Elizabeth Philpot

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Elizabeth Philpot (1780 - 1857)[1] est une des premières chercheuses britanniques de fossiles du XIXe siècle, une paléontologue amateure et une artiste qui fouille à la quête de fossiles les falaises autour de Lyme Regis dans le Dorset le long de la côte sud de l'Angleterre. Elle est connue maintenant surtout pour sa collaboration et son amitié avec la célèbre chercheuse de fossiles Mary Anning. Reconnue dans le milieu des géologues pour ses connaissances sur les fossiles de poissons tout comme pour sa vaste collection de spécimens, d'éminents géologues et des paléontologues de premier plan, dont William Buckland et Louis Agassiz viennent la consulter. Quand Mary Anning découvre que des fossiles de bélemnites contiennent des sacs d'encre, c'est Elizabeth qui découvre que l'encre fossilisée pouvait être réutilisée avec de l'eau et utilisée pour des illustrations, ce qui devient alors une pratique courante pour les artistes de la région[2].

Sa vie et son amitié avec Mary Anning[modifier | modifier le code]

Née en 1780, Elizabeth Philpot déménage de Londres pour Lyme Regis en 1805 avec ses sœurs Louise et Margaret. Elles partagent une maison achetée pour elles par leur frère avocat à Londres. Elles y vivent le reste de leur vie[3]. Après leur installation à Lyme, les sœurs Philpot deviennent bien connues dans la région pour leurs recherches de fossiles mais aussi pour une médication de leur cru, un baume apaisant la douleur, qu'elles produisent et qu'elles diffusent. Elizabeth Philpot se lie d'amitié avec Mary Anning quand cette dernière est encore une enfant. Malgré une différence d'âge de presque 20 ans et le fait que Mary Anning, issue de la classe ouvrière, est d'un milieu beaucoup plus pauvre, elles deviennent de très bonnes amies et on les voit souvent cherchant des fossiles ensemble. Elizabeth encourage la jeune Mary à lire, à s'instruire en géologie et à comprendre la science cachée dans les fossiles qu'elle trouve et qu'elle vend[4].

La collection de fossiles[modifier | modifier le code]

La vaste collection de fossiles des sœurs Philpot, méticuleusement étiquetée, est utilisée pour des recherches par de nombreux géologues. Les trois sœurs collaborent aux recherches des fossiles et à la mise en ordre de la collection, mais c'est Elizabeth qui entretient une correspondance avec des géologues de premier plan comme William Buckland, William Conybeare, et Henry De la Beche à propos de la collection[3]. La collection est très renommée pour ses poissons fossiles[5]. Elle comprend aussi des dents fossilisées, que William Buckland assemble avec un célèbre squelette partiel découvert par Mary Anning, ce qui amène celui-ci à décrire le ptérosaure Pterodactylus macronyx (qu'ensuite Richard Owen renomme Dimorphodon macronyx), en 1829[6]. Dans son célèbre article de 1824, dans lequel il décrit le squelette presque complet d'un plésiosaure découvert par Mary Anning en 1823, William Conybeare mentionne l'étude d'un crâne de plésiosaure en possession de " Miss Philpot "[7].

En 1834 William Buckland prend des dispositions pour que le paléontologue suisse Louis Agassiz vienne à Lyme travailler avec Mary Anning et Elizabeth pour se procurer et étudier des fossiles de poissons trouvés dans la région. Elles peuvent alors lui montrer des fossiles de 34 espèces différentes et il est si impressionné par les connaissances d'Elizabeth et de Mary qu'il écrit dans son journal : « Miss Philpot et Mary Anning ont pu me montrer avec une certitude absolue quelles sont les nageoires dorsales icthyodorulites de requins qui correspondent aux différents types. » Il remercie les deux femmes pour leur aide dans son énorme livre, Recherches sur les poissons fossiles, et il nomme une espèce de poissons fossiles, Eugnathus philpotae, en hommage à Elizabeth Philpot et deux autres en hommage à Mary Anning[8].

L'encre des fossiles[modifier | modifier le code]

En 1826, Mary Anning découvre ce qui semble être une cavité contenant de l'encre sèche dans un fossile de bélemnite. Elle le montre à son amie Elizabeth Philpot qui la rend utilisable en la mélangeant avec de l'eau et qui l'utilise pour illustrer quelques-uns de ses propres fossiles d’ichtyosaures. Puis rapidement d'autres artistes locaux font de même après qu'on ait découvert d'autres cavités à encre fossilisée de cette sorte[9].

L'héritage[modifier | modifier le code]

L'importante collection de fossiles des trois sœurs Philpot finit par arriver au musée de l'université d'Oxford[6]. Le musée Philpot (maintenant connu sous le nom de Lyme Regis Museum) est construit à Lyme Regis en l'honneur des trois sœurs par leur neveu Thomas Philpot[3],[10].

Biographie romancée et filmée[modifier | modifier le code]

  • La romancière Tracy Chevalier publie en 2009 une biographie romancée de Mary Anning et Elizabeth Philpot sous le titre Remarkable Creatures (HarperCollins, 2009), en français Prodigieuses créatures (Paris, éditions Quai Voltaire/ La Table ronde, 2010).
  • En mars 2010 une maison de production australienne acquiert les droits pour un film adapté du roman[11].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • William Conybeare (1824), « À propos de la découverte d'un squelette presque parfait de Plesiosaurus », à lire ici [1] ; Éditeur : La société géologique de Londres.
  • Shelley Emling, The Fossil Hunter: Dinosaurs, Evolution, and the Woman whose Discoveries Changed the World, Palgrove Macmillan, (ISBN 978-0-230-61156-6)
  • Christopher McGowan, The Dragon Seekers, Persus Publishing, (ISBN 0-7382-0282-7)
  • Marilyn Ogilvie et Joy Harvey, The Biographical Dictionary of Women in Science: L-Z, Routledge, (ISBN 0-415-92039-6)
  • (en) Hugh Torrens, « Mary Anning (1799-1847) of Lyme: 'the greatest fossilist the world ever knew' », Journal for the History of Science, vol. 25,‎ , p. 257-284 (JSTOR 4027645)

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) The Biographical Dictionary of Women in Science, vol. 2, London, Routledge, , 108 p. (ISBN 9780415920384)
  2. Mujeres en la historia (consulté le 7 juin 2016]
  3. a b et c Ogilvie 2000, p. 1018
  4. Emling 2009, p. 17,40,65–66
  5. (en) Jane Davidson, « The Princess of Paleontology », The Dinosaur Interplanetary Gazette (consulté le 11 février 2010)
  6. a et b Torrens 1995
  7. Conybeare 1824
  8. Emling 2009, p. 166–170
  9. McGowen 2001, p. 20
    Emling 2009, p. 109
  10. (en) « About the Museum », Lyme Regis Museuem (consulté le 28 décembre 2009)
  11. (en) « The Galvanized Film Group Acquires Film Rights to Tracy Chevalier's novel Remarkable Creatures », Memorable TV (consulté le 18 octobre 2010)