Hippeastrum

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Hippeastrum est un genre botanique d'environ 80 espèces de plantes à bulbes natives des régions tropicales et subtropicales d'Amérique centrale et d'Amérique du Sud (du nord de l'Argentine au Mexique et dans les caraïbes). Il appartient à la famille des Liliaceae (ou des Amaryllidaceae) selon la classification classique. La classification phylogénétique le place dans la famille des Amaryllidaceae (ou optionnellement dans celle des Alliaceae).

Certaines espèces sont communément cultivées pour leurs grosses fleurs et sont appelés par abus de langage, « Amaryllis », en référence à un genre distinct d'Afrique qui appartient à la même famille de plantes.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le nom Hippeastrum a été choisi par le révérend William Herbert en 1837. Personne ne sait pourquoi il a choisi ce nom, mais on peut trouver une ressemblance des bourgeons sur le point de s'ouvrir avec une oreille de cheval et plus clairement, la fleur ressemble à une étoile à six branches. (du grec hippo, le cheval et du latin aster, l'étoile)

Les premiers pépiniéristes à commercialiser des Hippeastrum furent des Hollandais qui importèrent de nombreuses espèces du Mexique et d'Amérique du Sud et commencèrent à développer des cultivars et des hybrides au début du XVIIIe siècle ; les premiers plants hollandais arrivèrent aux États-Unis au début du XIXe siècle. En 1946, deux pépiniéristes hollandais partirent pour l'Afrique du Sud et y commencèrent la culture intensive d'Hippeastrum. Bien que la majorité des Hippeastrums proviennent de Hollande et d'Afrique du Sud, des bulbes sont aujourd'hui aussi produits aux États-Unis, au Japon, en Israël, en Inde, au Brésil et en Australie. Ceux à fleurs doubles du Japon sont particulièrement appréciés.

En général, les bulbes hollandais produisent d'abord une hampe florale, puis, après la floraison, la plante commence à produire des feuilles. Les bulbes d'Afrique du Sud produisent habituellement des feuilles et une hampe florale simultanément.

Cycle de vie[modifier | modifier le code]

Ce n’est qu’après plusieurs années que la jeune amaryllis arrivera à maturité sexuelle et sera en mesure de produire des fleurs. Par la suite, celle-ci peut fleurir une fois par année, mais chez H. striatum, une floraison peut s’observer plusieurs fois dans la même année.

Le cycle de floraison se déroule en trois étapes; soit la floraison elle-même, l’acquisition de réserves énergétiques, suivie par la suite d’une période de repos. Comme l’amaryllis est une plante vivace, ce cycle recommence jusqu’à ce que le bulbe meure.

Floraison[modifier | modifier le code]

Pendant cette période, amorcée par un arrosage progressif, le bulbe germe et un bourgeon floral commencent à apparaître quatre à six semaines plus tard. Celui-ci, pouvant atteindre jusqu’à 45 cm de haut, fleurira, puis restera pendant deux à trois semaines pour ensuite laisser la place aux feuilles qui apparaîtront généralement pendant ou légèrement après la floraison. Ce faisant, la photosynthèse est très faible pendant cette période. Ce sont principalement les réserves présentes dans le bulbe qui permettent à la tige florale de croître.

Lorsque les fleurs ont fané, il est conseillé de couper la tige florale à environ cinq centimètres de la base pour que le bulbe ne dépense pas d’énergie à l’entretenir.

Contrairement aux Amaryllis vraies, chez les Hippeastrum le feuillage pousse en même temps que la hampe florale.

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Acquisition de réserves[modifier | modifier le code]

Après la floraison, les feuilles resteront sur une période de plusieurs mois pour emmagasiner des réserves énergétiques dans le bulbe grâce au processus de la photosynthèse qui convertit l’énergie lumineuse en énergie utilisable par la plante. C’est pourquoi pendant cette période, il est important de bien arroser la plante et de la positionner dans un endroit chaud et bien exposé au soleil.

Pendant cette période, la couche du bulbe qui contenait les réserves énergétiques s’amincit et s’assèche, ajoutant ainsi une couche protectrice autour du bulbe. Cette dernière est donc remplacée par d’autres feuilles qui, une fois coupées, constitueront le nouveau lieu d’entreposage de réserves énergétiques de la plante.

Période de repos[modifier | modifier le code]

La période de repos est critique pour l’amaryllis. Sans elle, le bulbe ne refleurira pas l’année suivante. C’est pourquoi, après l’acquisition des réserves, il faut réduire progressivement l’arrosage de la plante pour que les feuilles commencent à sécher, puis finalement couper ces dernières. On entrepose alors le bulbe dans un endroit sombre et frais pendant une période de dix à douze semaines, puis le cycle recommence.

Toxicité[modifier | modifier le code]

L’amaryllis est toxique à la consommation.

Culture[modifier | modifier le code]

L’Hippeastrum est une plante d'intérieur très populaire. Le bulbe est fragile mais, à part sa sensibilité au gel, il est facile de le cultiver, avec une belle récompense pour peu d'efforts, spécialement pour ceux qui fleurissent à l'intérieur en plein hiver. Il peut aussi être cultivé à l'extérieur dans les régions au climat tempéré.

Température optimale de croissance des plantes petites : 20-23 °C environ (plus fraîche, 16-18 °C, pendant la floraison pour prolonger la durée des fleurs). 7 à 16 °C en hiver quand les feuilles et les fleurs sont fanées on arrête d’arroser et on garde le pot dans un placard à l'abri de l'humidité pour 3-4 mois jusqu'à la nouvelle poussée de croissance (on voit les feuilles recommencer à pousser).

Taille du pot : choisissez un grand pot (5-10 fois la taille du bulbe) et une certaine quantité de pouzzolane ou billes d'argile pour favoriser la circulation de l'air. (En nature il vit sur les rochers avec les racines en plein air. Les recherches ont montré que la culture en grands pots rend des bulbes plus grands et plus nombreux). Enterrer à moitié les petits bulbes du commerce dans un pot laissant le bulbe 1/3 dehors. Le bulbe ne refleurit pas la première année. Il aime un mélange drainant, assez riche mais certaines espèces peuvent être cultivées en hydroponie (les Hippeastrum aulicum, Hippeastrum calyptratum, etc. qui sont en nature des épiphytes).

Arrosage : maintenir le sol humide pendant la période active de la plante. (Eau un peu chaude ou à température ambiante) Ajouter de l'engrais organique chaque semaine de mai à septembre. (Attention: en culture hydroponique les engrais sont utilisés en dose très faibles - quelques gouttes) Rempotage en été lors du changement de feuillage, lorsque le bulbe et ses rejets sont devenus trop gros pour le pot. Toujours après la floraison.

L'Hippeastrum se multiplie bien par graines mais la première floraison nécessite plusieurs années.

Multiplication : Séparation des rejets à la même période (mais on peut les laisser en touffe dans un gros pot). Ou culture des semis. La méthode de la flottaison sur l'eau présente l'inconvénient de la grande fragilité des racines au moment de la transplantation en terre.

Hippeastrum

Couleurs et types[modifier | modifier le code]

On trouve des Hippeastrum rouges, roses, blancs, orange et jaunes avec des variations à rayures et à bordures différentes. Certaines fleurs ont une couleur uniforme sur les six pétales alors que d'autres ont une couleur plus prononcée sur les pétales supérieures.

Il y a 5 types d'Hippeastrum:

  1. fleurs simples;
  2. fleurs doubles;
  3. miniature;
  4. Hippeastrum cybister;
  5. trompette.

Les bulbes d’Hippeastrum peuvent faire plus de 10 cm de diamètre et produire 3 à 7 longues feuilles (parfois persistantes) de 10 à 60 cm de long et 1 à 5 cm de large. La tige florale creuse s'érige de 5 à 60 cm de haut et de 1 à 3 cm de diamètre. Elle porte de 2 à 5 grosses fleurs à l'apex, chaque fleur mesurant de 10 à 20 cm de large, avec 6 pétales (3 intérieures et 3 extérieures d'apparence similaire).

Maladies[modifier | modifier le code]

Les problèmes les plus fréquents sont les acariens (Steneotarsonemus laticeps d'environ 0,2 mm et les araignées rouges ou jaunes) et les souches de phytophtora ou autres champignons (la plus fréquente étant Stagonospora curtisii)

Symptômes d'infection par Stagonospora : des taches rouges qui deviennent longitudinales avec le temps, croissance un peu réduite, tiges florales en angle et à la fin pourriture du bulbe. Les bulbes très affectés doivent être jetés. Si le bulbe est encore peu touché, on peut essayer un traitement en eau chaude : le bulbe (de préférence sans feuilles) est mis dans l'eau à 40-46 °C ; maintenir la température constante pour au moins 30 minutes. Les recherches sur les bulbes cultivés en champ ouvert ont montré qu'à 46 °C Steneotarsonemus est détruit aussi. Dans son environnement naturel (Amérique du Sud) les températures en été montent à 50 °C à l'ombre et les plantes sont très résistantes aux maladies, mais les exemplaires qui viennent des endroits plus frais peuvent avoir du mal à supporter des températures si élevées.

Steneotarsonemus laticeps est difficile à contrôler après l'infection. On recommande un traitement préventif à l'achat des nouveaux bulbes. Solutions biologiques : soufre en poudre, charbon de bois en surface de sol, eau oxygénée en pulvérisation, plantes "compagnon" : Allium et bien d'autres.

Insectes[modifier | modifier le code]

Les espèces d’Hippeastrum sont utilisées comme nourriture par les larves de certaines espèces de lépidoptères telles que Hypercompe indecisa.

Liste des espèces[modifier | modifier le code]

Les auteurs acceptent environ 90 espèces à l'heure actuelle :

Confusion fréquente[modifier | modifier le code]

Les Hippeastrum ont une tunique (peau d'oignon) brun-rougeâtre qui sèche est plutôt cassante et adhère bien au bulbe. Amaryllis belladonna a une tunique gris clair.

Galerie[modifier | modifier le code]

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Ouverture d'un Hippeastrum
(vidéo en accéléré)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  • (en) Al-Tardeh, S. et al. 2008, Water content and reserve allocation patterns within the bulb of the perennial geophyte red squill (Liliaceae) in relation to the Mediterranean climate, Botanique 86(3) : 291-299
  • Jardin Botanique de Montréal. Amaryllis. Sur le site d’Espace pour la vie Montréal, [http://espacepourlavie.ca/amaryllis], (consulté le 20 octobre 2014)

Liens externes[modifier | modifier le code]

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