GINK

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GINK est l'acronyme de Green Inclination No Kid, terme anglais pour désigner les personnes qui font le choix, pour des raisons écologiques, de ne pas avoir d'enfant. Faute d'équivalent en français, on parle alors d'un gink, des ginks. Ils constituent une partie des « Sans enfant par choix » (en anglais childfree).

Le terme fait écho au plus ancien DINK (Double Income No Kid) qui définit depuis les années 1980 aux États-Unis les couples sans enfants dont les deux membres travaillent.

Origine[modifier | modifier le code]

Le mouvement est fondé aux États-Unis par Lisa Hymas, éditorialiste au Huffington Post[1],[2],[3]. Le terme lui-même n'est guère usité en anglais, peut-être parce qu'[réf. souhaitée]il s'agit d'un mot d'argot américain péjoratif qu'on peut traduire par « mec, type »[4].

En Europe, la Française Corinne Maier dans son ouvrage No Kid, Quarante raisons de ne pas avoir d’enfant[5], le philosophe belge Théophile de Giraud (Save the planet, make no baby!) et le scientifique Jean-Loup Bertaux tiennent des positions similaires, liant maîtrise de la démographie et contrôle des naissances[6]. L'ancien ministre de l'écologie Yves Cochet a été un des premiers à prôner un « néomalthusianisme modéré » en 2009[6].

Philosophie[modifier | modifier le code]

Les ginks estiment que dans l'état de surpeuplement qui selon eux caractérise la Terre, procréer contribuerait à l’aggravation du problème et à l'épuisement des ressources naturelles. Ils estiment par leur choix réduire leur empreinte écologique, arguant d'une étude publiée en 2017 dans Environmental Research qui conclut qu'éviter une naissance épargne autant d'émission de CO2 que 684 adolescents qui opteraient à vie pour le recyclage de leurs déchets ou que 24 personnes qui renonceraient à utiliser une voiture[5].

Les ginks développent en outre une vision pessimiste de la vie de leurs potentiels enfants : « Ne les mets pas au monde, c'est une poubelle »[7].

En France, les quelque 200 membres (en 2018) de l'association Démographie responsable incitent à une décroissance progressive de la population et réclament que le taux de fécondité cesse d'être encouragé par le gouvernement[5].

A l'extrême, d'autres militants prônent la stérilisation et la vasectomie définitives[5] et Lisa Hymas promeut le « Mouvement pour l’Extinction Volontaire de l’Humanité »[3].

Ces activistes constituent une fraction minoritaire des 5% de la population française qui dit ne pas souhaiter avoir d’enfant, selon un sondage de 2010, ceux-ci exprimant majoritairement un simple désir de liberté et d'épanouissement personnel[3].

Critiques[modifier | modifier le code]

L'écologiste Pierre Rabhi estime en revanche que l’« argument démographique est une imposture : il y a largement de quoi nourrir tout le monde » et le véritable problème est celui de la répartition des ressources[2]. Une position voisine est tenue par le pape François (« accuser l’augmentation de la population et non le consumérisme extrême et sélectif de certains est une façon de ne pas affronter les problèmes »)[2]. Des études confirment que la surconsommation dans les pays riches a bien plus d'impact sur l'environnement que la démographie des pays pauvres : un bébé qui nait aux États-Unis émettra 91 fois plus de dioxyde de carbone qu'un enfant qui vient au Bangladesh[1].

Le prétexte écologiste masquerait chez les tenants de ce choix de vie des considérations plus égoïstes : la préservation d'un mode de vie individualiste et consumériste, la liberté financière et l'absence d'entrave[2].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • No Kid, Quarante raisons de ne pas avoir d’enfant, Paris, Éd. Michalon, , 170 p. (ISBN 978-2-84186-405-8)
  • (en) S. Wynes et K.A. Nicholas du Centre d'études sur le développement durable de l'université de Lund, Étude, Lund, Environmental Research,

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Les Ginks refusent la maternité au nom de l’écologie », sur TV5MONDE, (consulté le 5 juillet 2020)
  2. a b c et d Gabrielle de Loynes, « Le triste manifeste des « Ginks » : arrêter de procréer pour sauver la planète » (consulté le 5 juillet 2020)
  3. a b et c Madame Figaro, « Les "Ginks", ces femmes qui renoncent à la maternité pour sauver l'environnement », sur Madame Figaro, (consulté le 5 juillet 2020)
  4. (en) « Definition of ginks | Dictionary.com », sur www.dictionary.com (consulté le 5 juillet 2020)
  5. a b c et d Marylou Magal, « Faire moins d'enfants, le geste écolo ultime ! », sur Le Point, (consulté le 5 juillet 2020)
  6. a et b Paris Match, « "Ginks" : ils ne veulent pas d'enfants, ça pollue ! », sur parismatch.com (consulté le 5 juillet 2020)
  7. « Ginks : ne pas faire d’enfant, geste écolo ultime ? », sur France Culture,