François de Caulet

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François-Étienne de Caulet
Image illustrative de l’article François de Caulet
François-Étienne de Caulet par Nicolas Habert
Biographie
Naissance
Toulouse
Décès
Pamiers
Évêque de l’Église catholique
Consécration épiscopale
par Nicolas Sanguin
Dernier titre ou fonction Ancien évêque de Pamiers
Pamiers

Blason
(en) Notice sur www.catholic-hierarchy.org

François-Étienne de Caulet ( à Toulouse - à Pamiers) est un évêque janséniste de l'Ancien Régime.

Biographie[modifier | modifier le code]

Origine et formation[modifier | modifier le code]

Étienne de Caulet nait à Toulouse. Il est le fils de Georges, président des Trésoriers de France et de Marguerite de Garaud, fille d'un président au parlement de Toulouse. Il commence ses études auprès d'un précepteur puis au Collège des jésuites de Toulouse puis au Collège de La Flèche, pour les terminer à Paris au Collège de Laon avec un doctorat de droit canon. Il est pourvu en commende de abbaye Saint-Volusien de Foix en 1627. Il semble tenté par une carrière séculière mais il rencontre Charles de Condren, responsable de l'oratoire supérieur qui l'incite à rejoindre le séminaire Saint-Magloire. Il est ordonné prêtre vers 1636 et il rejoint alors Jean-Jacques Olier pour la fondation du séminaire de Vaugirard et la Compagnie des prêtres de Saint-Sulpice. Lorsque Olier accepte la paroisse de Saint-Sulpice à Paris, Caulet prend pratiquement la tête du séminaire. À la fin de la décennie 1630 et au début de celle de 1640 il participe également à des missions en pays rural[1].

Un évêque actif[modifier | modifier le code]

À la suite de la suggestion de saint Vincent de Paul, Louis XIV le nomme évêque de Pamiers en 1644, poste qu'il honorera jusqu'en 1680, date de son décès. François de Caulet n'avait pas cherché les honneurs épiscopaux, mais une fois évêque il se lance avec zèle dans la réforme du clergé. Il tient des synodes destinés à discuter des devoirs moraux des prêtres et de la doctrine, s'appesantit sur le clergé paroissial en le formant après avoir créé la maison de Sabart, fonde des écoles dont une était spécialement dédiée à la formation des enseignants. Il sanctionne les manquements et traque les entorses aux lois de l'Église chez les fidèles. De plus, il effectue la visite annuelle de son diocèse, stimulant l'agrandissement des églises (qu'il visita dans leur totalité) et le développement de l'ornementation en conformité avec le Concile de Trente, continuant ainsi l'œuvre de son prédécesseur, Henri de Sponde. De même, il fait relever la cathédrale de Pamiers, ruinée par les guerres de religion.

Tout le cœur qu'il mettait à l'ouvrage ne manqua pas de soulever l'opposition. Les chapitres de Foix et de Pamiers, qu'il essayait de réformer avec rigueur, se révoltèrent ouvertement. Il fut contraint à se soumettre par des Brèves du Pape Alexandre VII (qui lutta contre les Jansénistes) et des ordonnances de Louis XIV.

Tombe de François de Caulet, en la cathédrale de Pamiers. Le château de Pamiers, aujourd'hui rasé, y est gravé.

Trahi par son entourage, spolié par le roi, il fait appel à Innocent XI (pape depuis 1676) qui publie alors plusieurs brèves louant son courage et sa loyauté envers l'Église. La dernière de ces brèves, datée du 17 juillet 1680, parvient à Pamiers juste après la mort de Monseigneur de Caulet, contenant le plus bel éloge qu'un évêque puisse recevoir.

Par humilité, il se fait ensevelir dans la cathédrale alors encore en travaux ; non pas dans le chœur mais là où les fidèles pourront fouler sa tombe. Lors de son enterrement, on arrache ses ornements et ses cheveux, car Monseigneur de Caulet, à force de conviction et de travail, est considéré comme un saint par ses fidèles.

Le Jansénisme[modifier | modifier le code]

Janséniste et adversaire résolu de la réception de la bulle Cum occasione janséniste, il résiste avec son ami Nicolas Pavillon, évêque d'Alet.

Affaire de la régale[modifier | modifier le code]

En février 1673, Louis XIV, en recherche de fonds nouveaux, tenta d'étendre le droit de régale (c'est-à-dire le droit qu'avaient les rois de France de toucher les revenus des évêchés vacants et d'y faire les nominations ecclésiastiques selon leur bon vouloir) à tous les évêchés de France. Monseigneur Caulet résista et refusa l'extension de ce droit de régale aux évêchés du Midi. On notera également des différends avec l'archevêque de Toulouse, Joseph de Montpezat de Carbon, dont il dépendait. Avec son vicaire général, Jean Cerle, et avec l'appui du pape il s'oppose en effet à la présence de chanoines régalistes, ce qui provoque un schisme qui va durer treize ans entre son évêché et l'archevêché de Toulouse.

La Déclaration des quatre articles[modifier | modifier le code]

Louis XIV convoqua en 1682 une assemblée du Clergé de France qui rédigea une déclaration, véritable manifeste de l'Église gallicane.

Cette déclaration, plus communément appelée Déclaration des quatre articles, fixe jusqu’à la fin de l'Ancien Régime la doctrine des libertés de l’Église gallicane. Elle aura une énorme influence sur l’histoire de l’Église de France, prédisposant aux futures réformes religieuses des Constituants dans la Constitution civile du clergé de 1791.

Monseigneur Caulet est ainsi l'un des deux évêques, avec celui d’Alet, qui se sont opposés à la politique gallicane de Louis XIV, qui culminera avec cette déclaration rédigée largement sous l'égide de Bossuet. Ces deux évêques semblaient d’obédience janséniste, mais dans ce contexte précis, il y a eu convergence d'intérêt avec Rome, ce qui fait de Caulet et, après la mort de celui-ci en 1680, de son vicaire Antoine Charlas, des ultramontains avant la lettre - ce terme n'existe pas au XVIIe siècle, mais la réalité qu'il recouvre existe bel et bien[2].

Cet admirateur d'Antoine Arnauld laissa un nombre impressionnant d'ordonnances épiscopales, de statut synodaux ou de mémoires. Deux traités sur la régale ont été publiés sous son nom en 1680 et 1681.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Joseph Bergin, The Making of French Episcopate (1589-1661), Yale University Press, 1996 (ISBN 978-0300067514) p. 592
  2. Aimé-Georges Martimort, Le gallicanisme de Bossuet, Paris, le Cerf, 1953

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean-Marie Vidal, François-Étienne de Caulet - évêque de Pamiers, Édition E. de Broccard, 1939, 643 p.