Ernest Pérochon

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Ernest Pérochon
Naissance
Courlay, Drapeau de la France France
Décès (à 56 ans)
Activité principale
Instituteur puis romancier
Distinctions
Auteur
Langue d’écriture Français
Genres

Œuvres principales

Ernest Pérochon, né le et mort le (à 56 ans), est un écrivain français ayant obtenu le prix Goncourt 1920 pour Nêne.

D'abord instituteur, il quitte l'enseignement pour l'écriture en 1921.

Il a écrit des poèmes, des romans (allant du réalisme à la science-fiction), ainsi que des livres pour enfants.

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance et adolescence[modifier | modifier le code]

Ernest Pérochon est né le à Courlay dans les Deux-Sèvres à la ferme du Tyran. C'est le Bocage bressuirais, un pays de petites parcelles de terre médiocre, entourées de haies vives (les palisses) et reliées par des chemins creux. Les parents de Pérochon, petits propriétaires, y exploitent une borderie[1].

Il fréquente dans son enfance l'école publique de La Tour-Nivelle, actuellement musée-école[2].

Il est protestant ou plus exactement de culture protestante car ses deux parents sont protestants. Les Pérochon sont originaires de Saint-Jouin-de Milly près de Moncoutant secteur très protestant[1]. Courlay est dans une région particulière puisqu'on y côtoie aussi des catholiques, dont la religion est fortement marquée par les souvenirs de la Guerre de Vendée, et des dissidents, dits de la «  Petite Église » , mouvement religieux qui a refusé le concordat de 1801 signé entre Napoléon et le pape Pie VII[3].

Ernest Pérochon ne semble pas avoir été lui-même très religieux, en accord pour cela avec sa formation d'instituteur public. Il parle d'ailleurs parfois de sa "soutane rouge"[4].

Il restera cependant très attaché à sa région d'origine et aux valeurs familiales. Il relate dans ses récits son amour des humbles, « les cherche-pain », dans son Bocage natal du début du XXe siècle (Les Creux de maisons).

En 1897, il devient élève à l'école primaire supérieure de Bressuire.

Âge adulte[modifier | modifier le code]

En 1900 et jusqu'en 1903, élève à l'École normale de Parthenay, premier de sa promotion, il renonce au concours d'entrée à Saint-Cloud car il a deux jeunes frères qui veulent entrer comme lui à l'Ecole Normale[5].

Il est nommé, en 1903, instituteur adjoint à Courlay. Enfin en 1904, il devient enseignant à l'École primaire supérieure annexe au collège de Parthenay. Il fait son service militaire au 114e RI (Parthenay) en 1905 et se marie en 1907 avec Vanda Houmeau (1881-1970), institutrice. Il déménage à Saint-Paul-en-Gâtine où ils enseignent tous les deux. Son unique enfant, Simone, naît en 1908, date à laquelle il est également publié chez Clouzot à Niort. En 1909, il est publié une seconde fois puis son premier roman Les Creux de maisons paraît sous forme de feuilleton dans L'Humanité en 1912 où il évoque les « cherche pain ».

De 1914 à 1940[modifier | modifier le code]

En 1914, il devient instituteur à Vouillé.

Mobilisé, il est vaguemestre sur le front de Lorraine. Il fait une crise cardiaque sur le front près d'un camarade tué par un obus. Après une hospitalisation à Parthenay, il passe en service auxiliaire[5] puis redevient instituteur à Vouillé près de Niort dès 1915. Cette incapacité est due à une insuffisance cardiaque qui sera plus tard la cause de sa mort.

Édition de 1922 de La Parcelle 32. (Agrandir la vignette pour tourner les pages)

En 1920, son roman Nêne, paru chez Clouzot, est couronné du Goncourt. En 1921, il décide de quitter l'enseignement et s'installe à Niort.

Le 6 novembre 1932, il reçoit la Légion d'Honneur. A cette occasion, il offre à chaque invité un exemplaire des Hommes frénétiques[5].

En 1940, il refuse de collaborer avec la presse de Vichy (La Gerbe), ainsi qu'avec la radio collaboratrice et de faire une tournée de conférence en Allemagne. Deux de ses romans sont interdits dont L'ombre des Ailes où apparaît un Anglais sympathique. Il est menacé par le préfet vichyste et surveillé par la Gestapo. Il dissimule son angoisse à sa famille. Il décède le d'une crise cardiaque à 57 ans. Des obsèques officielles sont interdites : des écoliers venus clandestinement avec leur institutrice fleurissent sa tombe, la Gestapo arrive trop tard[5].

Famille[modifier | modifier le code]

En 1935, sa fille épouse Delphin Debenest, qui s'engage lui aussi dans la Résistance. Soldat de 1940, cet agent de renseignements dans la résistance franco-belge est arrêté par la Gestapo et déporté à Buchenwald puis au Kommando d'Holzen d'où il réussit à s'évader. Au procès de Nuremberg, cet homme siège en qualité de procureur adjoint. Il est magistrat à Niort et à Poitiers[6].

Hommages posthumes[modifier | modifier le code]

Le 31 mars 1985, une commémoration a eu lieu à l’école publique de la Tour Nivelle, lieu-dit de Courlay, pour le centenaire de la naissance d’Ernest Pérochon. Les personnalités étaient nombreuses ainsi que le public. Sous le haut patronage du ministre de l’Éducation nationale et de la culture, de nombreux discours furent prononcés dont l'un par M. Le Blond-Zola, petit-fils d' Émile Zola.Pour cette occasion, ils ont reconstitué une classe du temps de Pérochon, à la Tour Nivelle, là où Ernest Pérochon fut écolier, puis instituteur. Ce lieu se visite désormais. Ce fut l’ouverture de l’année Pérochon qui a été célébrée par de nombreuses manifestations culturelles dans les Deux-Sèvres, des spectacles et expositions ayant trait aux œuvres de l’écrivain dont L'Homme frénétique, Les Creux de maison, Les gardiennes

Le lycée de Parthenay, un groupe scolaire à Niort , à Poitiers et à Cerizay, la bibliothèque municipale d'Échiré et plusieurs rues dans le département des Deux-Sèvres perpétuent le souvenir de cet écrivain.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Romans[modifier | modifier le code]

  • Les Creux de maisons 1912-1913 (feuilleton), 1929
  • Les Hommes frénétiques (1925), publié chez Marabout Science-Fiction, n°388
  • Nêne (Prix Goncourt 1920)
  • Le Chemin de plaine
  • Au cri du chouan
  • Babette et ses frères (1939)
  • Milon (1936)
  • Le Chanteur de Villanelles (livre posthume, 1943)
  • Les Ombres (1923)
  • Le Crime étrange de Lise Balzan (1929)
  • Marie Rose Méchain (1931)
  • Les Fils Madagascar (1932)
  • Les Gardiennes (1924)
  • La Parcelle 32 (1922)
  • Bernard l’ours et la Torpédocamionnette (1927)
  • L'Eau courante (1932)
  • Huit gouttes d’opium (récits, 1925)
  • Barberine des genêts
  • Les Endiablés

Recueils de poèmes[modifier | modifier le code]

  • Flûtes et Bourdons (1909)
  • Chansons alternées (1908)
  • Au point du jour

Essai[modifier | modifier le code]

  • L'Instituteur (1927)

Livres pour enfants[modifier | modifier le code]

Certains de ces livres furent illustrés par Raylambert.

  • Nicolas et Nicolette au Bois charmant (1938)
  • Tap-Tap et Bilili (1937)
  • Contes des cent un matins (1930)
  • Le Livre des quatre saisons (1930)
  • Au point du jour (1930)
  • Les Yeux clairs (1934)
  • À l'ombre des ailes (1934)

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « n°25 cahiers Ernest Pérochon », sur canalblog, (consulté le 2 décembre 2017)
  2. * La vie de Ernest Pérochon sur le site du musée-école de la Tour Nivelle
  3. Auguste Billaud, La petite église dans la Vendée et les Deux-Sèvres: 1800-1830, Nouvelles Editions Latines, 1982.
  4. Ernest Pérochon, « Si j'étais ministre de l'instruction publique », sur amopa.79, (consulté le 2 décembre 2017)
  5. a, b, c et d Ernest Pérochon, Les Hommes frénétiques (ISBN 2-905061-44-8), bibliographie
  6. Dominique Tantin (préf. Henry Rousso), 1939-1945, Delphin Debenest : un magistrat en guerre contre le nazisme, Invasion, résistance, Buchenwald, Nuremberg, La Crèche, Geste, coll. « Témoignage », , 400 p. (ISBN 978-2845611702)