La Guérinière (Caen)

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La Guérinière
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Normandie
Ville Caen
Canton Caen-9
Démographie
Population 6 171 hab.
Fonctions urbaines Habitat collectif
Étapes d’urbanisation 1955-1961
Géographie
Coordonnées 49° 09′ 39″ nord, 0° 20′ 42″ ouest
Altitude Min. 27 m
Max. 33 m
Localisation
Localisation de La Guérinière

Géolocalisation sur la carte : France

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La Guérinière

La Guérinière est l'un des vingt quartiers de Caen.

Il est délimité :

  • au nord, par le boulevard Raymond Poincaré
  • à l'est et au sud, par les limites communales entre Caen et Cormelles-le-Royal
  • à l'ouest, par les limites communales entre Caen et Ifs

Histoire[modifier | modifier le code]

Origines[modifier | modifier le code]

Sur, la carte de Cassini (milieu XVIIIe siècle), le château de la Guérinière se trouve encore à Cormelles

En 1753, Robichon des Brosses de La Guérinière, fondateur de l'académie d'équitation de Caen, demande à Louis XV la concession d’une partie de la plaine de Cormelles-le-Royal. Par un acte du 25 septembre de cette année, suivi de lettres patentes du , enregistrées au Parlement de Normandie le , le roi l'autorise à construire des bâtiments d’exploitation pour l'académie d'équitation de Caen. La Guérinière défriche et met en valeur les terrains concédés. Finalement, il obtient que le roi, par un arrêt du 24 janvier, suivi de lettres patentes du , abandonne à sa famille exclusivement la propriété absolue de ces 92 arpents de terre, en échange des terrains et des bâtiments de l’Académie située dans la paroisse Saint-Martin de Caen[1].

La famille se fait alors construire le château de la Guérinière, détruit en août 1944 lors de l'opération Totalize[2]. Ce château était situé sur le territoire actuel de Cormelles-le-Royal. Le terrain servait de terrain de manœuvre à l'Académie d'équitation de Caen, destinée à l'éducation de la jeune noblesse française et étrangère.

Les terrains de la Guérinière étaient très peu fertiles. Selon une expression de la région, il y avait à peine assez de terre pour « beurrer les cailloux »[3]. Au début du XIXe siècle toutefois, un entrepreneur fait l'acquisition d'une exploitation agricole et y répand un engrais constitué de matières fécales humaines. Grâce à ce traitement, il obtient de bonnes récoltes de blé et de colza[3].

En 1875, l'hippodrome de la Guérinière — un terrain de 27 ha, plat, nu et de faible valeur agricole — est acquis pour servir de champ de manœuvres au 43e régiment d'infanterie[2].

Le grand ensemble[modifier | modifier le code]

Pendant la bataille de Caen, entre le 6 juin et le 9 juin 44, Caen fut lourdement touchée. Dix ans après, seuls 35 % de la ville étaient reconstruits. On construisit le long de la rue de la Guérinière des logements provisoires afin de reloger les habitants de la ville sinistrée ; ce quartier était également doté de commerces et d'une école. Surnommé Tonneauville, il fut détruit dans les années 1970.

En 1951[4], le territoire de la Guérinière, dépendant de la commune de Cormelles-le-Royal, fut officiellement rattaché à Caen pour aménager un grand ensemble. Le quartier fut construit entre 1955 et 1961.

C'est alors que la Guérinière devient l'espace d'expérimentation des techniques nouvelles et des programmes politiques de construction de masse. Ainsi, en 1962 est né un ensemble de 36 immeubles répartis sur moins de 32 hectares (30 000 habitants au km²), soit 11 % de la population de Caen.

Projets[modifier | modifier le code]

La conjugaison de deux facteurs, la dévalorisation de l'image du logement social et l'adhésion massive à la propriété individuelle, a fait que la Guérinière est devenu dans les années 1980 le quartier d'accueil et de stabilisation des populations, toujours plus nombreuses, en situation socio-économique difficile : emplois instables, revenus de plus en plus précarisés…

Avec 6 171 habitants au recensement de 1999[5], la Guérinière est le septième quartier de Caen en importance mais un espace de pauvreté[6] et d'exclusion. L'habitat est constitué à 90 % de logements collectifs HLM gérés par Caen Habitat.

Des efforts sont pourtant développés depuis 1995 : passage de la ligne A du tram, ravalements des immeubles.

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Alfred Campion, « Note sur l’école de dressage et d’équitation de Caen », dans l'Annuaire des cinq départements de l'ancienne Normandie, 41e année, Caen, Le Blanc-Hardel, 1875
  2. a et b « La Guérnière », sur http://cormellesleroyal.free.fr/
  3. a et b Jules Morière, Conférence sur les engrais dans l'Annuaire des cinq départements de la Normandie, Caen, Association normande, 1865, p. 430 [lire en ligne]
  4. Cf. Cormelles-le-Royal au fil du temps
  5. Fiche de synthèse de l'INSEE
  6. « Quartiers prioritaires : l'État cible trois villes », sur ouest-france.fr, Ouest-France (consulté le 25 avril 2018)
  7. « Église du Sacré-Cœur de la Guérinière », notice no PA14000051, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  8. « Réservoir ou château d'eau de la Guérinière », notice no PA14000087, base Mérimée, ministère français de la Culture