Haydee Tamara Bunke Bider

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Haydee Tamara Bunke Bider
TamaraBunke1.jpg
Haydee Tamara Bunke Bider
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 29 ans)
VallegrandeVoir et modifier les données sur Wikidata
Sépulture
Nom dans la langue maternelle
Haydée Tamara Bunke BiderVoir et modifier les données sur Wikidata
Pseudonymes
Tania
Laura Gutiérrez Bauer
ItaVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalités
Domiciles
Argentine, Bolivie, République démocratique allemande (à partir de ), Autriche (à partir de ), Cuba (à partir de )Voir et modifier les données sur Wikidata
Formation
Activités
Fratrie
Olaf Bunke (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
Parti politique
Instruments

Haydee Tamara Bunke Bider (Buenos Aires, - Río Grande, ) est une révolutionnaire communiste argentine d'origine allemande.

Également connue sous le pseudonyme de Tania la guerrillera, elle était la seule femme à combattre aux côtés de la poignée de guérilleros regroupés au sein de l'Armée de libération nationale (ELN) dirigée par Che Guevara en Bolivie où elle fut tuée dans une embuscade par des Rangers de l'armée bolivienne assistés par la CIA.[1]

Biographie[modifier | modifier le code]

Tamara Bunke est la fille d'Erich Bunke et de Nadia Bider, communistes allemands qui ont fui l'Allemagne nazie pour l'Argentine. En 1952, alors que le régime du général Juan Perón réprime les communistes, la famille s'installe en Allemagne de l'Est (RDA).

Dans sa jeunesse, Tamara Bunke est une athlète passionnée et une excellente étudiante, qui a développé une affection particulière pour la musique folklorique latino-américaine[2]. À 18 ans, Tamara Bunke devient membre du Parti socialiste unifié d'Allemagne (Sozialistische Einheitspartei Deutschlands - SED), le parti dirigeant de la RDA.

Années universitaires (1953-59)

Tamara prospéra dans son nouvel environnement et commença d'étudier les sciences politiques à l'Université Humboldt à Berlin-Est. De plus, elle a rejoint la Fédération mondiale de la jeunesse démocratique, ce qui lui a permis d'assister au Festival mondial de la jeunesse et des étudiants à Vienne, Prague, Moscou et enfin La Havane, Cuba[2]. Son vif intérêt et sa connaissance de l'Amérique latine, ainsi que ses compétences linguistiques (elle parle couramment le russe, le français, l'anglais, l'espagnol et l'allemand)[1],l'ont rapidement vue traduire au nom du Département international de la FGY. À ce titre, elle a assuré le rôle de traductrice pour le flot croissant de visiteurs cubains, à la suite de la victoire de la Révolution cubaine de 1959[2].

Cuba et Che Guevara (1960-64)

En 1960, à l'âge de 23 ans, Bunke rencontre le révolutionnaire marxiste Che Guevara[3]. Guevara est en visite à Leipzig avec une délégation commerciale cubaine et Bunke, qui le considère comme un de ses héros, lui est assigné comme interprète[1] Inspirée par la Révolution cubaine, dont Guevara est devenu une icône internationale, Bunke s'installe à Cuba en 1961[4]. Elle s'est d'abord tournée vers le bénévolat, l'enseignement et la construction de maisons et d'écoles à la campagne[1] Ses hôtes cubains ont vite remarqué l'efficacité, la discipline et le sens du service qui la caractérise. En conséquence, elle a participé à des brigades de travail, à la milice et à la campagne d'alphabétisation cubaine[2]. Elle a également travaillé au ministère de l'Éducation, à l'Institut cubain de l'amitié entre les peuples et à la Fédération des femmes cubaines[2].

Finalement, elle a été sélectionnée pour participer à la malencontreuse expédition de guérilla du Che en Bolivie intitulée "Opération Fantasma". Le but de Guevara était de déclencher un soulèvement révolutionnaire à l'échelle du continent en Argentine, au Paraguay, au Brésil, au Pérou et au Chili ; en créant "deux, trois, beaucoup de Vietnams" afin de défier l'impérialisme américain[1],[2]. En préparation, Guevara assigna Bunke à Dariel Alarcón Ramírez (connu sous le nom de guerre "Benigno") à Pinar del Río dans l'ouest de Cuba. Guevara voulait qu'on lui enseigne l'autodéfense, par exemple comment utiliser un couteau, une mitraillette et un pistolet, comment envoyer et recevoir des transmissions télégraphiques et des messages codés par radio[1]. C'est à cette époque qu'elle a pris le nom de "Tania" comme nom de guerre. Pendant sa formation à Cuba et plus tard dans une petite ferme dans la banlieue de Prague, Bunke impressionna les Cubains par son intelligence, son endurance et son talent pour l'espionnage[1]. Benigno, par exemple, l'a décrite comme " gracieuse, belle et gentille, mais aussi très dure ". De plus, en tant que personne très sociable et capable de nouer facilement des amitiés, le gouvernement cubain s'est rendu compte qu'elle possédait des traits bénéfiques pour son travail futur en Bolivie[2].

Insurrection bolivienne (1964-1967)

Elle arrive en Bolivie en novembre 1964 sous le nom de « Laura Gutierrez Bauer ». Elle y travaille comme institutrice et doit réunir des informations sur la haute société bolivienne. Elle se joint à un groupe de guérilleros mené par Juan Vitalio Acuña Núñez, peut-être même contre la volonté de Che Guevara qui dirigeait la campagne de guérilla.

Le , à Vado del Yeso, les soldats boliviens tendent une embuscade au groupe et tuent la plupart de ses membres. Tamara Bunke est tuée alors qu'elle traverse un cours d'eau. Son corps est emporté par les flots et ne sera retrouvé que le 6 septembre ; elle est enterrée le lendemain. Ses restes sont localisés le près des corps d'autres membres du groupe de Guevara en Bolivie. Les corps sont transférés à Cuba puis enterrés de nouveau ensemble. Elle est devenue une des martyres de la Révolution cubaine.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a b c d e f et g Haydée Tamara Bunke Bider: the woman who died with Che Guevara by Christine Toomey, The Sunday Times, August 10, 2008
  2. a b c d e f et g Tania: Undercover with Che Guevara in Bolivia A Book Review by Bob Briton, The Guardian, January 26, 2005
  3. Mother Fights Che Film Over 'Lover' Claims by Tony Paterson & Oliver Poole, Daily Telegraph, March 17, 2002
  4. « Bunke, Tamara (1937–1967) », sur encyclopedia.com,


Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Jefferson Adams, « Tamara Bunke », in Historical Dictionary of German Intelligence, Scarecrow Press, Lanham, Md., 2009, p. 59-61 (ISBN 9780810863200)
  • (de) Ulises Estrada Lescaille, Tania. Mit Che Guevara im bolivianischen Untergrund, Atlantik, Bremen, 2007, 320 p. (ISBN 3926529679)
  • (de) José A. Friedl Zapata, Tania. Die Frau, die Che Guevara liebte, Aufbau-Verlag, Berlin, 1997, 210 p. (ISBN 3351024657)
  • (es) Marta Rojas und Mirta Rodríguez Calderón, Tania la Guerrillera. Editorial Diógenes, Mexico, 1974 (3e éd.), 143 p.
  • (de) Gerd Koenen, Traumpfade der Weltrevolution. Das Guevara-Projekt, Kiepenheuer & Witsch Verlag, Köln, 2008 (ISBN 978-3462040081)
  • (de) Eberhard Panitz, Der Weg zum Rio Grande. Ein biographischer Bericht über Tamara Bunke, Neues Leben, Berlin, 1977 (3e éd.), 190 p. (ISBN 3355008834)
  • (es) Gustavo Rodríguez Ostria, Tamara, Laura, Tania : un misterio en la guerrilla de Che, Del Nuevo Extremo, Buenos Aires, 2011, 435 p. (ISBN 978-987-609-269-2)

Liens externes[modifier | modifier le code]