Edwige Khaznadar

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Edwige Khaznadar
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Edwige Khaznadar née en 1932 à Toulouse est une linguiste française. Elle s'intéresse dès les années 1970, au sexisme de la langue française.

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfant, Edwige Khaznadar est pupille de la Nation, son père est mort pour la France. Elle est institutrice en Algérie, puis elle enseigne la littérature en France[1].

Elle soutient la thèse de doctorat en lettres en 1983, intitulée Les noms de personnes selon le sexe - Usage, norme, langue dirigée par Andrée Borillo, à l'université de Toulouse-Le Mirail. Cette thèse porte sur les noms de personnes selon le sexe et constitue une étude lexicographique et lexicologique à travers des dictionnaires biographiques[2].

En 1984, elle est nommée par Anne-Marie Houdebine à la Commission de terminologie chargée d’étudier la féminisation des titres et des fonctions. Cette commission est présidée par Benoîte Groult. Elle donne lieu à la Circulaire du 11 mars 1986 relative a la féminisation des noms de métier, fonction, grade ou titre, qui met fin au masculin générique dans les textes officiels, les textes émanant des administrations, les manuels scolaires[3]. Cette circulaire déclenche une polémique et fait l’objet de controverses sexistes, de la part des académiciens comme Claude-Lévi Strauss, Georges Dumézil, Maurice Druon, Jean Dutourd, Alain Peyrefitte[2].

En 1990, Edwige Khaznadar soutient une nouvelle thèse, cette fois en linguistique Le nom de la femme - Virtualisation idéologique et réalité linguistique, dirigée par Andrée Borillo, à l'université de Toulouse-Le Mirail[4].

En 2002, Edwige Khaznadar publie Le féminin à la française : académisme et langue française. Dans cet ouvrage, elle fait le lien entre le refus aux femmes d’être nommées par des appellations qui leur sont propres, aux mentalités qui refusent la présence des femmes dans le domaine public, alors que les femmes et les hommes ont les mêmes droits. Cette situation donne des phrases de ce type « Le député se déclara satisfaite ». Pour éviter ces situations cocasses, Edwige Khaznadar plaide pour l'emploi d'un terme féminin pour désigner les femmes, pour tous les titres y compris ceux de prestige pour lesquels certaines personnes ont établi que le masculin relevait d’une loi de la langue alors qu'il s'agit d’une pression sociale[5].

En 2011, lors des journées d’hommage à Anne-Marie Houdebine, elle montre comment le féminin est occulté par ce masculin qui se dit « genre non marqué » et que cela place la femme dans une position d'infériorité. Elle plaide pour le recours à l’alternance du féminin et du masculin pour mettre fin à la prééminence du masculin[2].

En 2015, elle publie Le sexisme ordinaire du langage. Qu’est l’homme en général ? Dans cet ouvrage, elle déconstruit le mythe d'un masculin neutre[2].

Publications[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Edwige Khaznadar - Biographie », sur www.editions-harmattan.fr (consulté le 21 décembre 2017)
  2. a b c et d « edwige khaznadar », sur feministesentousgenres.blogs.nouvelobs.com, (consulté le 19 décembre 2017)
  3. Circulaire du 11 mars 1986 relative a la féminisation des noms de métier, fonction, grade ou titre (lire en ligne)
  4. Khaznadar, Edwige, « Le nom de la femme virtualisation idéologique et réalite linguistique », http://www.theses.fr/,‎ (lire en ligne, consulté le 21 décembre 2017)
  5. Louise-L. Larivière, « Edwige Khaznadar Le féminin à la française. Paris, L’Harmattan, 2001, 403 p. Claudie Baudin Politique de la langue et différence sexuelle : la politisation du genre des noms de métier. Paris, L’Harmattan, 2001, 403 p. Claire Michard Le sexe en linguistique : sémantique ou zoologie ? Paris, L’Harmattan, 2002, 157 p. », Recherches féministes, vol. 15, no 2,‎ (ISSN 0838-4479 et 1705-9240, DOI 10.7202/006515ar, lire en ligne, consulté le 21 décembre 2017)

Liens externes[modifier | modifier le code]