Fables d'Ésope

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Illustration de l'anguille et du serpent.

Les fables d’Ésope sont un ensemble de fables en prose qui nous sont parvenues du grec ancien, et que l'on attribue à Ésope, écrivain qui vécut vers la fin du VIIe et le début du VIe siècle av. J.-C.

Origine[modifier | modifier le code]

Traduction de 1542 par Gilles Corrozet.

Il faut entendre par « fables d'Ésope », les textes qui lui sont attribués et toutes sortes de récits qui circulaient oralement avant lui et qui présentent les mêmes caractéristiques[1].

Le premier recueil de Fables d'Ésope historiquement attesté a été constitué par Démétrios de Phalère au IVe siècle av. J.-C., plus de deux cents ans après la mort d'Ésope. Ce recueil est perdu, mais il a donné naissance à d'innombrables versions. La plus importante est le recueil appelé Augustana, qui compte plus de cinq cents fables, toutes en prose. Dans son édition critique de ce recueil, l'helléniste Émile Chambry a retenu 358 fables. Certaines sont toujours très populaires, telles :

Un succès durable[modifier | modifier le code]

Aesopus moralisatus, 1485
Sur la bordure inférieure de la Tapisserie de Bayeux (scène 4) apparaissent deux fables : le Corbeau et le Renard et le Loup et l’Agneau.

Les fables d'Ésope ont inspiré de nombreux auteurs, qui ont perfectionné le genre durant 2 500 ans, notamment :

Représentations dans la peinture[modifier | modifier le code]

Certaines fables ont fait l'objet de représentation dans la peinture, par exemple celle du satyre et de l'homme dit le paysan, par Sebastiano Ricci.

Effet d'Ésope[modifier | modifier le code]

Tout comme dans la fable d'Ésope "L'Enfant qui criait au loup" , il arrive que l'on crie trop facilement « Au loup! », et que les gens crédules prêtent attention trop facilement à ce type d'alarme ou les écoutent avec trop de complaisance. Le sociologue Gérald Bronner a parlé à ce propos d'« effet d'Ésope », entendant par là la tendance à céder souvent à l'idée du pire[5].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Karl Canvat et Christian Vandendorpe, La fable : Vade-mecum du professeur de français, Bruxelles-Paris, Didier Hatier, coll. « Séquences », , p. 10.
  2. On peut lire la traduction intégrale de ce recueil par Émile Chambry sur Wikisource.
  3. Hiroyuki Ninomiya (préf. Pierre-François Souyri), Le Japon pré-moderne : 1573 - 1867, Paris, CNRS Éditions, coll. « Réseau Asie », (1re éd. 1990), 231 p. (ISBN 978-2-271-09427-8, présentation en ligne), chap. 5 (« La culture et la société »), p. 147.
  4. Notice Joconde
  5. Gérald Bronner, La Démocratie des Crédules, Presses universitaires de France, (lire en ligne), p. 257.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Traductions du grec ancien des Fables[modifier | modifier le code]

  • Fables (trad. introduction et notes par Émile Chambry), Paris, Les Belles Lettres, coll. « Collection des universités de France Série grecque (Collection Budé) », (1re éd. 1927), LIV, 324 p. (ISBN 978-2-251-00117-3, lire en ligne)
  • Fables (trad. introduction et notes par Émile Chambry; illustrations de Scott Pennor's), Paris, Les Belles Lettres, coll. « Série du Centenaire », , 256 p. (ISBN 978-2-251-45012-4, lire en ligne)
  • Fables (trad. Claude Terreaux), Paris, Arléa, coll. « Retour aux grands textes », (1re éd. 1997), 174 p. (ISBN 2-869-59317-1)
  • Fables (introduction, traduction et notes de Daniel Loayza; édition bilingue), Paris, Flammariont, coll. « GF », (1re éd. 1995), 302 p. (ISBN 978-2-081-35123-3)
  • Les Fables d'Ésope. Suivies d'un Essai sur le symbolisme des Fables (présentation et traduction de Jacques Lacarrière), Paris, Albin Michel, coll. « Espaces libres » (no 129), (1re éd. 2003), 368 p. (ISBN 978-2-226-32050-6)
  • Fables Précédées de La Vie d'Ésope (trad. nouvelle de Julien Bardot. Édition d'Antoine Biscéré. Avec la collaboration de Patrick Dandrey), Paris, Folio, coll. « Folio Classique » (no 6696), , 448 p. (ISBN 978-2-070-45393-1)

Études[modifier | modifier le code]

  • Antoine Biscéré, « Les fables d’Ésope, une œuvre sans auteur ? », Le Fablier, Revue des Amis de Jean de La Fontaine, vol. 20 « La Fontaine et quelques anciens »,‎ , p. 9-35 (lire en ligne)
  • Karl Canvat et Christian Vandendorpe, La fable : Vade-mecum du professeur de français, Bruxelles-Paris, Didier Hatier, coll. « Séquences », , 104 p. (ISBN 978-2870888032)
  • Ariane Guieu-Coppolani, « Conseiller pour le meilleur et pour le pire : réflexions sur le conseil et la délibération dans les fables grecques », Dialogues d'histoire ancienne, vol. Supplément n° 17 « Conseillers et ambassadeurs dans l’Antiquité »,‎ , p. 75-95 (lire en ligne)
  • Francisco Rodríguez Adrados (Dir.), La fable. Huit exposés suivis de discussions, Vandoeuvres-Genève, Fondation Hardt, coll. « Entretiens sur l'antiquité classique » (no t. 30), , 322 p.
  • Bernard Teyssandier, « Ésope, quel modèle pour le prince ? », Le Fablier, Revue des Amis de Jean de La Fontaine, vol. 20 « La Fontaine et quelques anciens »,‎ , p. 37-52 (lire en ligne)

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