carlo Casaccia
Aurelia, sua moglie, prima attrice
Aurélie, sa femme, première chanteuse
soprano Teresina Melas
Fulgenzia del Folletto, seconda attrice
Fulgence du Follet, seconde chanteuse
soprano Francesca Checcherini
Eugenia, pupilla di Lattanzio e nipote d'Aurelia
Eugénie, pupille de Lattanzio et nièce d'Aurélie
soprano Sra d'Auria
Fiordelisa, attrice
Fleurdelis, chanteuse
mezzo-soprano Clementina Grossi
Il colonello cavalier Ortensio Franceschetti
Le colonel de cavalerie Ortensio Franceschetti
basse Giuseppe Fioravanti
Il tenente Edoardo, suo nipote
Le lieutenant Édouard, son neveu
ténor Marco Venier
Il signor Bequadro, maestro di cappella impiegato presso la compagnia Lattrughelli
M. Bécarre, maître de musique attaché à la compagnie Lattrughelli
basse Carlo Moncada
Vulcano, poeta della indicata compagnia
Vulcain, poète de la troupe
ténor Raffaele Casaccia
Biscaglino, basso della compagnia
Biscaglino, basse de la troupe
basse Giuseppe Papi
Ascanio, avvisatore della compagnia e cameriere di Lattanzio
Ascanio, aboyeur de la troupe et domestique de Lattanzio
basse Raffaele Sarti
Coristi della compagnia.
Chœur de la troupe.

Argument[modifier | modifier le code]

L'action se déroule dans une troupe d'opéra dirigée par Lattanzio Lattrughelli dont la pupille, Eugenia, est amoureuse d'un jeune lieutenant de cavalerie, Edoardo. Mais l'oncle de ce dernier, le colonel Franceschetti, ne veut pas le voir épouser une actrice. Aurelia, femme de Lattanzio et tante d'Eugenia, parvient à vaincre sa résistance grâce à l'« heureuse tromperie » évoquée dans le titre.

Analyse[modifier | modifier le code]

Selon Kaminski : « Le livret contient trop de dialogue parlé, mais Donizetti parvient à y [sic] montrer sa griffe satirique qu'il développera dans les Convenienze teatrali »[2]. L'action de cet ouvrage de 1827, sur un livret du compositeur cette fois, se situe également dans une troupe d'opéra.

Dès le lever du rideau, l'ouvrage tourne en dérision le monde de l'opéra : le compositeur Bequadro (littéralement : bécarre), assis au piano, chante un air de son dernier opéra, Bella dea (Belle déesse), aux ornements particulièrement fleuris, en particulier une longue divagation sur l'explétif sans signification particulière deh ! (allegretto, 3/8). Il explique à Vulcano ses idées pour orchestrer son aria en imitant la clarinette, le hautbois et le trombone. Ensuite, le compositeur demande à Vulcano des conseils sur la manière de composer des roulades sur la voyelle U, ce qui donne à Vulcano l'occasion d'expliquer que, en rupture avec les usages passés, il est désormais permis de vocaliser sur I, O et U.

Entre ensuite la seconda donna Fulgenzia del Foletto, furieuse de son air qu'elle considère une aria di sorbetto (un air sans importance) et refusant de chanter ce qu'elle juge être des sottises (frottole). La basse, pour sa part, exige que son rondo soit transposé en la. Selon Ashbrook : « l’introduzione met en scène les personnages de cette troupe avec de la vivacité et Donizetti prend un plaisir évident à exploiter les possibilités offertes par cette satire, illustrant les idées musicales avec netteté et esprit. »[3]

Deux des personnages (Lattanzio et le poète Vulcano) parlent et chantent en dialecte napolitain, selon les conventions en usage à l'époque.

Discographie[modifier | modifier le code]

Année Distribution
(Lattanzio, Aurelia, Fulgenzia, Eugenia, Fiordelisa, Franceschetti)
Chef d'orchestre,
Orchestre et chœur
Label
1998 Domecio Colaianni,
Stefania Donzelli,
Magali Damonte,
Eun-Joo Lee,
Madia Todisco,
Nicolas Rivenq
Arnold Bosman,
Orchestra Internazionale d'Italia,
Chœur de chambre de Bratislava
CD Audio : Dynamic Italy
Référence : B00000J2U2

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. L'ouvrage, qui contient des dialogues parlés en dialecte napolitain, devrait plus exactement être qualifié de farsa.
  2. Kaminski, p. 340
  3. Ashbrook, p. 293

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

  • (en) William Ashbrook, Donizetti and his operas, Cambridge University Press, 1982 (ISBN 0-521-27663-2)
  • (fr) Piotr Kaminski, Mille et un opéras, Paris, Fayard, coll. Les Indispensables de la musique, 2003 (ISBN 978-2-213-60017-8)

Liens externes[modifier | modifier le code]