Hélène en Bavière

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Hélène de Wittelsbach, duchesse en Bavière, princesse de Tour et Taxis (Correns, 1859)

Hélène Caroline Thérèse, duchesse en Bavière et princesse de Tour et Taxis, née le à Munich et morte le à Ratisbonne, est le second enfant et la première fille du duc Maximilien en Bavière et de la duchesse Ludovica de Bavière. Elle était surnommée Néné.

Famille[modifier | modifier le code]

Pour des raisons dynastiques de réconciliation entre les deux branches de la Maison de Wittelsbach, son père, aîné de la branche cadette de la maison de Wittelsbach, a épousé à 20 ans en 1828 la duchesse Ludovica de Bavière, la plus jeune des soeurs du roi Louis Ier, qui en avait 19. Pour la jeune princesse qui d'altesse royale devient simplement altesse et dont les sœurs ont épousé des monarques, c'est une humiliante régression dans la hiérarchie nobiliaire voire une sorte de mésalliance d'autant plus que ce n'est que 17 ans plus tard que son mari recevra de son beau-frère reçu le fameux prédicat d'Altesse Royale. Par esprit de revanche, elle cherchera à marier ses filles le plus brillamment possible.

Hélène, aînée des filles du couple, a quatorze ans lorsque la révolution de 1848 embrase la Confédération germanique. Son oncle, le roi Louis Ier, doit abdiquer et céder le trône à son fils Maximilien II. Dans toue le Confédération, ses cousins princiers doivent fuir leurs états. En Autriche aussi, l'empereur Ferdinand abdique et laisse le trône à son neveu de 18 ans François-Joseph.

La fiancée bafouée[modifier | modifier le code]

Les duchesses Hélène et Elisabeth en Bavière. "Néné", 19 ans, à gauche et "Sissi", 15 ans, à droite (1853).

Or François-Joseph est un cousin utérin d'Hélène. Sa mère, l'archiduchesse Sophie est une sœur de la duchesse Ludovica. Elle cherche à rétablir l'influence de l'Autriche en Allemagne en organisant un mariage des plus avantageux pour son fils. La Prusse s'étant récusée et la Saxe n'offrant aucune princesse susceptible de plaire au jeune empereur c'est vers la Bavière, sa terre natale, que se tourne la très politique archiduchesse. Son choix se porte sur "Néné". Les fiançailles impériales , qui sont un secret de polichinelle, doivent être annoncées publiquement lors du bal célébrant les 23 ans du jeune monarque le 18 août 1853. Cependant ce n'est pas vers Hélène mais vers la sœur cadette de la princesse, la toute jeune Elisabeth, dite « Sissi », que se tourne le souverain. Hélène est humiliée devant sa parentèle et les cours Européennes. Elle a très peu d'espoir de trouver un prince voulant épouser une princesse ridiculisée en public devant la très prestigieuse cour d'Autriche. Quel souverain oserait rendre une visite officielle en Autriche ayant à son bras la fiancée délaissée de l'empereur ? Ce serait au moins un manque de tact voire une faute diplomatique.

L'humiliation d'Hélène st aggravée par l'arrivée à Possenhofen d'une multitude de professeurs de toutes sortes dont la mission est de former la jeune Sissi à sa fonction d'impératrice et qui traitent la jeune fille avec les égards qui lui seront dûs. Cependant, raisonnable et généreuse, Hélène ne témoigne d'aucune aigreur envers sa sœur.

Le mariage a lieu avec faste à Vienne le 24 avril 1854. Très vite arrivent à Possenhofen des lettres où Sissi exprime ses difficultés d'adaptation à la cour de Vienne, ses révoltes face à l'étiquette et la nostalgie de sa famille et de sa Bavière natale.

La femme la plus riche de Bavière[modifier | modifier le code]

Quelques années plus tard un prétendant se présente, le prince Maximilien de Tour et Taxis. Celui-ci est l'héritier de la plus grosse fortune de Bavière mais n'appartient pas à une famille régnante et le roi Maximilien II refuse d'accorder sa permission à ce mariage morganatique. Sissi qui culpabilise et François-Joseph, gêné, prennent le parti d'Hélène et le 24 août 1858 à Possenhofen, les noces sont célébrées.

Le couple aura quatre enfants :

En 1860, bien que jeune mère de famille et enceinte pour la seconde fois, elle accompagne sa sœur Sissi, malade, à Madère.

Les années suivantes, dans le sillage de Sissi, leurs sœurs Marie-Sophie épouse le roi des Deux-Siciles et Mathilde le frère de celui-ci. En 1867, leur benjamine, Sophie-Charlotte est fiancée à leur cousin le roi Louis II de Bavière mais celui-ci rompt les fiançailles en octobre. L'année suivante, Sophie Charlotte épouse un prince français, le duc d'Alençon.

Biographie[modifier | modifier le code]

Veuve dès 1867, elle assume la direction des nombreux biens de la famille Tour et Taxis non sans souffrir de la perte qu’elle a subie. Après la fondation de l’Empire allemand en 1871, elle est confrontée à la politique du chancelier Bismarck qui souhaite nationaliser la poste bavaroise, propriété des Tour et Taxis.

En 1875, elle marie sa fille aînée, Louise, au prince Frédéric de Hohenzollern, membre catholique de la famille impériale allemande et frère du prince de Roumanie.

En 1877, elle marie sa fille Élisabeth à Michel de Portugal, duc de Bragance, prétendant au trône du Portugal. La jeune femme meurt à peine âgée de 21 ans, en 1881, laissant trois enfants en bas âge.

Lorsqu’elle perd, en 1885, son fils aîné, sa douleur est telle qu’elle est internée quelque temps en hôpital psychiatrique.

Elle trouve réconfort et consolation dans une foi profonde et une piété active. Mais la confiance qu'elle accorde à son directeur spirituel fait jaser et des calomnies fusent. La princesse douairière est aussi connue pour son étourderie et son manque de ponctualité au point que reçue en audience au Vatican, elle aurait fait attendre le Pape.

Elle meurt très malade après les fiançailles de son fils le prince Albert et de l'archiduchesse Marguerite d'Autriche, fille du palatin de Hongrie. Toute sa famille vint a son chevet, Sissi resta près d'elle jusqu'à sa mort et Hélène lui confia en anglais, langue dont les sœurs se servaient pour communiquer entre elles sans craindre les oreilles indiscrètes : "Nous avons beaucoup souffert parce que nous avions un cœur."