Campus 1 de Caen

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Campus 1 de Caen
Image illustrative de l'article Campus 1 de Caen
Lieu Caen
Pays Drapeau de la France France
Construction De 1948 à 1970
Protection Logo monument historique Classé MH (2012)[1]
Établissements principaux université de Caen
Nombre d’étudiants 10 850 (2014-2015)
Tramway A et B
Coordonnées 49° 11′ 27″ nord, 0° 21′ 53″ ouest

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Campus 1 de Caen

Le Campus 1 de Caen est l'un des campus de l'Université de Caen Basse-Normandie. Il s'agit du campus historique, construit par Henry Bernard dans le cadre de la Reconstruction de Caen, après la destruction du palais des facultés situé en centre-ville pendant la bataille de Caen. Il est situé au nord du château ducal qui le sépare du centre-ville ancien de Caen. Il regroupe aujourd'hui les formations de sciences de l'homme et du vivant. On y trouve 10 850 étudiants en 2014–2015, soit 48 % de l'effectif des campus caennais (hors école supérieure du professorat et de l'éducation)[2].

Une partie de l'université construite sur les plans d'Henry Bernard a été classée au titre des monuments historiques le 15 mai 2012[1]. La cité universitaire, le parc, l'extension de chimie, le restaurant universitaire qui faisaient partie du projet d'origine n'ont pas été retenus dans la protection[3].

Histoire[modifier | modifier le code]

Article détaillé : 1968 à Caen.

Après la destruction du Palais des facultés, situé dans le centre de la ville, l'idée d'un déplacement et du regroupement des fonctions universitaires (enseignement, recherche, vie étudiante, sports) sur un site unique fait l'objet d'un consensus immédiat[3]. Trois emplacements sont d'abord étudiés. le premier est situé dans le prolongement de l'abbaye-aux-hommes, le long de l'avenue Albert Sorel, à l'emplacement du stade Hélitas. Le deuxième est réparti de part et d'autre du boulevard Dunois. Le troisième est le long de l'avenue de la Délivrande (emplacement approximatif du lycée Laplace). En mai 1945, on y ajoute un quatrième terrain, dit « du Gaillon ». En janvier 1946, cet emplacement est finalement retenu par le Conseil de l'université, et approuvé en mai suivant par le ministère[3]. Le terrain retenu comprend 32 ha situé sur le plateau, au nord du château de Caen qui est alors peu urbanisé[4].

En février 1945, le nombre d'étudiants prévus est d'abord de 1700 : 350 en Droit, 600 en Sciences, 600 en Lettres, 150 en médecine[5]. Le chiffre est ensuite revu à la hausse : en 1947, les bâtiments doivent accueillir 3500 étudiants, 1000 en Lettres, 1000 en Droit, et 1500 en Sciences[6]. Mais devant les contraintes budgétaires, ce programme est découpé en trois tranches successive. La première, correspondant à l'ensemble achevé en 1954 et inauguré en 1955, doit accueillir 2500 étudiants. [7]. L'avant-projet détaillé est approuvé par le conseil général des Bâtiments de France en juillet 1948[7].

La première pierre de la nouvelle université est posée le [8]. Les travaux débutent par le bâtiment des sciences en novembre 1949[9]. Les travaux du bâtiment Droit-Lettres et de la bibliothèque commencent en 1950[10]'[11]. En 1953, sont élevés Le portique qui relie les deux bâtiments, avec au premier étage la galerie dit « galerie vitrée », et le bâtiment de l'administration qui abrite l'Aula magna (salle d'apparat) et le rectorat[10]. La cité universitaire, formée par un ensemble de résidences et un restaurant, est érigée en dernier sur les hauteurs du domaine[10]. L'école de médecine et de pharmacie était prévue dans les plans de Henry Bernard comme un élément indépendant, car sa réalisation était incertaine. Le rattachement des écoles de médecine aux hôpitaux, préfigurant le statut des CHU, était en effet en discussion à l'échelle nationale dès la fin des années 1940[12]. La construction de l’école de médecine et de pharmacie fut finalement abandonnée[13]. Les facultés de droit et de lettres s'installent en 1954 et la faculté de sciences en 1955[13]. L'université est solennellement inaugurée les 1er et 2 juin 1957[14]. Elle est toutefois encore très incomplète par rapport aux plans d'origine. En octobre 1958, le phénix, bronze haut de huit mètres sculpté par Louis Leygue, est installé à l'entrée du domaine[13].

Face à la croissance des effectifs, la deuxième tranche de travaux est engagée à la fin des années 1950 : gymnase et piscine vers le restaurant universitaire[15], amphithéâtre Pierre Daure entre 1958 et 1961[11]. Il faudra toutefois attendre 1967 pour que les aménagements intérieurs le rendent utilisable[16]. Les actuels bâtiments A et B, de chaque côté du Phénix, ne sont construits qu'en 1962 (propédeutique lettres) et 1967 (propédeutique sciences)[11]. L'aile des sciences est également prolongée et la bibliothèque scientifique est inaugurée en 1968[17]. La cité universitaire est également agrandie[17].

En 1965, Henry Bernard renonce à renouveler ses fonctions d'architecte en chef du campus. Plusieurs malfaçons ont été constatées, des procès sont en cours. Il reste toutefois en poste jusque 1968 pour achever les bâtiments déjà commencés ou étudiés : bibliothèque Sciences, propédeutiques Lettres et Sciences, extension de Chimie[18].

Le bâtiment de la présidence est construit en 1970[11]. Le rectorat quitte les locaux de l'université pour les locaux de l’école normale, rue Caponière, en 1988[10].

De nouveaux bâtiments sont rajoutés par la suite :

  • annexe de Droit en 1970, Marcel Clot architecte[19]
  • amphi 2000 ;
  • amphi Tocqueville (1992) ;
  • bâtiments IRBA 1 et 2 ;
  • maison de la recherche en sciences humaines (1995)[20] ;
  • maison des langues et de l'international (2011)[21].

Le 2 novembre 2015, une extension de la maison de recherche en sciences humaines, qui héberge le Centre interdisciplinaire de réalité virtuelle, est inaugurée. Elle abrite une des plus grandes salles immersives de France[22].

Architecture[modifier | modifier le code]

Alors que les anciennes facultés, situées derrière l'église du Vieux Saint-Sauveur, étaient enserrées dans la parcelle urbaine de la ville ancienne, la nouvelle université, dont les plans sont confiés à Henry Bernard qui est assisté d'Édouard Hur et de l’ingénieur Lamorère, assume une certaine monumentalité[3]. C'est le premier campus à anglo-saxonne en France[11]. Édifiés à mi-pente, les deux bâtiments sont reliés par une grande galerie. Érigé au milieu d'un grand parc, le tout forme un ensemble harmonieux organisé selon un plan classique qui n'est pas sans rappeler l'architecture d'Auguste Perret[23]. En 1957, Henry Bernard déclare ainsi : « Le plan de l'université de Caen souligne [la] filiation majeure [avec les fondateurs de l’université, le roi d'Angleterre, Henri VI, et Bedford, son régent] : le grand axe de composition prend naissance dans le cœur du donjon [...]. Mais [...] l'université tend ses bras de béton clair vers les quatre points cardinaux. Nous avons voulu lancer dans la nature de grands rythmes dépouillés, des rythmes permanents venant habiller une matière sans cesse mouvante, comme est tout enseignement vivant [...]. Et parmi ces rythmes [...], l'un d'eux s'élève des accents vers le centre du parvis : la bibliothèque, nouveau donjon de livres, toujours veillant sur les hauteurs de la ville, reprend le flambeau du donjon féodal disparu. »[4] .

L'université a été classée au titre des monuments historiques le 15 mai 2012. Sont protégés[1] :

  • l'ancienne bibliothèque des sciences en totalité,
  • les façades et les toitures de l'ensemble des bâtiments prévus par le plan masse d'Henry Bernard,
  • le portique central avec sa galerie vitrée,
  • la grande cour d'honneur et l'esplanade avec la sculpture le Phénix de Louis Leygue,
  • les espaces intérieurs (le grand hall dit « Aula Magna »; l'amphithéâtre Pierre Daure ; la salle du conseil d'administration ; l'amphithéâtre Jules Dumont d'Urville ; dans le bâtiment droit-lettres, le grand hall de droit dit « salle des pas perdus », l'amphithéâtre Jacques Héron, le bureau dit « du doyen » au premier étage, la grande salle de lecture du premier étage, et les peintures murales ; le hall d’accès au bâtiment des sciences avec son escalier).

Les piliers du portique central soutenant sa galerie vitrée sont ornés de trente sculptures gravées par Charles-Émile Pinson et représentant « les grandes figures normandes »[1]. Chaque figure est haute de 6,50 m[24].

Établissements[modifier | modifier le code]

Ce campus comprend les établissements suivants:

Galerie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d « Université de Caen », notice no PA14000102, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  2. À propos de l'université de Caen Normandie sur le site officiel de l'université de Caen Normandie
  3. a, b, c et d Patrice Gourbin, « La reconstruction de l’université de Caen. À l’origine du campus français » In Situ [En ligne], no 17, 2011, mis en ligne le 23 novembre 2011 [lire en ligne]
  4. a et b « Caen et la reconstruction » dans Caen, une ville à explorer, dossier pédagogique du SCÉRÉN (CNDP – CRDP), p. 20 [lire en ligne]
  5. Bernard Hamelin, « L’université de Caen dans la cité, 1944-1957 », Annales de Normandie,‎ 66e année n. 2, juillet-décembre 2016, p. 106
  6. Henry Bernard, Edouard Hur, « Université de Caen. Avant-projet », L'architecture française,‎ n. 81-82, 1948, p. 8
  7. a et b Patrice Gourbin, « La reconstruction de l'université de Caen. A l'origine du campus français », In Situ,‎ n. 17, 2011, mis en ligne le 09 janvier 2014, § 29 (lire en ligne)
  8. Quellien et Toulorge 2012, p. 206
  9. Quellien et Toulorge 2012, p. 207
  10. a, b, c et d Quellien et Toulorge 2012, p. 212
  11. a, b, c, d et e Symbole de la Reconstruction, l'université de Caen classée au titre des monuments historiques, site de la Direction régionale des Affaires culturelles de Basse-Normandie, 30 août 2012
  12. Patrice Gourbin, « La reconstruction de l’université de Caen. À l’origine du campus français », In Situ,‎ no 17, 2011, mis en ligne le 23 novembre 2011, § 21 (lire en ligne)
  13. a, b et c Quellien et Toulorge 2012, p. 213
  14. Quellien et Toulorge 2012, p. 215}
  15. Quellien et Toulorge 2012, p. 226-227
  16. Patrice Gourbin, « La reconstruction de l'université de Caen. A l'origine du campus français », In Situ,‎ n. 17, 2011, mis en ligne le 09 janvier 2014, § 33 (lire en ligne)
  17. a et b Quellien et Toulorge 2012, p. 231
  18. Patrice Gourbin, « Le béton de construction de l'université de Caen », Matériaux et construction en Normandie du Moyen-âge à nos jours,, Saint-Lô, Société d'archéologie et d'histoire de la Manche,‎
  19. Jean Collin, Caen. Promenades à l'université, Condé-sur-Noireau, Corlet, , 241 p. p., p. 83-85
  20. Quellien et Toulorge 2012, p. 256
  21. « La Maison des langues et de l'international est née à l'université de Caen » dans Tendance Ouest, 19 novembre 2011
  22. « L’extension de la Maison de Recherche en Sciences Humaines inaugurée » dans Liberté - Le Bonhomme libre , 3 novembre 2015
  23. Gerard Monnier (dir.), L'architecture moderne en France, Picard, Paris, 1997, t. 2, p. 187
  24. Renaissance d'une ville - Caen, 1944-1963, site de la ville de Caen

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Henry Bernard, Édouard Hur, « Université de Caen. Avant-projet », L'Architecture française, n. 81-82, 1948, p. 7-30
  • Henry Bernard, Édouard Hur, « Exemple concret d'architecture culturelle. L'université de Caen », Supplément aux Annales de l'institut technique du bâtiment et des travaux publics, septembre 1954, septième année n. 81, p. 856-882
  • Patrice Gourbin, « La reconstruction de l’université de Caen. A l'origine du campus français », In Situ [enligne], n. 17, 2011, mis en ligne en novembre 201, [lire en ligne]
  • Bertrand Hamelin, « L’université de Caen dans la cité, 1944-1957 », Annales de Normandie, 66e année n. 2, juillet-décembre 2016, p. 93-114
  • Jean Quellien et Dominique Toulorge, Histoire de l’Université de Caen, 1432–2012, Caen, Presses universitaires de Caen, (ISBN 9782841334186)