Hamlet (opéra)

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Jean-Baptiste Faure dans le rôle de Hamlet.
Portrait par Édouard Manet (1877).

Fichier audio
Scène de la folie d'Ophélie (extraits)
par Nellie Melba (1907)
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Hamlet est un opéra en 5 actes, musique d'Ambroise Thomas, livret de Michel Carré et Jules Barbier, créé à l'Opéra Le Peletier (Paris) le .

Il ne faut pas chercher une adaptation fidèle de la pièce de Shakespeare dans cet Hamlet d’Ambroise Thomas, compositeur dont la gloire fut largement éclipsée par ses contemporains qu’ils s’appellent Fromental Halévy, Giacomo Meyerbeer ou Charles Gounod. L’adaptation, que firent de la célèbre pièce anglaise Jules Barbier et Michel Carré, est assez éloignée de l’original, mais elle pouvait paraître fidèle au public de l’époque qui appréciait surtout «  la fièvre passionnée » dont il gratifiait Shakespeare en laissant de côté ses ambiguïtés et ses interrogations existentielles.

Ambroise Thomas, musicien officiel couvert d’honneurs, reprend là les principes du Grand Opéra historique à la française. Hamlet, ouvrage au style très académique, n’en est pas moins une réussite. L’art orchestral du compositeur joint à sa parfaite maîtrise de l’écriture vocale sont à l’origine de très belles pages comme le duo d’amour entre Hamlet et Ophélie, l’arioso de Gertrude ou la scène du spectre. Le succès de Hamlet ne fut pas aussi grand que celui de Mignon (1866) qui resta jusque dans les années 1930 un des opéras français les plus joués dans le monde, assurant durablement la renommée d’Ambroise Thomas. Hamlet doit sa longévité à l’attrait que constitue le rôle éponyme pour tous les plus grands barytons.

Hamlet fut le dernier ouvrage créé à l’Opéra de la rue Le Peletier avant l’ouverture du Palais Garnier.

Argument[modifier | modifier le code]

Acte I[modifier | modifier le code]

À la cour d’Elseneur, on célèbre le mariage du roi Claudius avec la veuve de son frère, la reine Gertrude. Claudius vient d’hériter du trône de son frère et Hamlet, le fils du défunt roi, est troublé par le remariage précipité de sa mère. Le prince aime Ophélie mais l’apparition du spectre de son père, qui lui apprend que Claudius l’a empoisonné, le rappelle à son devoir de vengeance.

Acte II[modifier | modifier le code]

Ophélie s’attriste du soudain changement de Hamlet (« Sa main depuis hier »). Elle confie ses craintes à Gertrude qui prend peur : Hamlet aurait-il découvert que son père a été assassiné ? Au cours d’un festin (« O vin, dissipe la tristesse »), Hamlet invite une troupe de comédiens à jouer une pièce mettant en scène l’assassinat d’un roi. Claudius comprend la portée de l’accusation et quitte l’assemblée. Hamlet l’accuse publiquement du meurtre du roi. Ses gestes désordonnés donnent l’impression qu’il est en proie à la folie.

Acte III[modifier | modifier le code]

Hamlet médite sur la destinée humaine (« Être ou ne pas être »). Il apprend que Polonius, le père d’Ophélie, est complice du meurtre du roi. Quand la jeune fille se présente à Hamlet, il la renvoie sans ménagement, la condamnant au couvent. Puis il affronte violemment Gertrude, qu’il accuse tout en dialoguant avec le Spectre que sa mère ne peut voir. Gertrude pense que son fils est devenu dément. Elle est au désespoir.

Acte IV[modifier | modifier le code]

Ophélie, repoussée par Hamlet, erre dans la campagne. Elle a perdu la raison. Elle découvre une fête villageoise à laquelle elle commence par se joindre (« À vos jeux, mes amis »). Puis en se penchant au-dessus d’un fleuve, elle perd pied et se noie.

Acte V[modifier | modifier le code]

Dans le cimetière d’Elseneur, on prépare la tombe d’Ophélie. Hamlet fuyant les assassins qui le poursuivent sur ordre de Claudius, observe ces préparatifs, plongé dans une sombre méditation (« La fatigue alourdit mes pas »). Quand il réalise que c’est sa bien-aimée qu’on porte en terre, il veut la rejoindre dans la mort. Mais le spectre de son père réapparait pour lui rappeler son devoir. Hamlet tue Claudius et surmontant son désespoir, il se fait proclamer roi du Danemark.

Histoire des productions en France et à l'étranger[modifier | modifier le code]

La création a eu lieu à l'Opéra de Paris (Salle Le Peletier) le 9 mars 1868, et l'œuvre sera donnée en 1870 à Londres, à la Royal Opera House, Covent Garden. Hamlet étant le grand succès d'Ambroise Thomas, avec Mignon, il sera mis en scène à Leipzig avec Minna Peschka-Leutner dans le rôle d'Ophélie en 1869[1], Budapest, Bruxelles, Prague, New-York, Saint-Pétersbourg, Berlin et Vienne dans les cinq ans qui auront suivi la première.

Une tournée américaine en 1921, avec Titta Ruffo dans le rôle-titre, Virgilio Lazzari en Claudius et Cyren van Gordon en Gertrude, marquera la seule reprise de l'opéra au cours du XXe siècle, jusqu'aux années 1980.

À partir de 1985, l'intérêt vers Hamlet sera grandissant, avec une production à Toronto (1985), Vienne (1992–1994, 1996), Opera North (1995), Genève (1996), San Francisco (1996), Copenhague (1996 et 1999), Amsterdam (1997), Karlsruhe (1998), Washington (Concert Opera) (1998), Tokyo (1999), Paris (2000), Toulouse (2000), Moscou (2001), Prague (2002), Saint Louis (Opera Theatre) (2002), Londres (2003), Barcelone (2003), New York (2010), Washington (National Opera) (2010), Marseille (2010), Minnesota Opera (2013), Bruxelles (2013).

Une nouvelle production, avec une mise en scène de Cyril Teste, triomphe à l'Opéra Comique depuis le 17 décembre 2018[2]. Stéphane Degout reprend le rôle d'Hamlet tandis que Sabine Devieilhe fait ses débuts en Ophélie sous la direction musicale de Louis Langrée.

Enregistrements CD et DVD[modifier | modifier le code]

Hamlet: opéra en 5 actes, de 1868 : Thomas Hampson, June Anderson, Samuel Ramey... Chœurs & Orchestre Philharmonique de Londres, direction.: Antonio de Almeida, 3 CD EMI, enregistrés en 1993

Ambroise Thomas - Hamlet - DVD - Simon Keenlyside, Natalie Dessay, Béatrice Uria-Monzon sous la direction de Bertrand de Billy (enregistré au Gran Teatre del Liceu à Barcelone en 2004).

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Nouvelles Diverses - étranger », Le Ménestrel sur gallica,‎ , p. 150 (lire en ligne)
  2. « Hamlet », Opéra Comique,‎ (lire en ligne, consulté le 17 mars 2018)

Articles connexes[modifier | modifier le code]