Forges d'Engelsberg

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Forges d'Engelsberg *
Logo du patrimoine mondial Patrimoine mondial de l'UNESCO
Forges d'Engelsberg en Suède.
Forges d'Engelsberg en Suède.
Coordonnées 59° 58′ 00″ nord, 16° 00′ 30″ est
Pays Drapeau de la Suède Suède
Subdivision Ängelsberg, Fagersta, Västmanland
Type Culturel
Critères (iv)
Numéro
d’identification
556
Zone géographique Europe et Amérique du Nord **
Année d’inscription 1993 (17e session)

Géolocalisation sur la carte : Suède

(Voir situation sur carte : Suède)
Forges d'Engelsberg
* Descriptif officiel UNESCO
** Classification géographique UNESCO

Les forges d'Engelsberg constituent l'exemple le plus complet et le mieux préservé des fonderies suédoises dont la production de fer de haute qualité assura à la Suède la première place dans ce secteur aux XVIIe et XVIIIe siècles.

Cette industrie fut initiée par des ouvriers wallons sous l'impulsion de Louis De Geer. La communauté wallophone dans la région resta vivante jusqu'au XIXe siècle.

Les forges d'Engelsberg ont été inscrites sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO en 1993.

Géographie[modifier | modifier le code]

Les forges d'Engelsberg sont situées près du village d'Ängelsberg dans la commune de Fagersta du comté de Västmanland[1]. Elles sont ainsi incluses dans la vaste région minière du Bergslagen, et plus précisément dans le bergslag (un district minier) de Norberg[V 1].

Les forges sont situées le long de la rivière Snytsboån, qui forme des rapides entre le lac de Snyten et son embouchure dans le lac Åmänningen où elle rejoint le cours de la Kolbäcksån[V 2],[2]. À ce niveau, la Snytsboån a un bassin versant d'environ 240 km2 et un débit moyen de 2 m3/s[2]. La Kolbäcksån rejoindra ensuite le lac Mälar.

Débit moyen mensuel (en mètres cubes par seconde)
Station hydrologique : Embouchure de la Snytsboån dans l'Åmänningen
(1981-2012)
Source : VISS[2].

Histoire[modifier | modifier le code]

Englikobenning : les premières forges[modifier | modifier le code]

Le fer est exploité dans la région de Norberg depuis l'âge du fer, initialement sous forme de fer des marais, mais à partir d'environ 1100 se développent les premières mines[V 2], fracturant la roche par dépilage par le feu[3]. La plus ancienne mine connue en Suède est justement à Norberg, nommée dans un document de 1303, et c'est aussi ici qu'apparaît l'un des plus anciens hauts fourneaux d'Europe : Lapphyttan, datant probablement du XIIe siècle[4].

La région était idéale pour cette industrie minière balbutiante, comprenant non seulement d'importantes quantités de minerai de fer, mais aussi des vastes forêts et un riche réseau hydrographique pouvant alimenter les forges[V 2]. Ainsi, à partir du XIIIe siècle avec les débuts de la roue à aubes dans la région, les forges se déplacent à proximité des rivières, où le courant peut alimenter des scies et des soufflets[5]. Au XIVe siècle, Englika, un habitant de Västerås d'origine allemande (surtout connu pour être le grand-père d'Engelbrekt Engelbrektsson), achète le terrain correspondant au site actuel d'Engelsberg et y établit une première forge avec haut fourneau[V 3]. Ce site prend alors le nom d'Englikobenning (littéralement l'habitation ou le bâtiment d'Englika)[V 1].

La forge produit du fer dit Osmund qui est ensuite exporté vers le reste de l'Europe[V 4]. Cependant, à partir du XVIe siècle, le fer forgé se vent nettement plus cher que le fer Osmund, et l'Osmund suédois est retravaillé en fer forgé à Danzig avant d'être réexporté vers le reste de l'Europe[3]. Le roi suédois Gustave Ier Vasa décide alors de moderniser la production suédoise pour exporter directement du fer forgé et ainsi augmenter la valeur de cet important export[V 4]. Vers la fin du siècle, de nombreuses forges se munissent ainsi de martinets, dont la forge d'Englikobenning[V 5]. Le royaume suédois achève cette transformation en interdisant totalement l'export d'Osmund en 1604[V 5]. Dans les années 1640, la forge d'Englikobenning était occupée de manière saisonnière par quatre bergsmän (des agriculteurs qui en plus de leur exploitation agricole gérait ensemble une forge)[V 6]. Elle comprenait trois martinets, construits respectivement en 1597, 1614 et 1624[V 6].

Per Larsson Höök et la fondation des forges d'Engelsberg[modifier | modifier le code]

Le XVIIe siècle marque un développement très important de l'industrie du fer en Suède. Le royaume connait alors plusieurs guerres et a un important besoin d'armes et donc de métal[V 7]. La situation à l'export était aussi très favorable, avec en particulier les Pays-Bas et l'Angleterre comme importants marchés d'export[3]. La Suède connaît alors une importante migration d'ouvriers wallons, dont en particulier Guillaume de Bèche et Louis De Geer, qui apportent avec eux leur savoir-faire et modernise l'industrie du fer dans le royaume[V 7]. En outre, le gouvernement augmente fortement son contrôle sur la production et en même temps, la noblesse commence à établir ses propres forges, permettant des investissements plus importants que ce que les coopératives de bergsmän peuvent se permettre[V 8].

C'est précisément ce qui se passa autour d'Englikobenning : Per Larsson Höök commence à la fin du XVIIe siècle à acheter des terrains près du village ainsi que des grands domaines forestiers, et en 1681, il fait construire un haut-fourneau à laquelle il donna le nom d'Engelsberg[5]. Ce dernier se situait juste au nord de l'actuel manoir, et Per Larsson fait aussi construire un barrage pour améliorer les conditions hydrauliques[V 9]. Il demande aussi la permission d'établir une forge en 1684, mais l'administration ne semble pas convaincue par le projet ; durant le long processus administratif, Per Larsson continue cependant à développer le complexe[V 10]. Il est anobli en 1687 sous le nom Per Larsson Gyllenhöök et la même année, l'administration donne finalement son aval au projet, sous certaines conditions, telles que l'obligation de n'utiliser que son propre charbon de bois[V 10]. Per Larsson avait aussi acheté une des forges de bergsmän et le haut-fourneau de Stabäck non loin de là ainsi que la moitié du haut-fourneau d'Englikobenning[V 11] et il possédait en outre d'autres complexes, dont en particulier à Högfors où il résidait[V 12]. Il n'avait ainsi à Engelsberg qu'une maison mineure pour ses visites occasionnelles[V 12].

À sa mort en 1706, son fils Anders prend en charge le domaine et avec sa femme Maria, ils font construire un premier manoir sur le site[V 12]. Engelsberg est alors un petit village actif où les ouvriers d'Anders et les bergsmän travaillent côte à côte ; il y a alors quatre barrages, trois hauts-fourneaux, trois forges et une scierie[V 12]. Cependant, la conjoncture se détériore rapidement : l'ère faste de l'empire suédois touche à sa fin, la Russie commence à concurrencer la Suède sur le marché international, et des mauvaises conditions météorologiques assèchent la rivière réduisant presque à néant la production pendant une année entière[V 13]. En 1712, des investisseurs de Stockholm prennent le contrôle de la forge, mais ne redressent pas la situation[V 13] ; en 1714, le fourneau construit par Per Larsson est arrêté[5], et en 1728, le complexe est finalement vendu à Lorentz Niclas Söderhielm[V 13].

La famille Söderhielm et le renouveau des forges[modifier | modifier le code]

Les forges[modifier | modifier le code]

La communauté[modifier | modifier le code]

Gestion et préservation[modifier | modifier le code]

Tourisme[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  • (sv) Thomas Brännström, Världsarv Engelsbergs bruk, Byggförlaget, (ISBN 91-7988-255-2)
  1. a et b p. 16.
  2. a, b et c p. 15.
  3. p. 35.
  4. a et b p. 36.
  5. a et b p. 37.
  6. a et b p. 46.
  7. a et b p. 39.
  8. p. 40.
  9. p. 59.
  10. a et b p. 60.
  11. p. 63.
  12. a, b, c et d p. 67.
  13. a, b et c p. 69.
  • Autres
  1. (sv) « Ängelsberg », sur Nationalencyklopedin.
  2. a, b et c (sv) « Snytsboån: mellan Åmänningen och Snyten », sur Vatteninformationssystem Sverige
  3. a, b et c (sv) Ann-Charlotte Backlund, Boken om Bergslagen : resa i en levande historia, Stockholm, Rubicon, (ISBN 91-7922-007-X).
  4. (sv) « Historiska gruvor », sur Service de recherches géologiques de Suède
  5. a, b et c (sv) « Engelsbergs bruk : Vård och underhållsplan », sur Engelsbergs bruk,

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens internes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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