Hespéride (botanique)

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Plusieurs types d'agrumes, les hespérides les plus communes, coupées en quartiers et prêtes à être dégustées.

En terme botanique, on désigne une hespéride comme étant un type de baie possédant un exocarpe (pelure) épais et dont l'endocarpe est scindé en loges[1].

Les pamplemousses, les oranges, les limes et autres agrumes sont des exemples d'hespérides.

La partie extérieure et pigmentée de la pelure composée de l'épicarpe et du mésocarpe est appelée flavédo. L'épicarpe contient des huiles essentielles. Quand on gratte la flavédo pour en extraire des fragments cela s’appelle le zeste. Le mésocarpe, partie intérieure et blanche est appelée albédo.

Contrairement à la plupart des baies, la pelure des hespérides n'est généralement pas mangée à l'exception du kumquat dont le flavédo est sucré.

Histoire[modifier | modifier le code]

Les Hespérides - souvent assimilées aux Iles Canaries - étaient chez les grecs des iles heureuses et fortunées à l'extrême ouest, au couchant : Hésiode dit «La nuit enfanta les Hespérides qui gardent les pommes d'or au sein de l'Océan, au lieu même où Atlas supporte le ciel» [2]. Diodore de Sicile en fait les 7 filles d'Atlas et d'Hespérie. Hercule réussit à s'emparer de quelque unes de ces pommes d'or que les Hespérides cultivaient dans leur jardin [3]. Pierre-Joseph Amoreux (1806) dans sa Dissertation sur les pommes d'or des hespérides fait remonter l'assimilation des pommes d'or aux agrumes à l'ouvrage de Giovanni Baptista Ferraro, jésuite siennois, consacré à la cultures des oranges, citrons et cédrats Hesperides sive De malorum aureorum cultura et usu libri quatuor paru à Rome en 1646 [4],[5].

Linné donnera le nom d'Hesperideæ (1763) à un ordre contenant Eugenia, Psidium, Myrtus, Caryophilus... et classe Citrus dans un autre ordre [6],[7]. Egbert Buys (1773) y range les citrons, oranges; limons et le laurier[8]. Jussieu donne aux Hespéridées le rang de famille comprenant le citronnier, le limonier et jusqu'au thé (Camelia sinensis) [9]. En 1805, Lamarck et Augustin Pyramus De Candolle donnent enfin une définition avec une description du fruit assimilable à nos agrumes (avec Citrus medica et Citrus aurantium) et qui renvoie à Ferraro [10].

Usage[modifier | modifier le code]

Dans la base de données des publications numérisées par google le terme hespéridés est surtout utilisé au début du XIXe, par la suite il tombe progressivement en désuétude jusqu'à la seconde moitié du XXe [11]. En revanche, le terme agrume est largement le plus fréquent depuis le début XXe alors que Citrus est le plus fréquent antérieurement [12].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Glossaire de botanique: de Habitat à Hypocratériforme », sur floranet.pagesperso-orange.fr (consulté le 12 mars 2016)
  2. Les Iles Fortunees, (lire en ligne), p. Chap XXV p. 50
  3. Les Metamorphoses d'Ovide, traduction nouvelle avec le texte latin, suivie d'une analyse de l'explication des fables, de notes geographiques, historiques, mythologiques, et critiques, par M. G. T. Villenave; ornée de gravures d'apres les dessins de mm. Lebarbier, Monsiau, et Moreau. Tome premier [-quatrième!, (lire en ligne)
  4. Pierre-Joseph Amoreux, Dissertation sur les pommes d'or des hespérides, éditeur non identifié, (lire en ligne)
  5. (la) Giovanni Baptista Ferraro (S.I.), Hesperides siue De malorum aureorum cultura et usu libri quatuor, sumptibus Hermanni Scheus, (lire en ligne)
  6. (la) Carl von Linné, Caroli Linnaei Archiatr. Reg. Medic. Et Botan. Profess. Upsal. Acad. Imperial. Monspel. Berol. Tolos. Upsal. Stockh. Soc. Et Paris. Corresp. Philosophia Botanica: In Qua Explicantur Fundamenta Botanica Cum Definitionibus Partium, Exemplis Terminorum, Observationibus Rariorum, Adiectis Figuris Aeneis, (lire en ligne)
  7. (la) Carl von Linné, Caroli a Linné Praelectiones in ordines naturales plantarum e proprio et Jo. Chr. Fabricii edidit Paulus Diet. Giseke ; accessit uberior palmarum et scitaminum expositio, (lire en ligne)
  8. (nl) Egbert Buys, Nieuw en volkomen woordenboek van konsten en weetenschappen; bevattende alle de takken der nuttige kennis, met naaukeurige beschryvingen, zo van de onderscheidene machines, werktuigen, gereedschappen, figuuren, en ontwerpen dienende om dezelve op te helderen; als meede van de klassen, soorten, toebereidselen, en het gebruik van de voortbrenzels der natuur, het zy dieren, planten, mineraalen, aardgewassen, of vochten; mitsgaders de koningryken, provintien, steden, dorpen, en andere merkwaardige plaatzen door de geheele waereld, By S. J. Baalde, (lire en ligne)
  9. Charles S. Sonnini, Nouveau dictionnaire d'histoire naturelle, appliquée aux arts, principalement à l'agriculture et à l'économie rurale et domestique: avec des figures tirées des trois règnes de la nature. Gor - Hin. 10, Deterville, (lire en ligne)
  10. Jean Baptiste Pierre Antoine de Monet De Lamarck et Augustin Pyramus De Candolle, Flore française: ou Descriptions succinctes de toutes les plantes qui croissent naturellement en France ..., H. Agasse, (lire en ligne)
  11. (en) « Google Books Ngram Viewer », sur books.google.com (consulté le 4 décembre 2020)
  12. (en) « Google Books Ngram Viewer », sur books.google.com (consulté le 4 décembre 2020)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) L. H. Bailey et E. Z. Bailey, Hortus, New York, Macmillan, (ISBN 0-02-505470-8), p. 275