Hélène en Bavière

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Hélène de Wittelsbach, duchesse en Bavière, princesse de Tours et Taxis (Correns,1859)

Hélène Caroline Thérèse, duchesse en Bavière et princesse de Tour et Taxis, née le à Munich et morte le à Ratisbonne, est le second enfant et la première fille du duc Maximilien en Bavière et de la duchesse Ludovica de Bavière. Elle était surnommée Néné.

Famille[modifier | modifier le code]

Son père, aîné de la branche cadette de la maison de Wittelsbach, n'a reçu le prédicat d'Altesse Royale qu'en 1845. Il a épousé en 1828 la duchesse Ludovica de Bavière, fille du roi Maximilien Ier. Pour la jeune princesse, dont les soeurs ont épousé des monarques, c'est une sorte de mésalliance. Humiliée, elle cherche une revanche en mariant ses filles le plus brillamment possible.

Hélène a quatorze ans lorsque la révolution de 1848 embrase la Confédération germanique. Son oncle, le roi Louis Ier, doit abdiquer et céder le trône à son fils Maximilien II. En Autriche aussi, l'empereur Ferdinand abdique et laisse le trône à son neveu de 18 ans François-Joseph. Or François-Joseph est un cousin utérin d'Hélène. Sa mère, l'archiduchesse Sophie est une sœur de la duchesse Ludovica. Elle cherche à rétablir l'influence de l'Autriche en Allemagne en organisant un mariage des plus avantageux pour son fils et cherche une princesse digne de son fils. La Prusse s'étant récusée et la Saxe n'offrant aucune princesse susceptible de plaire au jeune empereur c'est vers la Bavière, sa terre natale, que se tourne la très politique Sophie. Son choix se porte sur "Néné" mais au cours de la soirée du 18 août 1853 où doivent être annoncées les fiançailles impériales, c'est vers la sœur cadette d'Hélène, la toute jeune Elisabeth, dite « Sissi », que se tourne le souverain. Hélène est humiliée. Elle a peu d'espoir de trouver un prince voulant épouser une princesse ridiculisée en public à la très prestigieuse cour d'Autriche.

Quelques années plus tard un prétendant se présente, le prince Maximilien de Tour et Taxis. Celui-ci est l'héritier de la plus grosse fortune de Bavière mais n'appartient pas à une famille régnante et le roi Maximilien II refuse d'accorder sa permission à ce mariage morganatique. Sissi qui culpabilise et François-Joseph, gêné, prennent le parti d'Hélène et le 24 août 1858 à Possenhofen, les noces sont célébrées.

Le couple aura quatre enfants :

En 1860, bien que jeune mère de famille et enceinte pour la seconde fois, elle accompagne sa sœur Sissi, malade, à Madère.

Les années suivantes, dans le sillage de Sissi, leurs sœurs Marie-Sophie épouse le roi des Deux-Siciles et Mathilde le frère de celui-ci. En 1867, leur benjamine, Sophie-Charlotte est fiancée à leur cousin le roi Louis II de Bavière mais celui-ci rompt les fiançailles en octobre. L'année suivante, Sophie Charlotte épouse un prince français, le duc d'Alençon.

Biographie[modifier | modifier le code]

Veuve dès 1867, elle assume la direction des nombreux biens de la famille Tour et Taxis non sans souffrir de la perte qu’elle a subie. Après la fondation de l’Empire allemand en 1871, elle est confrontée à la politique du chancelier Bismarck qui souhaite nationaliser la poste bavaroise, propriété des Tour et Taxis.

En 1875, elle marie sa fille aînée, Louise, au prince Frédéric de Hohenzollern, membre catholique de la famille impériale allemande et frère du prince de Roumanie.

En 1877, elle marie sa fille Élisabeth à Michel de Portugal, duc de Bragance, prétendant au trône du Portugal. La jeune femme meurt à peine âgée de 21 ans, en 1881, laissant trois enfants en bas âge.

Lorsqu’elle perd, en 1885, son fils aîné, sa douleur est telle qu’elle est internée quelque temps en hôpital psychiatrique.

Elle trouve réconfort et consolation dans une foi profonde et une piété active. Mais la confiance qu'elle accorde à son directeur spirituel fait jaser et des calomnies fusent. La princesse douairière est aussi connue pour son étourderie et son manque de ponctualité au point que reçue en audience au Vatican, elle aurait fait attendre le Pape.

Elle meurt très malade après les fiançailles de son fils le prince Albert et de l'archiduchesse Marguerite d'Autriche, fille du palatin de Hongrie. Toute sa famille vint a son chevet, Sissi resta près d'elle jusqu'à sa mort et Hélène lui confia en anglais, langue dont les sœurs se servaient pour communiquer entre elles sans craindre les oreilles indiscrètes : "Nous avons beaucoup souffert parce que nous avions un cœur."