François-Xavier Maistre

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François-Xavier Maistre
Description de cette image, également commentée ci-après
Buste en marbre du président Maistre[1] , par le sculpteur Giuseppe Moretti de Turin, d'après une esquisse de son fils Xavier de Maistre (Collection particulière).
Naissance
Aspremont (Comté de Nice).
Décès (à 83 ans)
Chambéry (Savoie).
Nationalité Savoisien
Pays de résidence Drapeau de la Savoie Duché de Savoie
Profession
Avocat, sénateur
Activité principale
Second président du sénat de Savoie
Autres activités
corédacteur des Royales Constitutions de 1770
Formation
Études de droit
Ascendants
André Maistre (de Nice) et Henriette Berengero
Conjoint
Christine de Motz de La Salle (1727-1774).
Descendants
Famille
Maistre

François-Xavier, comte Maistre (1705-1789) (alias François-Xavier de Maistre), sujet des États de Savoie, président du sénat de Savoie à Chambéry. Il est le fondateur de la Famille de Maistre (Savoie) dont de nombreux descendants se sont illustrés au service de leur pays.

Biographie[modifier | modifier le code]

François-Xavier Maistre est savoisien d’origine niçoise. Il est né le 20 novembre 1705 à Aspremont, dans le comté de Nice[2]. Il est le fils d'André Maistre, négociant, deuxième syndic de Nice (1708- 1709) et d'Henriette, alias Angèle, Berengero[3]. Dans les actes, le nom d'André Maistre est précédé du qualificatif nobilis[4]. La famille ne porte alors pas de particule[5]. Elle est composée de douze enfants, dont neuf furent baptisés en la cathédrale Sainte-Réparate de Nice. Parmi les frères de François-Xavier, trois sont rentrés dans les ordres, dont Joseph-André, religieux Augustin, maître provincial et professeur de théologie sacrée aux royales écoles de Nice. Un autre de ses frères, Jean-Baptiste est avocat à Nice.

François-Xavier Maistre épouse le 7 avril 1750, en la paroisse Saint-Léger de Chambéry, Christine Demotz de La Salle (1722-1774), d'une famille noble originaire de Rumilly (fille de Joseph Demotz, Sénateur honoraire et juge mage de Savoie et de Marie Fortis). De cette union sont issus quinze enfants, dont dix vivants, parmi lesquels le philosophe Joseph de Maistre, l’écrivain Xavier de Maistre et André-Marie de Maistre, nommé évêque d'Aoste. Le cousin germain de François-Xavier est Jean-François Maistre (1698-1760), comte de Castelgrana et Carraz, second président de la chambre royale des comptes à Turin. Dans la famille Maistre, François-Xavier est le fondateur de la branche savoisienne, son cousin Jean-François est le fondateur de la branche piémontaise.

Issu d’une famille d'avocats et de marchands, François-Xavier Maistre exerce au sénat de Nice. En 1740, il est transféré par décision royale du sénat de Nice au sénat de Savoie. Promu sénateur au sénat de Savoie, il prend ses fonctions à Chambéry[6]. Sénateur, puis second président du sénat, il mène une carrière brillante. Il est notamment l'artisan principal, avec le président Salteur et le chancelier Caissotti, des Royales Constitutions de 1770 promulguées par Charles-Emmanuel III .

Le président François-Xavier Maistre est décédé en fonction à Chambéry, à l'âge de 84 ans, le 16 janvier 1789[7].

Carrière[modifier | modifier le code]

Les étapes principales de la carrière du comte sont :

1729, avocat à Nice ;
1730, substitut de l'avocat des pauvres[8] ;
1738, nommé au bureau de l'avocat fiscal général de Nice ;
1740, promu sénateur, transféré par décision royale au sénat de Savoie à Chambéry, prend le titre d'avocat fiscal général. Son appartenance au Sénat de Savoie entraine statutairement l'aggrégation de sa famille à la noblesse du duché de Savoie (Voir la thèse de 1977 d'Henri Arminjon publiée à Annecy, chez Gardet, intitulée : « De la noblesse des sénateurs au Souverain Sénat de Savoie et des Maitres Auditeurs à la cour des Comptes ». Cette thèse est agréée par la commission des preuves de l'ANF depuis l'année 1983)[9] ;
1749, prend la direction du parquet[10] ;
1761, se rend à Turin pour participer à l'édit d'affranchissement ;
1764, 25 novembre, nommé second président du sénat de Savoie (premier président étant Jacques Salteur)[11],[12] ;
1768, nommé à la présidence du conseil de réforme pour réorganiser l'enseignement universitaire dans le duché, et rédacteur à la commission de législation pour les Royales Constitutions de 1770 ;
1778, reçoit le titre et la dignité de comte  pour lui et ses descendants par ordre de primogéniture[13] ;
1785, conservateur général des apanages des altesses royales en Savoie[14] ;
1789, 16 janvier, sur les 4 heures du soir, décès de François-Xavier comte Maistre[15].

Union et Postérité[modifier | modifier le code]

Il épouse le 7 avril 1750 Christine de Motz de La Salle (alias Demotz), née le 24 novembre 1727, décédée le 21 juillet 1774 à l'âge de 47 ans (fille de Joseph de Motz de La Salle - 1699-1769, juge mage de Savoie, et de Marie Fortis), qui lui donne 15 enfants, dont 10 vivants[16].

  • Marie-Josephte (1751-1751).
  • Marie-Jacqueline (1751-1751).
  • Joseph (1753-1821). Il épouse en 1786 Françoise de Morand de Saint-Sulpice dont il a trois enfants: Leur fils Rodolphe de Maistre est l'ancêtre de tous les Maistre d'origine savoisienne.
  • Jeanne Baptiste Françoise (1754-1759).
  • Marie-Christine (1755-1814). Elle épouse en 1778 Pierre-Louis Vignet . Elle a trois enfants, dont le sénateur François-Xavier de Vignet.
  • Nicolas (1756-1837), colonel du régiment de Savoie. Il épouse en 1802 sa cousine Marthe Perrin d'Avressieux dont il a un enfant, Eloi de Maistre (1805-1806).
  • André-Marie (1757-1818), nommé évêque d'Aoste juste avant sa mort en 1818.
  • Anne (1758-1822). Elle épouse en 1796 Alexis de Saint Réal dont elle a une fille, Elisabeth, future comtesse de Foras, mère du comte Amédée de Foras, auteur de l'Armorial et nobiliaire de Savoie.
  • Marie-Marthe (1759-1826). Elle est religieuse Ursuline sous le nom de sœur Eulalie.
  • N.(née et décédée le 21 octobre 1760).
  • Jeanne-Baptiste, dite Jenny [17].(1762-1834). Elle épouse en 1794 Charles-François de Buttet (1738-1797), colonel d'Artillerie, dont elle a un fils, Louis-Eloi-Audifax de Buttet (1795-1877).
  • Xavier (1763-1852). Il épouse en 1813 Sophie Zagriaski dont il a quatre enfants morts jeunes.
  • Marie-Thérèse (1765-1832). Elle épouse en 1792 le chevalier Constantin de Moussy dont elle a cinq enfants.
  • Eugène Claude (1767-1771).
  • Victor (1771-1801), officier aux Dragons de Sardaigne. Mort sans alliance.

Citations[modifier | modifier le code]

« Charles-Emmanuel III acheva le monument législatif dont Marie-Jeanne de Savoie-Nemours avait esquissé le plan et Victor-Amédée II fait le gros œuvre. Il s'appliqua à en unifier encore les dispositions, à en perfectionner les détails, à en polir les aspérités; de cette révision définitive sortirent ces Royales Constitutions de 1770, qui sont la base fondamentale du droit public et civil moderne...Maistre et Salteur furent les principaux ouvriers de cette codification éminemment libérale pour l'époque. ...Cette œuvre superbe, dès 1770, mit le petit royaume de Sardaigne à la tête du progrès législatif en Europe, laissant bien loin derrière elle sa grande voisine, la France. Lorsque les cahiers contenant les observations du Sénat furent achevés, sa Majesté appela Maistre à Turin pour lui en exposer les grandes lignes et participer aux travaux de la commission de législation instituée dans la capitale. Le magistrat savoyard s'acquitta de sa tâche avec une telle supériorité que le roi, qui présidait en personne, le chargea de la rédaction définitive du code. »

« Le comte François-Xavier Maistre est décédé le 16 janvier 1789 en son hôtel de la place Saint-léger à Chambéry. Les funérailles du grand magistrat eurent lieu avec une pompe extraordinaire. Victor-Amédée III, dans un message au Premier Président, exprima les regrets que lui causait la perte de ce serviteur fidèle, associé à l'œuvre législative du règne de Charles-Emmanuel III, de celui qui, le 22 mars 1773, était allé au pied du trône, porter au nouveau roi les hommages du peuple de Savoie. Le Sénat tout entier assista aux funérailles. Les royales Finances ont fourni dix-huit flambeaux et dix-huit écussons, lesdits flambeaux pesant chacun trois livres. Le Gouverneur, les troupes de la garde, et, ce qui valait mieux encore, le peuple de Chambéry, les pauvres qui vénéraient le Président, l'accompagnèrent à sa dernière demeure. »

François Descotes, Joseph de Maistre Avant la Révolution. Souvenir de la Société d'autrefois, Picard, Paris, 1893.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Sur le socle, Joseph de Maistre a fait inscrire: Incorrupta fides nudaque veritas. Quando ullum invenient parem.
  2. La commune d'Aspremont incite les touristes à visiter la maison natale de François-Xavier Maistre, répertorié comme président du Sénat de Savoie. (La famille savoyarde de Maistre n'a aucun lien de parenté avec la famille languedocienne de Maistre originaire de Toulouse
  3. Anno dni millesimo septingentesimo sexto Franciscus Xavieri filius nobilis Andreae Maistre e D. Angelae Berengario conjugum natus est die vigesimo novembris eademque die baptisatus fuit. Patrem fuerunt D. Joannes Baptista Maistre et D.Margarita ejus mater. (Registre des baptêmes de la paroisse d'Aspremont. Signé par Andreas, curé). Nous observons que le parrain est Jean-Baptiste Maistre, avocat, oncle de l'enfant et que la marraine, Marguerite Dalmassi (épouse de François Maistre), est sa grand-mère paternelle.
  4. Selon l'opinion de Jean Nicolas, la tradition permet d'appliquer le qualificatif de noble aux syndics et consuls de Nice. André Maistre fut syndic de Nice au cours des années 1708 et 1709. Il avait marié sa sœur, Angèle Maistre, à Germano, comte de Villefranche, seigneur de Peillon (Peglione) et confié tous ses fils au collège des jésuites, voisins de sa propriété niçoise. En 1717, le blason des Maistre niçois est apparu pour la première fois sur le sceau du testament de Marguerite Dalmassi, veuve de François Maistre :" Trois soucis d'or, deux et un, sur champ d'azur", probablement directement inspiré de celui de la famille parisienne Le Maistre à laquelle appartenait l'illustre Isaac Le Maistre, dit Le Maistre de Sacy (1613-1684), janséniste de Port-Royal, sans pour autant que le moindre lien de parenté semble avoir existé entre les deux familles. Pour ce qui concerne François-Xavier Maistre, l'appartenance au Souverain Sénat de Savoie à partir du 17 mars 1740 lui confère la noblesse ainsi qu'à ses descendants par voie héréditaire. C'est donc l'année 1740 qui doit être retenue comme date d'accession à la noblesse de la famille de Maistre en duché de Savoie. La date de 1778 ne fait que confirmer l'attribution du titre comtal. De la noblesse des sénateurs au Souverain Sénat de Savoie et des Maîtres Auditeurs à la Chambre des Comptes; Henri Arminjon. Gardet. Annecy. 1977. 198 p.
  5. Cette marque (la particule) ainsi que la devise de la famille de Maistre "Fors l'Honneur, nuls soucis", n’apparaîtront définitivement qu’au moment où son petit-fils Joseph de Maistre sera ministre plénipotentiaire à la cour de Russie.
  6. Patentes de bourgeois de Chambéry et d'Annecy accordées à noble François-Xavier Maistre, du 25 août 1756, Archives départementales Haute-Savoie/Archives départementales Savoie
  7. Le sort a voulu que ce fidèle serviteur de la dynastie de Savoie échappe aux tourmentes de la Révolution françaises de 1789 et à l'invasion de la Savoie par les révolutionnaires français en 1792, qui vont bouleverser la vie de toute sa famille.
  8. Mentionné dans les Statuta Sabaudiae d'Amédée VIII en 1430, le bureau des pauvres est un organe d'Assistance juridictionnelle en faveur des orphelins, des déshérités; il est composé d'un procureur pour mettre en forme les plaintes, d'un avocat et d'un greffier, tous chargés de défendre la cause des illettrés et des plus démunis; le service gratuit existait déjà auparavant, mais la réforme de 1723 le rattachait au Sénat. Le chef de bureau des pauvres, à partir de cette date, était élevé au rang de sénateur, ce qui le plaçait au même plan que le Ministère public. Le poste de substitut de l'avocat des pauvres était, pour sa part, un excellent tremplin pour accéder à plus ou moins longue échéance au poste de sénateur.
  9. Le tableau XI 5, intitulé Promotions Sénatoriales 1700-1792 mentionne : François-Xavier Maistre, niçard, entré au Sénat le 17 mars 1740. Statut ou profession du père : négociant. Statut personnel : roturier. in Jean Nicolas La Savoie au XVIIIe siècle-Noblesse et Bourgeoisie'', Maloine, Paris, 1978, 672 p.
  10. Le 8 mai, M. le sénateur Maistre reçu avocat général in François Mugnier (Conseiller-doyen de la Cour d'appel de Chambéry), Les registres des entrées à l'audience du Sénat de Savoie (Seconde partie : 1600-1792). Les anciens avocats de Savoie, Inventaire partiel du Trésor des chartes de Chambéry, 1900, p. 149).
  11. François-Xavier de Maistre et Jacques Salteur ont travaillé ensemble à l‟adaptation des Royales Constitutions de 1770 et ont conservé de ce temps une vive amitié. Leurs fils, Joseph de Maistre et Jean-Baptiste Salteur partagèrent ensuite les mêmes sentiments ; Colloque international d’Aoste du 25 et 26 octobre 2007 « Le Sénat de Chambéry dans la société savoyarde du XVIIIe siècle  » par Frédéric Meyer.
  12. L'avocat général François-Xavier Maistre avait été nommé président le 3 décembre, et remplacé comme avocat général par le sénateur César Lovera di Maria in François Mugnier, Les registres des entrées à l'audience du Sénat de Savoie (Seconde partie : 1600-1792). Les anciens avocats de Savoie, Inventaire partiel du Trésor des chartes de Chambéry, 1900, p. 154.
  13. Lettres patentes du 16 septembre, sans payement.
  14. Lettres patentes du 5 juillet 1785.
  15. François Mugnier (Conseiller-doyen de la Cour d'appel de Chambéry), Les registres des entrées à l'audience du Sénat de Savoie (Seconde partie : 1600-1792). Les anciens avocats de Savoie, Inventaire partiel du Trésor des chartes de Chambéry, 1900, p.161.
  16. Amédée de Foras. Armorial et nobiliaire de Savoie.
  17. C'est à sa soeur Jenny que Xavier de Maistre dédie son premier ouvrage, intitulé Voyage autour de ma chambre : « Je m'étais promis de ne laisser voir dans ce livre que la face riante de mon âme... Il me suffit que tu le trouves selon ton coeur, ma chère Jenny, toi, la meilleure et la plus aimée des soeurs ; c'est à toi que je dédie mon ouvrage »