William Foxwell Albright

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William Foxwell Albright

William Foxwell Albright (24 mai 1891 - 19 septembre 1971)[1] était un archéologue américain, un bibliste, un philologue des langues sémitiques et un spécialiste de céramiques. Du début du XXe siècle jusqu'à sa mort, il a été le leader des archéologues bibliques et le fondateur reconnu du mouvement de l'archéologie biblique. Son élève George Ernest Wright suivit ses pas dans la conduite du mouvement tandis que d'autres de ses étudiants, notamment Frank Moore Cross, Raymond E. Brown ou David Noel Freedman devinrent des universitaires de classe internationale dans l'étude de la Bible, du Proche-Orient ancien, de l'épigraphie et de la paléographie sémitique.

Biographie[modifier | modifier le code]

Albright, né à Coquimbo au Chili, est l'aîné des six enfants du méthodiste évangélique Wilbur Finley Albright et de la cornique américaine Zephine Viola Foxwell[2]. C'est un ancien élève de l' Upper Lowa University[3]. Il se maria en 1921 avec le Dr Ruth Norton et eût quatre fils. Il reçut son doctorat de l'université Johns-Hopkins en 1916 puis y devint professeur en 1927 avant d'occuper la chaire en langue sémitique succédant à W.W. Spence de 1930 à sa retraite en 1958. Il fut aussi directeur de l'American Schools of Oriental Research à Jérusalem de 1922-1929 puis de 1933 à 1936. Il accomplit là, en Israël, d'importants travaux archéologiques par exemple à Gibeon (Tel el-Fûl, 1922) où à Tell Beit Mirsim (1933-1936)[4].

Tumulus 2 (Jérusalem), trouvaille de W.F. Albright en 1923. Les tranchées sont toujours visibles au dessus de la structure.

Albright se fit connaître du public pour le rôle qu'il eût dans l'autentification des manuscrits de la mer Morte en 1948[5] tandis que sa réputation universitaire en fait le pratiquant et le théoricien incontesté de l'archéologie biblique cette branche de l'archéologie qui éclaire sur « la structure sociale et économique, les concepts religieux, les activités humaines et autres relations qui apparaissent dans la Bible ou qui s'applique aux peuples qui y sont mentionnés[6]. » Albright n'était pas cependant un bibliste littéraire. Son Yahweh and the Gods of Canaan, par exemple, avance que la religion des Israélites a évolué du polythéisme au monothéisme d'un dieu agissant dans l'Histoire, ce qui est pleinement en accord avec l'hypothèse documentaire et avec la grande majorité des opinions des exégètes critiques de la Bible des deux siècles précédents[7].

Bien que primitivement archéologue biblique, Albright était un esprit universel qui a influencé la plupart des champs d'études du Proche-Orient. Par exemple, en 1953 il a publié une étude intitulée Nouvelle lumière sur la chronologie de l’Égypte et sur l'Histoire d'Israël et Juda dans laquelle il a établi que Sheshonq Ier - dans la Bible Sesaq ou Shishak - est arrivé au pouvoir entre 945 et 940 avant J.-C.

Auteur prolifique, ses travaux majeurs sont Yahweh and the Gods of Canaan, The Archaeology of Palestine: From the Stone Age to Christianity ou encore The Biblical Period from Abraham to Ezra. Il a aussi révisé l' Anchor Bible notamment le livre de Jérémie, l'Évangile selon Matthieu ou l'Apocalypse.

Toute sa vie Albright fut honoré par de nombreux prix, titres honorifiques et médailles. Il a été le premier non-juif à recevoir le titre de Worthy One of Jerusalem[8]. Il a été élu membre de l'Académie américaine des arts et des sciences (American Academy of Arts and Sciences) en 1956[9]. Après sa mort, son héritage intellectuel se perpétue avec de nombreux universitaires qui deviennent spécialistes de domaine de recherche dans lesquels Albright fût pionnier. L' American Schools of Oriental Research est aujourd'hui connu sous le nom de Albright Institute of Archaeological Research en l'honneur de ses exceptionnelles contributions dans ce domaine[10].

Influence et Postérité[modifier | modifier le code]

Les publications d'Albright dans la revue American Schools of Oriental Research en 1932, ses fouilles du Tel Bir Mirsim, ses descriptions des strates archéologiques du Bronze et du Fer de 1938 à 1943 ont marqué d'une forte empreinte l'échelle des datations basées sur la céramique qui est, à quelques exceptions prés, toujours d'actualité de nos jours. "Avec ses travaux, Albright a conduit l'archéologie israélienne à la science en comparaison de ce qu'il y avait autrefois : des fouilles dans lesquelles les artefacts étaient plus ou moins bien attribués dans un quelconque cadre chronologique aussi général que souvent profondément faux[11]."

Comme éditeur du Bulletin of the American Schools of Oriental Research entre 1931 et 1968, Albright influença l'érudition biblique et l'archéologie palestinienne[10]. Albright a usé de son influence pour défendre l'archéologie biblique dans laquelle la tâche des archéologues est "d'illustrer, de comprendre et, dans leurs plus grands excès, de « prouver » la Bible[12]." En cela, l'éducation américaine évangéliste d'Albright est clairement apparente. Il affirma, par exemple, « que les épisodes de la Genèse étaient globalement historiques et qu'il n'y avait pas de raison de douter de la justesse des détails biographiques » (de figures telle Abraham par exemple). De la même manière il affirma que l'archéologie avait prouvé l'historicité du livre de l'Exode et de la conquête de Canaan décrite dans le livre de Josué et dans le livre des Juges.

Depuis sa mort, les méthodes et conclusions d'Albright ont été de plus en plus remises en question. Son collègue William G. Dever note que "les thèses centrales d'(Albright) ont été dépassées en partie par les avancées de l'exégèse critique mais surtout par les recherches d'archéologiques américains et israéliens qu'il avaient lui même encouragé et guidé...L'ironie est que, sur le long terme, il aura été l'archéologue "séculier" à avoir le plus contribué aux études bibliques, pas à l'archéologie biblique[13]."

Le bibliste universitaire Thomas L. Thompson soutient que les méthodes de l'archéologie biblique sont passées de mode : "les interprétations de Wright et Albright ne sont en rien objectives et procèdent d'une méthodologie qui déforme les données en sélectionnant celles qui sont difficilement représentatives, qui ne tient pas compte de l'énorme manque de données pour l'histoire du début du deuxième millénaire et qui, délibérément, établissent des hypothèses avec des textes bibliques non valides, démontrées par d'absurdes méthodes mathématiques comme la 'balance des probabilités'...[14]"

Bibliographie (extrait)[modifier | modifier le code]

Pour allez plus loin[modifier | modifier le code]

  • (en) Davis, Thomas W., Shifting Sands: the Rise and Fall of Biblical Archaeology, New York, Oxford University Press,‎ 2004 (ISBN 0-19-516710-4)
  • (en) Long, Burke O., Planting and Reaping Albright: Politics, Ideology, and Interpreting the Bible, University Park, Pa., Pennsylvania State University Press,‎ 1997 (ISBN 0-271-01576-4)
  • (en) Running, Leona G., and Freedman, David Noel, William Foxwell Albright: A Twentieth-Century Genius, Berrien Springs, Mich., Andrews University Press,‎ 1991, c1975 (ISBN 0-8467-0071-9)
  • (en) Feinman, Peter D., William Foxwell Albright and the Origins of Biblical Archaeology, Berrien Springs, Mich., Andrews University Press,‎ 2004 (ISBN 1-883925-40-1)
  • (en) Freedman, David Noel; MacDonald, Robert B.; Mattson, Daniel L., The Published Works of William Foxwell Albright: A Comprehensive Bibliography, Cambridge, Mass., American Schools of Oriental Research,‎ 1975
  • (en) Van Beek, Gus W., The Scholarship of William Foxwell Albright: An Appraisal, Atlanta, Ga., Scholars Press,‎ 1989 (ISBN 1-55540-314-X) "Papers delivered at the Symposium 'Homage to William Foxwell Albright', the American Friends of the Israel Exploration Society, Rockville, Maryland, 1984."
  • (en) Elliott, Mark, Biblical Interpretation Using Archeological Evidence, 1900-1930, Lewiston, N.Y., E. Mellen Press,‎ 2002 (ISBN 0-7734-7146-4)
  • (en) Finkelstein, Israel and Silberman, Neil Asher, La Bible dévoilée : Archaeology's New Vision of Ancient Israel and the Origin of its Sacred Texts, The Free Press, a division of Simon and Schuster,‎ 2001 (ISBN 0-684-86912-8)
  • (en) Grena, G.M., LMLK--A Mystery Belonging to the King vol. 1, Redondo Beach, Calif., 4000 Years of Writing History,‎ 2004 (ISBN 0-9748786-0-X)


Compléments[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens extérieurs[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Biographical details at NNDB database
  2. Rowse, A.L. The Cousin Jacks, The Cornish in America
  3. (en) Donald K. McKim, Dictionary of major biblical interpreters, Downers Grove, Ill., IVP Academic,‎ 2007 (ISBN 978-0-8308-2927-9), « Albright, William Foxwell », p. 103
  4. « Biographical notes, Library of the American Philosophical Society » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?). Consulté le 2014-02-06
  5. Dale Keiger, The Great Authenticater, Johns Hopkins Magazine, 2000
  6. Robert I. Bradshaw, "Archaeology and the Patriarchs", bibl.org
  7. « Comment in review of Mark S. Smith's The Early History of God: Yahweh and the Other Deities in Ancient Israel » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?). Consulté le 2014-02-06
  8. Meyers, Eric M. (1997). The Oxford encyclopedia of archaeology in the Near East, volume 1. Oxford University Press. p. 61
  9. « Book of Members, 1780-2010: Chapter A », sur American Academy of Arts and Sciences (consulté le 14 avril 2011)
  10. a et b UXL Newsmakers, at Findarticles.com
  11. G.E. Wright, quoted in UXL Newsmakers, at Findarticles.com
  12. Lynn Tatum, review of William G. Dever "Recent Archaeological Discoveries and Biblical Research", The Jewish Quarterly Review, New Ser., Vol. 85, No. 3/4 (Jan. - Apr., 1995), pp. 464-466, at JSTOR
  13. William Dever, "What Remains of the House that Albright Built?" The Biblical Archaeologist, Vol. 56, No. 1 (Mar., 1993)
  14. (en) Thompson, Thomas, The Historicity of the Patriarchal Narratives: The Quest for the Historical Abraham, Valley Forge, Pa, Trinity Press International,‎ 2002 (ISBN 1-56338-389-6, lire en ligne), p. 7
  15. "William Foxwell Albright", in Je m'appelle Byblos, Jean-Pierre Thiollet, H & D, 2005, p. 249.

Source[modifier | modifier le code]