Hippocampe (poisson)
Hippocampus
Hippocampus
Rafinesque, 1810
Hippocampes destinés à la pharmacopée chinoise
Hippocampe de l'aquarium de Vannes
Les Hippocampes (Hippocampus), du grec ἵππος, híppos, « cheval » et de κάμπος, kámpos, « poisson marin »[1], appelés plus familièrement chevaux de mer, sont un genre de poissons à nageoires rayonnées de la famille des Syngnathidae. Une cinquantaine d'espèces se répartissent dans les eaux tempérées et tropicales partout dans le monde. Comme beaucoup de poissons, ils souffrent de la destruction de leur habitat et de la surpêche.
Sommaire
Description et caractéristiques[modifier | modifier le code]
Leurs couleurs varient selon les espèces, le nombre de celles-ci tournant autour de 220. Leur taille varie de 22 mm à 36 cm. Leur durée de vie varie de 2 à 4 ans[2][réf. insuffisante].
Leur petite couronne est presque aussi particulière à chaque individu que les empreintes digitales chez l’humain.
Avec leur corps cuirassé par une série d’anneaux osseux, les hippocampes se déplacent verticalement grâce à leur nageoire dorsale, qui bat à 20 Hz, donc de manière assez lente. Ils vivent le plus souvent attachés par leur queue préhensile à une algue ou une feuille de posidonie. Attendant en embuscade avec leur camouflage les petits crustacés, ils utilisent leur bouche comme un puissant aspirateur, ou plutôt, compte tenu de sa forme tubulaire, comme une paille. Ils les repèrent visuellement, grâce à des yeux bien développés et mobiles indépendants l’un de l’autre, et aspirent la proie en déplaçant brutalement un os dans leur bouche, ce qui provoque une dépression suffisante.
Reproduction[modifier | modifier le code]
Sa reproduction est particulière étant donné que c’est le mâle qui effectue la gestation des quelque 5 à 1 800 œufs pondus dans sa poche ventrale par la femelle[3]. La gestation dure de 2 à 3 semaines et une autre recommence presque immédiatement avec des ovocytes provenant de la même femelle. Les petits mesurent alors 8 à 16 mm de long selon les espèces.
La fameuse parade est souvent terminée par la femelle qui enlace alors le mâle pour introduire son ovipositeur dans son partenaire et pondre ses œufs. Celui-ci s'appuie sur le sol et ondule pour permettre aux ovocytes de bien rouler au fond de sa poche. Il y a fécondation dans les voies génitales mâles. Les partenaires sont souvent de même taille. En l'espace de 10 secondes, le mâle reçoit une ponte de 100 à 200 ovocytes qu'il va incuber pendant 4 semaines. La parturition peut durer 4 jours. Souvent les bébés se regroupent et s'accrochent par la queue à une algue.
Le règne animal fournit de nombreux exemples de pères qui « portent » leur progéniture ; par exemple, les pycnogonides dont les mâles portent les œufs sur leurs pattes, les léthocères dont les mâles portent les œufs sur leur dos[4][réf. insuffisante], ainsi que les crapauds accoucheurs.
Fossiles[modifier | modifier le code]
Les premiers fossiles d’hippocampes connus datent de la fin de l’Éocène, soit il y a environ 40 millions d’années[5][réf. insuffisante].
Liste des espèces[modifier | modifier le code]
Selon World Register of Marine Species (17 mai 2016)[6], le genre Hippocampus regroupe environ 50 espèces :
- Hippocampus abdominalis Lesson, 1827
- Hippocampus alatus Kuiter, 2001
- Hippocampus algiricus Kaup, 1856
- Hippocampus angustus Günther, 1870
- Hippocampus barbouri Jordan et Richardson, 1908
- Hippocampus bargibanti Whitley, 1970 — Hippocampe pygmée
- Hippocampus biocellatus Kuiter, 2001
- Hippocampus bleekeri Fowler, 1907
- Hippocampus borboniensis Duméril, 1870
- Hippocampus breviceps Peters, 1869
- Hippocampus camelopardalis Bianconi, 1854
- Hippocampus capensis Boulenger, 1900 — Hippocampe de Knysna
- Hippocampus colemani Kuiter, 2003
- Hippocampus comes Cantor, 1849
- Hippocampus coronatus Temminck et Schlegel, 1850
- Hippocampus dahli Ogilby, 1908
- Hippocampus denise Lourie et Randall, 2003 — Hippocampe épineux ou Hippocampe à nageoires rayonnées
- Hippocampus erectus Perry, 1810 — Hippocampe moucheté ou Hippocampe rayé
- Hippocampus fisheri Jordan et Evermann, 1903
- Hippocampus fuscus Rüppell, 1838
- Hippocampus grandiceps Kuiter, 2001
- Hippocampus guttulatus Cuvier, 1829
- Hippocampus hendriki Kuiter, 2001
- Hippocampus Hippocampus (Linnaeus, 1758)
- Hippocampus histrix Kaup, 1856
- Hippocampus ingens Girard, 1858
- Hippocampus jayakari Boulenger, 1900
- Hippocampus jugumus Kuiter, 2001
- Hippocampus kampylotrachelos Bleeker, 1854
- Hippocampus kelloggi Jordan et Snyder, 1901
- Hippocampus kuda Bleeker, 1852 — Grand hippocampe (en Nouvelle-Calédonie), Hippocampe de kuda, Hippocampe doré ou Hippocampe du Pacifique
- Hippocampus lichtensteinii Kaup, 1856
- Hippocampus minotaur Gomon, 1997
- Hippocampus mohnikei Bleeker, 1853
- Hippocampus montebelloensis Kuiter, 2001
- Hippocampus multispinus Kuiter, 2001
- Hippocampus patagonicus Piacentino & Luzzatto, 2004
- Hippocampus planifrons Peters, 1877
- Hippocampus procerus Kuiter, 2001
- Hippocampus pusillus Fricke, 2004
- Hippocampus queenslandicus Horne, 2001
- Hippocampus reidi Ginsburg, 1933
- Hippocampus satomiae Lourie & Kuiter, 2008
- Hippocampus reidi Ginsburg, 1933 — Hippocampe long-nez
- Hippocampus semispinosus Kuiter, 2001
- Hippocampus severnsi Lourie & Kuiter, 2008
- Hippocampus sindonis Jordan et Snyder, 1901
- Hippocampus spinosissimus Weber, 1913
- Hippocampus subelongatus Castelnau, 1873
- Hippocampus trimaculatus Leach in Leach et Nodder, 1814
- Hippocampus tyro Randall & Lourie, 2009
- Hippocampus waleananus Gomon & Kuiter, 2009
- Hippocampus whitei Bleeker, 1855 — Hippocampe de White
- Hippocampus zebra Whitley, 1964
- Hippocampus zosterae Jordan et Gilbert, 1882
-
Hippocampus abdominalis (accouplement)
Pêche[modifier | modifier le code]
Les hippocampes sont utilisés en herbologie traditionnelle chinoise et également vendus séchés aux touristes, ce qui entraîne à la fois une diminution drastique des populations et de la taille des spécimens restant (plus de 20 millions sont pêchés chaque année[7]).
Étude et protection[modifier | modifier le code]
Pour améliorer la vérifiabilité de l'article, merci de citer les sources primaires à travers l'analyse qu'en ont faite des sources secondaires indiquées par des notes de bas de page (modifier l'article).
Plusieurs programmes de science participative concernent les hippocampes, notamment en France:
- En Aquitaine, sur le bassin d'Arcachon en particulier : l' Observatoire Participatif de la Biodiversité Marine est un programme de sciences participatives développé par l'association Ocean'Obs[8] avec le soutien de ses partenaires (FFESSM, AAMP, etc.)[9]. Il vise à suivre avec l'aide des citoyens plongeurs (les sentinelles de la mer [10]) les hippocampes et les herbiers de zostères afin d’alimenter en connaissances utiles les gestionnaires d’espaces naturels marins (Parc Naturel Marin, Réserves Naturelles Nationales, Zones Natura 2000, Parcs Naturels Régionaux, etc). Il déploie progressivement ses actions à l'ensemble de la façade atlantique métropolitaine : le lac d'Hossegor, le bassin d'Arcachon, l'estuaire de la Gironde et les Pertuis charentais, etc.
- Dans le bassin de Thau, le CPIE Bassin de Thau coordonne un observatoire des hippocampes nommé Hippo-Thau[11]. Il a par ailleurs réalisé en 2015 une exposition sur les hippocampes: leur biologie, leur famille, les découvertes scientifiques, les menaces pesant sur eux et les solutions mises en place pour les préserver[12],[13].
- L'association Peau bleue, partie prenante de la démarche du bassin de Thau et ayant participé au lancement de cette thématique dans le bassin d'Arcachon, coordonne en France métropolitaine les programmes "Hippo-Habitat" et "Hippo-Atlas"[14]
Hippocampe dans la culture[modifier | modifier le code]
L'hippocampe est présent dans le logo de plusieurs structures:
- Le Parc naturel régional du Golfe du Morbihan (Hippocampus erectus[15]
- Le Parc naturel marin des estuaires picards et de la mer d'Opale[16]
- Le blason de Nouméa[17], Merville-Franceville, Valras-Plage, et Saint-Jean-Cap-Ferrat
- Le symbole de la ville de Bizerte en Tunisie
Références taxinomiques[modifier | modifier le code]
- Référence World Register of Marine Species : taxon Hippocampus Rafinesque, 1810 (en) (+ liste espèces)
- Référence Fossilworks Paleobiology Database : Hippocampus Rafinesque 1810 (en)
- Référence ITIS : Hippocampus Rafinesque, 1810 (fr) ( (en))
- Référence CITES : genre Hippocampus (sur le site de l’UNEP-WCMC) (fr+en)
- Référence FishBase : (en)
- Référence BioLib : Hippocampus Rafinesque, 1810 (en)
- Référence Animal Diversity Web : Hippocampus (en)
- Référence Catalogue of Life : Hippocampus (en)
- Référence UICN : taxon Hippocampus (en)
- Référence NCBI : Hippocampus (en)
- Référence uBio : Hippocampus (en)
Bibliographie[modifier | modifier le code]
- (en) Richard Ellis, Tiger Bone & Rhino Horn: The Destruction of Wildlife for Traditional Chinese Medicine, Washington D.C., Island Press, , xiii + 294 p. (ISBN 978-1-55963-532-5)
Notes et références[modifier | modifier le code]
- Définitions lexicographiques et étymologiques de « hippocampe » du Trésor de la langue française informatisé, sur le site du Centre national de ressources textuelles et lexicales
- (en) « Les hippocampes dans les aquariums », .
- « "Seahorse Brood Pouch Transcriptome Reveals Common Genes Associated with Vertebrate Pregnancy" »(en)
- National Geographic France mars 2009.
- (en) « Hippocampes », .
- World Register of Marine Species, consulté le 17 mai 2016
- (Ellis 2005, p. 19).
- Site officiel d'Ocean'Obs
- Liste officielle des partenaires d'Ocean'Obs
- Sentinelles de la mer sur Ocean'Obs
- Site officiel du projet Hippo Thau
- Exposition Hippocampe sur aires-marines.fr
- Marseillan : une exposition consacrée aux hippocampes à la maison Noilly Prat sur Midi Libre
- Site officiel Peau bleue
- Fiche d'identité du PNR du Golfe du Morbihan
- Echo62
- Noumea.fr

