Histoire de Capoue

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Capoue est une ancienne ville d'Italie du sud, en Campanie, la Vulturnum fondée par les Étrusques avant le Ve siècle av. J.-C. qui leur sert de première base pour leurs conquêtes de la région avec Nola. Elle conserve de nombreux vestiges de l'époque romaine et quelques-uns de l'époque étrusque (la Tuile de Capoue[1]). Son nom viendrait de Capys, grand-père d'Énée. Le site de la ville antique n'est pas sous la ville moderne, mais sur le territoire de la commune voisine de Santa Maria Capua Vetere.

Capoue antique[modifier | modifier le code]

Époque préromaine[modifier | modifier le code]

L'occupation étrusque de la Campanie, et plus particulièrement de la région de Capoue, commence au IXe siècle, comme l'attestent les nécropoles les plus anciennes, de type villanovien, du site de Santa Maria Capua Vetere. Elle se poursuit jusqu'au Ve siècle. L'historien romain Velleius Paterculus, qui avait une ascendance campanienne et pouvait donc rapporter des traditions locales, faisait d'ailleurs remonter la fondation de Capoue par les Étrusques au tournant du IXe et du VIIIe siècles av. J.-C.[2], à la différence de Caton l'Ancien, qui la situait vers 471[3].

Au Ve siècle, la cité de Capoue était, selon le témoignage de Strabon[4], à la tête d'une dodécapole, confédération des douze villes étrusques de Campanie, équivalente à celle des douze villes d'Étrurie[5]. La ville semble bien être organisée à cette époque sur le modèle du plan régulier en damier provenant de la Grèce antique[6].

En 423, les Étrusques sont chassés de Capoue.

Les noms anciens de Capoue[modifier | modifier le code]

Des traditions différentes nous ont été transmises sur l'origine du nom de Capoue[7] :

  • Selon Strabon, dans le passage déjà cité, s'appuyant sur Polybe, le nom viendrait de caput (« tête »), parce que les Étrusques avaient mis cette cité à la tête de la dodécapole campanienne (l'expression comparable de caput Etruriae est employée par Tite-Live à propos de plusieurs villes de l'Étrurie toscane).
  • Servius[8] indique que, selon Tite-Live, le nom dériverait de campus (« plaine ») : Sed Liuius uult a locis campestribus dictam, in quibus sita est (« Mais Tite-Live veut qu'elle tire son nom des lieux de plaine dans lesquels elle est située »).
  • Une autre tradition dérive son nom d'un héros du nom de Capys, mais avec deux versions sur l'identité de ce personnage : selon la première, il s'agirait d'un compagnon d'Énée qui l'avait accompagné jusqu'en Italie ; selon l'autre, le fondateur de Capoue ne s'appelait pas Capys, mais Rhomos – un des fils d'Énée – et ce dernier aurait donné à la ville un nom qui rappelait le nom de son propre arrière-grand-père (en effet, le père d'Anchise s'appelait Capys).
  • Enfin, Servius, après avoir rappelé l'explication de Tite-Live, penche pour un rapport avec le mot étrusque capys qui voudrait dire « faucon » : Sed constat eam a Tuscis conditam uiso falconis augurio, qui Tusca lingua capys dicitur, unde est Campania nominata (« Mais il est bien établi qu'elle a été fondée par les Étrusques à la suite de l'observation augurale d'un faucon, qui se dit capys en étrusque, d'où la Campanie a reçu son nom »). Le lien avec un oiseau augural peut être rapproché du fait que Capoue s'était appelée anciennement Volturnum et que ce nom peut être apparenté à uultur, nom latin du vautour.

Les délices de Capoue[modifier | modifier le code]

Dans l'attente vaine de renfort d'Afrique que les sénateurs de Carthage rechignent à lui envoyer, craignant que sa gloire ne leur porte ombrage, Hannibal prend ses quartiers d'hiver à Capoue, ville où il était entré facilement puisque ses amis politiques y avaient pris le pouvoir peu avant la bataille de Cannes.

Il temporise dans l'espoir d'une désagrégation totale de la confédération italienne, ainsi que dans l'attente de nouvelles alliances qui lui permettraient enfin d'obtenir la domination sur mer et aussi la prise de Rome.

Capoue accueille Hannibal et le soutient contre Rome dans la bataille de Zama. Après la défaite d’Hannibal, Capoue est reprise par Rome en 211 av. J.-C. et punie par la confiscation de son territoire et la privation de la citoyenneté.

Hannibal a été accusé de « s'être endormi dans les délices de Capoue », et l'expression a traversé les âges sous forme de proverbe, signifiant : « perdre un temps précieux, qui pourrait être avantageusement employé, et/ou s'amollir dans la facilité au lieu de se préparer à la lutte ». En réalité, Hannibal, qui manquait de matériel de siège, ne pouvait pas marcher sur Rome.

Ville antique[modifier | modifier le code]

Son amphithéâtre est d'une grande richesse et le célèbre gladiateur thrace Spartacus, gladiateur de l'école de Cnaeus Lentulus Batiatus à Capoue, y a peut-être combattu, avant de se révolter avec certains de ses camarades.

La Capoue antique (aujourd'hui Santa Maria Capua Vetere) a été détruite par les Lombards, et reconstruite un peu plus loin, sur les ruines de Casilinum.

Capoue au Moyen Âge[modifier | modifier le code]

La Renaissance à Capoue[modifier | modifier le code]

Capoue aux XVIIe et XVIIIe siècles[modifier | modifier le code]

Personnalités[modifier | modifier le code]

  • Audoalt (parfois écrit Audoaldo ou Audwalt), premier comte lombard de Capoue, vers 590-601

À noter[modifier | modifier le code]

Georges Brassens dans « Le Fantôme » chante « ... Mais foin des délices de Capoue, c'était mon père criant debout... »

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Cristofani M., Tabula Capuana, Florence, 1995, 136 p. , Istituto Nazionale di Studi Etruschi. Biblioteca di Studi etruschi, 29, un calendrier étrusque religieux divisé en 10 mois.
  2. Histoires, I, 7, 2-4.
  3. La date donnée par Caton est trop tardive et n'est pas vraisemblable, puisque c'est précisément l'époque où les Étrusques sont en repli (en 474, ils sont vaincus par Hiéron de Syracuse à Cumes).
  4. 5, 4, 3.
  5. Jean-Marc Irollo, Histoire des Étrusques, p. 86.
  6. Jean-Marc Irollo, Histoire des Étrusques, p. 88.
  7. Jean-Paul Thuillier, Les Étrusques : histoire d'un peuple, Paris, Armand Colin, 2003 (en ligne).
  8. Ad Aen., X, 145.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jacques Heurgon, Recherches sur l'histoire, la religion et la civilisation de Capoue préromaine des origines à la deuxième guerre punique (« Bibliothèque des Écoles françaises d'Athènes et de Rome », 154), Paris, de Boccard, 1942, 483 p. ; 2e éd., Paris, 1970.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Amphithéâtre de Capoue