Duché de Sagan

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Duc de Sagan
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Armoiries des Talleyrand

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Création 1786
Titre Duc de Sagan
Premier titulaire Pierre von Biron
Dernier titulaire Hélie de Talleyrand-Périgord (1937-1968)
Résidence officielle Château de Sagan

Le titre de duc de Sagan est un titre de noblesse polonais, puis bohémien et enfin prussien qui était attaché à la ville de Żagań en Silésie (Pologne). Son port, comme titre étranger, fut autorisé en France à titre personnel en 1862 en faveur de Napoléon-Louis de Talleyrand-Périgord (1811-1898)[1], il s'est éteint en 1968 avec Hélie de Talleyrand-Périgord (1882-1968), dernier duc de Talleyrand de Dino et de Sagan, mort sans postérité[2].

Historique[modifier | modifier le code]

Le duché de Sagan est issu de la partition de la Silésie appartenant à la dynastie des Piast. Le premier duc est Przemko de Głogów, en 1278. À partir de 1329, le duché est tenu en fief de la Couronne de Bohême. En 1476 le dernier duc de la dynastie des Piast, Jean II de Żagań, le vend aux co-électeurs de Saxe Ernest et Albert III, dont la descendance le conserve jusqu'en 1553. Placé sous la gestion directe de la Couronne de Bohême, le duché de Sagan est attribué par Ferdinand II du Saint-Empire à son général Albrecht von Wallenstein. Après Wallenstein, c'est la maison des Lobkowicz qui possède le duché de 1646 à 1786.

En 1786 le duché de Sagan est acheté par Pierre von Biron, duc de Courlande. À sa mort en 1800, le duché revient à sa fille aînée Wilhelmine von Biron, mariée avec Carl-Rudolf von der Schulenburg. Au décès de Wilhelmine, en 1839, le duché passe à sa sœur puînée, Pauline, princesse de Hohenzollern-Hechingen. Au décès de Pauline en 1845, le duché est vendu à Dorothée von Biron, princesse de Courlande, duchesse de Dino, sa sœur cadette, épouse d'Edmond de Talleyrand-Périgord[3],[4].

Par investiture du 6 janvier 1845 et par une ordonnance du 19 juin 1846 Frédéric-Guillaume III de Prusse en tant que duc de Silésie confirma le titre de duchesse de Sagan à Dorothée von Biron avec dévolution à ses descendants mâles par ordre de primogéniture. De son mariage en 1809 avec Edmond de Talleyrand-Périgord, elle eut Napoléon-Louis de Talleyrand-Périgord qui à la mort de sa mère la duchesse de Sagan en 1862, obtint l'autorisation de porter en France ce titre étranger par décret impérial du 16 octobre 1862. Il s'agissait d'un confirmation à titre personnel comme pour tout titre étranger, mais Le titre de duc de Sagan continua néanmoins d'être porté en France comme titre étranger par son fils Boson de Talleyrand-Périgord (1832-1910) et ses petit-fils Hélie de Talleyrand-Périgord (1859-1937) et Boson de Talleyrand-Périgord (1867-1952) puis par Helie de Talleyrand-Périgord (1882-1968), cousin des précédents, avec lequel le titre de Sagan s'éteignit définitivement en 1968.

Malgré le fait que la concession prussienne de 1846 ne prévoyait pas la succession en ligne féminine, la fille de l'avant-dernier duc de Sagan, Violette de Talleyrand-Périgord (1915-2003), prit le titre de « duchesse de Sagan » après la mort en 1958 du dernier duc de Sagan (cousin de son père).

Il ne faut pas confondre le titre étranger (prussien) de duc de Sagan, créé en 1845 et 1846 dont le port à été autorisé en France en 1862 à titre personnel en faveur de Edmond de Talleyrand-Périgord[1] et le titre étranger (prussien) de prince Sagan concédé par les diplômes de 1845 et 1846 aux fils ainés des ducs de Sagan et autorisé en France le par Napoléon III à titre personnel en faveur de Boson de Talleyrand-Périgord[5].

Ces autorisations de porter en France les titres de noblesse (duc et prince de Sagan) concédés par un souverain étranger (le roi de Prusse), ont été accordées par le gouvernement français (l'empereur Napoléon III) de façon strictement personnelle aux deux bénéficiaires, et ne profitent pas à leurs héritiers ou descendants[6]. Un jugement du tribunal civil de la Sein du 19 mai 1917 rappelle que les descendants ne sont pas autorisés en France à porter les titres de princes et ducs de Sagan[7].

Comme tous les titres de noblesse allemands, le titre de duc de Sagan fut aboli par l'article 109 de la Constitution de Weimar de 1919. Comme les Talleyrand-Périgord n'étaient pas citoyens allemands, ils ne purent bénéficier de l'intégration du titre à leur nom de famille, permise par la constitution ; toutefois, il s continuèrent à porter, par courtoisie, le titre de duc de Sagan

Indemnisation du duché de Sagan pour 6 millions de dollars en 1951[modifier | modifier le code]

Le domaine de Sagan, situé en Prusse, puis à partir de 1945 en Pologne, constituait un fief (ou fidéicommis) dont le titulaire ne pouvait disposer mais devait le laisser à l'héritier désigné selon des règles spéciales. Une loi allemande de 1938 supprima les fidéicommis de sorte que les titulaires devaient devenir propriétaires sous réserve d'indemnisation des héritiers.

En 1951, l'état polonais accorda une indemnité de six millions de dollars pour la nationalisation du domaine constituant l'ancien duché de Sagan. Cette indemnisation qui donna lieu à différents procès et jugement quant à sa répartition entre Jean Morel, héritier de Boson de Talleyrand-Périgord (1867-1952) duc de Sagan et Violette de Talleyrand-Périgord, nièce de ce dernier[8] fit l'objet d'un recours devant la cour de cassation en 1976[9].

Liste des ducs[modifier | modifier le code]

Maison Piast[modifier | modifier le code]

Souverainetés diverses[modifier | modifier le code]

  • 1476-1558 : Princes-électeurs de Saxe ;
  • 1558-1562 : Balthazar von Promnitz, prince-évêque de Wroclaw, engagiste ;
  • 1562-1597 : Siegfried Anselme von Promnitz, son cousin, engagiste ;
  • 1597-1601 : Henri Anselme von Promnitz, son fils, engagiste ;
  • 1601-1626 : retour à la Couronne de Bohême ;
  • 1627-1634 : Albrecht von Wallenstein ;
  • 1634-1646 : retour à la Couronne de Bohême.

Maison de Lobkowicz[modifier | modifier le code]

  • 1646-1677 : Venceslas Eusèbe Lobkowicz ;
  • 1677-1715 : Ferdinand Eusèbe, fils du précédent ;
  • 1715-1737 : Philippe Hyacinthe, fils du précédent ;
  • 1737-1739 : Venceslas Ferdinand Charles, fils du précédent ;
  • 1739-1784 : Ferdinand Philippe Joseph, frère du précédent, vassal de la Prusse en 1742 ;
  • 1784-1786 : Joseph François Maximilien, fils du précédent, vend le duché.

Maison de Courlande[modifier | modifier le code]

Maison de Talleyrand Périgord[modifier | modifier le code]

Duc prussien de Sagan (1846), transmissible en ligne masculine par ordre de primogéniture. Autorisé à titre personnel en France en 1862[1].

  • 1862-1898 : Napoléon-Louis de Talleyrand-Périgord (1811-1898) fils de la précédente ; 3e duc de Talleyrand, 2e duc de Sagan. Marié en 1829 à Alix de Montmorency[2].
  • 1898-1910 : Boson de Talleyrand-Périgord (1832-1910) fils du précédent ; 4e duc de Talleyrand, 3e duc de Sagan. Marié en 1858 à Marguerite Seillière[2].
  • 1910-1937 : Hélie de Talleyrand-Périgord fils du précédent, 5e duc de Talleyrand, 4e duc de Sagan, marié en 1908 à Anna Gould[2].
  • 1937-1952 : Boson de Talleyrand-Périgord (1867-1952) frère du précédent, 6e duc de Talleyrand, 5e duc de Sagan, dit « duc de Valençay » (titre de courtoisie)[10],[11]. Marié a) en 1901 à Helen Morton, b) en 1938 à Anna Rosa Diaz Rodriguez c) en 1950 à Antoinette Morel.
Sans postérité de ses trois mariages, il reconnu le 10 Mai 1947 et légitima par mariage subséquent en 1950 Jean Morel (1929-2014), fils de sa troisième épouse, qui porta le nom de Talleyrand-Périgord. Sur demande d'Hélie de Talleyrand-Périgord (1882-1968), la reconnaissance et légitimation furent annulées par jugement rendu par le Tribunal Civil de la Seine en date du 26 Mars 1953 et décision de la cour d'appel de Paris en janvier 1955. Jean Morel resta néanmoins héritier universel du duc de Talleyrand et de Sagan[2].
  • 1952-1968 : Hélie de Talleyrand-Périgord (1882-1968), 7e et dernier duc de Talleyrand, 7e et dernier duc de Dino (1952), dernier duc de Sagan (1952), cousin issu de germain des précédents. Sans postérité de son mariage en 1938 avec Lela Emery, il fut le dernier mâle de sa maison[2].
Note : en 1968, Violette de Talleyrand-Périgord, fille de l'avant dernier duc de Sagan , prit le titre de courtoisie de « duchesse de Sagan » après la mort du précédent, cousin issu de germain de son père[12]. Mariée en 1937 à James de Pourtalès (divorcée en 1969) et en 1969 à Gaston Palewski[13], elle meurt en 2003, dernière de la maison de Talleyrand-Périgord. Son fils, Hélie, Albert, Gérard de Pourtalès fut autorisé par décret du 13 octobre 2005 à ajouter à son nom patronymique celui de Talleyrand-Périgord, afin de s'appeler de Pourtalès de Talleyrand-Périgord[14],[15]. Il se présente depuis comme « duc de Sagan » (titre irrégulier).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Joseph Valynseele, Les princes et ducs du Premier Empire, non maréchaux, Centrale de l'Ouest, 1959, page 302.
  2. a, b, c, d, e et f E. de Séréville, F. de Saint-Simon, Dictionnaire de la noblesse française, 1975, page 937.
  3. Correspondance inédite du prince de Talleyrand, E. Plon, 1881, page 26.
  4. Anthony Marinus Hendrik Johan Stokvis, Manuel d'histoire, de généalogie et de chronologie de tous les états du globe, depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours, Volume 3, Brill, 1893, page 66.
  5. Joseph Valynseele, Les princes et ducs du Premier Empire, non maréchaux, 1959, page 304, note 37.
  6. Journal du droit international, Librairie générale de droit et de jurisprudence, 1918, page 266, extrait 1.
  7. Journal du droit international, Librairie générale de droit et de jurisprudence, 1918, page 266, extrait 2.
  8. [Journal du droit international, Volume 102, Librarie générale de droit et de jurisprudence, 1975, pages 817-822]
  9. Légifrance : Cour de Cassation, Chambre civile 1, du 27 janvier 1976, 74-11.155, publié au bulletin officiel.
  10. Bulletin de la Société héraldique et généalogique de France, 1879, page 309.
  11. Charondas, A quel titre volume 37, 1970.
  12. Joseph Valynseele, Les princes et ducs du Premier Empire, non maréchaux, 1959, page 40, note 73.
  13. Joseph Valynseele, Les princes et ducs du Premier Empire, non maréchaux, 1959, page 40, extrait 2.
  14. L'Intermédiaire des chercheurs et curieux, Numéros 618 à 628, 2004, page 1280.
  15. Marc Guillaume, Le Sceau de France, titre nobiliaire et changement de nom, Académie des sciences morales et politiques, séance du lundi 3 juillet 2006.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sources et bibliographie[modifier | modifier le code]