Frédéric Pierucci

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Frédéric Pierucci
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Observatoire de l'intelligence économique français (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
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Le piège américain (d)Voir et modifier les données sur Wikidata

Frédéric Pierucci, né le , est un ancien cadre supérieur d'Alstom, président monde de la division chaudière de l'entreprise, accusé de corruption en 2013 par le gouvernement américain, arrêté[1] puis détenu à ce titre plusieurs années aux États-Unis[2].

Cette affaire est fréquemment présentée comme un exemple de la guerre économique à laquelle se livrent les États-Unis, y compris à l'encontre de ses alliés supposés. En effet son arrestation et son emprisonnement surviennent sur fond de rachat de la branche énergie d'Alstom par General Electric[3].

Biographie[modifier | modifier le code]

Formation[modifier | modifier le code]

Il est diplômé de l'école nationale supérieure de mécanique et d'aérotechnique (Ensma), de l'institut européen d'administration des affaires (Insead) et a obtenu un MBA à l'université Columbia[4].

Carrière[modifier | modifier le code]

Dans les années 2000, il devient directeur des ventes et du marketing pour la filière « chaudières » d'Alstom[5].

Incarcération aux États-Unis[modifier | modifier le code]

Dès 2009, Alstom est mis en cause par le Département de la Justice des États-Unis, au nom du Foreign Corrupt Practices Act. Le groupe semble alors coopérer[6].

En 2010, la justice américaine ouvre une enquête sur les pratiques commerciales d'Alstom autour d'un contrat de 118 millions de dollars en Indonésie[7].

Le groupe français avait été épinglé par le DOJ au nom d’une loi extraterritoriale américaine de 1977 dénommée FCPA (Foreign Corrupt Practices Act) mais, sous la direction de Patrick Kron, avait longtemps refusé de coopérer avec la justice américaine, ou fait mine de coopérer.

Le , Frédéric Pierucci est arrêté aux États-Unis pour cette raison[8],[9].

Il est licencié le par Alstom, et ne bénéficie alors plus de son assistance juridique[10].

Il passe alors quatorze mois dans une prison de haute sécurité[11]. En , des circonstances fortuites lui apprennent le rachat de la branche énergie d'Asltom par GE, et lui font comprendre le contexte de guerre économique dans laquelle son arrestation a eu lieu[12].

Il est ensuite libéré sous caution, la semaine où le gouvernement français accepte ce rachat.

Fin , un tribunal du Connecticut le condamne à une peine de deux ans et demi d'enfermement.

Suites de l'affaire de la vente de la branche énergie d'Alstom à General Electric[modifier | modifier le code]

Il a co-écrit un livre à propos de cette affaire : Le Piège américain[13]. France Inter adapte le livre en illustrant, par le vécu de Frédéric Pierucci depuis 2014, cette affaire Alstom dans une série radiophonique.

En 2020, Frédéric Pierucci tente de réunir des investisseurs français pour racheter à l’américain General Electric le pôle nucléaire qui faisait partie d'Alstom[2]. Arnaud Montebourg défend la même approche : « Qu’est-ce que le gouvernement attend pour racheter avec la BPI, des fonds privés d’investissement », « C’est le moment de se retrousser les manches pour reconstruire un outil stratégique dans le secteur énergétique »[14].

En recherche de liquidités, General Electric est engagé dans la vente d’une bonne partie de ses actifs, dont potentiellement les activités nucléaires ex-Alstom[15],[16],[17]. En 2021, EDF s'apprête à racheter les activités nucléaires de General Electric, regroupées dans la filiale GE Steam Power, lesquelles sont principalement situées à Belfort[18],[19].

Œuvres[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Corruption : un Français arrêté aux USA », sur Le Figaro.fr, (consulté le ).
  2. a et b Chloe Aeberhardt, « Tombé pour Alstom, Frédéric Pierucci veut sauver l’industrie française », sur LeMonde.fr, .
  3. Benoît Collombat, « Guerre économique : comment les Etats-Unis font la loi », sur franceculture.fr, (consulté le )
  4. « Le cadre maudit d'Alstom », sur lejdd.fr (consulté le ) : « l'ingénieur bardé de diplômes (Ensma, Insead et MBA de l'université de Columbia) ».
  5. Conférence : DSD reçoit Frédéric Pierucci. Le Piège Américain
  6. À lire : « Le piège américain » de F. Pierucci
  7. Quand un cadre d'Alstom se retrouve en prison
  8. Pourquoi la vente controversée d’Alstom à General Electric fait à nouveau parler d’elle
  9. L'éclairant calvaire de Frédéric Pierucci, lampiste et appât de l’affaire Alstom
  10. Un ex-dirigeant d'Alstom dénonce le "racket" de la justice américaine
  11. "Sacrifié par Alstom, aujourd'hui je ne veux plus me taire"
  12. Affaire Alstom : après 25 mois de prison aux Etats-Unis, Frédéric Pierucci s'exprime sans filtre
  13. Emilie Grangeray, « L’ex-cadre qui relance l’affaire Alstom », Le Monde, (consulté le )
  14. Sylvia Zappi, « A Belfort, le revenant Arnaud Montebourg dénonce la « blessure nationale » d’Alstom », Le Monde, (consulté le ).
  15. Philippe Piot, « General Electric : un faux calme estival autour du nucléaire », L'Est Républicain, (consulté le ).
  16. Hervé Martin, « Bercy rayonne : La France va récupérer une pépite nucléaire », Le Canard Enchaîné,‎
  17. « L'activité nucléaire de GE, en particulier ses turbines, va-t-elle repasser sous pavillon français ? - », sur lenergeek.com, (consulté le ).
  18. Marc Endeweld, « EDF s'apprête à racheter les activités nucléaires de GE », sur LaTribune.fr, (consulté le ).
  19. Thibault Quartier, « Les questions en suspens du rachat de la branche nucléaire de GE par EDF [analyse] », sur letrois.info, (consulté le ).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Documentaire[modifier | modifier le code]

Interview[modifier | modifier le code]

Emissions radio[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]